The first 200 lines.
Promets-moi que tu ne te taperas aucun Italien.
Bien sûr que non.
- Ni un sale hippie amerloque. - Non ! Beurk !
Encore moins une tapette de Français.
Mais non !
Ni un Mexicain pouilleux, ceux qui vendent des bracelets...
- sur la Côte d'Azur. - Oh, Tenoch !
- Avec personne ! - Avec personne.
- Promets-le-moi. - Je te le promets.
- Quoi ? - Ben, tu sais.
Je sais quoi ?
Je te promets...
que je... ne me taperai...
aucun Chinois !
- Eh, déconne pas ! - Tu n'as pas confiance en moi ?
- Oui. - Et alors ?
- Promets-le-moi. - Et toi ?
Je te le promets.
Vas-y.
- Mais les deux ensemble. - D'accord.
Un...
deux...
trois.
Je te promets...
que je ne me taperai...
- aucune Brésilienne... - aucun Allemand...
- Argentine... - Polonais...
- Vénézuélienne... - Irlandais...
Ton père !
Ça va pas, non ?
La mère d'Ana, une Française divorcée...
professeur au Centre d'Etudes pour Etrangers...
ne s 'opposait pas à ce que Tenoch reste dormir avec sa fille.
Pour Julio c'était différent.
Il resta avec Cecilia jusqu'au dîner...
et dut revenir le lendemain pour l'accompagner à l'aéroport.
Le père de Cécilia, pédiatre allergologue...
craignait que la relation de sa fille avec Julio n 'aille trop loin.
La mère, par contre, psychologue Lacanienne...
appréciait la relation, qu'elle jugeait innocente.
C'est un cas, elle ne trouve pas son passeport !
Elle va rater son avion !
Julio, monte vite m'aider à chercher mon passeport !
Vite, nous sommes pressés !
Et toi, tu as sorti la voiture ?
- Vite, ferme la porte ! - Et ton passeport ?
Il est là, andouille !
Dépêche-toi, gros bêta !
Quel doux au revoir !
Tu vas faire la fête ce soir ?
Je ne crois pas... je vais me sentir bizarre tout seul.
Tu vas me manquer beaucoup.
Faut y aller !
Ta mère ! Ta mère !
Vas-y, viens, je veux emmener un peu de toi avec moi.
Tu vas rater ton avion, Céci !
Enlève-toi !
Tu as trouvé ton passeport ?
- Le voilà ! - Quelle chance.
Bonjour.
Bonjour, ça va ?
- Tu as vu Estebán ? - Non, je ne l'ai pas vu.
Ana, viens !
Salut, Charolastra ! Ça boume ?
Quel bordel, j'en ai marre.
Vivement qu'elles se cassent...
Elle va me manquer, mais bon...
- Ça va, les gars ? - Ça va, beau-père ?
Vous êtes bien pâles.
Nous ?
- Mon trésor. - Papa !
Le père d'Ana, ancien journaliste, s 'était reconverti dans la politique.
Il travaillait pour la Ville de Mexico...
en tant que Directeur Logistique du Service Culturel.
Même s 'il avait de la sympathie pour Tenoch...
il ne pouvait s 'empêcher, devant ses collègues...
mais jamais devant sa fille, de l'appeler "Junior".
- J'ai hâte d'être dans l'avion ! - Moi, j'aimerais déjà être là-bas.
Je ne veux pas que tu partes.
Je ne veux pas partir, mon chou !
Ca sent bon.
Sale porc, va te faire foutre !
C'est pour fêter mon passage en terminale !
T'aurais mieux fait de redoubler !
Ouais, ouais, pleure pas.
Et alors, ton vieux s'est fâché ?
Non, il ne s'est pas fâché, il s'est déchaîné.
Si je ne fais pas ES, je peux oublier la bagnole.
On va se retrouver sans caisse ?
Tout ça parce que tu ne veux pas faire ES ?
Les économistes me font chier.
Qu'ils aillent se faire foutre !
T'es con.
Je veux être écrivain. Pourquoi tu ne fais pas L avec moi ?
Ça va pas, non ?
Putain de circulation !
Ma sur doit encore foutre son bordel dans une manif !
Ils ont le droit.
Bien sûr ! Et moi j'ai le droit de les insulter !
C'est vrai.
Mais dans les manifs il y a plein de petits culs.
Tu m'étonnes.
Eh, t'as mis du parfum ?
Sale porc !
Ouvre, putain !
Ouvre, enfoiré !
