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2012. LE VENEZUELA EST LE PAYS OÙ L'ESSENCE EST LA MOINS CHÈRE AU MONDE.
À LA FRONTIÈRE COLOMBIENNE, SON PRIX EST 50 FOIS PLUS ÉLEVÉ
DANS CE NO MAN'S LAND, DES TRAFIQUANTS RISQUENT LEUR VIE,
PASSANT DU CARBURANT DE CONTREBANDE D'UN PAYS À L'AUTRE.
DE PÉTROLE ET DE SANG
LA GUAJIRA, COLOMBIE FRONTIÈRE VÉNÉZUÉLIENNE
Juan, je te parie une bière que Polito arrive au pont avant toi.
Vas-y, mon Polito !
Arrêtez. Vous allez nous tuer.
Putain ! J'ai dit de ralentir !
Enfoiré.
Allez.
- Attends ! - Doucement.
Regarde-moi. Ça va ?
Oui.
Une autre mise en garde, Moncho.
Qui a parlé du pont à Carmelo ?
Arrête, Juan. Personne n'a rien dit.
- Ça va, Marisol ? - D'après toi ?
- Il faut repartir. - Non. On va se faire arrêter.
Ça va aller, je sais quoi faire.
On n'est pas tous des pilotes comme toi.
Alors on fait quoi ?
Décidez-vous ou les gars de Carmelo vont nous buter.
- Il y a la ferme Campano. - Non, Ulises,
ces types traitent avec Carmelo et c'est un gros détour.
T'as un contact là-bas ?
Bien.
Cet enfoiré en veut cinq par caisse.
Le fumier...
- Je fais quoi ? - Allons-y.
File-moi cinq jerricans et boucle-la.
Hé, les enfoirés ! Écoutez-moi.
Il en faut cinq, et on est huit.
Mes frères et moi, on touchera rien.
Il ne s'agit pas que du fric.
On s'aventure en terre inconnue.
Si ça continue, on va finir en taule ou à l'hosto.
C'est les risques du métier. On le sait depuis le début.
Il y a risques et risques.
Je remercierai toujours Juan de m'avoir donné ma chance,
mais depuis l'arrivée de Carmelo, c'est le bordel.
On t'a toujours sauvé les miches.
- Tu nous lâches ? - J'ai failli crever aujourd'hui
et j'ai un fils. Qui va s'en occuper ? Toi ?
Non, Moisés.
Regarde autour de toi et fais le calcul.
On est huit. Avant, on était vingt.
Arrange les choses avec Carmelo.
Joyeux anniversaire, ma belle.
Je l'ai acheté à un gars de Maicao. Quasi 1 000 chansons.
On va chez toi l'écouter ? Je serai sage.
Merci.
On raconte que le pont a sauté.
On a dû soudoyer les Campano. Du coup, plus d'essence.
Ton cadeau te plaît pas ou quoi ?
Tu savais ce que je voulais.
- Tu remets ça ? - Tu m'avais promis.
Marisol a failli mourir.
C'est mieux que de servir de l'essence toute la journée.
Diana, c'est pas fait pour les citadines.
Ulises, il me faut un filtre à huile. T'en as un ?
Oui.
Je vois ça. Je te le file demain.
Hé, mec ! Tu portes mon parfum.
Je t'en trouverai un autre.
- Tu bosses, va t'en acheter un. - Paie-moi déjà les bières que tu me dois.
Petit con, va !
Moisés !
T'as parlé du pont à Carmelo ?
Si j'ai quoi ?
Une bière ?
- Pour qui tu bosses ? - Ah, mon vieux !
Ouvre les yeux, Moisés.
Le clan Estrada n'est pas éternel.
Il est en voie d'extinction.
Les gens du coin sont effrayés. Ils ont peur.
L'essence se fait rare et...
Sois pas surpris si, tout à coup,
les gens se réunissent et...
Fais gaffe.
Tu veux te venger ?
J'ai un tuyau pour toi.
Un gros convoi de Carmelo.
Ulises, tu tombes à pic.
- Ça roule ? - T'as le blé ?
T'as piqué la moitié de notre cargaison.
C'est déjà pas mal.
Va pleurer dans les jupes de ta mère.
Laisse-moi deux semaines.
File-moi les clés de ta caisse.
Les clés de ma caisse ? Comment je ferai pour bosser ?
Fais gaffe ou il va t'arracher les yeux.
Les clés, Ulises.
T'as une semaine ou tu disparais.
