The first 200 lines.
Il était une fois, il y a des années,
deux cambrioleurs chez nos voisins.
M. et Mme Needleman étaient partis au cinéma. Et voilà ce qui arriva.
- Tu crois qu'on répond? - Ça va pas?
Tu veux réveiller tout le quartier?
Allô?
M. Marty Needleman, vous avez été choisi pour jouer à
"Quelle est cette chanson?"
C'est pas vrai.
Pouvez-vous nous donner le titre de l'air que joue l'orchestre?
Je n'entends pas. Trouve la radio et allume-la.
- Qu'y a-t-il? - Je n'entends pas.
- Que fais-tu? - Je crois que je connais.
C'est pas vrai.
- "Dancing in the Dark". - C'est exact.
La deuxième question, en route pour gagner le gros lot. Écoutez.
- "Chinatown, My Chinatown". - C'est exact.
Et maintenant, vous pouvez gagner le gros lot avec tous les prix.
Ce n'est pas si facile, alors écoutez bien.
- Je connais. Mais je ne... - Je connais. Grâce à mon père.
- Quoi? - "The Sailor's Hornpipe".
"The Sailor's Hornpipe"?
C'est exact. M. Marty Needleman, vous avez remporté le gros lot.
Je suis riche.
On a gagné.
En rentrant, les Needleman constatèrent avec effroi qu'on les avait cambriolés
pour leur voler 50 $ et de l'argenterie.
Mais le lendemain, il y eut une livraison.
J'aime les histoires sur la radio, j'en connais plein.
J'en recueille depuis des années.
Anecdotes, commérages, vie privée des stars.
Ça me rappelle des souvenirs de mon enfance
quand j'écoutais un tas d'émissions.
La fille qui chante était parmi nos préférées chez moi.
Tout ça n'existe plus. Il ne reste que les souvenirs.
Nous sommes à Rockaway. À l'époque de mon enfance.
C'est mon quartier. Je m'excuse d'avoir tendance à idéaliser le passé.
Ce n'était pas toujours aussi orageux et pluvieux que ça.
Mais c'est ainsi que je m'en souviens car c'était alors magnifique.
À cette époque, on écoutait tout le temps la radio chez nous.
Ma mère ne ratait jamais son émission préférée,
"Petit-déjeuner avec Irene et Roger".
Bonjour, chéri. Passe-moi le jus d'orange.
Tiens. On a assisté à une très belle première hier soir, non?
Oui, n'était-ce pas divin?
Tout le monde était là, de Rodgers et Hart à Cole Porter.
Deux mondes totalement différents.
Pendant que ma mère faisait la vaisselle,
Irene et Roger petit-déjeunaient dans leurjolie maison de Manhattan,
tout en parlant de gens et d'endroits dont on ne pouvait que rêver.
Vous saurez tout demain matin,
y compris sur la nouvelle pièce de Moss Hart, qui semble divine.
- C'était Irene Draper... - et Roger Daly, qui vous invitent
à petit-déjeuner avec eux demain et tous les matins
et vous souhaitent une bonne journée.
Mon émission préférée s'appelait "Le vengeur masqué",
que j'imaginais être un croisement entre Superman et Cary Grant.
Si j'avais su.
- C'est le vengeur masqué. - Tu es bon pour la prison.
J'espère que tu aimes faire des plaques minéralogiques.
Je voudrais vous parler de la bague-poison du vengeur masqué,
et comment elle m'a mené au crime.
Mais je dois d'abord faire les présentations.
Moi, avec le masque du vengeur masqué,
que j'avais eu en faisant un échange. Puis mon père et ma mère,
qui arrivaient à se disputer sur tout.
Tu dis que l'Atlantique est plus grand que le Pacifique?
Si tu veux, le Pacifique est plus grand.
Combien de gens se disputent pour ça?
Mon oncle Abe. Il revenait toujours avec du poisson qu'on lui donnait.
Ceil, je suis rentré.
Ceil, j'ai du poisson. J'ai beaucoup de poisson.
