The first 200 lines.
MA GEISHA
Bonjour, M. Lewis. Mlle Dell est aux jeux.
Bonjour, George. Je vais la trouver.
Très bien.
Pas vraiment féminin, mais bon.
Bonjour, Sam.
As-tu découvert où partait le génie ?
Non. Il ne veut rien me dire.
Ils marmonnent tous les deux
et se taisent dès que j'approche.
Eh bien, on le saura dans une minute.
- Deuxième site ? - Regarde le potentiel...
Bonjour, Sam.
Comment vas-tu ?
Bien, je pense. J'en saurai plus quand tu m'auras raconté.
Tu vas adorer. Vraiment.
Tout ce mystère. Je sais ce que c'est.
C'est encore un western.
Et comment sais-tu que c'en est un ?
J'ai regardé dans ton armoire.
Tu prends tes chaussures de marche.
Je les prends toujours quand je vais sur un tournage extérieur.
Bon, ce film se passe en Alaska.
Pourquoi en Alaska ?
J'ai vu ton doigt sur la carte avant que tu ne l'enlèves.
Tu chauffes. Essaie encore.
Je n'en ai pas envie.
Je ne l'aimerai sûrement pas, de toute façon.
As-tu déjà pensé qu'être ton épouse
ne garantit pas que je joue dans tous tes films ?
Pense un peu à ça, Herr réalisateur.
Ne dis pas de telles choses.
L'histoire est bien. Tu vas aimer.
Comment le sais-tu ? Tu ne la connais pas.
Mon petit doigt me l'a dit.
Je sens l'enthousiasme.
Regarde-les. De vrais enfants avec un nouveau jouet.
Je sens le succès.
Je sens que son rôle sera plus grand que le mien.
Puis-je dire qu'il était grand temps ?
On le réécrira.
Jamais. Pas ce rôle.
Bon, ça suffit !
Gardons le suspense pour le film. Je vous écoute.
Assieds-toi, Sam.
- Tu es prêt ? - Oui, je le suis.
Bien.
Nous allons faire
Madame Butterfly.
Madame Butterfly ?
Je sais ce que tu penses,
mais cette histoire d'amour est magnifique, Sam.
Et à travers l'histoire, je veux saisir le Japon traditionnel.
Imagine. Un tournage en milieu naturel.
C'est un pays aux couleurs jaunes et rouges.
Créé pour les films en couleur.
Et cette musique séduit le monde entier.
Oh, je ne sais pas.
Je joue le lieutenant Pinkerton.
Le casting est superbe. Je suis parfait pour ce rôle.
Et j'ai des petites chaussures en bois
qui font, toc, toc, toc, hein ?
Tu ne joues pas dans le film, Lucy.
Ah bon ?
C'est vrai ?
C'est vrai.
Je vais prendre une vraie Japonaise.
Ce sera un film authentique.
Pas juste un opéra, mais authentique.
Eh bien, c'est une surprise.
Une très mauvaise surprise.
Ecoute, Paul. Je vais te dire franchement.
Lucy est la seule plus grande star qu'on ait.
Quand tu as dit Madame Butterfly,
j'ai pensé à une version comique
dans laquelle elle ferait rire.
- Eh bien, non. - Où elle ferait ce qu'elle sait faire.
- Non. - Euh...
Et Lucy dans le rôle de madame Butterfly serait choquant.
Joliment dit.
Non, tu es une excellente comédienne et artiste,
mais ce rôle n'est pas à ta portée.
Oh, bon sang !
Il est plus difficile de faire rire que pleurer les gens.
Qu'un acteur dramatique essaie !
Je suis d'accord, chérie, mais je ne te vois pas dans ce rôle.
Et Sam, si tu ne veux pas le faire,
je chercherai un autre studio, je ne t'en voudrai pas.
Je ne peux pas prendre de décision sans en parler à New York.
Pourquoi aller au Japon si rapidement ? Quelle est l'urgence ?
Il faut qu'on évite la saison des pluies.
Nous avons déjà assez peu de temps.
Lucy, tu ne m'en veux pas trop, hein ?
Pas trop.
Je me demandais juste où il y avait une arme chez nous pour te tuer.
Je suis navré, chérie, mais je dois faire ce film.
Ça a plus d'importance pour moi que tu ne le penses.
Ce ne sera pas trop long. Je t'appellerai tous les jours.
Si j'avais voulu dire bonne nuit à un téléphone, j'en aurais épousé un.
