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LA CRÉATURE DE KYŎNGSŎNG
RETRAIT DE TOUTES LES TROUPES
Vous avez 48 heures pour retirer toutes les troupes.
Tous les documents scientifiques doivent être transférés au Japon.
Tout ce qui ne pourra pas être emporté devra être incinéré sur-le-champ.
À vos ordres !
Et les bâtiments ?
On les brûle aussi ?
On brûle absolument tout.
Il ne faut pas laisser la moindre preuve
de ce qu'on a fait ici.
Dépêchez-vous.
Détruisez tout !
Allez !
Ne laissez aucune preuve !
C'est en place !
- De l'autre côté. - Bien !
- Les sérums ? - On en a sécurisé 12.
- Et le Najin ? - On a sécurisé 8 personnes.
- Que sont devenues les deux autres ? - On n'est pas arrivés à temps.
Lieutenant Kato !
On n'a plus le temps, il faut y aller !
En position !
Feu !
Feu !
Feu !
Il faut se dépêcher !
Allez, vite !
Qu'est-ce que tu fous ? Vite !
Plus vite que ça ! Allez !
- On rentre par avion ? - Par voie terrestre, c'est plus sûr.
On prend le train à Harbin, direction Kyŏngsŏng.
- Allez-y. - Bien, chef.
LA CRÉATURE DE KYŎNGSŎNG ENTRE BIEN ET MAL
ÉPISODE 1 NAJIN
FIN MARS 1945 KYŎNGSŎNG (ANCIENNEMENT SÉOUL)
Cette année-là, le printemps était arrivé vite à Kyŏngsŏng.
-Le journal ! -Je cire vos chaussures !
Le journal, messieurs dames !
- Bonhomme ! - Le journal !
- Merci. - J'espère que tu vendras tout.
Toi, là !
Il me faut le journal.
Ça fera un jeon.
Tu t'achèteras du pain avec la monnaie.
Merci monsieur. Que Dieu vous bénisse.
Si vous voulez…
j'ai les vraies nouvelles !
Le journal ! Le journal !
LE JAPON EN CRISE FRAPPES AÉRIENNES SUR TOKYO
Donc les rumeurs disaient vrai.
Après le bombardement de Tokyo le 9 mars,
l'ombre de la défaite planait sur le Japon.
Mais en attendant que l'envahisseur tombe,
le Joseon avait du souci à se faire.
Des insurgés !
Arrêtez-les tous !
Arrêtez-les tous !
Faut pas rester ici.
LE JAPON EN CRISE FRAPPES AÉRIENNES SUR TOKYO
Barrez-vous !
Peuple de la péninsule, réveillez-vous !
L'opportunité de mourir pour l'Empereur est enfin venue !
Rejoignez l'armée impériale
et vous entrerez dans le sanctuaire de Yasukuni !
Vous préférez mourir par la torture…
ou en servant notre armée ?
Faites votre choix.
C'est pas humain, ce que vous nous faites !
FORMULAIRE DE CONSCRIPTION
On dit qu'il fait toujours plus sombre
avant l'aube.
Alors ? Tu avoues ?
C'est… c'est pas moi.
Donc, tu vas…
continuer à nier ?
Je vous jure…
Je sais rien, je vous jure.
C'est un indépendantiste ?
Attends, tu sais pas qui c'est ?
C'est Jang Tae-sang.
Jang Tae-sang ? C'est qui, ça ?
Le maître de la Maison des Trésors.
La Maison des Trésors ?
Eh oui ! La Maison des Trésors.
Située dans le quartier de Bonjeong.
C'est sans aucun doute
l'établissement le plus grand et le plus raffiné de Kyŏngsŏng.
Je suis prêteur sur gage.
Tenez. Une magnifique montre, une Waltham.
Quatre wons et 50 jeons.
Quoi ? Ne soyez pas ridicule ! Une Waltham qui vient des États-Unis !
Quatre wons et 50 jeons.
Monsieur,
les Japonais m'ont pris mon usine et bientôt, je…
je vais perdre ma maison, aussi !
J'ai une mère qui est très âgée et quatre enfants.
- Si ça continue, on va finir à la rue ! - Alors…
S'il vous plaît…
Un won de plus, ça ira ?
Vous prenez l'argent ou vous reprenez votre montre.
Suivant !
Ce sont des cadeaux de mariage. Prenez-en bien soin.
