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C’est là que j’ai fait le rapprochement.
Cet homme est une pâle copie de Jack l’Éventreur !
Si on n’attrape pas ce monstre dans les quarante prochains jours,
il risque de disparaître sans laisser de traces ?
Ça n’a aucun rapport, mais une autre affaire m’intrigue.
Bien évidemment,
Keiji Ueji fait partie des peaux tatouées.
ASAHIKAWA – UTASHINAI IWAMISAWA – EBETSU – SAPPORO
Ça se rapproche de Sapporo !
Qu’est-ce qui se trame ici ?
Tous les autres, vous m’accompagnez.
Direction Sapporo !
SAPPORO
Il y a près d’ici un endroit qui sert un curry délicieux.
LA VILLE DES RETROUVAILLES
Tu veux t’envoyer une bière de Sapporo ?
On va se faire remarquer, fagotés comme ça.
Qui veut des bonbons ?
Qu’y a-t-il, Anji Toni ?
J’ai cru reconnaître une voix.
Laquelle ?
Celle d’Ueji.
Ah, Keiji Ueji…
ce misérable démon.
Tarô ! Tarô !
Tu cherches quelqu’un ?
C’est le nom de mon chien.
Tu l’as perdu depuis hier, c’est ça ?
Oui. Vous ne l’avez pas vu ? Il est blanc.
Avec une tache noire au coin de la truffe ?
Oui ! C’est lui, c’est Tarô !
Je viens de le croiser là-bas.
C’est vrai ?
SUIFÛTEI, CUISINE OCCIDENTALE CRÈME GLACÉE – THÉ – CAFÉ
Je me souviens de la première fois que Keiji Ueji m’a parlé, en prison.
Selon lui, pendant les travaux forcés,
une femme se présentant comme ma tante l’avait abordé.
Moi, je ne savais même pas que j’avais une tante.
Elle disait vouloir me voir
mais craignait que sa parenté avec le Pirate soit révélée,
vu que son mari était lié au gouvernement.
De temps à autre, Ueji prétendait
avoir revu cette femme alors qu’il trimait encore dehors.
Chaque fois qu’il me croisait,
il me demandait si j’avais reçu sa visite.
Je l’ai attendue pendant des années.
Après tout, elle était ma seule famille.
Un jour, j’ai été transféré dans la cellule de Tatsuma Ushiyama,
qui bossait toujours enchaîné à Ueji.
Et lui m’a assuré qu’il n’avait jamais vu cette tante.
J’ai demandé des explications à Ueji, et il s’est écroulé de rire.
Il prend son pied à lire le dépit sur le visage des gens.
Où est Tarô ? Tu es sûr que tu l’as vu ici ?
Moi, ce que j’aime,
c’est voir des visages pleins d’espoir
se décomposer en une seconde.
Jusqu’à présent,
la plus belle expression de ce genre a été celle de mon père.
Elle m’a procuré une délectation sans pareille.
Et Tarô ?
Ce désir brûle toujours en moi :
admirer un visage ravagé par la déception.
Mais j’ai une autre obsession.
Je ne serai satisfait
qu’après avoir enterré un garçon de ton âge.
Je rêve de tuer et d’ensevelir le gamin décevant que j’étais
avant tous ces tatouages.
Tarô…
L’envie de voir un visage désabusé
et celle de tuer un petit garçon…
Comment faire pour assouvir ces deux pulsions
qui tournent en rond dans ma tête ?
En t’achevant à l’instant où tu es au comble de la désillusion,
je serai libéré d’un poids !
Moi, ce que j’aimerais voir, c’est la tête que tu feras
quand tu auras l’échine brisée.
Ushiyama ?
Cette fille a de si gros nichons qu’ils traînent par terre !
Je vais te ramollir comme un poulpe.
Tiens ?
Écoute-moi ! Je vais te montrer quelque chose !
Quelque chose d’extraordinaire,
en rapport avec la planque du trésor !
C’est bon, d’accord !
C’est pas marrant, avec toi !
J’ai cru voir passer Ushiyama.
Ce curry est délicieux !
Oups !
Quel manche !
Excusez-moi ! Puis-je avoir une autre cuillère ?
C’est quoi, ce boucan ?
Comme on se retrouve, petite.
Professeur Kiki !
Ushiyama ?
Ça suffit ! Ce serait dommage d’en perdre un.
Il a raison ! Reprenez vos esprits !
Parlez-vous, au moins !
Arrêtez-les !
Ushiyama…
Salut, le Pirate. Ça faisait un bail.