Ce jour-là, il y eut trois manifestations dans la ville.
Néanmoins, l'embouteillage qui les retardait...
était dû à un piéton renversé...
Marcelino Escutia, un maçon immigré du Michoacán.
Marcelino fut happé par un bus qui conduisait trop vite.
Il n 'empruntait jamais le passage souterrain...
qui le détournait de deux kilomètres pour arriver à son chantier.
Son corps fut ramassé par le SAMU et emmené sans identification...
à la morgue. Il ne fut réclamé que quatre jours plus tard.
Tenoch Iturbide était le cadet de trois enfants.
Le père, économiste diplômé à Harvard...
était Vice-Ministre...
et la mère, au foyer, occupait la majeure partie de son temps...
à des séances d'ésotérisme.
Ses parents avaient décidé de l'appeler "Hernán"...
mais l'année de sa naissance, le père intégra le parti officiel...
et soudainement pris d'un nationalisme exacerbé...
il opta pour un prénom aztèque : "Tenoch".
Une fois qu'on est stones, on se gobe une ecsta.
Elles viennent de San Francisco et elles sont excellentes !
Elles sont "bio".
Si Myriam vient ce soir, je vais l'attraper et la faire miauler !
Elle est trop bonne, Myriam.
A la teuf l'autre soir...
elle me passait devant en tortillant son petit cul.
La vérité, c'est une allumeuse !
Moi j'aimerais bien me taper la nana de l'autre gonze...
tu sais, celle qui a les tout petits seins.
Ouais, c'est une super gonzesse.
Putain, Saba, pas ici, sur la terrasse !
Ça casse autant ici que dehors.
- Fraîche, hein ? - Plutôt sèche.
De la skunk, non ?
C'est que de la locale.
Elle t'assomme.
Tenoch !
Cache-toi !
Bonjour, madame !
- Bonjour, maman ! - Bonjour, mon cur !
Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous avez l'air bizarres.
Un peu tristes ?
Ah, c'est les filles.
Ne vous en faites pas, elles sont toujours un peu là.
Vos esprits communiquent au-delà des distances.
Julio, tu viens au mariage de Jessica, n'est-ce pas ?
Bien sûr, madame, je ne pourrais pas le manquer.
Tu dois te faire très beau, le Président sera là.
Eteins cette cigarette, Tenoch !
Bonjour, madame. Votre jardin est splendide.
Bonjour, Saba, je ne savais pas que tu étais là.
Ouais, ici et partout ailleurs...
Pendant la fête, Julio et Tenoch...
consommèrent de l'alcool, de la marijuana, et de l'ecstasy...
importée de San Francisco.
Ils échouèrent dans leurs stratégies de conquête.
Ils craignirent que cet échec ne marquât le sort de leurs vacances.
A quatre heures, Julio vomit dans la rue.
Vers cinq heures, Tenoch accrocha un phare de sa voiture.
Cette même nuit...
Saba participa à sa première expérience de sexe collectif.
Une semaine s 'écoula...
et pour Julio et Tenoch, l'ennui devint routine.
Le père de Tenoch était actionnaire majoritaire d'un club sportif.
Aussi, le fils avait libre accès aux installations le lundi...
jour de fermeture au public.
Une, deux, trois !
Tu démarres toujours trop vite, c'est pour ça que tu perds ton souffle.
C'est ça, le pro !
Tu m'as battu de deux mètres.
Déconne pas, au moins dix !
- Quatre tout au plus ! - Bon, huit, si tu veux.
Putain, t'exagères toujours !
J'exagère peut-être...
mais tu as une bite vraiment moche.
On dirait un moine avec son capuchon.
Alors à genoux et confesse-toi, connard !
- Recule, pédé ! - A genoux !
Casse-toi !
6, 7...
8, 9, 10, 11...
putain, il y a plus de gorilles que d'invités.
Compte ! Trois pour les Comonfort, trois pour les Guerrero...
les deux du patron de mon père, ceux du Premier Ministre...
- et tous ceux du Président. - N'oublie pas Herminio.
- C'est mon chauffeur ! - Ouais, mais il a un flingue !
Vous faites bien, monsieur, Tenoch est déjà rond.
Papa, je suis déjà allé dire bonjour au Président !
Les enfants des González te cherchent. S'il te plaît, occupe-toi d'eux.
Ils ont toujours été gentils avec toi.
D'accord, papa.
Les González, putain, la petite grosse !
Oh, mon ange...
je ne t'ai pas vu depuis si longtemps !
Un rhum-coca, bien dosé.
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