The Lost Honor of Katharina Blum

The Lost Honor of Katharina Blum

Die verlorene Ehre der Katharina Blum

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The Lost Honor of Katharina Blum 1975 RM4K 1080p BluRay x265 HEVC AAC-SARTRE
A Commentary by Sartre

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Published on: 2021-01-09
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The first 200 lines.

MERCREDI 5 FÉVRIER 1975

L'HONNEUR PERDU DE KATHARINA BLUM

Katharina, tu m'entends ? Quel boucan ici !

Au Café Polkt ! Hans était si bourré que nous avons dû le ramener chez lui.

Et Klaus est de service, en patrouille.

Peut-être qu'il y a encore quelqu'un à draguer ici.

Ne sois pas si coincée, la nonne ! À bientöt !

On l'emméne, d'accord ?

Vous allez à une fête ?

Tu veux nous accompagner à une fête ?

Si je réponds à vos sévéres exigences.

- Et sans costume. - Nous trouverons bien un nez de clown.

- Où allons-nous ? - Chez Tante Else.

- Nous venons du même village. - Et elle est si gentille.

- Hé, bas les pattes ! - On verra bien.

Eh, ne roule pas si vite !

Merde !

Cheikh Karl du Koweït et les dames de son harem !

- J'ai besoin d'une serviette. - Pourquoi ?

- Un verre de vin s'est renversée. - Rouge ou blanc ?

- Du vin rouge. - Alors prends plutöt du sel !

- C'est du poivre ! - Voici.

- Qui est la belle demoiselle ? - Ma cousine, Katharina Blum.

La nonne ?

Tout le monde se sent bien !

C'est occupé ! Ils se sont tout de suite tutoyés.

Ce n'était pas une rencontre au hasard, c'étaient des retrouvailles.

Occupé !

Woltersheim, Else. Rue Mergentheimer 3, Numéro de tėlėphone 349462.

Blum, Katharina, adresse inconnue. Je vous rappelle. Terminé !

Tu parles tout seul ?

Je me suis raconté quelques nouvelles blagues.

- Tu es cinglé ! - Vous êtes vraiment exquises.

- Tu as abandonné ta pruderie. - Il faut bien vous charrier un peu.

Un instant ! Hach !

Bonsoir Docteur, Beizmenne à l'appareil.

Je vous dérange en plein dîner ?

J'ai besoin de nouveaux mouchards.

Deux, il y a péril en la demeure.

Woltersheim, Else et Blum, Katharina.

Merci, Docteur. Bonne nuit !

JEUDI 6 FÉVRIER 1975 JEUDI GRAS

Attention ! Opėration officielle de police ! - Qui êtes-vous ?

- Contre le mur ! - Pas de résistance !

Opération officielle de police ! N'opposez aucune résistance !

Où est-il ?

Il n'y a personne, chef !

Où est-il ?

Il est parti.

C'est impossible !

Comment ça ?

Nous surveillons la maison depuis hier soir.

Il ne peut pas être loin. Nous l'attraperons bientöt.

Si tu tiens à sa vie, dis-nous où il est.

Il ne peut pas s'être envolé.

- Cherchez s'il y a des armes ! - Comment savez-vous qu'il était ici ?

Tu avoues donc qu'il était ici ! Quand est-il parti ?

Quand je me suis réveillée, Ludwig ėtait parti.

- Sans dire au revoir ? - Oui.

Il t'a baisée ?

Ce n'est pas le mot que j'emploierais.

Mais nous nous connaissons !

Je vous ai déjà vu quelque part.

Chez les Blorna, où je travaille.

Habillez-vous s'il vous plaît.

Vous ne pouvez-vous exposer à moitié nue devant des fonctionnaires.

Je ne m'expose pas. Je suis ici chez moi.

Qu'est-ce que c'était ? Mais fais donc attention ! - 'scusez.

- Habillez-vous ! - Ne sois pas si nerveux.

Donnez-moi ça !

- Retirez-vous ! - Prenez de quoi vous habiller.

Il vous a de nouveau échappé.

Möding !

Venez ! On laisse la porte ouverte.

Mais quel crime ai-je commis ?

Déshabillez-vous !

- Qu'a donc fait Ludwig ? - Le procureur vous expliquera.

Baissez-vous !

Vous avez une jolie salle de bain.

Quatre piles, un réveil à grosse mécanique,

deux rouleaux de fil et divers outils.

Une perruque à cheveux courts, blonde.

Deux romans d'amour, trois policiers,

une biographie de Napoléon et une de Christine de Suėde.

Des exemplaires du club du livre, une littérature trés bourgeoise !

Sinon rien ? Pas d'armes ?

On a trouvė ce papier dans un des romans.

Sinon, aucun autre indice pour le moment.

Qu'allez-vous en faire ?

« Je suis un homme mauvais, malhonnête, sans conscience.

Mais l'argent est vénéré, donc aussi son possesseur. »

« La force divine de l'argent est inhérente à son essence en tant

qu'esprit des choses, aliénée, aliénante et s'aliėnant, des hommes.

Il est la puissance aliénée de l'humanitė. » Asseyez-vous ici.

- Est-ce que c'est de Götten ? - Ça n'a rien à voir avec Ludwig.

« l'argent est vénéré, donc aussi son possesseur. ».

Une citation de braqueur de banques ? Ça me semble plausible.

- C'est de Karl Marx. - Sûrement ses premiers écrits.

Avez-vous lu Marx ?

- Non. - Est-ce votre écriture ?

C'est le pėre Urbanus, un dominicain, qui l'a notė pour moi.

