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LE LYS DE BROOKLYN
Le samedi, jour sans école,
est pour les enfants un jour de fête.
Il en est ainsi partout,
même dans les petites rues
de Brooklyn,
il y a quelques décennies.
C'est tout, maman ? On peut sortir ?
Chut ! Tu vas réveiller ton père.
Tu n'es pas si pressé pour aller à l'école.
Papa est rentré tard.
Je devais dormir à poings fermés.
Les gens feraient moins de discours
s'ils pensaient à ceux qui les servent.
Un banquet, il n'a pas dû toucher de pourboires.
Va. J'essuierai la vaisselle.
Mme Caddis va jeter sa vieille lessiveuse.
Carney nous en donnera un bon prix.
Le moins possible, comme d'habitude.
Les parents devraient, eux aussi, avoir un jour de congé.
Pour changer, je vais faire les escaliers.
Surveille-le.
Ils ont fait des affaires !
Chiffonniers !
Mets-toi à côté de lui quand il fera le poids.
Et restes-y quand il t'aura payée.
Deux sous, c'est toujours deux sous.
Tu t'es bien débrouillée. Dix-huit sous.
Deux sous pour toi, parce que tu es mignonne.
Dommage que Carney ne pince pas les garçons.
N° 39 ! Un crayon !
N° 26.
Un essuie-plume !
Que cherches-tu, petite ?
J'ai le droit de regarder. J'ai des sous.
Neeley, il faut rentrer.
Maman l'a dit.
C'est déjà l'heure ?
Je finirai les escaliers plus tard.
Vide le seau.
Je ne veux pas que l'encaisseur me voie comme cela.
Il fait chaud !
Oui, et Noël va arriver tellement vite !
J'ai déjà assez de soucis sans penser à ça !
Comment va ta sœur ?
Mal.
Vous voyez quelque chose de nouveau ?
Tu as l'air de te sentir bien mieux !
Pas du tout !
Fais chauffer le café !
On n'est pas toujours forcé de suivre la règle, dis ?
Si, et ne touche pas à ces sous.
C'est pour la tirelire.
Apporte-les-moi.
La moitié de ce qu'on gagne va dans la tirelire. Mets-les.
Il y a au moins cent dollars là-dedans.
Neuf, tout au plus.
Ils coupent l'arbre.
C'était pourtant joli, et les oiseaux y venaient.
Papa l'aimait beaucoup.
Oh, il n'y a pas de quoi pleurnicher.
Un arbre, ça ne rapporte rien.
C'est M. Barker.
Essuie la belle tasse.
Tu peux rester dans la pièce avec nous.
Maman s'excuse, elle vient tout de suite.
Quelle petite fille bien élevée !
Et Mme Nolan est bien plus soignée...
que certaines femmes dont les maris travaillent régulièrement.
Si vous voulez passer à côté.
Le vieux Gentry est de nouveau en prison.
Mais sa femme continue à payer.
Chacun de vous aura un bel enterrement.
Vous avez des voisins, qui, eux...
n'ont pas payé cette semaine.
L'ange de la Mort est pourtant à leur porte.
Henny dit que sa sœur a un pied dans la tombe.
Elle ira à la fosse commune.
Au lieu de lui acheter des robes...
sa mère ferait mieux de payer l'assurance.
C'est une question de priorités.
Comment va M. Nolan ?
Il travaille ?
M. Nolan est une sorte d'artiste,
son travail n'est pas régulier.
En tout cas, les Nolan ont toujours payé leurs assurances.
Je n'ai pas l'habitude de clabauder de porte en porte.
Oh, non !
Et ma mère, comment va-t-elle ?
Votre mère va bien.
Elle viendra vous voir ce soir.
Alors, vous êtes contente pour votre sœur ?
Contente de quoi ?
Elle voulait peut-être vous faire une surprise.
Expliquez-vous, je vous prie.
Quand je suis passé pour encaisser...
elle a payé pour deux.
Oui, elle s'est de nouveau remariée.
On penserait qu'étant déjà mariée...
Mais elle s'est certainement mise en règle.
