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Les femmes, faut pas qu'elles m'emmerdent !
M. le directeur, votre ex-femme vous demande.
- Brigitte... - Il faut absolument que je te parle.
- Oui, cherie... - Monsieur.
- Mme Blanchard sur la 2. - Tout de suite.
Ne quitte pas, Brigitte.
- Allo ? Ma combinaison... - Elsa.
- Ta combinaison noire. - La rouge.
- Ah, rouge ? - Passe la prendre.
- Oui. - Avec un ourlet, ce sera plus sexy.
D'accord. Excuse-moi, je suis presse. A tout a l'heure.
- Ecoute, Brigitte... - Passe vite voir ce devis.
- D'accord, je passe. - Vers quelle heure ?
- 18 h 30. Enfin, moins vingt-cinq. - Encore en coup de vent.
- Comment ca ? - Comme d'habitude.
- Comment ? - Comme toujours.
On se verra a Noel ou au jour de l'an !
Mme Chomard vous attend, elle n'est pas contente.
Je ne peux rien faire, l'ordinateur est en panne.
Il n'y a aucune raison qu'il soit en panne.
C'est Mme Bouchereau qui l'a programme. Ou est-elle ?
- En conge maternite. - Encore ?
Ca n'arrete pas !
Vous etes emmerdantes, toutes, avec vos grossesses !
Je n'ai jamais eu d'enfant, moi.
Ah, evidemment !
Mlle Chaprot, je ne sais pas... Vous n'avez jamais essaye
de changer de tete ?
Vous n'aimez pas ma coiffure ?
Vos cheveux, si, c'est bien. C'est strict, distingue...
Et mon unite de controle !
Mme Bouly ! Toujours dans mes pattes !
Depuis quand vous fumez ?
- Ca vous derange ? - Pas du tout.
L'ordinateur tombe en panne regulierement, une fois par mois.
- Comme un cycle lunaire. - Non !
Eh bien, la voila, l'explication :
votre ordinateur est une ordinatrice, indisposee une fois par mois.
Mme Chomard, je ne peux pas debloquer de liquide.
Mon ordinatrice est en panne.
L'ordinatrice ?
Ecoutez, c'est insense. Je pars pour Almeria ce soir.
Prelevez sur le compte de votre mari a la BNP. On l'appelle.
- Ah non, non ! - Mais...
Je peux vous faire confiance, M. Durieux ?
Vous comprenez les femmes, non ?
- Ca a du m'arriver. - Voila.
Je pars avec un ami.
Oui.
Mon mari est fou de moi. S'il l'apprenait, ca le tuerait.
Je trouverais plus logique qu'il vous tue.
Vous feriez ca ? Mais c'est effrayant.
Mais, madame, j'ai deja assassine plus de 30 femmes, dans ma vie.
Le soir en m'endormant.
Mlle Chaprot,
ouvrez une facilite de caisse de 15 000 F a Mme Chomard,
ratifiee par le siege, si necessaire. - Oui, M. Durieux.
- Votre fille vous attend. - Qui ?
Votre fille.
Mlle Chaprot, vous fermez.
17 heures 59.
- Papa, je quitte Robert. - Ah ! Parfait.
Tu vas m'expliquer tout ca.
Je lui ai dit : "Si tu veux une boniche, va a l'ANPE".
Madame Binet...
Excusez-moi, c'est direct, mais...
c'est naturel ou une permanente, votre coiffure ?
C'est naturel, bien sur.
Vous croyez que ca m'irait, les cheveux frises ?
Merci, madame Binet.
- Celui-la, avec sa bagnole ! - Oh, he, hein !
- Qu'a-t-il fait, Robert ? - Rien, justement !
J'arrete pas de l'engueuler. Il fait rien, il est la.
Je lui dis : "Ne laisse pas trainer tes chaussettes !" Et que fait-il ?
Devine.
- Il a ete les ranger ? - Oui. Tu trouves ca viril,
comme attitude ? Tu trouves ca excitant ?
Il aurait du te les foutre dans le pif.
A la limite, j'aimerais mieux.
Mais je l'ai prevenu : s'il leve la main sur moi, je divorce.
Oh, rien n'est simple !
Il me couvre de fleurs, veut faire l'amour a toute heure.
Tu connais sa derniere ? Je te le donne en mille.
Il veut un enfant.
- Ton mari veut un enfant ? - Oui.
Ou va-t-on ? J'en ai pour une minute.
Je rentre et je sors.
La Petite Parisienne ?
T'as une maitresse ?
Mais non. Le soir, je mets des bas resille et en route pour le Tagada.
Mais je plaisante pas. Reponds-moi. T'as une maitresse ?
Oui, et tu le sais tres bien.
Mais meme si je le sais, je suis pas censee le savoir. Et Maman ?
