The first 200 lines.
Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ?
Non, c'est le dernier vent de folie qui balaie les Pennines.
Je vais être honnête, je préférerais balayer les Pennines en ce moment.
On est censés s'entraîner trois semaines pour ce truc.
Mais la chaîne n'avait pas les moyens.
Je pense que je vais littéralement me jeter du haut de cette montagne.
Vous avez sans doute devant vous feu Tony Wilson, de Granada Reports .
Souhaitez-moi bonne chance.
Tire sur la barre pour reprendre le contrôle.
J'entends le claquement, c'est bien.
Si ça s'arrête, j'ai des ennuis.
Tire jusqu'à ce que ça recommence.
Un, deux, trois, partez.
Je vole !
C'est l'extase...
physique.
Une extase physique et légale.
C'est une sensation extraordinaire, mieux que le sexe.
En avant.
Merde !
Au secours !
Il y a des barbelés.
Merde.
Putain de merde !
Je suis contusionné,
j'ai des bleus partout,
j'ai plutôt maltraité mon coccyx,
je suis un peu bouleversé et absolument ravi.
Je le referai à coup sûr.
Ici Tony Wilson, l'ombre de ce qu'il était,
pour Granada Reports . A vous les studios.
A bientôt. On se reparlera, c'était vraiment le pied.
- J'adorerais le refaire. - D'accord.
Allez, salut.
Vous allez voir beaucoup d'autres trucs de ce genre dans ce film.
Tout ça a vraiment eu lieu.
Bien sûr, c'est symbolique. A deux niveaux.
Je ne veux pas trop en dire pour ne pas gâcher le film.
Mais je vais juste dire : "Icare." D'accord ?
Peu importe si vous ne comprenez pas.
Mais vous devriez lire un peu plus.
Dans les coulisses du rock
- Comment va l'aviateur du Derbyshire ? - Pas mal.
J'ai adoré le deltaplane. C'était super.
Tu vois ? De quoi tu te plains ?
Il n'a pas à subir les conséquences de...
Les conséquences ?
Il n'aura pas à affronter une mort éventuelle.
Tu es assuré.
C'est censé me réconforter ?
Je me rends compte du danger qu'il y a. Je vais...
Ecoute, je ne refais plus le kamikaze. C'est terminé.
Salut, Tony.
Paul, Alan.
J'ai les billets.
- Alan, tu as vu l'émission sur le deltaplane ? - Oui. Bravo.
C'était génial, hein ? On a eu des appels.
- Je sais. - C'est ce que veut le public.
Mais laisse-moi te dire que le public aime les exécutions publiques.
J'ai fait Cambridge, Charles. Je suis un journaliste sérieux
qui vit un des moments les plus importants de notre putain d'histoire.
- Inutile d'être grossier. - Je suis sérieux.
Les Buzzcocks ne peuvent pas jouer parce qu'on n'est pas prêts.
Alors, il n'y a que les Sex Pistols.
4 juin 1976.
Les Sex Pistols jouent à Manchester pour la première fois.
Il n'y a que 42 personnes dans la salle,
mais chacune d'entre elles ressent une puissance, une énergie et une magie.
Inspirées, elles accompliront des actions spectaculaires.
Par exemple, Howard Devoto à l'avant,
Pete Shelley au fond,
c'est eux qui ont organisé ce concert.
Ils sont en avance sur tout le monde à Manchester. Ce sont les Buzzcocks.
Howard finira par coucher avec ma femme.
Derrière moi, il y a les Stiff Kittens.
Ils formeront Warsaw, puis Joy Division,
et enfin New Order.
Le rouquin,
c'est Mick Hucknall.
C'est John le Postier. Il est postier.
Et le type qui danse à l'avant, c'est Martin Hannett,
le seul vrai génie de cette histoire.
L'un des deux seuls vrais génies de cette histoire.
Il finira par essayer de me tuer.
Bonsoir, Manchester.
Merci pour vos conneries.
Il doit partir.
Pas David.
Lui aussi.
- C'est quoi, le problème ? - Ces jeans, ils sont...
Ils me rentrent dans l'entrejambe.
Ils sont trop serrés.
Je te dis, ils me coupent les couilles.
Tu n'as pas une taille normale, hein ?
Pardon ?
Pour les jeans.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? - Tu as les hanches larges.
- Pas du tout. - Si.
- Non. - Elles sont énormes pour un homme.
C'est ridicule. Mes hanches ne sont pas larges. Dis pas ça.
- Elles sont plus larges que moi. - N'importe quoi.
C'est de la bonne came, hein ?
Vraiment bonne. Tu l'as trouvée où ?
Un ami me l'a rapportée de vacances.
Des Caraïbes ?