- On n'en a pas assez? - Et ma tante Ceil,
qui aurait aimé faire autre chose que vider des poissons.
- Ils sont frais. - Il a des amis à Oscar's Dock,
et chaque fois qu'il y va, ils lui en donnent.
Si t'aimes pas, il te reste le gaz.
Grand-père et grand-mère.
Chaque matin, il l'aidait à mettre son corset.
Je tire, je tire.
Une femme de plus de 70 ans dont la poitrine forcit encore.
La fille d'Abe et Ceil s'appelait Ruthie
et passait son temps à écouter les voisins sur la ligne commune.
- Elle se fait retirer les ovaires. - Les deux?
Tu vas raccrocher, oui?
Arrête d'espionner nos conversations téléphoniques.
Ne vous mettez pas dans cet état. Personne ne vous espionne.
Ah bon? Ma femme l'entend respirer. Et elle rigole.
Vous pensez qu'on s'intéresse à ce qui se passe chez vous?
Qu'ils lui enlèvent les ovaires. En quoi ça nous regarde?
Mme Waldbaum avait de l'acier dans la tête.
Elle ne pouvait s'approcher d'un aimant.
Pour finir, il y avait tante Bea, qui ne pensait qu'à se marier.
C'est du lindy. Mon professeur de danse m'a appris un nouveau pas.
Tess, je n'arrive pas à savoir ce que je dois faire pour les vacances:
partir en croisière ou aller à la montagne.
Les hommes sont plus riches en croisière mais plus nombreux à la montagne.
J'ai rencontré mon mari à la montagne et je te conseille la croisière.
C'est très drôle. On peut revenir à mon idée?
On achète des perles de culture. Et on les vend par correspondance.
Tu étais dans la bijouterie. Un fiasco. Les strass nous sont restés sur les bras.
Tu n'es pas fait pour les affaires. On se retrouve toujours coincé.
Il y a eu les graines, tu as perdu de l'argent avec les cartes.
On a 6 000 cartes "Bon rétablissement".
Il n'y a pas 6 000 malades dans le pays.
Je vais passer le restant de mes jours à faire le même travail.
- Quel travail? - Ça ne te regarde pas.
- Mes amis savent ce que font leurs pères. - Et tes devoirs?
- Tu peux me donner 15 cents? - Tu crois que je suis riche?
Fais plus attention à tes devoirs qu'à la radio.
- Vous écoutez toujours la radio. - C'est différent.
Nos vies sont déjà fichues. Tu peux encore devenir quelqu'un.
- Tu veux faire mon travail? - Je ne sais pas ce que tu fais.
- Tu dois faire des études. - Et je peux avoir la bague?
On n'a pas d'argent à gaspiller. Tu crois qu'on aime vivre ensemble?
On voudrait économiser, avoir un autre enfant.
Ton père travaille dur pour nous faire vivre...
- Il fait quoi? - Il est dans les affaires.
Comment ça, nos vies sont fichues?
Je ne veux pas dire vraiment fichues. On est heureux mais pauvres.
Regardez ce beau loup de mer. Qui veut partager avec moi?
Vous avez compris que je voulais à tout prix la bague du vengeur masqué.
Elle était dorée et mystérieuse, et allait à tous les doigts.
J'avais déjà les points mais j'avais plus de mal pour les 15 cents.
J'essayais de ne pas y penser, mais c'était très difficile.
..et les mâts et la voile.
Il faut une pincette pour faire entrer les petites choses.
- Je vais la faire passer. - Très bien.
Arnold, tu montres à la classe ce que tu as apporté? Mets-toi là.
- J'ai trouvé ça chez mes parents. - Ça suffit. Va t'asseoir.
Mets ça dans ta poche et assieds-toi.
Ross, tu as quelque chose de décent à montrer à la classe?
Très bien. Mets-toi là.
C'est ma bague du vengeur masqué.
J'y tiens beaucoup...
Au fond, j'étais un gosse honnête.
