The first 200 lines.
Générique
*Musique douce
*-Les rues de la capitale vibrent aux exploits sportifs
des vélos-taxis qui disputent leur championnat.
Nouvelle tradition bien parisienne,
née somme toute de la rigueur des temps.
Madeleine-Concorde, voici l'effort final
et c'est ainsi que l'équipe Dubois s'octroie la palme.
Non loin de là, l'exposition du palais Berlitz
pose le problème juif dans toute son ampleur.
Elle prouve combien la France, victime de son hospitalité,
s'était enjuivée depuis 1936.
Cette succession des caractéristiques
morphologiques et psychologiques du Juif
réalise une démonstration flagrante du péril juif.
Ainsi grossit chaque jour le nombre des Français qui,
sachant discerner le Juif, pourront se protéger
contre ses agissements.
*Lame qu'on aiguise.
*Fracas
*lames
*-Ouh...
*Musique de foire
*Sifflements et cris
-C'est vraiment trop bête. C'est ridicule.
Vous êtes ridicule et inepte
avec votre grande cuillère !
*Petits cris
Musique lugubre
Ridicule et inepte, mon vieux...
C'est vraiment trop bête...
C'est ridicule.
Je sais pas ce que les gens font. Il déchire la toile.
À quoi ça ressemble...
Avec leurs marmites !
Il rit.
On frappe au carreau.
Docteur ! Docteur !
Docteur, j'ai quelque chose pour vous.
-Ça dope un peu, ça lui fera du bien.
Merci, docteur.
Le lait va te revenir, Bigoudène.
Bêlement
Je m'inquiétais.
J'avais des rendez-vous importants.
Regarde ce que je t'ai trouvé.
Et moi, regarde.
Quelqu'un tousse.
Je sais, ils se sont donné le mot.
-C'est la nouvelle lune. Le téléphone sonne.
-À propos, Carbat est mort. -Tant mieux !
Tant mieux, le pauvre.
*-J'aimerais mieux passer la nuit ici
que de voir un autre docteur.
*-Je gargouillais si fort que j'ai cru qu'il allait exploser.
*-Vous en faites pas,
le bon Dr Petiot va vous arranger ça très bien.
*Propos indistincts
*-... Exactement comme ma pauvre cousine.
Ça l'a prise quand son mari est parti.
*-Il y a pas que le cœur, c'est la tête, pas moyen de dormir.
Tout me brûle, même une bouchée de pain
ou un verre d'eau.
On n'a plus de plaisir.
Monsieur.
Monsieur, asseyez-vous.
Monsieur ?
-Docteur, j'aurais dû venir vous voir avant.
-Vous êtes monsieur ? -Louis Rossignol.
Asseyez-vous, M. Rossignol.
Vous avez la mine de quelqu'un qui digère mal.
C'est là, hein, ça vous fait mal.
Mon cher M. Rossignol, vous nous faites un ulcère.
Je vois ce qu'il vous faut.
Quelques gouttes avant les repas.
Revenez tous les huit jours et on parlera de tout ça
et surtout,
de ce qu'il y a là-dedans.
Le reste marchera beaucoup mieux.
Vous me paierez la semaine prochaine.
Raclement
Bêlement au loin
Ah, Marcel,
qu'est-ce que tu dirais si j'essayais les haricots ?
-Mais je m'en fous, Célestin, vois ça avec Georgette.
Il nous faut des légumes cet hiver, voilà.
C'est tout ! Oh !
Bêlement
Clochette
-C'est pour ce soir 20 h, Porte Dauphine.
-Déjà ? -Un jour de plus et je devenais fou.
J'ai ce qu'il vous faut, docteur.
Le deuxième versement.
-On a vendu notre petite commode Louis XV.
-J'aurais aimé bazarder le reste aussi.
Je sais, tout ça est très cher,
mais les passeurs sont rapaces.
Ils risquent gros.
Hé oui, c'est le temps des salauds.
Pour les meubles, je passerai les prendre moi-même.
Je verrai ça avec Mme Guzik, j'ai un endroit.
-Je sais pas comment j'aurais fait sans vous.
Tout ça me dépasse. J'oublierai pas ce que vous faites.
-Je vous en prie, pas de ça entre nous.
Hein ?
On n'a pas le temps de s'attendrir.
