The first 200 lines.
"Nous ne cesserons pas d'explorer...
et la fin de toutes nos explorations, ce sera d'arriver là où on a commencé...
et de voir cet endroit pour la première fois" - T.S. Eliot, "Little Gidding".
"Après le jeu arrive avant le jeu". - S. Herberger
L'homme...
probablement l'espèce la plus mystérieuse de notre planète.
Un mystère de questions sans réponses.
Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ?
Où allons-nous ? Comment savons-nous ce que nous croyons savoir ?
Pourquoi croyons-nous en quelque chose ?
Questions innombrables en quête d'une réponse...
une réponse qui engendrera une nouvelle question...
et la réponse suivante engendrera la question suivante et ainsi de suite.
Mais en fin de compte, n'est-ce pas toujours la même question ?
Et toujours la même réponse ?
Le ballon est rond. Le match dure 90 minutes. C'est un fait.
Tout le reste n'est que pure théorie.
On y va !
COURS, LOLA
Ecrit et Réalisé par Tom Tykwer
- Manni ? - Lola.
Où es-tu donc ?
Où étais-tu, bon sang ?
- Je suis arrivée trop tard. - Aujourd'hui ? T'es toujours à l'heure.
On m'a volé mon vélomoteur. Peu importe.
Si, ça importe !
Que se passe-t-il ?
C'est pas de ma faute, Manni. Je suis allée acheter des cigarettes.
Je n'arrive pas à croire combien ce type a fait vite.
Je n'ai rien pu faire. Il était parti avant que je ressorte.
J'ai dû même prendre un taxi.
Ce con est allé vers l'est. Il y a une rue Grunewald, là-bas aussi.
Quand je m'en suis rendu compte, c'était trop tard.
Je n'ai rien vu. J'étais trop bouleversée à cause du vélomoteur.
- C'est pas grave. - Quand je suis arrivée, tu étais parti.
Ça n'a plus d'importance, maintenant. Je suis fini.
- Mais pourquoi ? - Aide-moi, Lola !
Je ne sais que faire.
Tu n'étais pas là, et j'ai tout fait foirer.
J'ai tout bousillé. Je suis trop con !
Calme-toi. Alors, que s'est-il passé ?
Raconte-moi ce qui s'est passé, d'accord ?
Lola, il va me tuer. Je vais mourir.
Arrête ! Tu me fais peur. Que se passe-t-il ?
- Tu t'es fait prendre ? - Non, mais ça aurait été quelque chose.
Tout se passait bien. On a conduit les voitures là-bas, les types sont arrivés.
Ils ont payé, et voilà. C'était du gâteau.
A la frontière, on m'a fait signe de passer, et ils m'ont lâché là-bas.
Alors je suis allé trouver ce cyclope, et c'était fini en un rien de temps.
Et tout était dans les temps, à part toi.
Tu n'étais pas là.
- Et alors ? - Rien. Pas une cabine de téléphone.
Je ne pouvais même pas appeler un taxi, alors j'ai marché jusqu'au métro.
Dans la rame, il y avait un clodo...
qui s'est arrangé pour tomber, et soudain les inspecteurs sont arrivés.
Et je suis descendu comme d'habitude... un vieux réflexe.
- Le sac ! - Le sac.
Le sac !
Je suis un putain d'amateur ! Un connard !
Ça ne pouvait arriver qu'à moi ! Si tu m 'avais pris, ce ne serait pas arrivé.
J'étais tellement déconcerté. Tu es toujours à l'heure, sinon !
- T'as pas appelé la station d'après ? - Bien sûr que si.
Mais c'était déjà trop tard. Ce putain de sac s'était envolé.
Et je sais qui l'a. Ce clodo ! Ce monstre aux sacs en plastique !
Il a pris un avion vers la Floride, ou Hawaii...
ou le Canada, ou Hong Kong, ou les Bermudes, ou autre.
- Et Ronnie ? - Il va me tuer.
- Il faut lui dire. - Laisse tomber !
- Pourquoi ? - Il n'en croira pas un mot.
Une fois, j'ai gardé un carton de cigarettes. Il l'a tout de suite vu.
Il ne croit personne.
Ce boulot avec ces mecs, c'était un genre d'essai...
pour voir s'il pouvait me faire confiance.
Il y avait combien, dans le sac ?
- 100 000. - Quoi ?
- 100 000. Un essai. - Oh, merde !
Tu vois, je savais que tu n'aurais pas la moindre idée !
J'ai toujours dit qu'un jour tu ne saurais pas quoi faire.
Pas à la mort, plus tôt !
Tu disais, "L'amour peut tout faire".
- Alors trouve 100 000 marks en 20 mn. - 20 minutes ?
Ronnie a dit, à midi au coin du château d'eau.
- Dans 20 minutes. - Fuis, Manni !
- Non. - Pourquoi ?
- Personne n'échappe à Ronnie. - J'irai avec toi.
Quand Ronnie arrive dans 20 minutes, je suis mort.
Arrête, Manni !
Pour quoi faire ? Tu ne peux pas non plus me trouver 100 000 marks !
Il va me liquider, et il ne restera de moi que 100 000 cendres...
flottant sur le Spree vers la Mer du Nord, et plus de Manni !
- Tu ne peux rien y faire ! - La ferme !
Ecoute.
Attends-moi. Je vais t'aider. Reste-là. J'arrive dans 20 minutes.
- D'accord ? - Tu vas mettre tes bijoux en gage ?
Où es-tu ?
Dans une cabine de téléphone, en ville, devant le Spirale Bar.
