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COMÉDIE DRAMATIQUE PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE
Je ne suis pas un clochard.
Je suis un idiot.
Il fut un temps où j'étais riche, puissant,
et où j'avais l'amour d'une belle femme.
Maintenant, je n'ai que deux choses.
Mes amis,
et mon thermos.
Mon histoire ?
D'accord.
Ça n'a jamais été facile pour moi.
Je suis né, un pauvre enfant noir.
Je me souviens des jours,
assis avec ma famille sur la galerie,
chantant et dansant au Mississippi.
- J'espère que vous avez tous faim. - Moi, j'ai faim.
Et je suis prêt pour ça.
Voici du pain de maïs et des choux verts.
Et j'ai préparé du porc comme vous l'aimez.
Maman chérie, tu n'oublies pas quelque chose ?
Non. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Navin.
Joyeux anniversaire !
Et je t'ai préparé ton plat préféré.
De la salade de thon sur pain blanc avec de la mayonnaise,
une boisson sans sucre et quelques gâteries.
- Tiens, chéri. - Oh, merci maman.
Tu vas aimer ces cochonneries.
- J'ai un cadeau pour toi. - Oh, Elvira.
- Je l'ai fait moi-même. - On a aussi un cadeau.
Un plein demi-flacon de Lilac Vegetal. C'est de nous deux.
- J'ai dessiné ça pour toi. - Tiens.
- Merci. - Je veux te donner mon briquet.
Oh, papa, tu l'as depuis la guerre.
Merci.
Merci à tous.
Que Dieu nous bénisse tous.
Navin.
Bon, vous me passez les patates et les choux verts ?
- Navin, chéri ? - Je suis désolé, j'ai gâché la fête, maman.
Tu n'as pas gâché la fête.
Je t'ai apporté une gâterie.
Je n'ai pas faim pour le moment.
Tu te sens différent, encore ?
Je me sens à part. Je sens que ce n'est pas ma place ici.
C'est ton anniversaire, et c'est le temps que tu saches.
Navin, tu n'es pas notre fils biologique.
Non ?
Tu as été laissé devant notre porte.
Mais on t'a élevé comme un des nôtres.
Tu veux dire que je vais rester de cette couleur ?
Je t'aimerais si tu avais la couleur d'un cul de babouin.
Viens ici.
Navin, j'ai enveloppé ton sandwich dans du cellophane, comme tu aimes.
Tu veux venir chanter du blues ?
Non merci, Taj. Ces chansons,
- elles me dépriment. - Viens ici, mon chéri.
C'est ça, chéri.
Tu sens le rythme, tu vois ?
Ainsi se termine notre heure de gospel du dimanche soir,
en direct de l'église de gospel Four Square, au Divin Salut à St-Louis au Missouri.
Le révérend Williard Willman, pasteur.
Et maintenant, Musique dans la nuit. De la musique douce.
- Grand-maman ! - Que s'est-il passé ?
Ne touche pas à cette radio ! N'y touche pas ! Monte le volume !
C'est incroyable ! Je n'ai jamais rien entendu de tel !
Ça me parle ! Taj, papa.
C'est incroyable. Regardez, maintenant.
Ouais.
Eh bien, si ça se passe là-bas, imaginez tout le reste !
C'est le genre de musique qui me dit d'aller là-bas et de devenir quelqu'un !
- Mais, Navin. - Laisse-le.
Mon fils, maintenant que tu pars dans le monde,
tu dois savoir quelque chose.
- Tu vois ça ? - Oui.
C'est de la merde.
Et ça, c'est de la qualité.
De la merde.
De la qualité.
Mon fils, tout ira bien pour toi.
Maintenant, où vas-tu tenter ta chance en premier ?
J'ai pensé aller à St-Louis
parce que cette émission de radio vient de là.
Et souviens-toi, Dieu aime celui qui travaille.
Dieu aime celui qui travaille.
Et, mon fils, ne te fie jamais à un Blanc.
Ne te fie pas à un Blanc. Dieu aime celui qui travaille, ne te fie pas à un Blanc.
- Mon bébé. - Papa.
Pierre. Viens ici. N'oublie pas de grandir maintenant.
- Bonne chance. - Envoie-moi une carte postale.
N'oublie pas, mon bébé.
- Allez, laissez le gars partir. - Au revoir.
On a du travail.
Et j'espère que tu vas trouver ce que tu cherches.
Je trouverai, maman. Je sais que c'est là.
D'accord, c'est là, et si tu l'attrapes, va chez le docteur et soigne-toi.
- Va chez le docteur et soigne-toi. - Bonne chance.
Dieu aime celui qui travaille. Te fie pas à un Blanc.
Va chez le docteur et soigne-toi. Au revoir, grand-maman.
Navin me manque vraiment.
Va-t-il revenir un jour ?
Enlève sa place. Ça nous rend trop triste.
Je me demande s'il va bien.
Hé, Navin, comment ça va ?
