The first 200 lines.
Vous êtes à l'antenne.
John, désolé pour l'attente.
Allô ?
A L'ANTENNE
Joyeux anniversaire Norman
Elle a toujours su que j'allais la tuer un jour.
Elle disait :
"Un de ces jours, tu vas tirer sur moi, n'est-ce pas ?"
Puis elle ajoutait :
"Mais tu sais quoi ? Tu vas manquer ton coup."
Ses dernières paroles étaient : "Tu ne feras jamais rien."
Là-dessus aussi, elle avait tort.
Je suis un meurtrier, après tout.
J'ai tué ma propre mère.
N'est-ce pas faire quelque chose, ça ?
Si vous venez de vous joindre à nous, vous venez d'entendre Raymond Linette,
en liberté conditionnelle après une peine de quatre ans pour matricide.
Cela signifie tuer sa propre mère.
Nous parlons de matricide ce soir au Fran Ambrose Show.
Parmi nos invités, le Dr Léo Richmond, psychiatre clinique
et auteur de Les tueurs de mère : Ces garçons qui tuent leur mère.
Dr Richmond va nous aider à comprendre ce qui les pousse à agir ainsi.
M. George Emeric, le grand-père de ce matricide en liberté
et bien sûr, Raymond lui-même.
Raymond, pouvez-vous parler de ce que vous avez fait ?
J'en parle tous les jours depuis quatre ans.
Ça fait partie de la thérapie à Sidonia.
La population est en désaccord avec de telles prisons.
Elles relâchent les criminels trop tôt ?
Le taux de récidive de Sidonia est de près de 60 %.
Je suis seulement sorti grâce à mon grand-père.
M. Emeric, vous êtes le grand-père maternel de Ray ?
Oui.
Il a donc tué votre fille.
Oui, c'est exact.
Malgré tout, vous avez aidé à sa libération en l'acceptant chez vous,
dans la même maison où votre fille a grandi.
Dans la même chambre.
Comment vous sentez-vous devant cela ?
Vous aimiez sans doute votre fille.
C'était une salope qui ne méritait pas un fils comme Raymond.
Marilyn, vous êtes à l'antenne.
Je suis Marilyn et j'aimerais demander au Dr Richmond
si des filles tuent aussi leur mère.
Apparemment, la dynamique n'est pas la même.
Vous dites qu'elles ne...
Je suis sûr qu'il y en a. Mais pas autant que des garçons.
Elles s'arrangent peut-être pour ne pas se faire prendre.
Je n'ai pas de statistiques sur le matricide féminin.
J'écris au sujet des garçons, car c'est mon domaine d'expertise.
Alors, docteur, comment est-ce devenu votre domaine ?
J'ai rencontré un premier tueur de mère il y a trente ans.
Un jeune homme s'était changé
en sa mère, car il se sentait coupable de l'avoir tuée.
Il s'était changé en sa mère ?
Il portait ses vêtements, imitait sa voix, tuait en l'incarnant,
tout ça pour créer l'illusion qu'elle était toujours en vie
et qu'il n'avait pas commis de matricide.
Comme j'ai déjà dit,
le matricide est sans doute le crime le plus insoutenable.
Insoutenable pour le fils qui le commet.
Raymond Linette doit être chez lui à 22 h. C'est une des conditions de sa libération.
Raymond, M. Emeric, merci d'avoir été parmi nous.
Dr Richmond, vous restez des nôtres ?
Avec joie.
UN ANCIEN PATIENT DU DOCTEUR PRENDS-LE !
Notre prochain appel vient de...
Vous n'avez pas de nom, j'imagine ?
Il faut vous en donner un.
Appelez-moi Ed.
Allez-y, Ed.
J'écoute votre émission tous les soirs.
C'est un des plaisirs d'être en liberté conditionnelle.
Vous êtes allé à Sidonia, vous aussi ?
Quelque part du genre.
Mais votre émission est très pertinente pour moi, ce soir.
Vous avez une question pour le Dr Richmond ?
Il aime s'entendre parler, n'est-ce pas ?
Vous appelez d'où, Ed ?
Ed ?
Je vous appelle ce soir, car le sujet de votre émission est
ce qui fait que des garçons tuent leur mère.
Mais vos invités n'ont pas répondu à cette question jusqu'à maintenant.
Je pense pouvoir aider.
Je suis un membre senior
du domaine du docteur.
Vous dites que vous avez tué votre mère, Ed ?
