The first 200 lines.
Bonjour, je suis Eric Owens.
Bienvenu à la présentation de Parsifal du Metropolitan Opera.
C'est le dernier opéra de Richard Wagner.
Après la Tétralogie, Wagner s'est mis à explorer la spiritualité et la dévotion
et à examiner les forces contrastantes du bien et du mal.
Ça a donné Parsifal
un voyage en trois actes qui suit les progrès d' un héros wagnérien atypique.
Dans cette nouvelle production, tout se passe derrière ce rideau en miroir
le metteur en scène a situé l'histoire au présent ou dans un futur proche
un cadre ambigu qui convient bien à cette quête mystérieuse.
Une chose est sûre : la musique de Parsifa/ est magnifique et émouvante.
Elle envoûte le public depuis 130 ans.
Pour cette nouvelle production, le Met a réuni une distribution de rêve.
Le ténor Jonas Kaufmann est le jeune et innocent Parsifal
la basse René Pape le sage chevalier Gurnemanz
la soprano Katarina Dalayman Kundry, la séductrice énigmatique
le baryton Peter Mattei incarne Amfortas, blessé, le premier des chevaliers du Graal
le baryton-basse Evgeny Nikitin est Klingsor, le sorcier vengeur.
La tâche olympienne de diriger l'immense et majestueuse partition de Wagner
a été confiée au chef italien Daniele Gatti.
C'est l'un des meilleurs interprètes de ParsifaI
et il s'apprête à commencer.
Voici le premier acte de Parsifa/.
Holà, vous qui gardez ces bois tout en gardant votre sommeil
réveillez-vous au moins le matin !
Entendez-vous l'appel ? Remerciez Dieu d'être conviés à l'entendre.
Debout, mes écuyers. Préparez le bain.
ll est temps de s'occuper d'Amfortas.
Voici qu'on l'amène. Je vois venir ses hérauts.
Salutations !
Comment se porte le Roi aujourd'hui ?
ll se baigne bien plus tôt que de coutume.
Messire Gauvain lui a rapporté une herbe médicinale.
J 'espère qu'elle a soulagé sa douleur.
Tu espères cela, sachant tout ce que tu sais ?
La douleur est revenue, bien pire qu'auparavant.
Sa souffrance le privant de sommeil, il nous a supplié de l'amener ici sur l' heure.
Nous sommes fous d'espérer apaiser son tourment
lorsque seule la guérison le pourrait.
Nous recherchons herbes et potions partout dans le vaste monde.
Pourtant, il n'est qu' un remède, un seul homme.
Qui est-il donc ?
Occupez-vous du bain !
Voyez qui vient au grand galop !
La crinière de son cheval est au vent !
Comment, Kundry est de retour ?
Apporte-t-elle quelque pressant message ?
Sa jument trébuche !
Elle titube sur le chemin.
Kundry se précipite vers nous !
Prends ceci !
Un baume...
D'où vient-il ?
De plus loin que tu ne peux l' imaginer.
Si ce baume échoue, l'Arabie n'a nul autre remède à offrir.
Assez de questions !
Je suis lasse.
Le voici, accompagné de ses serviteurs.
Hélas, quelle souffrance de le voir, dans la force de l'âge.
Lui, le souverain d' une race conquérante, asservi par la maladie.
Doucement ! Je l'entends gémir.
Comme ceci.
Je vous remercie.
Je vais me reposer un moment.
Je termine ma nuit de souffrances
dans la lumière gaie du matin.
Le lac sacré me fera don de ses eaux apaisantes.
Mes tourments cesseront.
Ma nuit de souffrances s'atténuera.
Gauvain ?
Sire, Gauvain est parti.
ll espérait que l'herbe vous soulagerait.
Mais voyant que ce n'était pas le cas, il s'est mis en quête d'une autre.
Sans permission ?
ll s'est mis en route, et a défié l'autorité du Graal.
Malheur à ce téméraire
s' il est pris aux griffes de Klingsor.
Que nul autre ne me cause tant de souci.
Et donc je dois attendre le Sauveur promis.
Rendu sage par la compassion ...
C'était cela, n'est-ce pas ?
C'est ce que vous nous avez dit.
Le Pur innocent ...
Je crois le connaître.
Et je le surnommerai la mort.
Tout d'abord, voyons si ceci peut vous aider.
D'où vient cette fiole ?
Elle a été apportée d'Arabie.
Et qui l'a obtenue ?
Cette femme sauvage qui est allongée là.
Debout, Kundry, allons !
Dois-je te remercier une fois encore, servante inlassable et discrète ?
Eh bien, je vais voir quelle aide ce baume va m'apporter
tout en rendant grâce à ton dévouement.
Non, arrête !
À quoi bon tes remerciements ?
Va donc ! Ton bain...
Toi ! Pourquoi restes-tu couchée là comme une bête sauvage ?
Les bêtes d'ici ne sont-elles pas sacrées ?
Si ! Mais en ce qui te concerne, nous n'en sommes pas encore sûrs.
Et son baume magique pourrait être néfaste à notre maître.
Vous a-t-elle fait du mal ?
Lorsque nous devons envoyer des messages
à nos frères pris dans de lointains combats
qui y court et en revient
émissaire fidèle et éprouvé ?