De Rhyl.
Du Sun Center à Rhyl.
Je dirais que c'était historique.
Comment ça, historique ? Il n'y avait que 42 personnes.
Et alors ? Il y avait combien de personnes à la Cène ?
Douze. Treize en comptant Jésus.
Tu vas mieux ?
- Il n'y a pas de traces. - Autrement dit, pas beaucoup.
Qui a assisté au meurtre de Jules César ?
Je ne sais pas. Dis-moi.
Cinq personnes.
Alors, tais-toi.
Ici, Tony Wilson, et voici So It Goes .
Ce soir, je parlerai avec Alice Cooper en direct de l'Apollo.
Apparemment, il va pendre un nain sur scène.
Mais tout d'abord, 2 minutes de la musique la plus importante
depuis qu'Elvis a mis les pieds aux Sun Studios à Memphis.
Les Sex Pistols avec Anarchy in the UK .
En 1976,
deux ou trois personnes contrôlaient toute la musique à la télé.
Et elles n'aimaient pas le punk.
Pendant un an,
si on voulait voir les meilleurs groupes du monde,
il fallait regarder une émission régionale de Manchester.
Mon émission.
The Stanglers. Extraordinaire.
- Putain de performance. - De la merde.
- Ce sont des branleurs. - Surveille ton langage.
C'est mieux.
Ce type...
J'adore ce type. Il est fantastique. Ecoute cette voix.
- Ecoute-le. - Encore qu'il fait un peu pédé avec sa...
Ça en fait partie. La longue moustache de rocker.
- Je sais pas. - C'est génial.
Le type avec la moustache de rocker, c'est Karl Denver.
Lui, c'est Shaun Ryder, et l'autre, c'est Paul.
Ils vont former les Happy Mondays et Karl Denver chantera avec eux.
On reviendra sur les Happy Mondays plus tard.
Mais là, je commence à être un peu fatigué de montrer des groupes à la télé,
je suis donc sur le point d'ouvrir une salle de concerts.
- C'est un peu la zone. - C'est pas Las Vegas.
Tourne à gauche.
Il y a des merdes partout. C'est dégueulasse.
C'est urbain. C'est excitant. C'est là qu'il faut être.
Les gamins ne vont pas voler la bagnole, hein ?
Ils ne vont pas la voler.
Tu es sûr ?
- La raison pour laquelle on est ici... - Margaret ?
A cause de l'explosion de la musique avec le New Wave,
il y a beaucoup de groupes vraiment excitants,
et je pense que culturellement, Manchester est un peu à la traîne.
Pour entrer en boîte de nuit il faut être fringué comme un coiffeur.
- Ma femme est coiffeuse. - Super.
Mais certains ne le sont pas, et ils ont le droit de danser et faire la fête.
Je suis Tonay.
- Enchanté. - Désolé, voici Tony.
Tonay ne croit pas en la télé.
Je dis ça, c'est marrant, parce que Tony fait de la télé.
Vous savez comment j'appelle la télé ? La boîte idiote.
- La boîte idiote. - Oui, il y a beaucoup de merdes.
Je prends 60 pour cent sur les entrées.
Une caisse de bières pour le groupe. Vous avez les vendredis.
- Jetez un coup d'il, moi, je fais la caisse. - Merci.
- Ça pue, ici. - Il y a un problème.
Tu ne m'avais pas dit qu'il s'appelait Tony.
Qui ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tony. Il y a deux Tony.
On voit bien que...
Tu ne vois pas le problème que ça peut poser ?
Il est responsable de la boîte.
Je suis censé m'occuper de la programmation.
Ça fait deux Tony au même niveau. Il y a confrontation.
Qui est le numéro un et le numéro deux ? Il faut nous différencier.
Mais il ne s'appelle pas Tony.
Il s'appelle Tonay. Don Tonay.
C'est son surnom, Tone.
- Vraiment ? - Oui.
C'est un peu sordide.
Je sais, mais on peut le faire nettoyer pour nos soirées.
C'est pire.
Qu'est-ce qui est pire ?
Eh bien...
Désolé de revenir là-dessus, mais lui, c'est M. Tonay,
- alors que moi, je suis Tony tout court. - Et alors ?
Tout de suite, ça fait une hiérarchie.
"M. Tonay" est plus important que "Tony".
"Bonjour, M. Tonay. Oui, non, monsieur."
Et le bon vieux Tony de base. "Tony, mon pote..."
Il faut que je sois crédible.
T'as qu'à l'appeler Don. Qu'est-ce que t'en dis ?
Vois si ça lui convient. Appelle-le Don.
Don.
Quel genre de musique allez-vous programmer ?
- Du New Wave. - Un genre d'indie.
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