Vos bagages sont prêts, monsieur.
Finissons-en avec les adieux.
Tu me prends chez moi, Pauly ?
- J'y vais. - Je te retrouve à l'aéroport, Sam ?
... via Honolulu, embarquement porte 10.
A l'embarquement.
Allez, les garçons.
Tu sais quoi ? J'ai embrassé Lucy si souvent devant la caméra
quand il me dirigeait que j'ai hâte de voir le maître à l'œuvre.
Vas-y. Donne, je tiens ta bibliothèque.
Prends soin de toi.
Repose-toi suffisamment.
Ne fume pas trop.
Pense à moi.
Jour et nuit, ma chérie.
Ce n'est pas mal.
Un peu démodé, peut-être.
Mes parents s'embrassaient comme ça.
Ouah !
Enfin, pas exactement comme eux,
ou pas quand j'étais dans les parages, en tout cas.
Oh, Paul.
J'ai envoyé un long télégramme à Leonard à New York.
J'espère qu'il aimera l'idée.
Tu sais que je suis avec toi.
Merci, Sam.
- Au revoir, chérie. - Au revoir, chéri.
- Au revoir, oncle Sam. - Bon voyage.
Au revoir, Bob.
- Au revoir, mon actrice. - Au revoir.
Au revoir, mon amour. Bonne chance.
Demain, nous saurons si New York aime l'opéra documentaire.
C'est la pire idée que j'aie entendue de toute ma vie !
Ce n'est pas si atroce, Leonard, si tu y réfléchis un peu.
Madame Butterfly est un chef-d'œuvre. Il faut le faire.
Laissons Sam Goldwyn le faire !
Ecoute, j'aime Madame Butterfly.
Je paierai même 2 $ pour aller le voir,
mais je ne veux pas payer deux millions de dollars
pour que Robert Moore embrasse une Japonaise !
Les spectateurs veulent voir Robert Moore t'embrasser.
Et ton artiste de mari devrait le savoir.
C'est hors de question !
Je le lui interdis formellement !
Dis-lui qu'un autre studio en voudra peut-être.
Je ne vois pas comment tu peux lui interdire de le faire.
Tu es le premier à pouvoir choisir.
Un autre studio le veut.
Tu vas voir. Il ne le supportera pas.
- Passe-moi Sam. - Je t'entends d'ici.
On t'entend bien.
Sam, c'est un ordre.
Le film ne coûtera pas plus de 500 000 dollars.
C'est tout ce que vaut un film avec Robert Moore sans Lucy !
Alors, tu pars au Japon et tu économises le moindre sou.
Je t'en tiens responsable !
Ça ne marchera jamais avec seulement 500 000 dollars !
Il a raccroché.
Peut-on faire Madame Butterfly avec...
Non !
Mais dans le milieu du cinéma, 500 000 dollars
équivaut environ à 700 000.
Peut-être.
Peut-être qu'en lésinant sur tout, et si je surveille les sous,
on peut le faire pour 800 000 dollars.
Je ferais mieux de vite partir pour le Japon.
On doit pouvoir gagner sa vie autrement.
Heureusement, j'ignore comment.
Je partirai demain
avant que ton mari ne signe de contrats
avec tous les figurants du Japon.
Je l'embrasserai pour toi.
Sam,
puis-je moi-même l'embrasser ?
Emmène-moi. Tu n'as pas encore de film pour moi.
Je reviendrai dès que tu me le diras.
Il te manque déjà ?
Peut-être que tu peux m'aider.
On va lui dire de faire un film pas cher.
Ce ne sera pas simple.
Je t'appelle quand on part.
Merci, Sam.
En fait, il n'a pas de studio de remplacement.
Je veux bien prendre des risques artistiques de temps en temps.
Il y a d'autres choses que l'argent dans la vie.
C'en est une.
Merci, Sam.
Au revoir, ma belle. Je t'appelle.
Merci.
Ici, la tour de Tokyo.
Descendez directement sur la piste 33.
Vous pouvez atterrir. Terminé.
Bonjour, M. Takata. Comment allez-vous ?
Très bien, M. Lewis.
Nous sommes ravis de vous revoir dans notre pays.
Ravi d'être revenu.
Lucy, voici M. Kenichi Takata,
- notre responsable au Japon. - Enchantée.
- Mlle Lucy Dell. - Enchanté.
On ne m'a pas prévenu de votre visite.
La presse serait venue.
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