The first 200 lines.
J'étais représentant chez IBM.
Costume bleu, cravate rouge.
J'ai enlevé ma chemise à un tournoi de golf...
Et ils ont vu que j'étais tatoué partout.
Après ça, je n'ai pas fait long feu.
Je suis en train de chauffer l'héroïne.
De la bonne China White.
J'ai vendu plus d'ordinateurs de bureau
que quiconque au Canada.
Et on fêtait toujours mes ventes en grande pompe.
Et j'ai été descendu en flammes.
C'était votre propre fête.
Et aussi mes adieux à IBM.
Je me fais un ou deux fixes par jour.
Je peux me limiter à un par jour. C'est 10 $.
Mais 10 $ d'héroïne à Vancouver correspond
à 30 ou 40 $ d'héroïne partout ailleurs au Canada.
J'ai continué à travailler en indépendant pendant deux ans.
Puis, j'ai fait autre chose.
Ça me soulage tout de suite.
Les gens parlent de "rush".
Ce n'est pas ça, tu n'as pas la sensation, "je plane."
C'est juste qu'on se sentait si mal
et tout à coup, on se sent normal.
Si je faisais ça tout seul et que je m'écroulais,
on aurait 180 secondes pour me ranimer.
Du moment où je me suis piqué à maintenant,
si personne n'avait pu venir ici, si je m'étais écroulé,
je serais en train de mourir.
On se bat pour avoir des lieux d'injection sécuritaires.
Mais c'est vraiment une vie de merde.
J'essaie d'arrêter depuis des années,
de ne plus me droguer. J'espère que c'est la dernière fois.
Avant la fin du tournage de ce film, j'aurai arrêté.
UNE VILLE SOUS INFLUENCE
Producteurs
Monteur / Conception sonore
Images
Réalisatrice
Tout le monde est là ?
Le wagon de la guerre.
J'y vais ? On va finir...
On y va. Je suis en manque.
Je sais. Où êtes-vous ?
Bonjour.
Oui, c'est moi.
On sera là dans dix minutes.
On stationne et on monte au 3e étage
livrer un paquet au maire.
On se retrouve devant l'allée circulaire.
Salut.
La télé est là. Si t'as envie de leur parler, te gêne pas.
Je veux plus que mes amis meurent.
Il faut plus qu'ils meurent du sida, d'overdose.
Me shooter me condamne à mort ?
J'ai lu hier soir...
3 millions d'habitants à Toronto. Combien de morts en 98?
36. Et nous, 400!
On meurt tous.
Je vais chercher ma méthadone. Je reviens.
En Août 2000, des alliés du maire ont fait pression pour qu'il impose
un moratoire de 90 jours qui suspend les aides aux toxicomanes.
Je leur ai dit hier
que ceux qui en ont marre de voir les gens mourir
vont ouvrir un lieu d'injection. Et j'en suis.
Mais sans l'argent de VANDU.
Réseau d'Utilisateurs de Drogue à Vancouver (VANDU)
3 minutes de retard. - Et alors ?
On a fait vite. - Oui.
Je ne serai pas malade. Ça fait déjà son effet.
La télé est là. - Ils sont là ?
Super !
On est là !
C'est parti !
J'ai vu les affiches de VANDU
et Sammy, un copain, est passé... On était fauchés.
Il nous manquait 3 $. J'avais 6 $ et je voulais de l'héro.
Il a dit, >.
Il y a deux ans de ça. C'était la réunion annuelle
au sous-sol de l'église St James.
Je suis entré. Il y avait 200 junkies.
J'ai dit, "T'as vu ça ? C'est pas vrai !
Les toxicomanes parlent de leur problème."
Je m'étais toujours demandé comment agir.
Puis, j'ai vu Ann.
Il y a plein de flics.
J'ai vu.
Ils vont essayer de nous arrêter.
Si un membre de la communauté des opprimés proteste,
on le réprime plus
que si c'est quelqu'un comme moi qui s'investit,
c'est-à-dire qui dit...
je vous aide comme je peux,
je ne vais pas me déguiser ni me faire des marques sur les bras
pour passer pour une toxico.
Ce serait la pire chose à faire. Il faut que je reste moi-même.
