The first 200 lines.
Musique douce
...
...
Gencives bombées.
Léger prognathisme.
Narines arquées.
Espace nasolabial normal.
Cloisons très abaissées.
Lèvre inférieure charnue.
Manifestation de prognathisme. Sue comme une race non-européenne.
Front étroit.
Implantation des cheveux basse.
Cheveux épais, gras, luisants.
Oreilles normales, sans soudure de lobes.
Axe oblique.
Paupières supérieures légèrement tombantes.
Teint basané.
Expression générale du faciès plus ou moins judaïque.
Mimiques non judaïques au cours de l'examen.
Maintenant, marchez.
Hanches naturellement larges et flasques.
Sur la pointe des pieds, maintenant.
Plante des pieds plate, absence complète de cambrure.
Rhabillez-vous.
"Je soussigné, estime que
"d'après l'ensemble des données morphologiques et du comportement,
"le sujet examiné pourrait appartenir
"à la peuplade
"de la race sémite,
"d'ascendance soit judaïque,
"soit arménienne, soit arabe".
"En conséquence,
"le cas est à considérer provisoirement comme douteux."
Vous pouvez partir.
Je vous dois combien ?
-A ma secrétaire. Les résultats vous seront envoyés par la police.
Quinze francs.
Comment ça s'est passé ?
Bien...
Et toi ?
Bien.
Il ne t'a rien dit ?
Et à toi ?
Non.
Monsieur Klein.
Oui, c'est moi.
Si vous voulez vous donner la peine d'entrer.
-Je souhaitais vous rencontrer. J'ai quelque chose à négocier
qui pourrait peut-être vous intéresser.
-Vous avez été envoyé par un de mes amis ? C'est à quel sujet ?
Je crois pas avoir l'honneur de vous connaître.
Non, en effet. Vous m'aviez dit
que vous étiez éventuellement intéressé
par un achat de tableau, oeuvre d'art...
Oui, oui. Oui, il se peut. Oui.
-J'ai ici un tableau, une oeuvre d'Adriaen van Ostade,
le portrait d'un gentilhomme,
une peinture authentique, signée et datée.
*Radio
Elle figure même dans le livre...
*-Tissu de quartz et de cristaux, goutte suspendue,
*arabesque de filigrane, lacis de soie glacée...
*Femmes, rêves, sortilèges, illusions...
*Et soudain, les flots bleus et les flammes rouges
*des garçons de la légion des volontaires français.
*La fleur, l'orgueil de la France, les paladins.
*A l'horizon, les pinacles de Leningrad apparaissent
*et disparaissent comme un mirage.
Six cent Louis.
Trois cent.
Vous vous moquez de moi ?
Non.
-Remarquez, à ce compte-là, je préfère le garder.
Eh bien, comme vous voudrez.
-C'est facile avec quelqu'un qui est obligé de vendre,
n'est-ce pas ?
Je ne suis pas obligé d'acheter
et je ne suis pas collectionneur.
Pour moi, c'est un travail...
-Faites-moi une offre raisonnable, au moins.
Trois cent Louis.
Grognement
Ah ! Ah, Robert...
Retourne vite au lit.
Pourquoi ?
"Pourquoi ?" Selon toi ?
Rire
Attends une minute.
Tout à l'heure ! Allez !
S'il s'agissait de Francs, au lieu de Louis d'Or...
C'est vrai qu'à l'étranger, ils ne valent rien,
mais si vous devez les dépenser en France...
-Je ne dois pas les dépenser en France.
Très bien. Etablissons un reçu.
C'est une simple formalité, c'est pour moi.
Ca reste au coffre.
Tenez, faites-le vous-même, à moins que vous ayez un certificat
ou un reçu de la personne qui vous l'a vendu ?
Non.
Non ?
-Non, nous l'avons toujours eu à la maison, depuis toujours.
Peut-être mon grand-père lorsqu'il est venu de Hollande...
Peut-être son père...
Oui... Il y a bien longtemps.
