The first 200 lines.
Merci !
Hall !
Viens, s'il te plaît.
Monsieur ?
Viens.
Jolie fête d'adieu ?
Oui, monsieur, merci.
M. Abrahams m'a offert une image :
La Lumière du Monde.
Et les copains, une série de timbres du Guatemala,
ceux avec le perroquet sur la colonne.
Regardez, monsieur !
Superbe !
Et... que t'a dit M. Abrahams ?
Que tu étais un misérable pécheur, j'espère ?
Il m'a dit
de ne rien faire dont j'aurais honte
devant ma mère.
Et qu'au collège, ce sera comme dans la vie.
Ah tiens ?
Et qu'est-ce que la vie, selon toi ?
Je sais pas.
Je suis trop petit.
Tu as des frères aînés ?
Non.
Seulement Kitty et Ada, mes surs.
Pas d'oncle ?
Non, monsieur.
Il y a le docteur Barry.
Un ami de mon père, avant sa mort.
Donc, tu n'as pas beaucoup de camarades
qui soient grands ?
Non. Pas vraiment.
Maman a un cocher,
et George, le jardinier,
mais vous parlez de gentlemen.
Hall, je vais te parler, brièvement,
comme si j'étais ton père.
Ta mère ne pourrait pas te dire ça.
Comp... comprends-tu ?
Ton corps... va faire l'objet
de divers changements
physiques. Et...
M. Abrahams vous a dit qu'au début des temps,
Dieu créa l'Homme et la Femme
pour peupler la terre.
Quels changements ?
Je te parle, Hall,
du mystère sacré de la chair.
De l'acte de procréation entre l'homme et son épouse.
De la procréation, en vérité,
de toutes choses rampantes.
Tu découvriras
que ton membrum virilis ...
En latin, ça veut dire verge.
Et viril, monsieur... c'est-à-dire homme.
Très bien. Très très bien.
Il serait peut-être plus simple que je...
Ce... ce... ce truc, là...
eh bien... ça va se...
se développer et grossir. Tu suis ?
Quand cela arrive,
l'homme s'étend tout contre son épouse
et place son... membrum virilis
dans son...
vagin !
Comme ceci.
Ensuite... en temps voulu,
elle mettra l'enfant au monde.
Tubules séminifères.
Grandes lèvres,
et petites. Canaux.
Vulve.
Cela... c'est le...
le couronnement même de la vie.
Le prodige du dessein de Dieu.
Ton corps
est Son temple.
Jamais, au grand jamais, tu ne pollueras ce temple.
Et quand,
un jour, j'en suis sûr, tu aimeras et tu te marieras,
tu découvriras
que servir et protéger une femme,
en avoir des enfants,
c'est le plus beau fleuron de l'existence.
Oui, monsieur.
Ne parle jamais, jamais de cela devant ta mère
ou une autre dame.
Et si, au collège, tes copains y font allusion, fais-les taire !
Dis-leur que tu sais.
Je ne me marierai sans doute pas.
Quoi ?
Ecoute... dans dix ans, jour pour jour,
je vous invite, ta femme et toi, à dîner chez nous.
Qu'en dis-tu ?
Oui ! Marché conclu, hein ?
Oh, mon Dieu !
Ces fichus dessins !
M'sieu ! Pas la peine !
La marée les a déjà recouverts !
Marée montante !
Pourvu que le petit ait raison.
Viens, Victoria !
Wagner... une foutaise ! De grosses femmes encornées
hurlent à tue-tête le bonheur de mourir.
Un affreux boucan. Et morbide.
Mais, la musique parle de la mort. Toujours.
Il nous fait enrager. Risley, ouvrez-nous les yeux.
L'esprit supérieur se passe de mentor.
La musique est le plus élevé des arts.
Car elle est non figurative.
Non... corporelle.
Donc, de tous les arts, le plus proche de la mort.
Wagner n'est pas morbide.
Il n'exprime que la réalité des faits.
Hall, servez-vous bien. Pas de manières !
Je hais la musique.
Ou les concerts. Mais ce n'est pas par affectation.
Ah bon ? Moi si.
Chapman, vous devez avoir faim !
Mais pas M. Risley.
Je lui ai coupé l'appétit par mes inepties.
Que répondre à cela ?
Et si vous ne répondiez rien ?
Ne rien répondre ? Quelle horreur ! Il est fou.
Ce qu'on fait compte plus que ce qu'on dit.
Les actes comptent plus que les paroles.
Quelle différence ?
La parole est action.
Votre entretien avec le Doyen est resté sans effet sur vous ?
Oublierez-vous jamais m'avoir rencontré ?
Vous confondez
ce qui est important et ce qui marque.
Chapman et Hall se rappelleront toujours
vous avoir rencontré.
Certes ! Je parle comme un livre !
Ils n'oublieront jamais cette côtelette.
La côtelette leur apporte quelque chose.
Pas vous.
La côtelette agit sur le subconscient.
Moi, par mes mots, j'agis sur leur conscient.
Je les marque donc plus que la côtelette,
et je suis bien plus important.
Votre Doyen se réfugie dans la superstition
et le pharisaïsme.
Il prétend que seule importe la foi liée au non-savoir
et verse un soporifique dans son potage quotidien.
Oh, Risley, suffit ! Allons.
Quand on a ce genre d'idées,
on a la courtoisie de les garder pour soi.
Non. Il faut parler, parler.
Pour caracoler sur les cimes.
Sinon, les monts nous plongent dans l'ombre.
Hall, vous en conviendrez.
Attendez.
J'ai trouvé passionnantes vos idées
sur les mots et les actes.
Je loge à Trinity.
Et je dîne dans un cercle
dont les membres
vous intéresseraient.
N'amenez pas votre copain.
Ah non, vous n'irez pas !
Salutations, Risley !
Vous avez affaire à forte partie.
Vous avez affaire à forte partie. Salutations.
Entrez.
Durham, n'est-ce pas ?
Je cherche Risley. Où est-il ?
Au débat, à l'Union.
Je lui vole sa Symphonie Pathétique.
J'étudie Tchaïkovski, mais le 3e Mouvement, introuvable !
Si tant est qu'il soit là.
Fetherstonhaugh a un pianola.
Je sais. Il habite au-dessus de chez moi.
Je rentrerai avec vous. Vous logez au Collège ?
J'attaque ma seconde année.
Moi, troisième.
Je vous ai déjà vu. Hall, n'est-ce pas ?
Si Risley n'arrive pas, je repasserai.
J'ignorais que vous le connaissiez.
Dangereux coco.
Mais on en fait vite le tour.
Vous aimez cette musique-là ?
Ma foi, oui.
"A défaut de grives..." comme on dit.
La valse serait plus mon style.
Moi aussi.
Merci. Bonsoir.
Votre 3e Mouvement.
Je rentre avec vous.
Laissez-moi porter ces trucs.
Non, ça va très bien.
Bonsoir, merci.
Donnez, vieux.
Ah, ce passage !
Mettez-vous plutôt là.
Il faut s'éloigner du pianola.
Repassez-le. Si Fetherstonhaugh est d'accord.
Ça ne se repasse pas...
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