Vous pouvez vérifier, au cloître Hohenblumenberg.

Ce sont les dominicains qui vous ont initiée à Marx ?

Vous avez choisi le mauvais ordre.

...aidez-nous en nous donnant tout indice utile.

Indiquez au chef d'intervention tout ce qui vous semble suspect.

La presse doit faire honneur à son devoir d'information !

Notez : procureur Dr. Hach.

Il s'agit de plusieurs criminels de sang-froid,

qui font peu de cas des vies humaines. Je n'en dirai pas plus.

Imbėcile !

Attention ! La police demande à tous les habitants de l'immeuble

de l'aider en lui fournissant tout indice utile.

- Vous vous êtes tout de suite tutoyés. - Oui.

- Sans le connaître ? - Oui.

Hertha Scheumel n'a-t-elle pas appelé avant de venir à la fête ?

- Si. - Pourquoi ?

Elle voulait amener quelqu'un en plus.

Et elle vous a dit qui c'était ?

Elle ne savait pas encore. Elle voulait dėgoter quelqu'un.

Et vous lui avez envoyé Götten !

Juste aprės l'appel, Götten a fait irruption dans le café

et s'est adressé à la blonde facilement reconnaissable.

Avec cette ingėnieuse astuce, la Blum a réussi

à introduire facilement Götten chez Woltersheim.

Là, elle n'a plus rien caché,

car ils ont tout de suite dansé tendrement ensemble.

La seule chose vraie, c'est que j'ai dansé avec Ludwig.

- Dansez-vous souvent avec des inconnus ? - Non.

Götten est une exception pour vous qui ne dansez jamais.

Mais ça m'est déjà arrivé de danser !

- Avec Maître Blorna et ses connaissances. - des politiciens et des industriels -,

quand j'aidais chez eux à l'occasion de fêtes.

Depuis que j'ai une voiture, je ne me laisse plus inviter à danser.

Pourquoi pas ?

Les messieurs ėtaient souvent ivres,

et devenaient importuns.

Avant, je dépendais de ce que l'un d'eux me ramėne chez moi.

J'ai aussi dansė avec certains de ces messieurs là-bas.

Nous n'avons pas besoin de détails aussi personnels.

Contentez-vous de répondre à nos questions.

Vous n'avez pas été gênée par le caractėre importun de Götten.

Ludwig n'était pas importun.

- Il était tendre. - Cela revient au même.

Non, pas du tout, justement !

L'importunité est à sens unique.

La tendresse n'a rien à voir.

- Elle est rėciproque. - Cela n'intėresse personne ici !

Tout ce qui nous intéresse, c'est si vous aviez rendez-vous avec lui.

Je ne signerai aucun document oú « tendre » remplacera « importun ».

Admettons, tendre. Ne vous en prenez qu'à vous si ça dure trop longtemps.

Nous vous écoutons.

Pourquoi n'avez-vous pas pris votre voiture justement ce soir-là ?

C'était plus sûr de prendre le tramway.

- Je ne savais pas si je boirais beaucoup. - Vous buvez souvent ?

Non, jamais, à vrai dire.

Si, une fois, mon mari m'a forcée à boire.

Vous vous contredites ! Pourquoi aller en tram si vous ne buvez jamais ?

Je vais vous dire pourquoi vous n'avez pas pris la voiture :

vous saviez que vous verriez Götten, que vous rentreriez dans sa Porsche !

Tout s'est passé comme je l'ai dit.

J'avais envie de prendre une cuite.

À la place, vous avez fichu le camp avec lui !

On sait bien pourquoi.

Comment expliquer que vous...

vous, si prude au point que l'on vous surnomme « la nonne »...

que vous vous soyez jetée dans les bras d'un inconnu,

l'avez emmené chez vous, vous soyez devenue si vite intime avec lui...

Qu'est-ce donc ? Un coup de foudre ? De la tendresse ?

De l'importunité ? Ou tout simplement une sauterie de carnaval ?

- Vous voulez manger quelque chose ? - Non merci.

Ne faites pas tant de maniėres. Vous êtes certainement affamée.

Nous préférerions nous aussi un repas chaud.

Ce café ne sera certainement pas aussi bon que le vötre ce matin,

mais vous n'avez pas pu terminer votre petit déjeuner.

- Non merci. - C'est vous seule que vous punissez.

En tant que citoyenne adulte,

vous devez comprendre que votre interrogatoire ėtait nécessaire.

Certains ne peuvent faire la distinction entre vie privėe et vie publique.

- Bon appétit ! - Bon appétit !

Allez, sers-toi, jeune fille !

L'appétit vient en mangeant.

Je ne suis pas un monstre.

Je pourrais attendre dehors ?

Je peux aussi vous faire enfermer dans une cellule

si vous ne supportez pas ma vue.

Oui, je préférerais.

Certains prisonniers ayant pris 8 ans ou plus

me remercient encore aujourd'hui pour ma loyauté.

Mais nous pouvons aussi agir autrement. Pletzer !

Faites-la mettre en cellule.

- Aïe, vous me faites mal ! - Tu parles !

Quelqu'un a dû se sentir mal.

Vous ne voulez rien ? Nous pouvons vous acheter quelque chose dehors.

Je vous offrirais bien quelque chose, je vais au café d'en face.

Vraiment aucun humour.

On a arrêté et vérifié les dires de tous ceux qui ont été un contact

avec Götten avant qu'il aille au café.

Un serveur du bistrot oü il a bu une biére au comptoir.

Deux filles avec lesquelles il a dansé dans un cabaret.

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