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Anni felici 2013 25 fps Fr
A Commentary by copieur

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Published on: 2017-02-21
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The first 200 lines.

Ça, c'est moi.

Fais-moi un bisou.

Serena et Guido, mes parents.

De dos, c'est mon frère Paolo.

L'histoire de notre famille, été 1974.

- Tu connais le Chien pirate ? - De la pub ?

C'est ça.

Montre-lui.

- Il est beau. - Il te plaît ?

- Où tu as acheté ça ? - C'est moi qui l'ai fait.

- Tu ne lui avais pas dit ? - Va donc faire de l'art.

- Il te plaît ? - Il est superbe.

Il me fait toujours mourir de rire.

Je suis content. Je fais de l'art : des tableaux, des sculptures, des dessins.

Tu ne prends pas position.

Si on fait une chose, on prend position, mais tu n'as pas de point de vue critique.

Je prends soin de l'âme et du corps.

- On peut regarder ? - Non, dehors !

- On peut ? - Allez-vous-en !

- On peut démolir la voiture ? - Oui, voilà des outils.

- Le tournevis. - Va avec lui.

- Dehors ! - S'il te plaît, cinq minutes.

S'il te plaît !

Hé, gamins, qu'est-ce que vous faites ?

- Mon père veut bien. - Qui tu es ?

- Qui tu es ? - Qui je suis ?

- Je suis l'âme de vos morts ! - Va-t'en, sorcière !

TON ABSENCE

Cinq minutes.

L'atelier de papa était un lieu bizarre.

Le plâtre liquide devenait dur.

Les échafaudages devenaient des formes et les choses devenaient d'autres choses.

Ça lui venait facilement et il n'aimait pas ce qui venait facilement.

Comme ça ?

Il y a une mouche.

Il voulait être un artiste d'avant-garde.

Pourquoi cette ambition et non pas celle d'être simplement un homme heureux ?

Ne bouge pas.

S'ils disparaissaient de la terre...

... les acteurs, les peintres, les chanteurs, personne ne s'en apercevrait.

- Tu sais quoi ? J'aimerais être comme lui. - Comment il était ?

Méchant.

Bien.

- Maintenant ? - Attends.

- Je peux ? - Les gars, ne dites pas à maman...

- ... que j'ai travaillé avec un modèle nu. - Elle ferait une scène.

- On ne veut pas... - De discussions inutiles.

Parce que peindre, sculpter, modeler, c'est dépassé aujourd'hui. Qui a dit ça ?

Cet artiste. Qui est cet artiste ?

- Piero Manzoni. - C'est bien.

C'est écrit là. Voici sa signature.

Je me demande si vous savez qui c'est ici.

- Yves Klein. - En effet. Bravo.

Chez Manzoni, le modèle était statique.

Ici, le corps dompte le temps et l'espace.

Il devient action. Chez Vito Acconci, son corps même est l'œuvre d'art.

Dans ce cas, sa signature est un baiser. Dans d'autre cas, la morsure...

... est sa marque commerciale.

Papa ne nous a pas vus.

Je veux savoir qui veut encore peindre, modeler ou sculpter. On se revoit...

On se revoit demain. À demain.

Tu ne me présentes donc pas à tes étudiants ?

Serena, je t'ai déjà dit mille fois...

... que je tiens à séparer travail et famille.

Et toi, tu viens ici avec les enfants.

- Et avec cette attitude... - Quelle attitude ?

- Ton attitude. - Quelle attitude ?

Parce que tu ne veux pas que je vois comment cette fille te regarde.

- Quelle fille ? - Celle-là.

- À l'académie, il n'y a que des filles. - Oui.

Je t'en prie, ne râle pas.

- Aujourd'hui est un jour spécial. - Ah bon ?

Helke, celle des lampes, m'a recommandé auprès d'un curateur.

Je lui ai envoyé du matériel et je le rencontre dans une demi-heure.

D'accord ? Bien.

Je dois y aller.

O.K. on se voit à la maison.

- Au revoir, les enfants. - On va avec toi ?

Tu n'as rien compris. C'est impossible.

Voilà le curateur.

On t'attend ici ?

On va avec toi ou on t'attend ici ?

- On t'attend ici ou... - Je ne sais pas !

Alors on s'en va.

Quoi ? Hein ?

Guido gagnera de l'argent avec l'expo ?

L'argent, ce n'est pas important pour papa.

- Qu'est-ce qui est important ? - Nous.

Et son travail.

Si ce n'est pas un problème, alors il peut m'acheter une caméra.

Je me demande ce qu'il va exposer à Milan.

J'aime beaucoup sa sculpture de vous. Vous avez l'air de deux angelots.

Mais il la trouve conventionnelle.

Pour papa, conventionnel, c'est horrible.

Je sais... conventionnel.

- Chéri... - Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu m'avais dit d'attendre. On t'avait dit qu'on t'attendrait.

C'est réglé. Les grands critiques seront là. Rossi Zoldan, Fava, Tarantelli.

Je dois me mettre au travail. Je m'enferme un mois dans l'atelier.

- Tu as assez de sculptures. - Ce n'est pas ça.

Ce qu'ils veulent, c'est une performance.

