The first 200 lines.
Mélina Mercouri
a reçu le prix
d'interprétation féminine
au Festival de Cannes de 1960
Le jour même de ton arrivée, tu as la chance de voir notre légende.
- Qui est-ce ? - Une prostituée.
Mais elle ne donne pas de prix, sauf si tu lui plais.
Certains travaillent et d'autres se baignent.
Si tu n'étais pas un esclave, tu plongerais.
C'est ça, les Grecs : ils relèvent tous les défis.
Ça, c'est un homme ! Vous êtes tous des esclaves !
Hé, capitaine !
C'est un homme ou une souris ?
Si vous voulez bien m'excuser.
Illia, voilà Tonio. De Corfou. Il est à moitié italien.
On ne lui en tiendra pas rigueur.
C'est toi qui choisis, on dirait. J'ai une chance ?
- Peut-être. - Ce soir à neuf heures ?
Désolée. A neuf heures, c'est le boulanger.
- A dix heures ? - A dix heures, c'est le marchand de fruits.
- Et le boucher ? - A onze heures.
- Elle se moque de moi ? - Pas du tout.
Sa vie est parfaitement organisée. Elle a des accords avec tous ces clients.
Tu aimes le bateau ?
Tout ce que tu voudras, mon petit oiseau.
Où est l'Américain ? L'intello ?
Il faut qu'il voie ça. Appelez M. Thrace.
M. Thrace. Ils vous appellent. Il y a un truc marrant.
Merci beaucoup. Au revoir.
Voilà ce qu'était la pureté de la Grèce.
Joue, Taki ! Ne t'arrête pas !
Joli, hein ?
Oui.
Non, merci. Merci beaucoup.
S'il vous plaît !
Quelqu'un voudrait passer.
Merci.
Enchanté.
Bonsoir.
Bonsoir. Comment savez-vous que je suis Américain ?
Qu'est-ce que je vous sers ?
Un café.
Vous avez du café américain ?
Du café grec !
Garçon, que boivent-ils tous ?
De l'ouzo.
La boisson des hommes.
Qu'est-ce que tu regardes, mon ami ?
Je vous... prie de m'excuser.
Merci.
Pourquoi tu applaudis ?
Vous vous méprenez. J' ai trouvé votre danse magnifique.
Ne vous mettez pas en colère. J'applaudissais.
Ne faites pas ça. Ne me brutalisez pas.
Je déteste être brutalisé.
Je vous en prie. Vous êtes costaud.
Vous allez m'obliger à vous frapper.
Je vous en prie !
Je ne veux pas me battre avec vous.
Je suis venu ici plein d'amour. Je vous aime.
Je vous aime, et on est en train de se battre.
Quelqu'un parle anglais ?
- Moi. Hé ! - Illia !
Je parle anglais.
Je dansais tranquillement, et il m'applaudit comme si j'étais une ballerine.
Pouvez-lui expliquer que sa danse m'a plu ? J'applaudissais.
C'est une brute.
Jorgo. c'est un ange. Mon plus vieux client.
- Je n'embêtais personne. - Ferme-la.
Jorgo est en colère parce que tu as applaudi.
En Grèce, les hommes dansent pour eux-mêmes.
Pour se sentir mieux dans leur... Comment dit-on en anglais ?
- Leur âme ! - c'est ça. c'est pour leur âme.
Il est en colère parce que tu l'as pris pour un amuseur.
Il applaudissait parce que ta danse lui a plu.
Allez, serrez-vous la main et soyez amis.
C'est bon, les gars, le spectacle est terminé.
Pouvez-vous lui dire que je regrette, pour son nez ?
Il a dit : "Attends de voir ton œil, demain."
C'est ce que je pensais. Je vous offre un verre ?
- A vous aussi. - Merci.
Voici lllia. Je m'appelle Armanthis.
Mais on l'appelle Capitaine.
Heureux de faire votre connaissance. Et au bon moment !
- Je m'appelle Homère Thrace. - Homère !
Mon père adorait la Grèce.
- Ah, un grécophile. - Votre anglais est excellent.
- Huit ans à Brooklyn. - Sans blague !
Aux chantiers navals. Maintenant, je travaille sur ceux du Pirée.
- Une bière. - Deux.
Trois bières.
- Tu es riche ? - Non. Je suis très pauvre.
Tu es écrivain ?
Non. Je prenais juste quelques notes.
Et tu es quoi ?
Philosophe amateur.
Tu vas rester longtemps ?
Peut-être. Je cherche quelque chose en Grèce.
- Quoi ? - Vous ne rirez pas ?
Pourquoi ? c'est quelque chose de marrant ?
Je suis venu en Grèce pour...
pour trouver la vérité.
Le monde n'est pas heureux. Pourquoi ? Quand les problèmes ont-ils commencé ?