J'ai déjà tué.
Et je vais devoir recommencer.
Vous aviez quel âge quand vous avez tué votre mère, Ed ?
J'ai tué d'autres femmes, aussi.
La première était une fille qui voulait coucher avec moi.
Qui voulait coucher avec vous ?
C'était une raison de la tuer ?
Aux yeux de ma mère, oui.
Même si la paix arrive au champ de bataille coréen,
les États-Unis sont toujours en danger.
Présentement au monument de Washington,
le président Truman soutient qu'il faut se préparer
à une période de grand danger international.
Une gorgée ?
Non, merci.
Ne t'inquiète pas, je n'ai pas de poux.
Ce n'est pas ce que je voulais dire.
Tu sembles content de me voir.
N'importe qui le serait.
Allons regarder les feux d'artifice dans le parc.
Je ne peux pas quitter le bureau.
Tu sais ce qui me fascine chez toi ?
Ta façon d'être à ton affaire.
Je suis sûr que tu es bon pour garder des secrets.
Quel genre de secret ?
Ça t'excite, les feux d'artifice ?
Pas excessivement.
Excessivement.
J'adore les mots sexy.
Je n'ai jamais entendu une fille parler comme toi.
On dirait qu'on peut voir le spectacle d'ici.
Le meilleur endroit serait de là-haut.
Dans cette chambre.
C'est la chambre de ma mère.
Elle est au lit.
Endormie ?
Elle fait probablement de l'insomnie.
Elle n'est pas elle-même ces derniers temps.
Tu veux me montrer ta chambre ?
Ma mère adorerait me surprendre en train d'emmener une fille à ma chambre.
Alors on ferait mieux d'y aller avant qu'elle ne soit endormie.
Tu en as envie, n'est-ce pas ?
Allons dans le bureau.
Où ? Sur le plancher ?
Pour quel genre de fille me prends-tu ?
Il y a un petit salon à l'arrière.
Hé ! Petit !
Il y a une toilette bouchée ici.
J'arrive tout de suite.
Vas-y.
Attends-moi dans le salon.
Alors ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Mais qu'est-ce que tu fais, nom de Dieu ?
Je voulais juste te donner une petite frousse, peureux.
Pourquoi allais-tu dans la chambre de ma mère ?
Je croyais que c'était ta chambre.
On va réveiller ta mère.
Par ici.
On étouffe, ici.
Je ne te gêne pas, n'est-ce pas ?
Quoi ?
J'ai cru entendre...
Détache-le.
Laisse-moi faire.
Tu aimerais les toucher,
n'est-ce pas ?
Dépose ça.
Ça sent bon, au moins ?
Pas excessivement.
- Tu as entendu ? - C'est le feu d'artifice.
Je devrais aller vérifier pour m'assurer qu'elle va bien.
Ta mère ?
Reste ici, s'il te plaît.
Bon, puisque tu as dit s'il te plaît.
Sors cette pute de ma maison.
Ce n'est pas une pute, mère.
J'ai dit de te débarrasser d'elle.
Ou bien vais-je devoir le faire moi-même ?
Non, mère, je vais me débarrasser d'elle.
Tue-la.
La tuer ?
Je ne peux pas ! Non !
- Non ! Je ne peux pas ! - D'accord.
Alors je vais le faire pour toi.
Viens ici, Norman,
approche ton oreille de mes lèvres.
Viens près de moi.
Norman ?
Norman, je sais que tu es seul là-dedans.
Norman ?
Norman ?
Norman ?
Oh ! Mon Dieu, mère. Du sang. Du sang !
Était-ce la première fois
que tu avais une conversation avec un cadavre ?
En fait, on a commencé à parler peu de temps après que je l'ai tuée.
Mais je ne pouvais pas rendre sa voix aussi douce qu'elle l'était vraiment.
Elle était morte et dans ma tête, elle a vieilli.
Dites-moi, Ed.
Où viviez-vous quand vous avez tué votre mère ?
Quelle importance ?
Pourquoi ne répondez-vous pas ?
Il croit peut-être que ce n'est pas important.
Ed, nous avons très hâte de faire la lumière sur ce crime insoutenable...
Allô.
Ça va ?
Oui, je viens de me couper.
- C'est grave ? - Non.
Quelque chose ne va pas ?
Devine ce que je n'ai pas eu le temps d'aller chercher ?
- Le gâteau ? - Je suis désolée.
Tu peux t'en charger ?
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