The first 200 lines.
PRÉMONITIONS
nom : consolation d'une peine, d'un chagrin
verbe : soulager, réconforter
Cubain.
Alors, Sawyer ?
Ça correspond.
C'est Joe. On a une récurrence.
Même procédé, même signature, pas d'ADN.
Aucun indice, que dalle.
Je sais. Je fais tout ce que je peux.
Quel connard, celui-là.
Il faut que j'aille le voir.
Joe...
Je pense que c'est une erreur.
Tu as le droit de penser ce que tu veux.
Rectification : je pense que c'est une grosse erreur.
On ne peut pas se permettre de mêler un inconnu à une affaire...
Ce n'est pas un inconnu.
J'ai bossé avec lui,
et c'est un ami.
- Il est instable. - Je n'ai pas dit ça, Katherine.
Il traverse une mauvaise passe.
Il est trop tôt pour jouer notre va-tout.
Crois-moi,
il n'est jamais trop tôt pour ça.
Bon sang, vise-moi ça !
T'as vu,
c'est joli, cette verdure.
Il est au vert depuis quand ?
Ça fait deux ans.
Depuis le décès de sa fille Emma.
Morte d'une leucémie, dans ses bras.
Il a arrêté
d'exercer.
Il a tout lâché.
Qu'est devenue sa femme ?
C'est la triste réalité
des drames familiaux.
Certains rapprochent les gens.
D'autres les éloignent.
C'est là.
Tu restes ici ? Je voudrais lui parler seul.
- J'aurais pu rester au poste. - C'est vrai.
Mais tu aurais raté toute cette jolie verdure.
Fleur bleue.
Oui ?
John, c'est Joe.
Je sais.
Tu m'ouvres ?
- J'ai à te parler. - Ça m'intéresse pas.
J'ai fait trois heures de route pour venir te voir.
Tu me connais assez pour savoir
que je partirai pas.
J'enfoncerai la porte, s'il le faut.
T'es un emmerdeur, tu sais.
Oui, on me l'a déjà dit.
Je t'ai envoyé une lettre il y a un an.
Tu l'as reçue ?
Oui.
Elle disait quoi ?
Qu'un parent ne devrait pas enterrer son enfant.
C'est donc ici que tu te terres.
Tu es bien installé.
Il fait beau, dehors.
Oui, il paraît.
Tu sors pas beaucoup ?
La botte secrète du FBI
Un médium à la rescousse
Tu veux un soda ?
- Non. - J'ai pas de clopes.
J'ai arrêté il y a quelques mois.
Je suis accro à ça.
Laura et le petit vont bien ?
Oui, merci.
Et Elizabeth ?
- Des nouvelles ? - Non.
Ça viendra.
Mis à part l'envie de te voir,
j'ai une affaire
que j'aimerais te soumettre.
Je peux te parler des victimes.
Ça m'intéresse pas.
Au fait, qui est ta copine ?
C'est ma fidèle coéquipière,
l'agent Cowles, qui n'écoute pas un mot de ce que je lui dis.
Le chef de mission, Joe.
Tu devrais répondre.
Je reviens.
Bonjour.
J'apporte les dossiers.
C'est inutile.
L'Agence a modifié les consignes
de présentation des dossiers,
pour les rendre plus lisibles.
Me voilà rassuré.
On doit rentrer.
Trois meurtres.
Même procédé.
Agent Cowles.
Je vous laisse les dossiers.
Ça va ?
Si jamais tu changes d'avis,
tu sais où me trouver.
Qui suis-je ?
Je ne promets rien.
Je reste peut-être une journée, peut-être une semaine.
Ça marche. Aucune promesse.
- Tu savais que je reviendrais ? - Je l'espérais fortement.
Tu te rappelles l'agent Cowles, ou plutôt,
le Dr Cowles, avec sa thèse en...
Psychopathologie, à Columbia.
Elle allait devenir prof de fac,
le FBI l'a débauchée.
Vous préférez cet asile de fous ?
J'ai droit à une arme.
Très sexy.
Vous allez faire la paire.
John, tu prédis les passages à l'acte.
Katherine, tu en déduis les causes.
Vérifiez-la.
Dr Clancy,
avant de monter, sauf votre respect,
je ne considère pas le paranormal
comme une science.
Pour moi, c'est de la blague.
Ça vous embête ?
Non, je pense pareil
des psys, ces êtres cupides.
On donne une main, ils prennent le bras.
Celui qui a dit ça n'a jamais rencontré de bon psy.
C'est Sigmund Freud.
Comme je disais, vous faites la paire.
Première récurrence : le procédé.
Chacune des victimes
a une perforation à la base du crâne,
réalisée avec un instrument long de 12 centimètres
qui a traversé le bulbe rachidien.
Mort immédiate, dit le légiste.
Sans douleur.
Ces photos sont post-mortem.
Sur certaines,
on les croirait en vie.
Deuxième récurrence :
le sans-faute.
Les scènes de crime
ne fournissent aucun indice :
ni ADN, ni éléments pileux, ni empreintes, rien.
Ni témoin.
Ward avait un portier. Il n'y a pas eu effraction.
Psychologiquement, c'est inédit.
Aucun lien géographique, chronologique
ou astrologique entre les meurtres.
Pas de vol.
À part ça, l'enquête avance bien.
Robert Ellis, le gamin de Mount Pleasant.
Il mangeait une glace.
Exact.
Par où veux-tu commencer ?
Par le début.
Nous sommes au domicile de Mme Ethel Jackson, 69 ans.
Elle vivait seule avec trois chats.
Très pratiquante.
Sa logeuse ne l'avait pas vue
depuis deux jours.
On l'a retrouvée morte dans ce rocking-chair.
La chaîne culinaire était allumée.
Et le message qu'on examinait tout à l'heure
était ici.
Sur cette table.
Ma femme. Je dois répondre.
Comment interpréter le message ?
Du point de vue du psy ?
C'est une énigme.
"Je vous dis en deux mots qui je suis
"et comment je vis, vous permettez ?"
Des questions qui lancent de fausses pistes.
Il demande la permission de se révéler,
sans en avoir l'intention.
C'est un jeu,
mais il est seul à jouer.
Comme au solitaire.
Ou est-ce autre chose ?
Un appel au secours ?
Un signe de double personnalité ?
L'auteur
se demande et nous demande qui il est,
mais ça ne colle pas avec le meurtre.
C'est trop contenu, trop subtil.
Il y a autre chose derrière.
On dirait qu'il cherche quelqu'un.
Alors ?
Elle aime les chapeaux.
- Ça se passe bien ? - À merveille.
Katherine établit un profil psy à partir du message.
D'ailleurs, elle rentre travailler.
À demain matin.
Je t'invite à dîner ?
Dans le meilleur restau de la ville.
Il faut s'habiller ?
T'inquiète, j'ai des relations.
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