Si l'origine en était ici ?
Aucune société n'est jamais parvenue aux sommets atteints par la Grèce antique.
C'était le berceau de la culture. Un pays heureux.
Que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui a provoqué la chute ?
Les historiens ne me satisfont pas.
Les guerres, la politique... Il manque quelque chose.
Un élément personnel.
Je veux mettre mes pas dans ceux d'Aristote.
Et de Socrate.
Je ne sais pas pourquoi, mais il me semble que je trouverai quelque chose.
Tu es plus beau dans l'appareil.
- Ton nez est moins grand. - Merci.
Les vieux philosophes ont souvent arpenté ce port, c'est certain.
Fantastique !
Aristote s'est peut-être tenu ici même !
- Y avez-vous déjà pensé, Illia ? - Tous les jours.
Je ne crois pas qu'lllia apprécierait beaucoup Aristote.
- Il avait peu d'estime pour les femmes. - Il était pervers.
Aristote, pervers ?
Ton œil commence à rosir.
Je vais voir le nez de mon ami.
- Ravie de te connaître, Homère. - Moi aussi. Vous êtes très jolie.
Pauvre Jorgo ! Il t'a fait mal ?
Si je ne m'étais pas retenu, ce café serait fermé.
- Salut. Tu es Illia ? - Salut. Je suis lllia.
- Tu es occupée ? - Je ne sais pas.
D'accord, combien ?
Je ne donne pas de prix.
- 60 drachmes ? - Je t'en offre 80.
- 60, ce sera parfait. - Je t'en ai proposé 80.
- Tu m'en offrirais 180 que ce serait pareil. - Pourquoi ?
- Tu ne me plais pas. - Pour moi, ce n'est pas indispensable.
Pour moi, si.
- C'est une...? - Oui.
Comment cela se peut-il ?
Cette belle et généreuse...
c'est peut-être ce que je cherche.
Quelle chance !
Illia ! Le symbole de ma quête.
L'incarnation.
Elle, la solution du mystère.
Une équation personnelle de la chute de la Grèce antique.
Désolé, mademoiselle. Je suis vraiment navré.
Ce n'est pas toi... Tu es très belle.
Et ce que tu as fait au café m'a beaucoup plu.
J'avais très envie d'être avec toi, mais...
Je ne sais pas.
Je suis timide.
Et tu es très gentille.
Si tu veux bien... Je vais partir.
Je veux bien. Mais on va d'abord fumer une cigarette.
Tu me donnes une cigarette anglaise ?
Bien sûr.
Tu aimes la musique ?
C'est de la musique grecque. Du bouzouki.
Les hommes aiment cette musique.
- Ça te plaît ? - Oui.
- Toi aussi, tu me plais. - Ton bateau part quand ?
- Demain. - Tu reviendras au Pirée ?
- Je ne sais pas. Peut-être. - Viens me voir.
Je viendrai. La première...
Les paroles de cette chanson sont très belles.
Sous cette lune, comment puis-je chanter ?
Sous cette lune, comment éloigner ma tristesse ?
Chasse ta tristesse, palikari.
Palikari est un jeune homme vaillant.
Et ensemble, on ira sur la lune.
- Le capitaine m'a dit où tu habitais. - Je dormais. Il est très tard.
Je brûle d'enthousiasme.
Désolée.
Tu es la beauté qu'était la Grèce.
C'est pour toi que je suis venu en Grèce.
D'accord, reviens demain.
Homère Thrace, de Middletown, Connecticut.
C'est peut-être important.
Pense clairement.
Sois clairvoyant.
Sois prêt.
Il faut que j'y aille.
- Qu'est-ce qui te presse ? - Tu as du travail en retard.
- Merci de t'en préoccuper. - Ne me gronde pas.
- Ne regarde pas ta montre. - Pourquoi ?
Quand je suis avec toi...
Bien fait ! Les hommes ont rarement conscience du ridicule.
Mais quand ils tombent sur les fesses, ils sont ridicules et ils le savent.
Il n'y a pas plus impulsif que les Italiens.
Et il n'y a pas plus italien que ma famille.
- Mais tu es à moitié grec. - Avec toi, je suis un pur Italien.
Un jour, mon père est venu à Corfou.
Il y a jeté un coup d'œil et il a dit : "Voilà ce qu'il me faut."
Il n'est jamais retourné en Italie.
Une fois, ma tante est allée au cinéma.
Rudolph Valentino ! Un coup d'œil et elle a dit : "Voilà l'homme qu'il me faut."
Elle n'a jamais regardé un autre homme. Elle est morte vieille fille.
Le même démon m'habite.
J'allais te dire que tu me plais.
Je suis si bien avec toi que je te veux à moi, rien qu'à moi !
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