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ANNÉE 1898
EST DE LA FRANCE GIVRE
CHÂTEAU DE VAGUE DE FOLIES
Raoul.
J’ai fini de chasser. On ne va pas tarder à rentrer.
Qu’est-ce que tu regardais ?
Les champignons, père.
Tu l’as tué avec le fusil ?
Je n’ai pas réussi à le toucher. Du coup, j’ai fait sans.
Tu t’embêtes pour rien à le prendre.
Le maire me l’a passé exprès.
Je dois apprendre à l’utiliser.
Les humains nous seront reconnaissants, si l’on manie ces armes.
Ce sera une avancée majeure, pour eux.
Mais tous les humains ne pensent pas pareil.
Un chasseur nous a même agressés.
On est dévisagés, depuis que le comte Dracula a été attaqué.
C’est pour ça qu’il faut montrer l’exemple.
Nous devons tout faire pour nous entendre avec les humains.
Et que cela plaise ou non à certains.
Je vais ranger le fusil.
Pourquoi tu gardes ce truc en argent chez nous ?
Lequel ?
L’arme que tu as prise à ce chasseur.
Tu sais pourtant qu’elle peut nous être fatale.
C’est pour montrer l’exemple ?
Non.
Je préfère la garder en lieu sûr
plutôt que la confier à un chasseur.
J’ai mis un cadenas pour éviter que Charlotte…
Comment ?
Un problème ?
Il s’agit de notre sang !
Raoul, reste derrière moi. Ne t’éloigne pas !
Pourquoi ?
Obéis et reste près de moi ! Compris ?
Claude !
Claude ! Hannah !
Qu’y a-t-il, père ?
Claude, tu vas bien ?
Que s’est-il passé ?
Monsieur.
Que vous arrive-t-il ?
Alfred, quelqu’un s’est introduit dans le château.
Tu as vu quelque chose ?
Non, je ne suis au courant de rien.
Je ne suis pas sorti de mon bureau.
Où est Charlotte ?
Dans la buanderie avec Giselle.
On n’entend qu’elle, depuis tout à l’heure.
Père ?
– Père ? – Restez ici.
Hannah ?
VAMPIRES
ÉPISODE 2
Je te le dis, moi, c’est un avertissement.
« Abandonnez, ou vous subirez le même sort. »
Un message pour la faction de la Fraternité ?
Ouais, ils veulent accorder des droits à ces monstres.
Même des chasseurs sont parmi eux.
Un gars de chez Royce aurait fait ça.
Enfin, peu importe qui a fait ça, je l’innocenterais, moi.
Ah, excusez-moi !
Le comte Godard a promis
qu’il ne boirait jamais notre sang, d’où l’obtention de ses droits…
On ne peut pas faire confiance aux vampires.
Quelqu’un sort.
– C’est le comte Godard. – Comte Godard !
Comte Godard, journal l’Est.
Quelle est votre opinion sur cette affaire ?
Comte Godard, veuillez répondre !
Je suis pressé.
Je dois aller voir le juge. Laissez-moi passer !
Écartez-vous !
Comte Godard !
Quel âge as-tu ?
Journal L’Époque, Annie Kerber. J’ai 14 ans.
Selon le communiqué de la police, l’enquête serait encore en cours.
« En cours ? »
Balivernes. Ils vont me faire porter le chapeau.
Cela fait vingt ans que je n’ai pas bu de sang.
Et j’ai même une autorisation pour venir voir ma famille.
Vous appelez ça être traité équitablement ?
S’agirait-il d’un acte de discrimination envers les vampires de la Fraternité ?
Exactement.
Note que le comte Godard est outré par l’attitude de la police !
Qu’il est révolté au plus haut point.
Comment comptez-vous faire éclater la vérité ?
J’ai engagé des détectives.
Un binôme venant d’Asie, spécialisé dans les monstres.
Dans les monstres ?
Vous parlez d’Aya Rindô et Tsugaru Shin’uchi ?
Oui, quelque chose du genre.
Pas de doute. Le Porteur de la cage va venir.
Oh là là !
– Hé, M. le cocher ! – Qu’y a-t-il, monsieur ?
