The first 200 lines.
Brouhaha
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Téléphone
Gendarmerie, bonjour.
- Bonjour, madame. Je fais le ménage chez Mme Kearney.
Quand je suis arrivée chez elle,
elle était à la cave, ligotée sur une chaise.
Elle est blessée, cette dame ?
- Elle a comme un triangle sur le ventre et puis...
un couteau dans...
Dans quoi ?
Musique inquiétante
Entre les jambes.
- Monsieur, vous allez où ? - Je suis le mari de Mme Kearney.
Aboiements
Couché, Alto. Couché !
Elle saigne, la dame ?
- Non parce que le couteau, il était enfoncé avec le manche.
Musique inquiétante
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M. Hugo ?
Votre femme est là. Il va falloir patienter un peu.
Musique inquiétante
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- Je vais chercher le reste. - Oui, s'il te plaît.
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- M. Hugo ? - Oui.
C'est bon, vous pouvez y aller.
Musique sombre
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Déclics
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- Aucune lésion. A part le couteau, pas d'autre pénétration ?
Fracas
Excusez-moi.
Vous pouvez vous rhabiller.
Elle soupire.
- Vous auriez un papier et un crayon ?
Je voudrais noter tout ce qui m'est arrivé.
- Bien sûr. - Merci.
6h30, 7h. Salle de bain.
Je me maquillais.
D'un coup, on me met un bonnet et on me couvre les yeux avec.
J'avais l'impression d'avoir un revolver dans le dos.
Il me fait asseoir sur un tabouret et me scotche la bouche.
Ensuite, il me fait...
Musique douce
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- C'est plus facile de nous virer que de virer des hommes.
Propos en hongrois
Depuis des semaines, le directeur
refuse de négocier.
Il ne veut pas de plan social.
Je suis venue discuter avec lui et trouver une solution.
En hongrois
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Propos en hongrois
S'il nous vire, on fait quoi ?
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On ira faire les putes
pour nourrir nos mômes ?
- Je vais demander qu'on vous paie une formation.
Vous ne serez pas sans rien.
Propos en hongrois
Pourquoi vous croire ?
- Je ne fais pas de promesses en l'air.
Je me bats pour les tenir.
Propos en hongrois
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Applaudissements
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Porte
Maureen ?
T'as vu tes potes socialistes ? - L'accord avec les Ecolos ?
Ca va pas nous arranger.
12 % des voix, ça se refuse pas.
- Faut qu'on se voie... - Elle m'attend.
- C'était l'objet du dernier voyage au Japon.
J'ai vu le ministre... On frappe.
Oui ?
- Je croyais être en retard. - On a fini.
Il place beaucoup d'espoir en nous pour barrer la route à la Chine.
Alors, Maureen, ce voyage en Hongrie ?
C'est quoi le problème avec le site ?
- Ils licencient les femmes. Rendements trop bas.
Pourquoi ? Elles sont
moins performantes ? - Moins rentables.
Elles ne s'arrêtent jamais, même quand elles sont malades.
Y a des accidents du travail,
des défauts de fabrication.
Rien n'empêche les soins.
- Sans assurance maladie ni sécurité sociale ?
On peut pas laisser des ouvrières se faire licencier comme ça.
Faut mettre en place un plan social, leur payer une formation...
OK, très bien.
Luc, préparez une étude.
Je soumets l'idée au comité de direction.
Merci, madame la présidente.
La solidarité féminine...
- Quand deux femmes bossent ensemble,
elles ne travaillent pas, elles sont solidaires ?
C'est pathétique.
L'étude sera faite,
Mme la présidente.
Merci.
Vous avez une minute ?
Oui.
- Ce sera pas long, mes enfants viennent déjeuner.
Bon, Maureen, cette fois, Sarko va avoir ma peau.
Il veut régler ma succession avant les élections.
Pour mettre qui ?
- "Pas une hystérique en jupon", dixit son cabinet.
Pas Oursel, tout de même ?
- Il fait jouer ses réseaux, le petit Luc.
- Il y connaît rien, c'est pas possible.
Il a jamais réussi à être No 1.
- Depuis quand on demande aux hommes d'avoir de la compétence ?
Ce sera pas une partie de plaisir avec lui.
Vous êtes d'attaque ?
- Faudra l'empêcher de faire n'importe quoi.
Ca me rassure.
Je serai toujours là pour vous aider.
J'adore vos boucles.
C'est un cadeau de mon mari.
- Toutes ces années, et je sais pas ce que t'as en main.
- Tu rigoles ? Elle a le bluff dans la peau.
Sous ses airs de gentille.
- On joue pas à la parlante. Vous jouez ?
- Je me couche. - Moi aussi.
- Ca va chez Areva ? C'est pas galère après Fukushima ?
Fiona, plus tard, l'écologie.
Elle essaie de me distraire, là.
On leur a bien salopé la planète.
- On leur laisse une poubelle. - Oh, tu vas pas t'y mettre !
Areva emploie
plus de 50 000 personnes.
Moi, je les défends.
Pour le reste, tapis.
Je me couche.
Montre, c'est sûr, t'as rien.
J'en étais sûre.
Maureen rit.
- C'est qu'un jeu. Tiens, tes 30 euros.
Ton fric est radioactif.
T'es pénible, toi, ce soir.
Un jour, faudra m'expliquer ce que tu me reproches.
Ca viendra, j'y travaille.
- Ca arrête pas de vibrer. Y a tout Areva qui appelle.
- On revient sur l'éviction d'Anne Lauvergeon,
patronne d'Areva.
C'est officiel depuis hier.
Pas de 3e mandat pour Anne Lauvergeon
à la tête d'Areva.
Des réactions en politique
où on fustige la décision du chef de l'Etat.
Son remplaçant est un inconnu.
Un grand inconnu.
Luc Oursel, il est plutôt discret.
Pour l'Elysée, c'est le candidat de la continuité chez Areva.
Son portrait et les enjeux de sa nomination.
- C'est pas notre genre à la CFDT de parler gentiment aux patrons,
mais je vous admire, Mme Lauvergeon.
Vous nous avez sorti du nucléaire honteux et poussiéreux.
On a adoré travailler à vos côtés
et on est fiers de ce qu'on a bâti ensemble. Allez.
Merci, Jean-Pierre.
Merci.
Ca a été formidable de passer ces années à vos côtés.
Je ne crois pas m'abuser sur la force des liens
qu'on a créés ensemble.
Mais aujourd'hui, je voudrais remercier
celle qui n'a pas ménagé ses efforts pour défendre vos intérêts.
Celle qui considère parfois les patrons comme des adversaires,
mais jamais comme des ennemis.
Je veux parler de Maureen, bien sûr.
C'était précieux de l'avoir pour faire face à tous ces mecs
en costard-cravate.
La première fois où vous avez débarqué dans mon bureau,
- c'était en 1999 ? - Oui.
- A peine élue déléguée syndicale, pas intimidée.
Elle tenait déjà la dragée haute à tous.
J'ai su qu'on ferait du bon boulot ensemble.
Et on a fait du bon boulot. Merci.
Nos petits-déjeuners du samedi me manqueront.
- Les chouquettes. - (Les chouquettes.)
Merci.
Applaudissements
Chère Anne...
Que dire ? Vous pouvez compter sur nous
pour veiller sur cette belle maison.
Ceux qui me connaissent savent que je ne baisserai pas la garde.
Voilà. Le combat continue !
Applaudissements
--
Longue vie à Areva !
Applaudissements et acclamations
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Au revoir, Luc.
(Je reviendrai. C'est chez moi, ici.)
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