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Et alors ! Tu l'ouvres cette porte !
Et ben, c'est pas malheureux !
C'est exprès que tu as mis la targette, oui !
On se met du rouge plein les ongles,
on sort de chez le coiffeur.
C'est du propre, va !
T'agite pas, tu vas secouer le bourgogne !
Voilà huit jours que tu traînes tes savates.
Mais qu'ils reviennent de manœuvres et de nouveau ça sent le parfumeur !
Ma toilette et ma tenue sont des obligations professionnelles !
Je t'avais demandé de découper un saucisson !
Ça c'est une obligation professionnelle !
Ta place est à la caisse !
Non mais, serais-tu jaloux ?
Et si je l'étais !
Un coup de trompette et tu tiens plus en place !
Écoute, ils vont défiler
et bien amuse-toi à aller faire la fille sur le trottoir, et puis tu vas voir !
Où est-il ? Je ne le vois pas.
c'est celui-la, le deuxième à droite !
C'est gueule d'amour !
Quant à ce petit chef-d'oeuvre,
il est arrivé pendant les manoeuvres.
D'une veuve très bien, chez qui j'ai dîner... très mal !
Mon commandant,
je crois de mon devoir de vous signaler qu'en l'espace de six mois,
j'ai changé de bonne neuf fois
J'ai eu beau les prendre jeunes ou un peu mûres
un certain "gueule d'amour" qui sert dans votre régiment les affole toutes
C'est dans l'espoir que vous voudrez bien intervenir etc etc
et c'est signé Mme Veuve de Duchamp, fondatrice du "divertissement du soldat"
Oui, j'en ai déjà reçu plusieurs du même tonneau !
Vous les avez jetées au panier ! Bien entendu !
Bourrache est un sous-officier exemplaire, intelligent, ponctuel et sobre.
mais il plaît aux femmes...Pourquoi, comment, ça...
C'est Gueule d'Amour ! Tout le monde l'appelle ainsi.
Mon commandant , le maréchal des logis Bourrache il est là !
qu'il entre !
Je veux tout de même lui ...
Avancez !
Bourrache, vous finissez votre engagement dans trois mois !
Oui mon commandant !
Avez-vous l'intention de rengager ?
Non mon Commandant !
Alors ...
est-ce que ce serait trop vous demander,
que de laisser un peu de tranquillité aux personnes du sexe.
On m'écrit ! On se plaint.
Pourriez pas laisser tranquilles les bonnes de Madame Duchamp !
Ah ! c'est elle qui s'est plainte ? Notamment.
Ah, ben ça c'est trop fort !
vous savez, mon commandant, que Mme Duchamp a fondé.
le "Divertissement du soldat" et installé une bibliothèque ...
Oui
Moi, ma foi, ça me plaisais beaucoup, j'aime bien lire.
Mais y'a une chose que vous ne savez pas,
c'est que tous les livres ne sont à la bibliothèque,
y'en a qui sont chez la veuve Duchamps,
ceux que je cherchais principalement...
Et alors vous y êtes allé souvent ?
Et oui, parce que j'avais commence les oeuvres complètes de Dumas.
Alors je voyais bien Mme Duchamp qui...
moi je faisais celui qui ne voyait rien.
Seulement elles, les bonnes, elles me voyaient.
Alors elle les flanquait à la porte.
Et puis un jour, Mme Duchamps a joué le grand jeu.
Commandant j'ai été en Afrique et j'en ai vu de dures...
Ben ! pour la première fois de ma vie j'ai eu peur, mon Commandant !
Ah oui ? Peur devant la veuve Duchamps.
Pourtant moi, je ne vous ai pas écrit pour me plaindre !
Dis-donc, tu ne te fatigues pas trop ?
Ah, c'est bon un lit, mon vieux. Surtout quand on est seul, tiens !
Eh, ça sent pas le Nina, ça. C'est du gros calibre !
Prends ! ils sont sur la table. Ah, ah ! Petit cadeau ?
Oui.
j'ai trouvé ça là avec d'autres trucs puis des tas de lettres.
Ah, y en a ! elles sont drôles ?
Oh ! Y a longtemps que ça a fini de me faire rigoler.Je les ai même pas ouvertes !
Ah, plains-toi, va ! Veux-tu un petit coup de mousseux ?
ça se refuse pas ça, mon vieux !
Ah !...
Qu'est-ce qu'elles peuvent bien raconter là-dedans ?
sûrement les mêmes histoires, va !
Elles sont seules ! Elles s'ennuient !
Moi c'est quand je suis avec elles que je m'ennuie !
Ah, là,là, tout ça , ça vaut pas un bon copain, va, crois-moi !
Dis donc, on peut ouvrir ?
la petite mauve, oui, si tu veux. Elle, a pas envoyé de cadeau !
Oui, et ben, la petite mauve t'envoie cent balles.
sans blague ?
Eh ben ça va encore me coûter dix ronds pour les lui renvoyer !
Allez, à toi l'honneur !
Merci.
Il est possible ?
Ah ! ... Faut garder ça pour astiquer les boutons, c'est de l'eau de cuivre !
Bon, ben laisse, j'ai compris !
Allez viens mon petit père. On va aller se taper le homard chez le Père Cailloux.
Chez le Père Cailloux ? Ben si tu vois sa femme ?
