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De grâce, mon amour !
Ma chère,
ne vous fâchez point !
C'était involontaire.
J'ignorais qu'elle était dans cet état !
De grâce, mon amour...
Pardonnez-moi.
Je vous rendrai heureuse.
Qui es-tu ?
Je ne vous dérangerais pas
si je n'étais certain que Vos Majestés
feront grand cas de ce que je vais dire.
Tant de charlatans m'ont fait des promesses.
Charlatans que vous avez mis au pilori.
Heureusement,
cela ne me concerne pas.
Tu sembles bien sûr de toi.
Qu'en coûtera-t-il ?
Un acte de courage
et de sacrifice.
Qu'entends-tu par là ?
La naissance
est toujours marquée de mort.
Et la mort, à son tour,
n'est qu'un élément de la naissance.
Pas même le plus dramatique.
Moins de mystère !
Viens-en au fait.
Vous voulez un enfant ?
Toute vie nouvelle exige une vie perdue.
L'équilibre du monde doit être maintenu.
Vous comprenez ?
Je suis prête à mourir
pour sentir la vie pousser en moi.
Il s'agit de possibilité, pas de certitude.
Êtes-vous prêts à courir ce risque ?
Que faut-il faire ?
Traquer un monstre marin,
lui arracher le cur
et le faire cuire par une vierge.
Mais elle doit être seule.
Quand Sa Majesté mangera le cur,
elle tombera enceinte
immédiatement.
Laquelle est-ce ?
Toi !
Approche.
Tu es vierge, n'est-ce pas ?
Viens, la reine a besoin de toi.
Dépêchons !
Il vient, Votre Majesté.
Qu'y a-t-il ?
Qu'y a-t-il ?
Elias !
Où es-tu,
mon garçon ?
Arrête !
Votre Altesse !
Votre Altesse !
Pourquoi persistes-tu à me désobéir ?
Combien de fois te l'ai-je dit ?
Il faut qu'ils cessent de se voir !
La prochaine fois que ton bâtard de fils s'approche du mien,
je vous jette dehors.
Compris ?
Baisse les yeux.
Maintenant va-t'en.
En quoi ça la concerne ?
Qu'a-t-elle fait de mal ?
Défoulez-vous sur moi, mais laissez-la !
Comment oses-tu me parler ainsi ?
Tu m'as manqué de respect et désobéi.
Tu étais censé ne pas le voir.
Approche.
Elias, tu es un prince.
Tu ne peux être l'ami d'un fils de servante.
J'aime être avec lui.
Il est comme un frère et j'entends le voir.
Un frère ?
Tu n'es lié par le sang qu'avec moi,
ta mère.
Et c'est à moi que tu dois respect et obéissance.
Je suis ta reine !
Ne l'oublie jamais.
Tu me dois des excuses.
Pardon, mère.
Approche.
Mon fils.
Si je te revois avec lui,
vous le regretterez tous deux.
Qui chante
de cette voix magnifique ?
Où t'es-tu cachée tout ce temps ?
Comment ai-je pu ne jamais te rencontrer,
ni même te voir ?
Quel âge as-tu ?
Dix-sept ?
Dix-huit ?
Ne t'en va pas !
Non, ne te cache pas !
Reste à la lumière du jour ! S'il te plaît !
Reste donc
pour réchauffer ton roi froid.
Ah, je vois !
Tu te fais désirer, n'est-ce pas ?
Comme tu voudras !
J'ai souvent guerroyé, en mon temps,
et même la plus imprenable forteresse
finit par se rendre !
Qui est-ce ?
J'ai un présent pour vous, de la part du roi.
C'est quoi ?
Magnifique.
- Je peux l'essayer ? - Attends.
Attends !
Dora.
- S'il te plaît. - Le miroir.
Arrête !
On ne devrait pas le rendre ?
Au roi ?
Non.
Il nous servira à quoi ?
À nous rendre plus belles.
Tu ne crois pas ?
Personne ne nous voit, on vit cloîtrées ici.
Je te vois, moi.
Tu es bête.
Voilà.
Je vais le garder.
Le jour décline, Seigneur,
veillez sur nous pendant notre sommeil.
Qui est-ce ?
Moi,
ton roi.
Mon présent t'a plu ?
L'as-tu essayé ?
Mon cur royal est très généreux.
Depuis que je t'ai entendue chanter ce matin,
je brûle dans l'enfer du désir.
Ouvre cette porte, que je te voie.
Ohé...
Sire, c'est un malentendu...
Je vois.
Tu veux m'exciter, donc ?
Montre-toi,
pour l'amour du ciel.
Tu te joues de ton roi ?
Moi, Sire ?
Oh non,
je ne suis qu'une pauvresse.
Je ne mérite point l'honneur que vous m'accordez.
L'honneur ? Lequel ?
Seul le désir me gouverne.
Ouvre cette porte, que j'entre !
Que je te voie, parbleu !
Dora, qu'est-ce qu'on fait ?
Je réfléchis.
Ne manquons pas une telle occasion.
Votre Majesté...
Vous n'imaginez pas combien
votre proposition éprouve la modestie d'une jeune vierge.
Voilà que mon cur bat la chamade !
Je vais défaillir !
Mais je puis vous promettre ceci, aujourd'hui.
Revenez
dans une semaine
et je vous donnerai une part de moi
qui, à elle seule, illustre ma beauté.
Et...
quelle part de ton corps m'accorderas-tu ?
Un doigt,
Votre Majesté.
Un doigt ?
Un doigt...
Soit, ma fleur de jasmin, mon petit chèvrefeuille.
J'attendrai !
Et je reviendrai admirer la huitième merveille du monde :
ton doigt rose virginal !
Comment on va faire,
Dora ?
On trouvera bien.
La prochaine, je l'ai composée pour mon père
et lui dédie de tout cur.
"Il saisit les barreaux, qu'il tire et secoue,
"en plie le métal et les arrache
du mur."
Lis-moi le passage où ils s'embrassent.
"Puis
"la reine tend la main,
"et le presse contre son sein.
"Au lit, dans la chaude étreinte,
"la joie de la reine n'est point feinte.
"Lancelot maintenant a ce qu'il désire,
"et la reine tout entier le fait bouillir.
"Qu'il est doux d'étreindre et de baiser.
"Voilà du plaisir, en vérité.
"Nul être, jusque-là, n'avait ressenti pareille joie."
Il est temps de partir.
Tu me le reliras ?
Votre Majesté !
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