Elle l'appelle Bill aussi ?
Allez faire les courses. Prenez de l'argent.
Achète des os chez Hassler.
Ne lui prends pas de viande hachée. On n'est jamais sûr, avec lui.
Prends la viande chez Werner,
mais fais-la hacher devant toi.
Tu feras hacher un oignon avec et demande un peu de graisse.
Il ne le fera pas toujours !
Demande-lui de ma part.
Et achetez du pain.
Et une tarte. Pas trop écrasée.
On savait que ma tante était déjà mariée.
Je connais déjà deux oncles Bill.
Les enfants ne doivent pas s'occuper de ces choses-là.
La façon dont vous parlez de ma sœur me déplaît.
C'est une écervelée, mais c'est une brave fille !
Abstenez-vous de vos commérages.
Mais je n'en parle jamais, qu'avec vous.
Puisque vous avez commencé, continuez, parlez.
Je ne serai pas la seule à ne pas savoir.
C'est de la viande hachée que tu veux ?
Tu es certaine ? Je viens d'en faire un plat.
J'avais oublié, maman la veut hachée.
Hachez ça avec.
Et un peu de graisse, maman a dit.
Maman pense que nous ne savons rien.
Oui, ça va barder ce soir avec tante Sissy.
Tante Sissy plaît trop aux hommes.
Papa dit qu'on doit s'efforcer de plaire à tout le monde.
Mais pas forcément les dames.
Si elle avait eu un enfant, elle ne changerait pas de mari.
Elle adore les bébés.
Tu y connais quelque chose, toi !
Autant que toi !
Tu ne sais rien !
Ça m'énerve, les garçons qui croient tout savoir.
Et les filles, alors !
6 pains.
Et une tarte. Pas trop écrasée !
Il n'a pas trois jours, presque du pain frais.
C'est tout ? On peut y aller ?
Où vas-tu ?
Jouer à la balle.
Et toi ?
Nulle part !
Attention en traversant.
Burton.
"Analyse de la Mélancolie."
"Analyse de la Mélancolie", de Burton.
Tu veux lire ça ?
Ce n'est pas de ton âge.
Pourquoi l'as-tu choisi ?
J'ai lu tous les auteurs qui commencent par A...
et tous les B jusqu'à Burton, c'est le suivant.
Tu veux lire tous les livres de la bibliothèque ?
Je veux lire tous les livres. Je veux tout savoir.
Bon, mais...
fais-moi plaisir.
Prends-en un autre avec.
"Au temps des Chevaliers", ça t'amusera.
On est samedi !
Que tu veuilles lire Burton me donne la migraine.
N'oubliez pas de réparer la mienne !
Venez-y donc vous-mêmes !
Continuez à brailler comme ça, et je lâche tout !
J'ai gagné.
Je ne crois pas.
J'ai ouvert avant que tu aies fini !
J'étais déjà dans l'escalier avant de commencer à chanter !
La règle...
Et tu ne m'as pas interrompu car mon cœur continuait à chanter.
Je te laisse gagner pour cette fois-ci.
Où est ta maman ?
Elle finit les escaliers.
Et toi, que fais-tu ?
Où sont mes vêtements ?
Tu sais bien que tu n'as plus que ceux que tu portes.
Plus de vêtements ? C'est quoi, ça ?
Et ça, et ça ?
Je suis encore riche. Repasse le tablier.
Tu travailles ?
Ce soir, le monde est à moi !
Un grand mariage.
J'espère qu'ils seront généreux.
- Tu chantes ou tu sers ? - Les deux !
Il y aura peut-être un imprésario qui t'entendra chanter,
et t'engagera.
Pourquoi pas ?
Maintenant, repasse mon tablier.
Papa, je ne sais pas chanter.
Allons !
Je n'ai jamais entendu mieux !
J'aime repasser pour toi !
Tu vois, aujourd'hui,
c'est comme un jour de fête.
Le café, c'est merveilleux !
La vie serait belle si...
Tu feras une bonne épouse.
Et jolie avec ça, si ton nez ne pousse pas de travers.
De travers ? Tu crois ?
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