Ne t'inquiète pas. Je crois que je vois une auto.
Non, c'est un camion.
Oh, mon Dieu, prenez soin de notre petit garçon.
- Je fais du stop. - Où allez-vous ?
- St-Louis. Où allez-vous ? - Jusqu'au bout de cette clôture.
D'accord.
- Je suis Navin Johnson. Et vous ? - On y est.
Bon.
Merci pour la compagnie. J'espère pouvoir vous le rendre un jour.
Qu'y a-t-il, petit ? Tu es perdu ?
Tu veux jouer ? Y a un problème ?
Un problème ? C'est un accident ?
Une noyade ? Un incendie ?
Un incendie.
Merde, on doit alerter les gens.
J'ai déjà entendu parler de chiens comme toi. Tu seras célèbre.
Ils prendront ta photo et la publieront dans les journaux.
C'est excitant. Tu m'as sauvé la vie.
Viens, alertons les gens.
C'est un incendie ! Au feu !
Au feu ! Réveillez-vous.
Ce chien, il sauve la vie de tout le monde !
Il est incroyable. Quel chien ! C'est un sauveteur.
C'est comme ça que je vais l'appeler. Vieux sauveteur. Ce sera ton nom !
Votre attention ? Fausse alarme. Il n'y a pas d'incendie.
- Hé, n'appelez pas ce chien "Sauveteur". - Non ?
Appelez le "Imbécile".
Parfait. Imbécile.
C'est excitant.
C'est excitant de vivre comme ça, sur la route.
Un gars et son chien.
- St-Louis ? - Non. Navin Johnson.
Non, vous voulez que je vous emmène à St-Louis ?
- D'accord, merci. - Montez.
Ça ira. Juste ici.
Merci.
- Où allez-vous ? - Aux toilettes.
- Il vous faut la clé. - Je peux l'avoir ?
Ma clé est réservée à ceux qui achètent de l'essence.
- J'achète de l'essence. - Je ne vois pas d'auto.
- J'en ai besoin pour mon briquet. - Regardez ça.
Ma femme voulait que je reste à la maison. J'aurais manqué ça.
Un plein pour un briquet complet.
- Elle est sur ce mur. - Merci.
- Ne partez pas avec. - Non.
Hé, tête grise. Hé, l'oiseau gris, je vous parle.
Vous voulez devenir président de Texaco ?
- Bien sûr. - Alors nettoyez le lavabo.
Et je serai président de Texaco ?
On ne travaille plus pour monter les échelons ?
Il travaille pour moi depuis 10 minutes, et déjà, il veut être le président.
- Mettez-vous au travail. - Mais monsieur, je ne travaille pas ici.
Même pas à 1,10 $ l'heure ?
"Chers amis, j'ai eu ce bon emploi dans une station-service.
"Je ne vous dis pas combien je gagne, mais c'est beaucoup.
"Je joins 2 $."
C'est un bon garçon.
"J'aime travailler et M. Hartounian est vraiment gentil.
"Il m'apprend à être impatient."
Navin !
"Bon, je dois y aller. Vous pensez que je suis là pour écrire des lettres ?"
- Vous dormez ici ? - Oui, c'est possible ?
Venez avec moi. J'ai un bel endroit pour vous.
Allumez. Vous allez aimer ça ici.
Aimer ça ? J'adore ça ! C'est fabuleux !
Je veux dire, il y a les toilettes ici.
Ça doit être la cuisine. Non.
Vous savez, je pourrais prendre ce mur
et le tourner par ici, comme ça j'ai beaucoup plus d'espace
et ça va dégager jusqu'au salon. Ce sera incroyable.
Non, je vais juste élever ça de 15 centimètres.
Créer l'illusion de deux chambres tout en gardant l'espace dégagé.
Ensuite, je peux placer des étagères ici.
Non, je mettrai mes livres juste ici. Comme ça, je peux être tranquille ici.
Les clients entrent et vont à l'urinoir.
Je les dérange pas, ils me dérangent pas.
Calmez-vous, ce n'est pas ici. C'est là.
J'aurais pas eu les moyens, de toute façon.
Voilà, c'est ici.
C'est parfait. Je n'aurai rien à changer.
Regardez.
Pas de cuisine, de fenêtres, de chaises ni de tables.
C'est un chef-d'uvre de simplicité.
Je mettrai un lit ici, trouverai une plus grosse ampoule.
J'apporterai des draps de chez moi. Vous serez installé pour la vie.
Eh bien !
- Combien ça va me coûter ? - Rien.
Une carte postale, quand vous serez riche et célèbre.
Une carte postale, hein ?
D'accord. Marché conclu.
Marché conclu.
- Qu'est-ce que c'est ? - Sors un instant, chérie.
Navin, voici ma femme, Lenore. Lenore, voici Navin.
Enchanté.
Vous savez pourquoi une si belle femme est marié à quelqu'un comme moi ?
Parce que je vis confortablement.
C'est la première fois que je vous laisse seul un dimanche.
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