Enfin, c'est sans importance.
C'est une formalité ! Bon, eh bien, si vous voulez bien écrire :
"Je soussigné", nom, prénom, adresse...
Non, pas besoin d'adresse.
Nom, prénom.
"Déclare céder à monsieur Robert Klein,
"pour une somme convenue
"et qui me satisfait...
"...convenue et qui me satisfait,
"un tableau d'Adriaen van Ostade,
"50 centimètres sur 30,
"et qui représente le portrait d'un gentilhomme...
"hollandais.
"Hollandais.
"Depuis Paris, 16 janvier 1942."
Et vous signez.
Voilà.
Vous n'avez pas une bourse pour les emporter ?
-Non, mais ça n'a aucune importance.
Vous ne les comptez pas ?
Attendez, je vais vous faire un cadeau.
Non merci, ce n'est pas la peine.
Je peux en prendre une ?
J'ai des amis qui sont dans la même situation que moi et
peut-être que...
-Oui, bien sûr, bien que j'aimerais mieux...
Récemment, beaucoup de clients sont venus me voir
avec une grande urgence de vendre,
et je vous assure que c'est très désagréable pour moi.
C'est embarrassant.
Et bien souvent, je préférerais ne pas acheter.
Alors n'achetez pas.
-Votre journal. Vous avez dû le laisser tomber.
Non.
-Vous avez raison, c'est bien mon nom et mon adresse.
-C'est le facteur qui l'aura posé devant votre porte.
-Au revoir, monsieur. Bon voyage et bonne chance.
-Bonne chance à vous, monsieur Klein.
*-Azur.
*L'indifférence. Une ligne droite suspendue dans le ciel.
*Blanc. La cruauté.
*Un angle aigu dont le sommet est enfoncé en terre.
*Noir. L'arrogance.
*Une pyramide dont la base s'enfonce dans la mer.
*Et violet. L'avidité.
*Dans le rond central est représenté
*le remord,
*un vautour,
*le coeur transpercé d'une flèche, mais qui continue à voler.
*Dans chacun des quatre angles
sont représentés, en différentes couleurs,
*les très anciens signes kabbalistiques.
*Mesdames, messieurs,
*pour cette superbe tapisserie,
*nous commençons les enchères à 150 000. 150 !
*Oui, monsieur ! 200 ! 200 !
*200, 200... 250 !
*250, oui. Au fond, 300 !
(-Robert, vous m'aviez promis un conseil.)
Pour la tapisserie ?
Non, la console...
Vous aviez oublié...
Ah, la console !
(Vous avez le temps. Je vais prendre un café et je reviens.)
(-Hé ! La tapisserie-là, qu'est-ce que vous en pensez ?)
*-500. 550, monsieur au fond !
C'est vrai ?
*-Monsieur au fond, monsieur au 2e rang !
Demandez, lisez La Gerbe !
Demandez, lisez La Gerbe, le journal de la France nouvelle !
Demandez, lisez La Gerbe !
Propos inaudibles
...
Bonjour, monsieur.
Bonjour, monsieur.
Je vous remercie.
Voilà, j'ai téléphoné tout à l'heure.
Ce matin, j'ai reçu votre journal, adressé à mon nom.
Or, je ne suis pas abonné et je n'ai pas du tout l'intention...
Enfin, je n'ai aucune raison de l'être, voilà...
Votre journal ne se vend que par abonnements, je crois ?
Oui,
c'est le seul moyen dont nous disposons
pour informer la communauté des réunions, des décisions,
des différentes dispositions des autorités.
J'entends bien, mais...
je ne fais pas partie de votre...
Oui.
Oui, oui, je comprends.
C'est bizarre...
A moins que quelqu'un d'autre,
un de vos amis, par exemple,
vous ait abonné sans vous le dire ?
Non, ça n'est pas possible.
Je ne vois personne capable de me faire cette plaisanterie.
-Vous pensez que nous sommes un bon sujet de plaisanterie, monsieur ?
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