The first 200 lines.
Une production NIKKATSU
Film anniversaire des 70 ans de la Nikkatsu
LA CHAMBRE NOIRE
D'après le roman de Junnosuke Yoshiyuki
Scénario : Toshiro Ishido
Photographie : Shohei Ando
Musique : Teizo Matsumura
Décors : Nobutaka Saya
Avec, dans les rôles principaux,
Koji Shimizu
Rie Kimura
Mayumi Miura
Yoshimi Ashikawa
Minoru Terada
Yuki Kazamatsuri
Un film de Kirio Urayama
HÔTEL YAMAMUE
"UN CERTAIN PASSÉE” DE SHUICHI NAKADA
Je me suis marié jeune.
À 23 ans, j'avais déjà une femme.
Un soir,
alors que j'étais rentré tôt,
j'aperçus une boîte étrange posée sur la table basse.
Une boîte dorée avec des motifs de fleurs.
Qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que c'est ?
C'est de la part de Yamanoi.
Yamanoi ?
Il est arrive quand ?
Tout à l'heure.
- Salut. - C'est toi ?
Qu'est-ce qui t'amène ?
Ta femme m'a dit que tu rentrerais tôt.
Alors, je t'ai attendu.
Ton dernier roman fait du bruit.
À ce propos,
je voulais ton avis.
On t'a demandé d'écrire dans une revue ?
Tout à fait.
C'est pour une revue littéraire.
Tu n'as pas à hésiter.
Mais qu'en diront nos collègues ?
Peu importe.
Si l'un de nous arrive à se faire un nom,
nous en serons tous fiers.
Tu crois ?
Je suppose que ton article est déjà prêt.
En fait, oui.
Dismoi à quelle heure est vraiment passé Yamanoi.
Il était 15h30.
Je ne rentre jamais si tôt. Il le sait bien.
Oui.
Alors, il t'a draguée ?
Réponds-moi.
C'était bien ?
Je vois.
Il t'a donc draguée.
Je te laisse imaginer.
Bien sûr, j'ai repoussé ses avances.
Vraiment ?
- Je comprends mieux, maintenant. - Quoi donc ?
Je comprends mieux pourquoi
tu es si violent au lit, ce soir.
Une boîte de bonbons...
Il ne s'est pas foulé.
Si j'insiste sur cette boîte,
c'est parce que Yamanoi est célèbre non seulement
pour sa lubricté, mais aussi pour son avarice.
En peu de temps,
ce Yamanoi
s'est fait un nom en littérature. Il avait 23 ans, comme moi.
La critique encensait son style.
L'esthéte Yamanoi fut bientôt qualifié
<>de génie et de prodige.
Quant à moi,
j'étais simple journaliste
dans une revue de second ordre.
Un mois après la visite de Yamanoi
Keiko m'annonça qu'elle était enceinte.
Je ne peux nier
qu'en apprenant la nouvelle
mes soupçons se portèrent d'abord sur Yamanoi.
Tu dois avorter.
Mes livres ne rapportent rien.
Notre situation est précaire.
Vraiment précaire.
C'est sûr.
Ce sera la troisième fois.
Quoi donc ?
Tu le sais bien.
Ne remue pas le couteau dans la plaie.
Ah, oui.
Ce sera la troisième fois.
Tu es infect.
Cinq ans passèrent.
Keiko mourut dans un accident.
Elle avait traversé la route hors du passage clouté.
Je suis presque certain que ce n'était pas un suicide.
Pour moi, c'était un accident.
Pour me sentir moins coupable.
La jalousie à l'égard du succès de Yamanoi
et le doute sur la fidélité de ma femme
m'avaient secrètement tourmenté pendant cinq ans.
En mourant,
Keiko s'était libérée de la souffrance
de n'être que l'ombre de son mari.
Moi aussi, je me sentis libéré.
Pourtant,
des doutes persistaient en moi comme de vieilles blessures.
C'est Nakada, l'écrivain.
C'est vrai ?
Je ne l'ai pas reconnu.
C'est l'amant de notre prof d'lkebana.
C'est vrai ?
C'est toi, Reiko ?
Attends.
Il ne faut pas.
Pas maintenant.
Arrête.
J'ai encore une élève.
- Pardon. - C'est moi.
Tu es mouillée !
C'est normal.
Tu m'as fait attendre deux semaines.
Tu n'as eu personne entre-temps ?
Tu penses toujours à mal.
Tu le sais bien.
Mon corps te reconnaît tout de suite.
Au bout de 168 fois, c'est normal.
168 fois ?
Tant que ça ?
Oui,
en trois ans.
Avec aujourd'hui, ça fera 169.
Passe donc la nuit ici, pour une fois.
J'ai passé deux semaines à l'hôtel pour écrire.
Je dois passer chez moi pour vérifier le courrier.
Mais tu as quelqu'un qui s'en occupe, non ?
L'autre jour, j'ai téléphoné chez toi.
Je sais, tu me l'avais interdit, mais...
c'est une femme qui a décroché.
C'est ma secrétaire.
Je l'ai engagée l'an dernier.
Nakada,
tu es célibataire ?
Je ne te l'avais pas dit ?
Qui est cette secrétaire ?
Tu sais...
Chez moi,
je ne joue jamais avec le feu.
- Avez-vous encore besoin de moi ? - Non, ça ira.
- Va te coucher. - Merci.
Dès que je te parle,
tu dis que tu es occupé.
Ce n'est pas par plaisir.
Je dois terminer ce rapport pour demain.
C'est quoi le plus important pour toi ?
Moi, ou le travail ?
Le travail, bien sûr. Elle ne connaît rien aux hommes.
NOUVELLE LITTÉRATURE
"UN CERTAIN PASSÉE” DE SHUICHI NAKADA
Il a insisté pour que je vous réveille.
- C'est Yamanoi ? - Oui.
En voilà une surprise.
C'est moi.
Ça faisait longtemps.
C'est vrai.
Dix ans, tu as raison.
Tu as lu mon dernier roman ? Merci.
Si tu m'as inspiré ?
Non, pas du tout.
Il y a une différence entre la réalité et la fiction.
Tu dois bien le savoir.
Je le sais très bien.
Mais j'ignorais que tu aimais tant les histoires anciennes.
Tu aurais pu penser à moi.
Si on allait prendre un verre ?
En fait, j'ai quelque chose à te demander.
Si c'est toi qui proposes un bar,
c'est qu'il y a des belles filles pour pas cher.
Ne le prends pas mal, s'il te plaît.
D'accord.
À ce soir.
L'homme au téléphone
ne s'appelle pas Yamanoi, mais Tsunoki.
C'est noté.
Il écrit toujours des romans ?
Non, il a échoué dans une petite revue.
Tu as lu mon roman ?
À ton avis,
la femme est morte par suicide,
ou bien par accident ?
Je ne sais pas.
Toi, tu ne mourras pas. Sois sans crainte.
Viens avec moi.
Pas aujourd'hui.
- Un autre jour. - Un autre jour ?
Ce sera peut-être jamais.
Alors, viens.
On est fait pour s'entendre.
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