Mais il y a des choses dans la vie qui sont trop attirantes.
Ce jour-là, à l'école hébraïque, un plan me vint à l'esprit.
La semaine prochaine, nous vous donnerons des boîtes.
On demandera à chacun d'entre vous d'aller dans la rue
et de collecter des fonds pour promouvoir un nouvel État en Palestine.
Vous voulez contribuer au Fonds national juif pour nous aider?
Et vous? Vous voulez contribuer au Fonds national juif?
Vous voulez... Non?
Vous voulez... Excusez-moi, vous...
Dans ma boîte. S'il vous plaît. Merci.
Les gars, on a assez pour acheter des bagues et des glaces.
- Il faut en laisser pour la Palestine. - Pourquoi? C'est loin d'ici.
- C'est un péché. Et le rabbin? - C'est bon. Je m'en occupe.
- Tu es sûr? - Absolument.
Une pièce de 10 cents. J'en ai quatre.
De l'argent pour la patrie juive utilisé pour acheter des bagues?
Mon coeur est rempli de douleur, il souffre l'agonie.
- Il remboursera tout. - Oui.
Tais-toi.
Je ne sais pas quoi faire, rabbin. Il écoute la radio tous les soirs.
Je dis: "Va à la plage, va au soleil, va t'aérer."
Non. Il n'écoute que Le cavalier solitaire et Le vengeur masqué...
Ce n'est pas bien. Il a besoin de discipline.
La radio... C'est bien une fois de temps en temps.
Mais à force, ça crée de fausses valeurs, des rêves, de mauvaises habitudes.
Passer son temps à écouter des histoires violentes,
n'est pas une bonne façon de grandir.
Tu dis la vérité, mon fidèle compagnon indien.
Tu dis "mon fidèle compagnon indien" à un rabbin?
- Ne frappez pas mon fils. - C'est quoi cette éducation?
Écoutez, je le frapperai moi-même.
- J'ai dit moi-même. Laissez-le. - Non, c'est moi. Tu es trop indulgent.
Indulgent? Ça c'est être indulgent?
Je suis un fidèle indien? Quelle impertinence.
Je vais lui apprendre les bonnes manières. Toi et ta radio.
- C'est de l'indulgence? - Ça suffit. Vous allez le blesser.
Ainsi prit fin ma carrière de criminel.
Et je n'ai jamais eu la bague du vengeur masqué.
Mais jusqu'à ce jour, je frissonne encore quand je repense à la fin de l'émission.
Ne manquez pas la prochaine aventure du vengeur masqué,
quand il survole les toits de la ville, et qu'on l'entend crier:
Prenez garde, bandits, où que vous soyez.
- Tu as vu mon sac jaune? - Je n'y ai pas touché.
C'est quoi? Mettez plus fort.
- Que se passe-t-il? - M. Manulis l'a enfin invitée.
- Pourquoi? Il a perdu la vue? - Lui et ses insultes!
- Dis-lui qu'elle est jolie. - Je lui dirai.
Mme Waldbaum a trouvé un sac à main
et elle ne sait pas si elle va le rendre.
- Je peux t'emprunter ta broche? - Bien sûr.
Il est si beau. J'ai attendu si longtemps. J'avais perdu tout espoir.
- Où l'as-tu rencontré? - À la montagne.
Il monte à cheval, il danse et joue très bien au tennis.
- La victime parfaite. Il fait quoi? - Il importe du café.
- Et toi tu fais quoi? - Mes cigarettes.
- C'est peut-être la réponse à mes prières. - Et le compromis?
- Je ne connais pas ce mot. - Alors ne te marie pas.
Vous sentez mon parfum?
Oh, mon Dieu. Oh, mon Dieu. Bon...
Va ouvrir. Je ne veux pas qu'il sente ma nervosité.
J'ai vidé des poissons tout l'après-midi.
- J'y vais. - Oh, mon Dieu, mes lunettes.
J'ai failli oublier de les enlever.
Bonjour. Venez. Vous voulez entrer?
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