Oh, ben sa femme ça m'est égal ! C'est le homard qui m’intéresse !
Eh ! Je te préviens tout de suite ! Pour l'addition je ne suis pas là !
Ah, ben moi non plus, mais t'en fais pas, on va bien se débrouiller, quoi !
Puis allons-y toujours, on verra bien après
Oui, allez, allez, assez de privations, hein !
Comme vous dites, bonhomme !
Le homard du Père Cailloux, tu sais !
Eh ! tu te rends compte !
La gloire !
Ils en ont tire 200 comme ça.ça se vend dans tout le département !
ça te rapporte au moins ? Ben ! Mes droits d'auteur !
il y a le Père Touch qui m'a relancé pour une série à cheval et en couleur!
ça finira par te tourner la tête !
T'es fou ! Pense-tu, eh !
Vous avez vu un peu !
T'aurais pu me laisser croire que c'était pour moi !
Bonjour messieurs ! bonsoir madame !
Eh ! Voilà notre Gueule d'Amour Bonsoir. Bonsoir
Bonsoir,messieurs.
Ici ? Oui...
Enfin, ici...
Pour ces messieurs, deux couverts ?
Ah non, merci, nous ne dînons pas !
Ingrat ! Tu ne pourrais pas me dire un mot gentil !
Deux quarts Vichy ...
Huit jours sans un mot de toi !
Mais on arrive ! je viens, quoi !
pour me narguer !
Mais non, pour des raisons beaucoup plus simples...ton mari, ton mari...
Felix ! Mets le Pouilly à la glace et le Château-Neuf à chambrer !
Je sers le homard !
Hum...ça sent bon ! Oh, Oui!
Vous m'en direz des nouvelles de celui-là !
Tu y es ? Vas-y ! Attaque !
Dis donc, à ton avis, toubib !
Manger du homard par cette chaleur, c'est pas dangereux ?
Ah ! Je ne m'y risquerais pas ! .
Eh ben tu vois ! C'est toujours les civils qui sont les plus courageux !
Oui.
Qu'est-ce qu'ils disent ?
Oh, des plaisanteries de militaires, faites pas attention !
Y sent drôlement !
Y sent drôlement ce homard ?
je l'ai coupé vivant, monsieur et brûlé dans la Fine !
il sent drôlement ?
Tu te rappelles la dernière fois ce qu'on s'est gratté !
Ouais..
Oh, dites, Messieurs !
Vous venez ici prendre deux quarts Vichy et vous vous permettez...
Quoi ? On n'a plus le droit d'évoquer des souvenirs, maintenant ?
Oui, mais prétendre que ce homard n'est pas bon ! Tout de même !
Il sent la fécule ! Il sent la.
Dites-le voir, vous, qu'il sent la fécule, une sauce liée à la crème,
Dites, Monsieur. Tenez sentez-moi ça, mettez-y le nez !
Et alors, vous avez le nez bouché ?
Mais, l'odeur n'est pas mauvaise mais le goût?
Ça alors, je permets pas qu'on doute de ma cuisine ?
Vous allez me le goûter. Félix !
Mais non, on n'a pas faim Rien qu'un morceau. Felix
Mais non, on n'a pas faim Rien qu'un morceau.
Felix, deux assiettes !
Non et puis si c'est pour avoir la gueule en feu, c'est pas la peine...
Une bouteille de Pouilly et deux verres.
Celle-là alors elle est forte. Je prends tout le monde à témoin !
Et si ces Messieurs sont honnêtes, ils reconnaîtront leur erreur.
Ben, c'est bien vraiment pour vous faire plaisir, vous savez!
Rien que des morceaux de choix. Ah, mon homard il est mauvais !
je vous en flanquerai à vous en faire péter la sous-ventrière.
Mon homard il est mauvais, celle-là elle est forte !
Alors, vous faites venir le maréchal des logis Bourrache ?
Voilà, mon Commandant !
Ah !...Bourrache ! j'ai encore reçu une plainte à votre sujet !
Encore !
Oh, ben dans les petites villes, mon Commandant,
vous savez, les gens savent pas quoi faire, alors
Mais cette fois-ci ce n'est pas une femme !
C'est un notaire !
Un notaire ?
Quand votre tante est morte,
vous m'avez demandé deux jours pour aller aux obsèques à Cannes !
Ben, je lui devais bien ça, mon Commandant,
mais..
Vous lui deviez ça !
Et vous avez profité de ces deux jours pour aller où ?
Ben, mon Commandant, moi j'aime pas les enterrements,
alors que je suive le convoi ou non, ça n'aurait rien changé.
Alors j'ai profité des deux jours pour remonter à Lyon.
Le notaire de votre tante voulait vous voir !
Elle a laissé des petites dettes sûrement, mais ça ...
Elle vous a laissé dix mille francs.
Et le notaire m’écrit pour me demander si vous êtes mort aussi !
Il faut le rassurer, mon Commandant ! Il faut le rassurer tout de suite !
Mandelieu ! c'est tout près de Cannes !
Oui !
En un jour, vous pouvez descendre et remonter ?
Oui, Oui !
Bon, ben je vous accorde 24 heures !
Merci, mon Commandant ! Pouvez rompre !
Oui, mais, pas pour Lyon, hein !
Pour Cannes !
Télégraphe de nuit
Monsieur ! Monsieur!
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