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Le docteur vous attend.
Merci.
Dr Martin ?
Pardon de ne pas me lever.
Un accident ?
Si l'on veut.
Il s'agit en fait d'une imprudence.
"Ne jamais tourner le dos au patient", nous apprend-on.
En effet, Dr Starr.
Dr Rutherford.
Lionel Rutherford.
Je croyais que le Dr Starr était le directeur.
Je suis son associé.
Asseyez-vous donc.
J'ai postulé au titre de médecin-chef et le Dr Starr m'a convoqué.
J'ai lu votre dossier.
Mais il ne me suffit pas.
Votre curriculum vous permettrait
d'ouvrir un cabinet à la mode,
d'écouter de vieilles bourgeoises se plaindre de leurs maris.
Mais ici, ce n'est pas la clinique de Harley Street.
C'est...
un asile d'aliénés.
Savez-vous ce qu'il y a de plus utile ici ?
Ceci.
Ça centralise la fermeture des portes.
Pas de clés, juste un système électrique.
On ne peut entrer ou sortir des chambres
que si j'enfonce ce bouton.
Les patients dangereux ne me font pas peur.
Rassurez-vous, j'ai été formé pour leur faire face.
Selon quelles méthodes ?
Gentillesse, écoute... perspicacité.
Exactement comme moi... il y a vingt ans.
Mais j'ai changé.
Les incurables doivent être enfermés
et mis hors d'état de nuire.
Est-ce aussi l'avis du Dr Starr ?
Le Dr Starr est là-haut.
Auprès d'un patient ?
Le Dr Starr est un patient.
Il m'a agressé il y a quelques jours, par surprise.
Il m'a blessé à la jambe.
En effet...
travailler avec des malades mentaux peut s'avérer éprouvant.
Nous l'avons transféré là-haut, avec les autres patients.
Je ne peux monter le voir.
Mais selon les rapports que l'on me fait,
il aurait complètement recouvré la raison.
À ce détail près...
qu'une nouvelle personnalité semble avoir pris le dessus,
avec son propre nom et sa propre histoire.
Dédoublement de personnalité.
Ce ne sont là que des mots, vous ne croyez pas ?
Ce qu'ils décrivent existe vraiment !
De temps en temps, un homme disparaît...
puis réapparaît : autre ville, autre nom, autre profession.
Un traumatisme l'ayant amené à rejeter sa vie d'avant.
Reconnaîtriez-vous un tel cas ?
Certainement.
Très bien.
Ce sera votre test.
Plusieurs de nos patients, là-haut,
présentent les symptômes que vous décrivez.
Allez leur parler.
Si vous identifiez le patient qui est ou fut le Dr Starr,
je vous attribuerai le poste.
Je reconnaîtrai cet homme.
Cet homme ?
Comment savez-vous que c'est un homme ?
- Reynolds. - Oui, docteur.
Reynolds, je vous envoie un jeune homme.
Martin. Le docteur Martin.
Écoutez-moi avec attention.
Dr Martin ? Je suis Max Reynolds, l'infirmier.
Enchanté.
Suivez-moi.
"Évitons les courants d'air", disait le Dr Starr.
Le docteur vous a dit ?
Oui, il m'a tout expliqué.
Parlez-moi du docteur.
Rutherford ?
Starr.
Non.
J'ai ordre de ne pas vous donner d'indices.
Elles sont toutes occupées ?
Oui.
Portes verrouillées bien entendu, par sécurité.
- Celle-ci ? - C'est mon bureau.
Les patients peuvent-ils sortir ?
Ils n'ont pas à se plaindre. Vous verrez.
Le premier patient ?
Son nom ?
Elle dit s'appeler "Bonnie".
B. Starr.
Ça, c'est à vous de voir.
Le docteur Martin est venu te voir.
Laissez-moi tranquille.
J'espérais vous parler.
Parler ?
Vous ne faites que ça, parler !
Personne n'écoute.
J'écoute aussi.
Vous ne me croiriez pas.
Peut-être pas, mais je suis prêt à écouter.
Enfin... Pour ce que ça change !
J'espère qu'on ne ratera pas l'avion.
Tu n'as pas à t'inquiéter, Walter. Il est arrivé ?
Oui, il est installé depuis une heure.
Il n'y a pas à s'inquiéter.
Facile à dire. Toi, tu ne risques rien !
Toi non plus, si tu fais comme on a dit.
J'y compte bien.
J'aurais aimé te voir avant.
Tu vas bientôt me voir.
Je t'attendrai quand ce sera fini.
Je t'appellerai.
Walter ?
Tu es rentré tôt.
- Je n'ai pas mis le nez dehors. - Mais tu l'as mis dans le whisky.
Ceci est mon premier verre.
Et certainement pas le dernier.
- Je t'en sers un ? - S'il te plaît.
Comment s'est passé ton cours ?
Ce n'est pas un cours. Pr. Kalanga est un maître à penser.
Tu parles.
Un sorcier africain !
Qu'est-ce que tu en sais ?
Tu oublies que j'ai vécu là-bas.
Mon père était...
Gouverneur général de colonie.
Le pauvre se retournerait dans sa tombe s'il voyait sa fille
suivre les cours de vaudou d'un nègre charlatan.
Ce n'est pas du vaudou.
Certaines forces naturelles sont plus puissantes...
que la vie ou la mort.
Et l'homme moderne les a oubliées.
C'est toi qui ferais mieux d'oublier ces sornettes.
C'est quoi ?
On appelle ça un uranga.
C'est hideux.
Ce n'est pas pour faire joli. Le serpent symbolise
la force vitale.
Et les dents protègent du Mal.
Tu n'en as pas besoin.
Bien sûr que si.
Comment ça ?
Bonnie.
C'est de l'histoire ancienne, je te le jure.
Il y a un mois à peine, tu voulais divorcer.
Je ne l'ai pas revue depuis, tu as ma parole.
Et c'est tant mieux.
Parce que je te l'ai dit et te le répète :
le divorce est hors de question.
Je te connais, Walter.
Tu es faible, vaniteux, égoïste et opportuniste.
Vivre à mes crochets t'arrange bien.
Mais tu es...
à moi.
Et je ne te laisserai jamais partir.
Jamais.
Tu comprends cela, n'est-ce pas ?
Parfaitement.
Chérie.
J'ai un cadeau pour toi.
Qu'est-ce que c'est ?
Tu vas voir.
Viens par ici.
Je ne vois rien.
C'est en bas.
À la cave ?
Après toi.
Attention, ne tombe pas.
Alors... qu'est-ce que c'est ?
Un congélateur !
Il te plaît ?
J'en ai toujours voulu un.
- Quelle bonne surprise ! - J'en ai une autre.
C'est quoi ?
Ceci.
Repose en pièces.
C'est fait.
Très bien. Ça va ?
Quand peux-tu arriver ?
Dans l'heure. Je fais ma valise.
Je t'attends.
Encore une chose, Walter.
Il faudra l'emmener.
Ce n'est pas nécessaire !
Personne ne va venir ici.
C'est plus sûr, si on ne laisse rien.
Ils auront des soupçons, mais pas de preuve.
On s'en débarrassera en allant à l'aéroport.
On en parlera tout à l'heure.
Par pitié, ne te fais pas remarquer.
Laisse la porte de la cuisine ouverte, que je n'aie pas à frapper.
Dépêche-toi. Il faut partir au plus vite.
- J'arrive. - Je t'attends.
Ils m'ont trouvée par terre le lendemain.
Ils ont dit que j'avais étranglé Walter.
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