Elle ne réclame pas de pitance, et vit à part
car ses façons de faire diffèrent des vôtres.
Mais si le péril guette, elle vole à notre secours
et ne réclame jamais un remerciement.
Si ce sont les torts qu'elle vous fait
vous en profitez grandement.
Mais elle nous hait.
Voyez comme son regard est plein de mépris !
Et c'est une pa.ïenne, une sorcière !
Oui, elle pourrait bien être maudite.
Elle vit ici à présent.
Peut-être réincarnée pour expier des péchés non encore pardonnés
des péchés commis dans quelque autre vie.
Si elle expie en rendant service à notre ordre de chevaliers
soyez sûrs de ceci - en nous aidant, elle s'aide elle-même.
Peut-être que ce sont ses péchés qui sont causes de nos tourments.
Oui, lorsqu'elle restait longtemps loin de nous
il nous arrivait souvent un grand malheur.
Je la connais depuis de nombreuses années, mais Titurel la connaît depuis plus longtemps.
Lorsqu'il se mit à ériger notre château, il la trouva endormie dans les bois
engourdie, apathique, comme morte.
Je l'ai trouvée ainsi récemment
après que le désastre eut frappé
lorsque la magie de Klingsor, ce démon, nous couvrit tous de honte.
Hé, toi ! Dis-moi !
Où errais-tu lorsqu'Amfortas perdit la Lance Sacrée ?
Pourquoi ne nous as-tu pas aidés alors ?
Je n'aide jamais.
Elle le dit elle-même !
Vous la disiez courageuse et fidèle
alors, laissons-la chercher la Lance volée.
Ce n'est pas la même chose.
Cette quête est interdite à quiconque.
Ô Lance sanglante, fabuleuse et des plus sacrées
je t'ai vue brandie par des mains impies.
Armé de cette Lance, Amfortas, tu es devenu imprudent
de même que ton empressement à défier Klingsor le magicien.
Nous avons assiégé ses murs.
À l'intérieur, Amfortas fut dévié de son chemin.
Une sorcière d'une effrayante beauté le séduisit.
ll gisait, impuissant, dans son étreinte
et laissa la Lance sans surveillance.
Un cri perçant ! Je courus vers lui
tandis que Klingsor, riant, fuyait - sa main agrippant la Lance.
J 'emmenai le Roi en lieu sûr.
Mais il était blessé.
ll avait au côté une plaie
c'est cette blessure qui ne guérit jamais.
Vous connaissiez donc Klingsor ?
Comment se porte le Roi à présent ?
Le bain l'a rafraîchi.
Le baume a soulagé sa douleur.
Cette blessure qui ne guérit jamais.
Cher père, dites-nous tout. Vous connaissiez donc Klingsor ?
Titurel, ce pieux héros, le connaissait bien.
Une horde pa.ïenne s'en vint assiéger le royaume des vrais croyants.
Alors, une nuit hautement sacrée
le Sauveur lui envoya d'angéliques émissaires.
lls apportèrent la coupe de Son Dernier Repas Saint.
Le Saint Graal, le calice consacré
qui, sous la croix, recueillit son sang divin.
Elle lui fut remise avec la Lance qui lui avait percé le flanc.
Ces marques de l'amour de Dieu, ces merveilleux présents
furent confiés à la garde de Titurel, notre Roi.
En sécurité ici à Monsalvat
le Graal nous a appelés à son service.
Car seuls les cœurs purs peuvent rejoindre cet ordre des chevaliers
investis par le Graal de merveilleux pouvoirs.
Parce que les non-méritants ne peuvent servir, Klingsor fut rejeté en tant que chevalier.
ll s'établit dans une vallée solitaire, près d'une terre païenne et luxuriante.
Je n'ai jamais su pour quel péché il cherchait à obtenir le pardon.
lncapable de résister à ses pulsions pécheresses, le misérable s'émascula lui-même.
Mais le gardien du Graal le rejeta avec colère.
De rage, Klingsor résolut de se servir de son honteux sacrifice
afin d'apprendre l'art diabolique de la sorcellerie.
Et c'est ce qu'il fit.
Le désert devint un jardin des délices, où des femmes d'une beauté diabolique
attendent les Chevaliers du Graal, et les attirent vers leur damnation.
lls deviennent les esclaves de Klingsor, comme bien d'autres avant eux.
Lorsque Titurel, devenu vieux, appela son fils pour prendre notre tête
Amfortas agit sur-le-champ, et essaya d'éliminer la menace de Klingsor.
Vous en connaissez le résultat.
La Lance est tombée entre les mains de Klingsor.
Renforcé par son pouvoir, Klingsor se voit déjà détenant le Graal.
Alors, nous devons récupérer la Lance !
Quiconque réussira y gagnera un immense renom.
Devant le sanctuaire pillé, Amfortas gisait, en prière
cherchant quelque signe de pardon et de rédemption.
Alors, le Graal irradia une bienheureuse lumière.
Une vision mystique apparut, et prononça à voix haute
des mots qui, gravés dans la lumière, flottaient très haut.
Rendu sage par la compassion ... le Pur innocent ...
attendez-le, celui que j'ai choisi.
Rendu sage par la compassion ...
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