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Mikhalkov, Nikita - (1979) - Neskolko dnej iz zni I I Oblomova FR
A Commentary by ocpmac
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Published on: 2015-01-01
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The first 200 lines.

Les studios MOSFILM de Moscou

Premier Groupement

Ilya Ilyitch, pourquoi tout ce bruit?

- Tu vas réveiller petite maman. - Petite maman est rentrée!

- Quand se lèvera-t-elle, petite maman? - Bientôt.

Et quand elle est rentrée?

La nuit, petit maître. Tu dormais déjà.

Je vais aller écouter si elle ne s'est pas réveillée.

Voyons, petit-maître, ne t'agite pas ainsi.

Une petite journée sans maman, et te voilà dans tout tes états.

Mais nounou, pourquoi là-bas il fait jour et ici il fait noir?

Patiente un instant, ici aussi il va faire jour.

Parce que la lune avance à la rencontre du soleil,

mais comme elle ne le remarque pas, alors il fronce le sourcil...

Ilya Ilyitch, que fais-tu là?

Tu vas réveiller petite maman.

Petite maman est rentrée!

Petite maman est rentrée!

QUELQUES JOURNÉES DE LA VIE D'OBLOMOV

D'après le roman d'Ivan Gontcharov «Oblomov»

Scénario A. ADABACHIAN et N. MIKHALKOV

Réalisation Nikita MIKHALKOV

Directeur de la photographie Pavel LÉBÉCHEV

Décors

Alexandre ADABACHIAN et Alexandre SAMOULENKINE

Musique d'Édouard ARTÉMIEV Ingénieur du son - B. BOBROVSKI

Sous-titres français Alexandre KARVOVSKI

Dans les rôles principaux

Ilya Ilyitch Oblomov Oleg TABAKOV

Andréi Ivanovitch Stolz Iouri BOGATYRIOV

Zacharie - Andréi POPOV

Olga - Héléna SOLOVÉÏ

Alexéev - Avangarde LÉONTIEV

Texte off de l'auteur A. ROMACHINE

À Petersbourg, rue Gorokhovaïa,

dans un de ces grands immeubles de rapport

dont la population eût suffi à une ville de district,

en son appartement reposait sur son lit Ilya Ilyitch Oblomov.

La position horizontale, chez Ilya Ilyitch,

n'était ni indispensable, comme pour les malades,

ni accidentelle, comme pour les fatigués,

ni une jouissance, comme pour les paresseux.

Elle était la norme.

Oblomov, noble de naissance et secrétaire collégial de son état,

était venu se fixer à Petersbourg 12 ans plus tôt.

Il était alors jeune encore, habité d'aspirations diverses,

misant beaucoup sur le destin et sur soi-même.

Mais les jours se suivant et les années,

il délaissa son emploi, le duvet du menton se mua en barbe,

la taille s'épaissit, les cheveux se raréfièrent

et le cap de la trentaine passé,

il n'avait progressé d'un seul pas en aucune cause respectable

et en était au point exact où il se trouvait dix ans auparavant.

Zacharie.

Zacharie!

Mais comment te conduis-tu...

Quoi, vous ne dites rien.

Tu vois que ton maître est soucieux, eh bien, attends.

- Trouve cette lettre. - Quelle lettre?

Celle que le facteur t'a remise. Tout sale comme ça.

Est-ce que je sais où vous l'avez mise

Tu ne sais jamais rien.

Regarde dans la corbeille, ou alors elle aura glissé derrière le canapé.

Le dossier du canapé n'a toujours pas été réparé.

Tu appellerais le menuisier et tu ferais réparer. C'est pas toi qui l'a cassé?

- Il s'est cassé tout seul. - Compris.

- Tu as trouvé? - Je ne sais quelles lettres.

C'en sont d'autres.

Bon, va. Je vais finir par me lever, je trouverai moi-même.

Et tu appelles cela une maison propre.

De la poussière, de la saleté partout! Dieu du ciel!

Tu ne fais rien.

J'ai tout balayé, tout rangé, comme pour vos noces.

Que faut-il encore?

- Et là, à côté du bureau? - Ça je l'enlève, ma foi.

S'il n'y avait que ça. Et la poussière, la crasse, les toiles d'araignées?

Parfois j'aperçois au mur une punaise.

- Moi j'ai aussi des puces. - Mais c'est une vermine.

Tu ne dois pas rire, Zacharie,

tu dois faire le ménage, et un peu mieux que ceci.

Ma toilette est prête?

Depuis longtemps. Qu'attendez-vous pour vous lever?

Le gérant demande de nouveau qu'on parte, il a besoin du logement.

Je t'interdis de parler de ce logement, combien de fois faut-il te le dire.

Tu ferais mieux d'aller chez le boucher.

Je n'irai pas. Il ne fait plus crédit.

- Nous lui devons combien? - 86 roubles.

Tu déraisonnes.

Puisqu'on paye pas depuis trois grands mois.

Comment tu peux ingurgiter tout ça?

Vous feriez mieux d'écrire au propriétaire,

peut-être il vous mettrait pas dehors.

Bon, va chez le boucher, que j'y réfléchisse et écrive ça.

J'y vais.

Ilya Ilyitch avait de gros soucis.

Après la mort de ses père et mère, il avait en propriété les 350 âmes

à lui revenues par héritage dans une lointaine province.