Je reviendrai les chercher. Quoi qu'il arrive, je reviendrai.
Je vous en donne 15 wons.
Et pour votre information, cette bague, c'est du faux.
Un costume fabriqué en Italie.
Je l'ai fait faire sur mesure.
Pour les habits d'occasion, c'est deux wons.
J'ai payé une fortune pour ce vase de la période Baekje.
Un vrai Baekje ?
Reprenez-le.
C'est un pot de chambre.
Tant pis pour vous.
- Quoi ? - Donne.
Je te prends à nous voler encore une fois
et je te coupe tes dix doigts, compris ?
Quand même, c'est un peu dur ! C'était qu'une petite blague !
Oh.
Une Waltham ? On en voit pas souvent.
Quatre wons auraient suffi,
mais il lui en a donné cinq wons et 50 jeons.
Monsieur Gu est trop généreux avec l'argent qui ne lui appartient pas.
Du cuir de qualité.
Ça vaut le prix qu'il a donné.
Il va falloir surveiller Beom-o de près.
Ce gamin est désespérant. Il nous vole dès qu'il en a l'occasion.
Vous avez préparé le service à thé et les assiettes pour Lady Maeda ?
Vous savez ce qu'on dit, il est dangereux
de s'approcher d'un repaire de voleurs.
Son mari, c'est Ishikawa et son père, le général Maeda.
C'est la maîtresse de maison qui tient la ville dans la paume de sa main.
Il est naturel que je m'associe à eux.
Vous devriez être prudent.
Ne vous inquiétez pas.
Je suis…
le grand Jang Tae-sang.
C'est vrai, je suis le grand Jang Tae-sang.
Un homme influant dans le quartier de Bukchon, une vraie célébrité.
Maître Jang !
C'est lui ! Qu'il est beau !
- Salut ! - Il est là !
- Maître Jang ! - Du calme !
Un, deux et…
-Une autre. - Encore une.
Qu'est-ce que je vous disais ? Je l'ai eu du premier coup !
Maître Jang !
Rien ne me faisait peur, ou se dressait sur mon chemin.
J'étais le maître de la Maison des Trésors,
j'avais tout ce que je voulais.
À nous. À notre réussite !
À notre réussite !
J'étais le seul et unique Jang Tae-sang.
Alors…
Alors comment j'en suis arrivé là ?
Il a dû financer le mouvement indépendantiste.
Pas du tout.
Ou alors c'est peut-être un espion ?
Non plus.
C'est à cause d'une femme.
Une femme ?
Pourquoi lui donner rendez-vous dans un salon de thé il y a un mois ?
Lady Maeda cherchait des tasses à thé de la période Baekje
et des assiettes incrustées de nacre.
Tu l'as vue au musée, il y a six jours.
Pour lui dire qu'il était impossible de trouver des tasses
de la période Baekje et des assiettes.
Tu l'as contactée il y a trois jours.
C'est parce que…
j'ai eu un coup de chance et j'ai pu…
trouver le service à thé.
Et pourquoi tu es venu chez moi, hier ?
Ça a été difficile d'acquérir ces porcelaines.
Je voulais les lui donner en personne.
Le bon vieux temps, tu peux faire une croix dessus, sale vermine !
Je sais que t'as des vues sur ma femme et tu vas me le payer ! OK ?
Il semblerait, monsieur le commissaire,
qu'il y ait un léger malentendu entre nous.
Tu vas arrêter de jouer et tout me dire.
Ouais. Tu vas me dire ce qu'il y a entre toi et ma femme, espèce d'enfoiré,
et tout de suite !
Vous êtes fou.
Hum ?
Fou d'amour pour votre femme, commissaire Ishikawa !
Je ne peux pas croire que vous doutiez de sa fidélité. C'est impossible.
Comment pouvez-vous douter d'une femme aussi honorable que Lady Maeda ?
Si je peux me permettre,
c'est un véritable affront pour elle, vous l'insultez.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Ça ne vous dérangerait pas si Lady Maeda découvrait
que vous doutez de sa fidélité et de son dévouement envers vous,
commissaire ?
Maintenant,
si vous alliez droit au but ? Ça irait plus vite.
Qu'est-ce que vous voulez de moi ?
Cette femme a disparu.
Ça va faire maintenant une semaine.
Une jeune femme portée disparue ?
C'est à la police de s'occuper de ça.
Tu es la source d'information de la ville.
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