On ne tangue pas un peu trop ?
Normal, pour une route de campagne.
J’ai mal au cœur et les fesses en miettes, à force d’être secoué de la sorte.
Ma patronne me dit qu’elle est sur le point de rendre.
Et ce qu’il y a dans sa bouche
n’est autre que des jérémiades, alors ralentissez !
On arrive bientôt.
Et c’est vous qui m’avez demandé de faire au plus vite, monsieur.
Dans ce cas, faites au plus vite en douceur.
– Ne me demandez pas l’impossible ! – Ça suffit, Tsugaru.
Maîtresse Aya, vous vous sentez mieux ?
Pas vraiment, mais je peux me retenir, si nous arrivons bientôt.
De plus, même si j’avais envie de vomir, je n’aurais rien à régurgiter.
Vous m’avez bien eu, sur ce coup-là.
En Norvège, une sirène accusée à tort d’un meurtre a été blanchie.
En Belgique, l’affaire des automates a été résolue.
Bref, leurs talents sont indéniables.
Quel genre de talents ?
Je ne sais pas. Mais le juge a accepté de me relâcher.
Peut-on leur faire confiance ?
Plus qu’à la police, déjà.
C’est somptueux.
Monsieur,
puis-je recevoir mon dû ?
Votre dû ? Comment ça ?
Eh bien, le prix de la course. Ça fera trois francs pour l’aller.
– Vous me faites ça cher ! – Ça a été un long voyage.
Mais je me demande si ça les vaut, après ce voyage tumultueux.
Monsieur, ne me dites pas que…
Je ne compte pas vous arnaquer.
Je prévois simplement de procéder à un retour de marchandise.
Un retour de marchandise pour une course… Mais c’est impossible !
– Et pourquoi cela ? – Eh bien…
Vous savez, je vous ai amenés à votre destination.
Je vois.
Dans ce cas, veuillez nous ramener à notre point de départ.
Comme ça, problème réglé.
– Hein ? Eh bien… – Vous attendez quoi ?
Arrête ton cirque, Tsugaru.
Cocher, prenez la peine de réfléchir.
Vous vous assiériez sur le prix d’un aller-retour.
Euh, monsieur ?
Ça suffit, Tsugaru. N’embarrasse pas plus notre cocher !
Il a déjà l’air assez malheureux comme ça.
Sa femme a dû le priver d’alcool pour au moins une semaine.
Comme savez-vous pour Nathalie ?
N’importe qui le devinerait. Il suffit de regarder vos vêtements.
Cher cocher, prenez vite votre dû, avant qu’il ne dise autre chose.
Euh, oui, d’accord.
Ça vous fera trois francs, monsieur.
Vous ne voulez pas descendre d’un franc ?
Monsieur…
C’est bon, vous avez gagné. Je vous la fais à deux francs,
alors veuillez me payer.
Pour tout vous dire, mes bourses sont actuellement vides.
Allez demander votre dû au comte Godard.
Comte Godard !
Deux francs, s’il vous plaît !
À qui ai-je affaire ?
Hattsuan, notre cocher.
Je m’appelle Marc !
Marc, semblerait-il.
Il doit nous ramener. Pouvez-vous lui offrir une chambre ?
Il semblerait qu’il soit à cran.
Alfred, conduis-le à sa chambre et paie la course.
Entendu.
Je vous remercie.
Je vous remercie.
Je vous remercie.
Et vous, qui êtes-vous ?
Enchanté de faire votre connaissance.
Je suis le Porteur de la cage, tout droit venu du Japon,
Tsugaru Shin’uchi pour vous servir.
Bien que mon nom soit pompeux, je reste un homme modeste.
Je vous prie de retenir mon nom.
Jean Duchet Godard.
Voici mon fils aîné, Claude, et son petit frère, Raoul.
Vous êtes spécialisé en monstres ?
Oui, même si je ne suis qu’en phase d’apprentissage.
Mon employeuse est la véritable détective.
Tu n’es pas mon apprenti, Tsugaru.
Tu es juste mon assistant.
Et donc, vous êtes Aya Rindô, c’est ça ?
Exactement.
Aya Rindô, enchantée.
Un problème ?
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