- Ce que tu montrais à tes étudiants ? - Oui.

Tu ne devrais pas remercier ta copine ?

Viens, je te la présente.

- Moi aussi ? - Viens.

Voilà pourquoi tes enfants sont si beaux.

- C'est le mérite de ta femme. - Merci.

Merci aussi pour le service rendu à Guido.

Une chance n'est pas toujours un service.

Arrête, je comprends ce qu'elle veut dire.

C'est une très belle galerie.

- Je peux jeter un coup d'œil ? - Vas-y.

Arrête de sauter. Ne touchez à rien.

Je suis très contente pour Milan.

- C'est Guido qui a fait ça. - Ah bon ?

Celle-là aussi ?

- Ça, c'est Michelle. Et ça, Gabriella. - Michelle et Gabriella. Venez.

Lequel est le plus beau ?

La Sainte Vierge.

Non, c'est figuratif. Je vous ai expliqué. On reprend.

Tout ce qui est beau doit être nouveau.

Alors, où est le beau ?

Qui est cette Michelle ? Réponds-moi.

Qu'est-ce que Michelle a à voir là-dedans ? Je leur explique quelque chose.

Réponds-moi.

Lequel vous trouvez le plus beau ?

- Celui-là. - Vous n'y comprenez rien.

Et entre ces deux-ci ?

- Le doré. - Bonne nuit.

On arrête.

Ce bleu est beau ? Je peux en faire autant.

Maintenant tu peux en faire autant. Mais avant tu n'y avais pas pensé.

Je sais à quoi sert le lit dans le studio ! C'est pour Gabriella et Michelle !

Tu fais une scène pour un modèle qui m'aide avec des lampes ?

Elle t'aide tout nue ?

Qui lui a parlé de Michelle ?

Qui lui a parlé de Michelle ?

- Toi ? - Non, c'est lui.

Serena, écoute...

Picasso avait trois femmes.

Je connais tes histoires. J'en ai marre !

Trois femmes et quatre enfants !

Mais personne qui lui disait quoi faire !

Personne ne disait à Picasso quoi faire !

Pourquoi tu ne modèles jamais mon corps ?

Je le modèle dans mes bras. Tu es mon amour.

Pas mon travail.

Et Michelle et Helke ont été un couple.

Ah bon ?

De qui tu es jalouse ?

D'un femme qui se fait mouler le cul pour que l'autre ait les yeux rivés dessus ?

- L'art et l'amour, c'est la même chose, hein ? - Tais-toi donc.

Tais-toi.

Ne me regarde pas comme ça. J'ai du travail. J'ai pris du retard.

Je comprends, mais ne t'inquiète pas trop.

- Qui s'inquiète trop ici ? - Toi.

Guido sous-estimait les forces de Serena.

Quand sa famille passait l'été à la mer...

... il voulait nous y larguer pour pouvoir être seul dans son atelier.

Ma mère avait une manière bien à elle de le convaincre de rester.

Elle n'aimait pas particulièrement l'art, mais elle aimait énormément l'artiste.

Nous, on était toujours là.

Dommage que personne ne s'en aperçoive.

Viens.

- Bon, je mange un morceau et je m'en vais. - Si tu fais la gueule, ce n'est pas la peine.

J'ai seulement peur qu'on voie que j'ai une érection.

- Ça se voit ? - Oui.

C'est à cause de ton pantalon serré.

Serena, tu m'achètes une caméra ?

- Je réponds si on m'appelle maman. - Venez.

- Maman, je peux avoir un chien ? - Non, parce que s'il meurt, tu seras triste.

Non, le café me fait du mal.

Je préfère deux doigts de...

- De quoi ? - D'amaro.

Amaro, amaro. Félicitations, maman.

- Tu exposes des toiles trouées ? - Comment ça ?

Certains trouent une toile, la déchirent et ils appellent ça une œuvre d'art.

Tout le monde peut le faire.

La famille de ma mère. Tous des commerçants. Ils ne parlent que d'argent, d'argent.

Un percepteur, ce n'est pas poissonnier...

- ... avec on marchande. - Fais-moi confiance.

Guido, pourquoi ne montes-tu pas te reposer ?

Maman a raison. Un quart d'heure, non ?

Guido avait avec eux la même attitude qu'avec Serena.

Il ne les supportait pas, mais il avait besoin de leur chaleur.

La chaleur qui manquait chez sa mère.

J'y arrive pas.

Un partisan est un homme qui donne sa vie pour la liberté ?

Oui, mais comment en faire un avec de l'argile ?

Bon, laissons ça.

Je vais faire une performance à Milan à une exposition importante, maman.

- Tu n'aurais pas dû me le dire. - Pourquoi ?

- Tu permets ? Je vais te montrer. - Si ça se passe mal, tu le regretteras.

- Pourquoi ça se passerait mal ? - J'ai dit "si".

Pour faire de l'art, il faut du talent.

Je pense à Tano Festa, Schifano, Angeli... Exactement.

Eux, ce sont de vrais anticonformistes.

Dario, c'est le contraire du conformisme. C'est ce que faisait ton papy.

C'est bien d'être un artiste, de faire des tableaux...

... mais après ta mort tes héritiers doivent les dépoussiérer.

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