J’ai échoué.
Ça suffit, vous deux !
Rien de cassé, Kadokura ?
J’ai dû me fouler la cheville.
Qu’est-ce que vous venez foutre à Sapporo ?
Ushiyama, écarte-toi de lui.
Si on ne les sépare pas,
la police ou la 7e division vont rappliquer !
Kiraushi ! Ariko et Ogata sont dans le coin.
Va les chercher !
Ogata ?
Ogata est dans le secteur ?
Capuchon ! Ogata est là !
Ogata ! Capuchon !
Ogata !
MON CHAT SAUVAGE EST PRÈS D’ICI ?
BON SANG ! JE DOIS VITE M’ÉLOIGNER.
JE T’AI TANT ATTENDU, MON CHAT SAUVAGE.
J’AI TRAVERSÉ LA MER POUR TE REVOIR.
C’est mon fusil, ça !
Calme-toi, Capuchon. Tu n’as pas besoin de cuillère.
ALORS, MON CHAT SAUVAGE ?
Bien, bien.
Si je la descends,
je vais déclencher une panique générale.
C’est bizarre.
Ashirpa, cours te mettre à l’abri !
Tu m’as piégé à Abashiri, Hijikata !
Tu m’as arraché Ashirpa, et en plus,
Ogata m’a tiré dans la tête à cause de toi !
Ah bon ? Sans blague ?
J’aurais pu te tuer, là-bas.
Essaie donc, vieux débris !
Je savais que tu tenterais de contrecarrer mes plans.
Il y avait de quoi.
Le Sans-Visage et toi, vous vouliez faire d’Ashirpa l’icône des Aïnous,
une combattante de la guerre d’indépendance !
Ce n’est pas exactement ce que j’ai en tête.
Mon armée n’a pas besoin de femmes et d’enfants.
Si cette jeune fille se moque du sort de son peuple,
qu’elle vive en paix dans sa montagne.
Dans ce cas, il est inutile de vous entre-tuer.
Dis-moi, Hijikata,
dans le futur que tu imagines, que deviennent les Aïnous ?
À ce rythme, les ressources en bois de Hokkaido seront bientôt épuisées.
On basera donc l’économie de la république d’Ezo sur le charbon.
L’exploitation des mines
attirera des immigrants qui viendront renforcer notre nation.
Bien mieux que les autres Japonais, qui n’ont jamais vécu qu’entre eux,
les Aïnous, habitués depuis longtemps
à cohabiter avec les minorités d’Extrême-Orient et les Russes,
sauront faire le lien entre les communautés.
Dans tes veines coule le sang
des Aïnous de Hokkaido et de Sakhaline
et celui des Polonais aux yeux bleus
qui ont été persécutés par l’empire du tsar.
Tu seras donc un symbole tout désigné
pour diriger ce pays mêlant diverses cultures.
La république d’Ezo ?
C’est toujours mieux que le plan de Tsurumi.
Je veux à tout prix
éviter que la 7e division s’empare de l’or des Aïnous.
Le lieutenant Tsurumi a volé à Sugimoto toutes les peaux tatouées qu’il portait.
Mais aujourd’hui, on en a de nouvelles qui ne sont connues
ni de ton groupe ni de ces militaires.
Nous devons faire alliance.
Cette jeune fille, c’est Ashirpa ?
Elle a bien changé, depuis la dernière fois.
Désormais, elle tient tête à ces braves.
Avec tout ça, j’ai oublié Ueji.
Puis-je voir les tatouages que tu détiens ?
Moi, je te montrerai ceux de Bôtarô et de Heita Matsuda.
Comme il en manque encore, j’aurai du mal à décrypter le code,
mais je veux un aperçu.
J’accepte uniquement parce que tu es seule.
Ça alors…
Ce n’est pas « Horkeuoshkoni » ?
J’ai remarqué une certaine cohérence entre les différents tatouages.
Ceux de Shiraishi, de Heita Matsuda, de Bôtarô
et de Gansoku, que j’ai pu observer,
s’inscrivaient dans la même logique.
Laquelle était chez l’empailleur ?
Celle-ci.
Il s’agit très probablement d’une contrefaçon.
Elle n’est pas comme les autres.
Celles-ci sont vraies à coup sûr ?
J’ai écorché moi-même Sekiya et Yôichirô.
Elles sont conformes.
Et cette peau-là ?
Ogata l’a dégotée dans une salle de jeux de Barato.
Ogata ? C’est louche.
Tu sais quel détenu avait ce tatouage ?
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