The first 200 lines.
AFRIQUE
L'Afrique.
La plus grande étendue sauvage du monde.
Le seul endroit sur terre où on peut voir la nature dans toute sa majesté.
C'est un endroit tellement plus riche que ce qu'on imaginait.
Je me tiens à l'endroit où l'équateur
traverse le centre du continent.
Au nord d'ici se trouve un immense désert
de la taille des États-Unis.
À l'ouest, une forêt tropicale de la taille de l'Inde.
Et derrière moi, sur des milliers de kilomètres,
les savanes les plus fertiles au monde.
Du toit de l'Afrique
au cœur de la jungle,
des endroits rarement vus
et des histoires inconnues.
La vie sauvage ne donne un tel spectacle nulle part ailleurs au monde.
C'est le dernier endroit sur terre où on peut tomber nez à nez
avec les animaux les plus impressionnants de notre planète.
C'est l'Afrique.
Notre voyage commence à l'extrémité sud-ouest
du continent, son coin le plus ancien et le plus étrange.
Ici, la terre desséchée est recouverte de milliers de cercles.
On ignore toujours leur origine.
Les plantes vénéneuses, les insectes butineurs et même le magnétisme
ont été suggérés comme causes,
mais ont tous été écartés.
Les cercles ne bougent pas, et leur forme ne varie pas.
Ils ne changent pas,
à l'image de cette région de l'Afrique.
Il ne pleut presque jamais sur cette terre aride ancienne.
Il y a pourtant de l'eau dissimulée.
Pour survivre ici, il faut recourir à toutes les astuces possibles.
L'hiver.
À l'aube, la température peut chuter sous le point de congélation.
C'est problématique pour ce drongo.
Il fait trop froid pour ses proies habituelles, les insectes volants.
Il a toutefois un plan.
Le drongo est le plus grand illusionniste du Kalahari.
Et voici ses victimes.
Une famille de suricates, des spécialistes du désert.
Après s'être réchauffés sous le soleil du matin,
les suricates partent à la recherche de leur déjeuner.
Le drongo peut commencer sa tromperie.
Il doit d'abord gagner la confiance de ses victimes.
Il remarque un aigle qui chasse et sonne l'alarme.
Reconnaissants, les suricates filent se mettre en sécurité.
Le danger est passé.
Et maintenant, il a leur confiance.
Il sonne de nouveau l'alarme.
Mais cette fois, c'est une fausse alerte.
Merci beaucoup.
Les suricates ont été dupés.
Tout cela semble trop facile.
Il essaie le même tour une nouvelle fois.
Les suricates ne sont pas stupides. Ils ne se laissent prendre qu'une fois.
Le scorpion juteux ne sera pas pour lui.
Soudain, une sentinelle donne l'alerte.
Aucun suricate ne peut ignorer cela.
Les sentinelles ne mentent jamais.
La sentinelle ne voit toutefois aucun danger.
Devinez qui.
C'est le drongo, bien sûr.
Il a appris à imiter le cri d'avertissement du suricate.
Il peut maintenant savourer son butin.
Une bande de suricates dupés par un oiseau.
Le drongo ne s'adonne à la tromperie que pendant les durs mois d'hiver.
Le reste de l'année, il offre une protection honnête.
Donc, à long terme,
la famille de suricates est avantagée tout autant que le drongo.
La vie est bien plus dure
si on n'a pas encore appris les astuces du métier.
Ce jeune léopard n'a qu'un an.
Il est à une étape critique de sa vie.
Sa mère s'est battue pour élever ses deux petits,
mais n'est plus en mesure de leur trouver assez de nourriture.
À compter d'aujourd'hui,
il devra se débrouiller seul.
Kalahari signifie "pays de la grande soif".
Les proies se font rares.
De tous les léopards d'Afrique, ceux-ci doivent être les plus débrouillards.
Un gros phacochère.
Une proie potentielle,
mais armée et dangereuse.
Sa mère a failli être tuée en s'attaquant à l'un deux.
Il aperçoit quelque chose de plus prometteur.
Un steenbok.
Voilà qui est mieux.
Il ne frappera que s'il arrive à s'approcher à moins de quatre mètres
sans faire le moindre bruit.
Un chacal donne l'alerte en aboyant.
Le steenbok ignore toutefois encore qu'il est traqué.
Plus il s'approche,
plus il doit être discret.
Il a raté sa chance.
Une si belle occasion ne se représentera pas de sitôt.
Affamé et assoiffé, il rentre chez lui
et remarque une carcasse cachée dans un arbre,
presque certainement par sa propre mère.
Comme tout adolescent,
il n'éprouve aucun remords à vider le garde-manger.
Un piège.
Ce n'est vraiment pas sa journée.
Certains jeunes léopards deviennent de brillants opportunistes,
mais même ceux-là trouvent la vie dure dans le Kalahari.
