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"Vos troupeaux (...), dit-on,
"sont maintenant si voraces et sauvages
"qu'ils dévorent même les hommes."
Thomas More, Utopie , 1516
TERRE DE FEU, CHILI, 1901
Ça va, ça va...
C'est rien, c'est rien !
Remettez-vous au travail.
C'est qu'un bras.
C'est qu'un bras...
Ici, un homme manchot,
ça ne vaut rien, tu comprends ?
J'ai besoin de deux hommes pour enterrer ce corps. Toi et toi !
Remettez-vous au travail !
LE ROI DE L'OR BLANC
Monsieur ?
Bonsoir, lieutenant.
Bonsoir, don José.
Comment ça va ?
Comment avancent les clôtures ?
On a perdu un autre homme, aujourd'hui.
Un homme de moins n'est pas un problème.
Le problème, ce sont les Indiens.
À Porvenir, ils ont ouvert les clôtures et mangé tout le troupeau.
Tous mes moutons.
Comme des bêtes.
Comme les bêtes qu'ils sont.
Je veux que vous ouvriez une route vers l'Atlantique pour mes moutons.
Une route sûre et rapide, lieutenant.
Pour ça, il faut nettoyer cette île.
Mais j'ai besoin de preuves.
Je vais avoir besoin d'un homme.
- Un seul ? - Oui, monsieur.
Feu !
Un autre !
Toi !
Là-bas !
Feu !
Un autre !
Toi !
Feu !
Un autre !
Toi !
Feu !
C'est ton homme ?
Oui.
Il connaît le coin.
Il fera un bon guide, il est habile avec un fusil.
Regarde-le
et regarde-le.
Voici Bill.
Je l'ai ramené du Mexique.
On dit qu'il peut sentir un Indien à des kilomètres.
Il va t'accompagner.
Si vous le dites...
Tu me remercieras.
Bon voyage.
Nous faisons les choses différemment, lieutenant.
Comme quoi ?
Regardez cette terre immense.
Trois hommes !
Ça ne vous semble pas absurde ?
Non.
Un lieutenant n'est-il pas censé avoir sa propre unité ?
Quand il y a de la discipline,
un homme efficace vaut plus que dix mal entraînés.
Je ne connais pas les Chiliens,
mais j'en connais d'autres comme lui.
Comme lui ?
Moitié indien, moitié blanc.
Et alors ?
On ne sait jamais sur qui ils vont tirer.
On dit beaucoup de choses sur vous.
Mais je n'ai encore rien vu.
Eh bien...
on ne dit absolument rien sur vous !
Dans un tel voyage, on mange de la viande, pas du poisson.
Quand on n'a pas de vache, on mange un de ces gros oiseaux.
Vous avez déjà mangé de l'autruche, lieutenant ?
Oui.
C'est presque comme de la vache.
Mangez.
Vous nous rendriez service si vous finissiez tout ça.
Au Texas, on mange jamais là où on dort.
Pourquoi donc ?
Parce que c'est dangereux.
Il faut pas laisser de traces.
De quoi vous avez peur, Bill ?
Je n'ai pas peur.
Ce n'est pas de la peur, vous comprenez ?
C'est du respect.
Les Indiens...
Les Comanches...
Ce sont de bons pisteurs.
Et vous n'avez pas idée à quel point ils détestent
les étrangers errant sur leurs terres.
Ce ne sont pas leurs terres.
Elles appartiennent à Menéndez.
Les Indiens ne connaissent rien à la propriété, n'est-ce pas ?
N'est-ce pas, mon garçon ?
Ça s'apprend, ces choses-là.
À Chiloé,
les prêtres apprennent aux Indiens qui est Dieu.
Ils leurs apprennent à ne pas voler,
à respecter leur prochain.
Le problème, c'est quand ils ne veulent pas apprendre,
quand ils ont leur propre dieu.
Putain, on t'a parlé ?
Je pense qu'il dit qu'on aurait dû emmener un prêtre.
Ça nous éviterait du travail.
Pas besoin de prêtre.
Moi et Dieu,
on a déjà un accord.
Bonjour, soldat.
Je dois parler à votre supérieur.
Capitaine Ambrosio, à votre service.
Veuillez m'excuser, capitaine.
Et vous êtes ?
Alexander MacLennan.
Je travaille pour M. Menéndez.
Et ces vêtements ?
J'ai servi l'armée britannique pendant la guerre.
Bienvenue en République d'Argentine.
Argentine ?
Oui.
Ici, nous sommes sur la cordillère des Andes.
Les Andes?
Oui, les Andes.
Je pensais que c'était plus grand.
Il n'y a pas plus grand !
Par ici.
Bien droit.
Voilà ! Non.
Par ici. Tout droit.
Ça doit faire un angle droit entre le sol et le bâton.
Il est penché, redressez-le.
Regardez-moi !
Comme ça.
Le bâton est penché, monsieur.
Inclinez-le dans cette direction,
mais sans le bouger.
Et vous, qu'est-ce que vous faites ici ?
Vous voyez ces deux hommes là-bas ?
Oui.
Notre mission est d'accompagner M. Moreno.
Il est chargé de rectifier les limites
de la frontière chilienne et argentine.
C'est calme par ici.
Oui, assez.
Parfois, j'ai envie de tirer.
Sur quoi ?
Sur eux, par exemple.
Je ne pense pas
qu'un seul de vos hommes tire aussi bien
que ce Chilien.
Vous ne connaissez pas Vargas.
Soyons clairs.
Vargas va tirer pour nous.
Pour vous, ça sera ce Chilien.
Vas-y, le Chilien !
Feu !
Vargas !
Allez, Vargas !
Vas-y !
Feu !
Faisons une épreuve de force.
Comment est ton Américain au bras de fer ?
Tu sens ça, l'Argentine ?
Tu sens ça ? C'est la force !
Vas-y, Bill !
Ta réputation te précède !
Tu as affaire à un vrai homme, maintenant.
Vas-y !
Allez !
Va te faire foutre !
Voilà !
Vive l'Argentine, putain !
Qui a inventé la réputation de ce con ?
Vous savez vous battre ?
Comment ?
Boxe ?
J'adore ça !
Reste à terre !
Tu le tiens !
Vas-y ! Bousille-le !
Frappe-le encore !
Achève-le !
Lâchez-moi !
Lâchez-moi, putain !
Ce petit Anglais !
Bravo, l'Anglais !
Bravo !
On ne voit rien.
Allons-y.
Bonsoir, messieurs.
Bonsoir, Moreno.
Je vois que vous avez été blessé, capitaine.
Vous devriez être plus prudent.
Nous avons des visiteurs.
Je m'appelle Alexander MacLennan, je travaille pour José Menéndez.
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