Si on entre, on se fera embarquer.
Les citoyens ont le droit d'aller au conseil.
On entre à deux heures
pour attirer l'attention, puis on s'en va.
On ramassera tout et on partira.
Vous vous appelez Dean ?
Dean Wilson. Vous pouvez m'appeler.
S'il y a un problème, je m'en occupe.
La réunion a commencé. Allons nous présenter.
La porte !
Pardon. On a un cadeau pour le maire.
Foncez, les gars.
Venez.
VANDU a demandé à prendre la parole.
J'aimerais savoir ce qu'en pense le conseil.
Si nous interrompons nos discussions
et leur permettons de s'adresser au conseil municipal...
Une personne peut parler pendant 5 minutes.
Reculez, on ne voit rien.
La personne montera sur l'estrade.
L'heure est venue de passer à l'action.
Vous devez faire quelque chose, n'importe quoi.
Il est temps de mettre fin au moratoire.
Ces 90 jours d'inaction,
c'est nous condamner à mort.
Chaque jour, quelqu'un meurt.
Cette tâche vous incombe
en tant que représentant. On vous a élus.
Venez dans notre quartier régler le problème.
Il y a un mort par jour.
Si chaque matin, il y avait une personne de moins à la mairie,
le problème serait réglé en deux minutes.
On veut que vous mettiez un terme au moratoire.
Et faites quelque chose !
Ils me regardent tous.
Je préside la réunion en tant que maire.
Tous les yeux sont rivés sur Philip Owen.
Que va-t-il faire ?
Votre nom ? - Jessie.
Depuis quand vivez-vous ici ?
J'étais en prison.
Pour quelle raison ? - Je dealais.
Quoi ? - Je dealais.
Vous n'allez pas replonger ?
Vous allez essayer ? Vous consommez ?
Vous avez déjà arrêté ?
Je prends plus de cocaïne, seulement de l'héro.
De l'héroïne. La coke, c'est pire.
J'en prends moins. - Vraiment ?
Je suis passé de 1,5 grammes à 40 $ d'héro.
Combien coûte 1,5 grammes ?
300 $? - À peu près.
Vous êtes descendue à 40 $.
D'après les ambulances, ça coûte 490.000 $ par an
pour venir au centre ville
secourir des alcooliques et des toxicomanes.
500.000 $ pour les appels d'ambulance.
Vous savez ce que ça nous coûte ?
Si on réduisait ces dépenses, on pourrait en soigner plusieurs.
À la fin des années 80, quand j'ai été élu au conseil,
les gens dépendants de substances chimiques
qui consommaient de l'héroïne ou de la cocaïne...
C'était illégal.
Il fallait faire la guerre aux drogues.
Et on a compris que leur santé était en jeu.
La plupart sont malades.
J'ai compris que la répression n'était pas la solution,
ni de mettre en branle la machine judiciaire, de les juger.
On ne pouvait pas non plus
libéraliser la drogue ni la distribuer
ni faire l'autruche.
Aucune de ces solutions ne convenait.
Il fallait gérer tout ça.
Et maintenant, le maire de Vancouver
et son plan sur la drogue.
La prison ne résoudra pas le problème de drogue
selon le maire Philip Owen.
Il a présenté
son plan d'action contre la drogue
qui incite la ville à changer d'attitude
et qui rompt avec la guerre antidrogue à l'américaine.
Il faut distinguer
l'utilisateur du dealer.
L'un est malade,
l'autre maléfique.
Le plan du maire, calqué sur le modèle européen
fait de la répression un des quatre >
en matière de drogue.
Le pilier de réduction des méfaits
examine la possibilité
d'ouvrir des lieux d'injection sécuritaires.
Un lieu d'injection !
De telles initiatives existent déjà
dans 27 villes d'Europe et d'Australie.
On pense comme vous. Vous avez raison.
Owen doit convaincre les habitants et la police
avant de faire voter son projet par le conseil municipal.
Association chinoise de bienfaisance de Vancouver
Conférence de presse
des commerçants et de la communauté chinoise
Ils attendent la police. Un type est entré.
J'aimerais monter voir.
La conférence n'a pas commencé.
Ils nous font la guerre mais ils nous empêchent d'entrer.
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