Ces drôles de petits oiseaux sont des bébés autruches.
Ils n'ont que quelques jours.
Avec le temps, ils deviendront des experts de la survie dans le désert.
Cependant, dans le Kalahari, les premiers jours sont périlleux.
Comme les léopards et les suricates,
les autruches adultes extraient l'eau dont elles ont besoin de leur nourriture.
Les petits, toutefois, ne survivront pas
plus d'un jour sans eau.
Il n'y en a cependant pas en vue.
Comment les parents peuvent-ils faire apparaître de l'eau ici ?
Les jeunes suivent leurs parents
qui se dirigent vers un vaste espace dénudé.
Le voyage semble suicidaire.
Le lac salé d'Etosha.
Ici, l'eau est souvent davantage un mirage qu'une réalité.
Il fait maintenant plus de 40 °C.
Le père protège ses petits du soleil de midi.
Un autre mirage ?
Non.
La famille d'autruches n'est pas seule ici.
Entourée de kilomètres de boue séchée par le soleil,
de l'eau fraîche jaillit des profondeurs souterraines.
C'est un vrai miracle.
Même si les parents autruches ont guidé leurs petits jusqu'à l'eau,
il y a toujours un problème.
La circulation.
Des poids lourds.
Ces petits oiseaux fragiles risquent de se faire piétiner.
Toute proche, l'eau est terriblement alléchante.
Là où les proies se rassemblent, les prédateurs ne sont jamais loin.
Sans le savoir, les lions bagarreurs ont rendu service aux petites autruches.
Le point d'eau est maintenant libre.
Parfois, dans la vie, il faut un peu de chance.
Leur première gorgée d'eau.
Juste à temps.
Leur père a fait son travail.
Un rhinocéros noir,
le résident le plus irascible du Kalahari.
Ils n'aiment pas la compagnie
et aiment encore moins partager un point d'eau avec des lions.
Heureusement pour tous les autres,
ils ne viennent que deux fois par semaine.
Le Kalahari est le dernier bastion du rhinocéros noir.
Et ici, sous le couvert de l'obscurité,
à un point d'eau secret et très spécial,
les rhinocéros laissent derrière leur existence solitaire.
Ils parcourent des kilomètres pour se réunir sous les étoiles.
Grâce à une caméra à vision nocturne de pointe,
nous révélons pour la première fois la vraie nature du rhinocéros.
Cette jeune femelle semble nerveuse.
Elle sent les autres rhinocéros à proximité.
Une mère sort de l'ombre avec son petit.
Elles se saluent timidement.
Elles ont beau être maussades pendant la journée,
elles deviennent maintenant douces et affectueuses.
De plus en plus de rhinocéros arrivent.
On ignorait qu'ils se réunissaient pour socialiser
et nouer des amitiés ainsi.
La jeune femelle a un admirateur.
Il ne semble toutefois pas lui plaire.
Elle est excitée par quelque chose
ou quelqu'un.
Un très gros mâle arrive.
Cette fois, elle est bien plus accueillante.
Qui aurait pensé qu'un rhinocéros pouvait draguer ainsi ?
Le premier mâle tente de s'interposer.
Pour une raison mystérieuse, il porte des cornes d'antilope sur le museau.
Elle semble avoir été conquise par son style excentrique.
Il l'entraîne loin de la fête.
Il a peut-être du style,
mais il se révèle plutôt décevant.
Il y a des limites à ce qu'une dame peut endurer.
La seule façon de se débarrasser de lui est de faire semblant de dormir.
Voir autant de rhinocéros ensemble est une révélation.
C'est le pouvoir de l'eau ici :
créer le plus grand rassemblement de rhinocéros au monde.
Spitzkoppe.
Un volcan ancien qui surplombe un plateau vieux de deux milliards d'années.
Ce paysage est inchangé depuis plus longtemps que tout endroit en Afrique.
Les animaux ont eu tout le temps de trouver des solutions créatives
au problème d'approvisionnement en eau.
Dans les plaines dénudées, la vie doit attendre les rares averses.
Lorsque la pluie tombe, elle a un effet extraordinaire.
Même si chaque averse ne dure que quelques minutes,
elle attire la vie, et c'est tout un spectacle.
Des travailleurs à bec rouge.
Les oiseaux les plus nombreux au monde.
Plus d'un milliard vivent ici dans le Kalahari.
Personne ne sait comment,
mais ils ont une extraordinaire aptitude à repérer les averses
et ils exploitent instantanément la manne qui s'ensuit.
Ces nomades n'ont que cinq semaines pour trouver de la nourriture, bâtir un nid
et élever une couvée.
Mais ils ne sont pas seuls.
Les averses ont aussi attiré un fléau.
No comments yet. Be the first to leave one.