Et il recevait du staroste de ce domaine une lettre des plus fâcheuses.

Chacun sait de quelles chose fâcheuses peut vous entretenir un staroste:

Mauvaise récolte, arrérages en souffrance, revenus à la baisse...

Il y a de cela déjà quelque temps

Ilya Ilyitch avait songé à un plan pour renflouer les affaires du domaine.

Il désirait certes que son plan porte ses fruits,

mais aussi, que cela se fasse tout seul en quelque sorte.

Moment précis où le propriétaire veut qu'il parte, il a besoin du logement.

Oblomov ne savait plus à quoi il devait réfléchir:

À la lettre du staroste, au déménagement, à l'argent...

Zacharie!

- Vous avez écrit votre lettre? - Et toi, tu es allé chez le boucher?

Fermé, il est sorti quelque part. Je repasserai plus tard.

Bon, que faire.

Qui est-ce encore...

C'est vous?

Je ne vous donne pas la main, vous venez du froid.

Quel froid, Ilya Ilyitch? Tout fond.

Je ne pensais pas passer aujourd'hui, et voici que je croise Ovtchinine.

Je viens vous chercher.

Si, allons chez Ovtchinine.

Il a aujourd'hui Matféi Andréïevitch Alianov,

Casimir Albertovitch PekhaïIo,

Vassili Sévostianovitch Kolymiaguine.

Quel est le propos de ce rassemblement? Que me veulent-ils?

Ovtchinine vous prie à déjeuner.

À déjeuner? Asseyez-vous, réfléchissons.

Levez-vous, il faut vous habiller.

- Je n'ai pas encore fait ma toilette. - Eh bien, faites-la.

Qu'attendez-vous?

- Quoi? - Quoi? Vous restez couché.

- Et pourquoi pas? - Vous vouliez venir.

Qu'est-ce que je voulais? Je ne vous ai pas encore parlé de mes affaires.

Quelles affaires?

Pourquoi croyez-vous que je reste si longtemps au lit?

Ainsi allongé je réfléchissais à la façon dont je pourrais m'en sortir.

- Qu'y a-t-il donc? - Deux catastrophes.

Le propriétaire qui me joue un mauvais tour. Déménagez en vitesse, il dit.

En vitesse, hein? C'est insupportable ces déménagements.

Tous les tracas que ça entraîne - ceci d'égaré, cela de brisé...

Alors que certains y trouvent du plaisir, aux déménagements.

Zacharie!

L'appartement, passe encore.

Voyez ce que m'écrit le staroste du village.

- Zacharie! - Je suis là depuis cent ans.

- Où est-elle ma lettre? - Comment voulez-vous que je sache...

Tu veux dire que je l'ai mangée? Ah, la voilà.

Ça va, marche d'ici. Tu m'énerves.

Voyez.

«Très estimé monsieur... » Sans importance ceci.

Je vous dis que vous venez du froid.

«Il a pas plus de 5 semaines. Une sécheresse comme jamais plus.

Trois paysans se sont sauvés à la Saint-Jean.

Cette année nous aurons guère de toile à vendre à la foire... »

Seigneur...

«Les arrérages rentrent mal.

On vous enverra tantôt les rentrées, notre maître et bienfaiteur,

pour deux milliers de roubles de moins que l'an passé».

Enrhumés.

Pas daté. La lettre aura traîné chez le staroste depuis l'année dernière.

Voyez: La Saint-Jean, la sécheresse. Il était temps d'y penser!

Qu'est-ce que vous en dites?

Pour deux milliers en moins...

Qu'est-ce que cela va me faire?

Combien j'ai touché l'année dernière?

Je ne vous l'ai pas dit?

IL faudrait demander ça à Stolz.

Qu'il se dépêche de rentrer celui-là,

parce qu'il écrit qu'il arrive et pendant ce temps il court le diable sait où.

Écrire au gouverneur, non?

Qui est-ce, votre gouverneur?

Écrivez au gouverneur.

La sécheresse, la chaleur...

Non, c'est vrai, écrivez au gouverneur.

Nounoute!

Petit Ilya, où es-tu? Où te caches-tu?

Petit Ilya!

Bonjour, petit papa.

Fais attention à ne pas tomber sur ce perron.

Et ne fais pas de bruit, hein.

Notre petite maman dort, sa route l'a bien fatiguée.

Petit Ilya, où vas-tu courir?

Aïe-aïe-aïe, que fais-tu, polisson?

IL faudrait réparer ce perron.

Mais si, regarde dans quel état il est.

Il était comme ça quand on l'a construit.

Et il s'est pas effondré. 16 ans qu'il tient sans qu'on y touche.

Lucas avait fait du bon travail.

Oui, il l'a bien fait.

C'était un menuisier.

Il est mort. Dieu l'ait en son royaume.

Aujourd'hui on ne travaille plus comme ça.

Non, pas aujourd'hui.

Es-tu bien sûr que c'est Lucas?

Non, pas Lucas.

Mais si, Lucas. Oui, probablement.

Lucas, Lucas!

Petit-maître, il ne faut pas réveiller maman.

Elle s'est absentée une longue journée et a voyagé toute la nuit.

Fiche-moi la paix, nounoute, pourquoi tu me tiens?

Me rattraperas pas, me rattraperas pas!

Pourquoi n'écrivez-vous donc pas?

Je vous ai taillé une excellente petite plume.

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