D'accord, reste où tu es. Je promets de trouver quelque chose.
Dans 20 minutes, d'accord ?
Au diable. Je vais aller à Bolle, et trouver ces 100 000 marks.
Arrête !
Ronnie dit qu'ils font 200 000 par jour, alors ils doivent avoir 100 000 à midi.
Tu es fou ! Ne fais rien ! Reste donc dans ta fichue cabine ! J'arrive.
- C'est ça. Je dévalise le magasin. - T'es cinglé ?
- Ne fais rien, ne bouge pas ! J'arrive. - Et alors ?
Je trouverai quelque chose !
Dans 20 minutes je serai mort, à moins de voler cet argent !
- Non, attends ! - Pour quoi faire ?
Je m'arrangerai pour trouver l'argent.
J'entre là-dedans à midi, si tu n'es pas là.
D'accord ! Qui ? Qui ?
Papa !
Lola, tu vas faire des courses ? J'ai besoin de shampooing.
Bien sûr. J'étais sûre que ton ascendant était Sagittaire.
Bien sûr. Plus j'y pense. Je ne sais pas.
Oui, mais tu es aussi marié.
Eh ! Ouvre les yeux !
Garce.
"Et Alors"
C'est pire la nuit.
Je me réveille, et je ne peux pas me rendormir.
Et alors, j'ai peur.
Moi ! J'ai peur du noir.
Je n'ai jamais eu peur du noir. Je n'ai jamais eu peur, avant.
Mais je pense à nous...
et je pense que ça va continuer pareillement.
Et que tu n'oserais pas...
Et puis, je me demande ce que je fais là.
Combien de temps ça va durer ? Les secrets, tous ces fichus mensonges ?
Je dois vieillir à attendre un homme sur qui je ne peux pas compter ?
Eh ! Tu as besoin d'un vélo ?
50 marks, comme neuf.
Non.
"Et Alors"
Eh mec, je sais !
C'est pas ma faute, si ça fait autant d'argent !
500 ? Qu'est-ce que je vais faire avec 500 marks ?
Merci.
Votre carte de téléphone !
Je dois y aller. Meyer sera ici dans une minute.
On peut se retrouver plus tard ?
- Tu m'aimes ? - Quoi ?
Tu m'aimes ?
Pourquoi tu me demandes ça maintenant ?
Tu m'aimes ?
Oui, je t'aime, bon sang !
Alors décide.
Mais pas maintenant !
Il faudra te décider un jour.
Mais pourquoi maintenant, là, tout de suite ?
Parce que je suis enceinte.
Eh, regardez ! Notre petite princesse, Lola ! Quel rare plaisir.
- Pourquoi es-tu si pressée ? - S'il vous plaît, laissez-moi passer.
La Petite veut voir son Papa ? Bien sûr.
Désolée.
"Et Alors"
Dis-moi, tu veux avoir un bébé avec moi ?
Oui.
Lola ?
Papa.
Ta fille ?
Je suis Jutta Hansen, du conseil d'administration.
Désolée de vous interrompre. C'est urgent.
Ce n'est pas grave. J'étais juste sur le point de...
- Que fais-tu ici ? - Que fais-tu ici ?
Rien.
Ecoute, si je te disais que j'ai besoin de ton aide...
comme jamais de toute ma vie, et que tu es le seul à pouvoir m'aider...
est-ce que tu m'aiderais ?
- Tu es dans un drôle d'état. - Est-ce que tu m'aiderais ?
- Qu'est-il arrivé ? - Je peux pas expliquer. Tu m'aiderais ?
Comment, bon sang ?
- J'ai besoin de 100 000 marks en hâte. - Quoi ?
J'en ai besoin dans les cinq prochaines minutes, ou alors...
- Ou alors quoi ? - Quelque chose de terrible va arriver !
Je ne comprends pas. Que se passe-t-il ici, aujourd'hui ?
Je t'en prie, Papa ! Il faut m'aider ! Je t'en prie !
- Je n'ai pas 100 000 marks. - Et mon assurance sur la vie ?
Alors quoi ? Elle ne vaut pas 100 000 marks.
S'il te plaît, Papa. Je suis sérieuse. Ce n'est pas une plaisanterie.
- Si, Lola ! Tu ne peux être sérieuse ! - Si tu ne m'aides pas, il va mourir !
- Qui va mourir ? - Manni.
Qui est Manni ?
Mon ami, depuis plus d'un an !
- Je le connais pas. Pourquoi mourir ? - Peu importe !
D'accord, viens avec moi.
- Tu vas m'aider ? - Bien sûr.
Rentre à la maison, et va te coucher.
Et dis à ta mère que je ne rentrerai pas ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais.
Je vous quitte tous, pour épouser une autre femme.
On va avoir des enfants, et j'essayerai d'être heureux car elle veut de moi.
Je suis malade d'entendre, "Tu ne fais que travailler, et jouer au patron".
Peut-être bien, et alors ? Vous n'avez pas idée !
J'en ai assez d'être l'imbécile, celui qu'on blâme !
Mais le blé de Papa est bon à prendre, hein ? Eh bien, plus maintenant !
De toute façon, je n'aurais jamais enfanté un drôle de zèbre comme toi.
- Mais tu l'as fait, connard ! - Non, je ne l'ai pas fait !
Je dis seulement que tu viens de l'oeuf d'un coucou.
Maintenant, tu sais.
Le type qui t'a enfantée n'a pas vécu pour voir ta naissance.
Jetez-la dehors, s'il vous plaît.
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