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LE DICTATEUR
Toute ressemblance entre le dictateur Hynkel
et le barbier juif est purement fortuite,
Cette histoire se déroule entre deux guerres mondiales,
un temps où la folie se déchaînait,
la liberté piquait du nez
et l'humanité était rudement secouée,
LA GUERRE MONDIALE
A la fin de la guerre, la Tomainie faiblissait.
Avec une révolution à l'arrière, elle implorait la paix,
tandis qu'au front, l'armée se battait,
persuadée qu'elle allait écraser l'ennemi.
La Grosse Bertha, un puissant canon,
apparaissait sur le front de l'Ouest
pour semer la terreur chez l'ennemi.
Son objectif, à 120 km : la cathédrale de Notre-Dame.
Portée : 95 452.
Prêts !
Feu !
A votre poste.
Correction de tir : 95455.
Culasse verrouillée !
Prêts à tirer !
Prêts... feu !
Obus défectueux. Nous allons l'examiner.
Vérifions le détonateur.
Le détonateur.
Attention ! Planquez-vous !
- Des avions ! - Ils visent Bertha !
Vite, à la DCA !
Au canon !
Vous êtes fou ?
Descendez !
Debout ! Que faites-vous ? Vous êtes fou ?
L'ennemi a percé ! Tous les hommes au front !
Rassemblez les canonniers.
Prenez vos grenades.
Où est ta grenade ?
Donne-lui une grenade.
Allons, avancez. Pressez.
Excusez-moi, comment fait-on...
Tire la goupille, compte jusqu'à dix et lance !
On les aura !
Pas le moment de se gratter !
Reprends-toi !
Prends !
En avant !
En rangs !
Vous, par ici !
Reposez armes !
Prêts à attaquer...
En avant !
Vous voilà !
L'ennemi ! Le ratons pas !
Je peux entrer ?
Ami.
- Quelle division ? - 21ème d'artillerie.
Prends ça et retiens-les. Feu à volonté. Je reviens.
Camarade, au secours !
Je suis épuisé. Aide-moi à arriver à mon avion.
Merci, mon gars. Ça te vaudra la croix de Tomainie.
Ce n'est rien. Heureux de vous rendre service.
Tu m'as sauvé la vie.
Je vous attache.
Je n'y arriverai pas seul. Tu dois rester avec moi.
Tu sais piloter ?
Je peux essayer.
Pose ma main sur le manche, je suis trop faible.
Prenez ce canon !
L'ennemi arrive ! Mets ma main sur la commande !
On les aura !
Prends ces dépêches.
Si elles arrivent au Gal Schmelloffel,
la Tomainie peut vaincre !
Je vais m'évanouir.
Ne dites pas ça.
Désolé, mon vieux.
Où suis-je ?
Vous me reconnaissez ?
Oui, ça va mieux.
Le sang remonte à ma tête.
Qu'y a-t-il là-dessous ?
On dirait le soleil.
Il brille vers le haut.
Etrange. Les gaz ?
Affreux ! Je n'en ai pas dormi.
Non, le gaz, le carburant.
Presque à sec.
On devrait arriver. Quelle heure est-il ?
A peu près midi moins une.
Etrange.
Nous échappons aux lois de la gravité.
De l'eau ! Vite, je vais m'évanouir !
Attendez.
On aura des ennuis si vous recommencez.
Attendez...
Prenez !
Un problème...
Je n'y arrive pas !
Il n'y en a plus !
Qu'y a-t-il ?
La ceinture.
Desserre-la !
J'essaie !
On est à l'envers.
Je sais !
Le manche !
Impossible !
Voilà, plus de carburant.
C'est la fin. Une cigarette ?
Pas maintenant !
Je n'en aurai plus besoin.
En quel mois est-on ?
En avril. Le printemps en Tomainie.
Hilda est dans le jardin
et soigne les narcisses.
Comme elle aime les narcisses.
Elle ne les coupe pas de peur de leur faire mal.
Pour elle, ce serait comme supprimer une vie.
Tendre et douce Hilda.
Une âme délicate.
Elle aimait les animaux et les petits enfants.
On a atterri ! Les dépêches !
Camarade, où es-tu ?
Les dépêches, où sont-elles ?
Vite, chez le général !
Livrons ces dépêches, ou nous sommes vaincus !
La guerre est finie !
Nous avons perdu !
LA PAIX
DEMPSEY BAT WILLARD
LINDBERGH TRAVERSE L'ATLANTIQUE
EMEUTES EN TOMAINIE
LE PARTI DE HYNKEL PREND LE POUVOIR
Cependant, le barbier juif,
amnésique, reste hospitalisé pendant des années,
ignorant des changements survenus en Tomainie.
Hynkel dirigeait le pays d'une poigne de fer.
Sous la Double Croix, la liberté était bannie,
on n'entendait plus que la voix de Hynkel.
Adenoid Hynkel a dit :
"La Tomainie était à terre, elle se relève."
"La démocratie sent mauvais."
"La liberté est détestable."
"La liberté de parole est contestable."
"La Tomainie a la plus grande armée du monde."
"La plus grande marine du monde."
"Pour rester grands, faisons des sacrifices."
"Serrons-nous la ceinture."
Il s'adresse au maréchal Herring, ministre de la Guerre.
Puis à M. Garbitsch, ministre de l'Intérieur.
Il rappelle les combats de ses débuts,
partagés par ses deux loyaux camarades.
Son Excellence vient de faire allusion aux Juifs.
En conclusion, il rappelle que pour le reste du monde,
il n'a que paix en son cœur.
Une annonce.
Radio Pari-mutuel vous a transmis en direct
le discours de Hynkel aux enfants de la Double Croix.
L'interprète anglais,
Hyndrich Stick, son traducteur personnel,
lisait, semble-t-il, un texte préparé.
La suite dans un instant, A vous, Tomainie.
Son Excellence va descendre les marches.
Excellence ! Vous êtes blessé ?
Prenez l'autre voiture.
Son Excellence
est accueillie par des mères et des enfants de Tomainie.
Il s'arrête devant une mère.
Photo.
Même le bébé, subjugué,
est tout sourire devant Son Excellence.
Quittant le lieu de son triomphe,
il rentre par la Hynkelstrasse,
bordée des chefs-d'œuvre de la Tomainie moderne :
la Vénus d'aujourd'hui, le Penseur de demain.
- Alors ? - Le discours ?
Très bien.
A propos des Juifs, vous auriez pu être plus violent.
Exciter la colère du peuple.
La violence contre les Juifs lui fera oublier sa faim.
Peut-être. Le ghetto est calme, ces derniers temps.
Bonjour, M. Jaeckel.
Pourquoi bon ?
Ça pourrait être pire.
Si vous pensez ça, vous avez beaucoup d'imagination.
Vous avez entendu Hynkel ?
Je n'ai rien entendu. J'ai mes soucis à moi.
Vous avez de la chance.
Des nouvelles du barbier ?
Toujours à l'hôpital.
Il y est depuis la fin de la guerre.
Pourquoi ne pas louer sa boutique ?
Il refuse. Il écrit toujours qu'il va revenir.
Quel dommage de la laisser vide.
Pourquoi s'en faire ?
Avec les impôts, il ne l'aura bientôt plus.
Vous avez peut-être raison. Ce n'est pas un si bon jour.
Vous l'avez dit.
Hannah.
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