Ça y est, les boches ont commencé à déporter les Juifs étrangers.
Vous êtes polonais, vous. Vous êtes polonais ?
Je ne sais pas ce qu'ils en font, toujours est-il
que ceux qui sont partis n'ont pas écrit
pour donner de leurs nouvelles.
Bon, je ne m'attarde pas parce que j'ai mes malades.
N'oubliez pas.
Pour le linge, pas d'initiales, pas d'indices, rien.
Pour les bijoux,
apportez tout ce que vous avez en or
et toutes les choses de valeur.
Vous pourrez les convertir là-bas.
Courage, hein ? À ce soir.
On aiguise une lame.
Clochette
-Est-ce qu'on ne fait pas une bêtise, Nathan ?
C'est loin, |'Argentine.
Tout s'est décidé si vite, on n'a pas pu y réfléchir.
-Je vais pas rester là à attendre qu'ils viennent me chercher.
Heureusement, tu n'es pas juive, tu ne risques rien.
-Mais on pourrait te cacher pas loin de Paris.
-Ça servirait à rien, t'as vu ma tête ?
Qu'est-ce qu'elle a ta tête ?
-On ne me croirait pas si je disais que je m'appelle Emile Dubois.
Coups de feu
Crissements de pneu
Scie musicale
(une de vos malades a falsifié une ancienne ordonnance.)
Qui ? ?
Une demoiselle Granger-Kern.
Morphine.
Quatorze ampoules de chlorhydrate de morphine.
Sale histoire.
Comme vous êtes connu ici,
elle croyait que je me méfierais pas.
J'ai dû appeler la police.
Désole.
J'espère que ça ne vous fera pas d'ennui au Conseil des Médecins.
-Non, je vais voir ça. Merci, M. Verdier.
Une femme chante.
Mme Kern ? -Oui ?
C'est moi.
-Dr Petiot, je suis le médecin de votre fille.
Je peux vous voir en particulier ?
-Je n'ai pas de secret pour mon mari.
Il est arrivé quelque chose à Rosa ?
-On l'a arrêtée. Elle est à la petite Roquette.
Arrêtée ? Mais par qui ?
Par la Gestapo ?
Non, la brigade des stupéfiants.
À cause d'elle, je suis dans de beaux draps.
La petite cruche a truqué une de mes ordonnances.
Elle s'est prescrit de la morphine à tuer un bœuf.
Évidemment, elle s'est fait pincer.
Rosa se drogue ?
Depuis longtemps ?
-Oui, je l'ai vue plusieurs fois quand elle était en manque.
Je n'ai pas voulu la laisser souffrir, elle convulsait,
je lui ai fait des ordonnances à votre nom.
Ça passait mieux pour les doses, si c'était pour deux personnes.
Enfin, bref, la police a tout découvert
et on va vous interroger.
Qu'est-ce qu'il faut faire ?
-Vous direz que vous aussi vous êtes en cure de désintoxication.
-Mais j'ai jamais rien pris de ma vie.
-Mais je m'occupe de trouver un avocat.
Je paierai les honoraires.
Il y aura un non-lieu si vous m'écoutez.
Te laisse pas embobiner.
C'est lui qui a fait son beurre sur le dos de la petite.
-Ne dites pas n'importe quoi, Rosa risque 10 ans ferme.
On voit que vous n'êtes que le beau-père.
Tu es folle !
Tu vas te retrouver en prison !
-Vous preniez toutes les deux de la morphine sous mon contrôle.
En doses décroissantes, n'oubliez pas.
Sans ça, pas d'ordonnance.
Je ne suis pas un fournisseur de poison.
-Si on ne me croit pas ? -Je vais vous faire des piqûres.
Donnez-moi votre bras. -Pas ça, je vous en prie !
-Mais enfin, ce sont des piqûres sans injection.
Simplement pour que vous ayez des traces.
Refuse !
Refuse !
Je peux bien faire ça pour Rosa !
-Ah, docteur, je vous ai pas fait mal ?
Comment va la petite ?
Ginette.
Qu'est-ce qui se passe ?
Où est Alice ?
-On l'a installée près des fenêtres, elle voulait voir dehors.
Faut plus venir, on n'a pas de quoi vous payer.
On traverse une mauvaise passe.
Mais qui vous parle d'argent ?
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