Ca fait 10 ans qu'on est divorces ! Et elle en a rien a foutre.
Tu m'annonces ca tranquillement ?
Pas tranquillement. J'ai une maitresse, et j'en ai le droit !
- Florence ! - T'es monstrueux !
Reviens ici !
Florence !
Et merde ! Fait chier...
Bonjour, madame Sarlat.
Je n'aime pas qu'on me raccroche au nez.
Bref, la petite est a la maison, elle s'est disputee avec Robert.
- Je sais plus quoi faire. - Qui ?
- Florence ! - Florence ?
Ta fille ! Tu te rappelles peut-etre que tu as une fille, non ?
J'arrive.
- Brigitte... - Chut !
Florence dort.
Je lui ai donne un calmant. Ne la reveille pas.
Tres bien. Je vous laisse.
Hubert,
quel besoin avais-tu de lui parler de cette pute ?
Elsa ?
Ah, tu reconnais !
Quand tu dis pute, ca peut etre qu'elle.
Tu couches avec qui tu veux.
C'est ton probleme.
Je te remercie.
Mais tout le monde sait que c'est une pute.
- Enfin, bref. - Oui, "bref".
Oui, bref.
Florence est tres malheureuse.
Etait-ce indispensable de l'emmener aujourd'hui dans un sex-shop ?
J'ai pris un paquet a La Petite Parisienne.
- Pour cette pute. - Bonsoir.
Tiens. Aide-moi.
Ecoute, Brigitte.
Pose ca la.
Merde ! L'evier est encore bouche.
Cherche-moi la ventouse la-dessous.
Et il est 19 h 55.
Allons-y.
Tu trouves drole de regler sa vie sur un chronometre ?
Oui. Moi, ca me fait hurler de rire.
Ca me fait hurler de rire, d'etre a 7 h 59 a la banque,
d'en sortir a 18 h 01, tous les soirs,
pour me faire engueuler a 20 h 04
par une femme qui, il y a 18 ans et 2 mois, me disait :
"Je t'epouse pour le meilleur et pour le pire,
"dans la richesse et dans la pauvrete."
Ca me fait hurler de rire !
Voila !
En parlant de pauvrete, on est le 2. J'ai toujours pas recu le cheque.
Ce que tu es maladroit !
Et merde !
Exact !
- T'as pas change. - Mais ton evier est debouche,
ton cheque est la, ta fille dort, tout est en ordre, et moi...
je file !
Non ! Florence s'est reveillee, elle a decroche le telephone.
- Tu vas pas lui dire bonsoir ? - Bien sur.
Oui, oui, d'accord. OK, d'accord.
Et tu as bien compris ce que je t'ai dit ?
Tu sais ce qu'il me dit, Robert ?
Il dit que, si je me mefie des hommes,
c'est que j'ai eu un pere instable.
Surement.
C'est toi, Hubert ?
Non, c'est Paulette.
Oh, t'es bete !
Elsa ?
Coucou !
- Tiens... - Mais on s'en fout ! Oh, toi !
Oh, toi, mon tout petit, tu vas pas rester tout petit !
T'as fait expres d'arriver en retard pour m'exciter ?
Attends une seconde. J'ai eu une soiree epuisante.
Tu n'as pas quelque chose a boire ?
Tu as une fille ?
Oui. Et qui est tres malheureuse avec son mari.
Et j'en ai parle avec sa mere.
Tu as vu ta femme ?
Mon ex-femme.
Pourquoi as-tu divorce de cette emmerdeuse,
si tu es tous les soirs chez elle ?
Ecoute, tu veux pas venir t'asseoir, s'il te plait ?
On se detend,
on se calme, on se tait un peu...
Allez, viens. Viens, s'il te plait. Viens.
Voila.
- Tu es tres jolie, ce soir. - Ah, tout de meme !
J'ai beaucoup pense a nous.
Il faut que tu changes ta vie. Tu vegetes, mon petit bonhomme.
On remet sa cravate a Rochemaldo.
- Et alors ? - Jeudi, chez le comte, son cousin.
Le sous-secretaire d'Etat aux Finances, Barjac, sera la.
- Et alors ? - Je te presente a Barjac, jeudi.
C'est un ex. Si tu es adroit, tu es nomme a la direction generale.
- Et alors ? - Tu doubles ton salaire,
appartement de fonction, je divorce, on se marie.
Oh ben, c'est formidable, tout ca.
- Elle est pas mignonne, ton Elsa ? - Ouais.
Elle est pas mignonne ? Elle merite pas un petit cadeau ?
- Oh, merde, il est 7 h. - Viens.
Oh oui...
Oh oui !
He ! Oh ! Hein ! Bon !
Ah !
Tu es bien la seule qui ne m'ait jamais emmerde, toi.
Je vais mourir. Embrassez-moi.
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