Vas-y et profite. Il est encore tôt.
Prends une cuite.
Fous-moi la paix.
- Je t'attendais plus. - Toujours furax ?
Un peu, mais c'est mon anniversaire.
Tu m'accordes une danse ?
- T'as fait la fête hier, hein ? - Je suis jeune, Blanquita.
Arrêtez, tous les deux.
Tu sais ce que tu vas me tatouer ?
Un petit papillon.
Encore un tatouage ? Arrête de te griffonner la peau, Juan.
Votre attention. Flash info.
Allez-y, Juliana. Dites-nous ce qui s'est passé.
Les douanes, en coordination avec l'administration fiscale
et l'armée,
ont saisi 15 réservoirs de carburant de contrebande,
qui pouvaient contenir près de 230 000 litres d'essence.
Lors de ces descentes, on a trouvé 34 cuves en plastique,
17 filtres, 470 jerricans...
Le convoi de Don Carmelo.
C'est toi ?
...soit environ 627 millions de pesos.
Il va se venger, Moncho.
...ces trafiquants menaçaient
la vie de milliers d'habitants de La Paz.
Bande d'enfoirés !
Juan !
- Rentrez. - Le touche pas.
Messieurs.
Quel honneur de se tenir devant l'illustre clan Estrada.
Juan.
Ulises.
- Ça fait un bail, Moisés. - Comment tu vas, Carmelo ?
Pas aussi bien que vous,
il me manque une centaine de barils.
Le pont a été détruit.
Et Villanueva n'a plus de mécano.
Effectivement.
Tu veux une glace ? Glace ?
Certains ?
J'ai ananas, mandarine, abricot.
Moi, j'en prends une par cette chaleur.
Bon, les gars.
Si on continue, on va finir comme le mécano.
- Qu'est-ce que tu proposes ? - Facile. Bossez pour moi.
Demandez à n'importe lequel de mes gars.
Ils roulent pas en tacot, eux.
Leurs voitures t'appartiennent,
et ils sont endettés jusqu'à l'os.
Mes convois sont bien plus sûrs,
parce que le nouveau gouverneur, c'est mon pote.
Je vous admire, les gars. Beaucoup.
On vous respecte ici. Et j'ai de l'estime pour ça.
Assez pour faire péter un pont et buter quelqu'un devant chez nous ?
Voyez ça comme un partenariat.
Quinze pour cent des cargaisons seront pour vous.
Plus un salaire. Vous y gagnez.
On est pas à vendre.
Votre tête de convoi, Marisol, elle est avec moi désormais.
Fabián aussi.
Polito. Mejía.
Tous.
Je vous laisse discuter ?
- T'es bien silencieux, Ulises. - On devrait mettre de côté notre égo.
Tu veux bosser pour lui ?
- Après la mort de Francisco ? - C'est un bon deal.
Finis les pots-de-vin.
Plus d'essence à passer, donc plus de blé.
- On y gagne tous. - Non, on peut continuer à trois.
Tu t'écoutes parler ? Arrête de t'obstiner.
Tu veux juste de l'argent facile.
La liberté, tu t'en cognes.
Personne n'est libre.
Sois pas naïf.
Y a pas que la contrebande.
- On sait rien faire d'autre. - C'est faux.
J'en ai marre de puer l'essence.
Alors ? Je sors le whisky pour trinquer ?
Ulises est le seul à accepter l'offre.
Que va faire Moisés ?
Il va ouvrir un resto italien avec Blanca.
Au moins, il aura emmerdé Carmelo avec cette descente de flics.
Mais ce connard d'Ulises...
Il s'est laissé acheter.
On aurait pu continuer à trois.
Tu sais quoi ? Tant pis. Je peux le faire tout seul.
Mon père disait :
"Prendre la route seul, c'est entrer dans la fosse aux lions."
Donne-moi ton arme.
- Pourquoi ? - Donne-la-moi.
- Mollo ou tu vas péter une vitre. - Tais-toi.
Ton père t'a appris ?
Il m'a aussi appris à conduire, à changer un pneu,
à me défendre.
Je suis pas la petite citadine que tu crois.
Juan, si j'avais de l'argent,
je m'achèterai ma voiture.
Alors t'es avec moi juste pour devenir trafiquante ?
Entre autres.
Je viendrai te chercher à 5 h.
Bienvenue au Venezuela, ma belle.
On rentre bientôt en Colombie.
- Quatre mille. - Trois mille.
- C'est d'accord. - OK.
Trois mille.
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