The first 200 lines.
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Producteurs : Yasuyoshi TOKUMA, Gohei KOGURE
Un film de Akira KUROSAWA
MAADADAYO
Attention, le voilà.
Debout !
Salut !
Assis !
On a fumé ici !
Il est interdit de fumer en classe.
Cependant...
l'interdit est toujours tentant.
Moi, dans la salle des professeurs,
quand j'entends la sonnerie du début des cours,
j'ai aussitôt envie de fumer.
Alors, je sors une cigarette,
puis une autre et ainsi de suite...
et ça fait 20 minutes de retard.
Mais, Sensei, que se passe-t-il aujourd'hui ?
J'enseigne depuis plus de 30 ans.
Ainsi,
j'ai vu pendant tout ce temps défiler devant moi
une ribambelle de visages
se déversant comme l'eau d'un robinet ouvert.
Je ne saurais me rappeler chacun d'entre eux.
Pourtant...
il en est un dont je me souviens très nettement.
Cet étudiant dormait en classe
les yeux ouverts.
Takayama !
Ce prodige était ton père !
Écoutez-moi tous !
Je suis aujourd'hui Sensei pour la dernière fois.
Les choses sont telles que
j'arrête d'enseigner ce jour même.
En effet, il semblerait
que mes écrits se vendent...
je vais pouvoir en vivre.
Ce métier de Sensei, en fait,
ne me déplaît pas...
mais il ne faut pas courir 2 lièvres à la fois.
Voilà pourquoi j'arrête d'enseigner.
Même si vous n'enseignez plus,
vous resterez Sensei.
En fait, pour mon père et tous ses condisciples,
vous êtes et resterez toujours leur Maître.
Ils disent que vous êtes de l'or pur.
De l'or pur ?
De l'or massif, sans impuretés.
C'est pour dire que vous êtes un vrai Sensei...
Maître, vous nous enseignez l'allemand, mais vous nous avez appris, en plus,
des tas de choses très importantes.
TOKYO 1943
Voici la maison où Sensei emménagea
après avoir quitté l'enseignement.
Madame, veuillez le neutraliser,
il nous dérange.
Chéri...
Ça, dans le vestibule !
Le vestibule sera mon bureau.
Je pourrai y monter la garde
afin d'éviter les visites importunes
de bons à rien comme vous.
1ER ET 15 DU MOIS
VISITES INTERDITES LES AUTRES JOURS
Je me demande si ça va aller...
Quoi donc ?
Cette maison... je trouvais le loyer étrangement bas,
mais la marchande d'à côté m'en a appris la raison.
Il paraît qu'elle est souvent cambriolée.
Les locataires n'y restent pas
et elle était inhabitée.
Balivernes !
D'ailleurs, un voleur ici serait bredouille.
Quand même... je ne suis pas rassurée.
Il n'y aura pas de voleurs ici.
Je te le garantis !
En fait, depuis toujours,
j'ai une peur bleue des voleurs.
J'ai beaucoup réfléchi à une prévention radicale.
Et j'ai mis au point une méthode infaillible.
Vraiment, Maître ?
Vraiment.
Une heure.
L'heure du crime... l'heure des voleurs.
Bon, j'enjambe la palissade,
et je t'ouvre la petite porte.
Attends... on se comporte comme des voleurs.
En fait, nous sommes ici pour vérifier
si la maison est bien protégée.
Si on ne se comporte pas en voleurs, on ne peut rien vérifier.
Regarde-moi ça !
Un vrai moulin !
Quel savoir-faire avec les voleurs !
ENTRÉE DES VOLEURS
PASSAGE DES VOLEURS
SALLE DE REPOS DES VOLEURS
SORTIE DES VOLEURS
Il nous a bien eus.
Pour la peine, j'ai pris ça.
Mais c'est son chapeau !
Son chapeau d'instructeur militaire.
Il ne le met plus.
Ce sera mon trésor.
Et la petite porte ?
Ben quoi ?
Elle est ouverte.
Il faut la fermer de l'intérieur. Sinon, c'est imprudent.
Ah oui ?
Descends !
Descends !
On vient !
Zut, c'est un flic !
Ça ira, la petite porte ?
T'en fais pas ! Avec les écriteaux, un vrai voleur s'enfuira.
Sensei est vraiment un as !
De l'or pur !
Merci pour votre invitation.
Entrez donc !
Comment faire sans vous déranger ?
On dirait un écrivain public...
Un littérateur ne vaut pas mieux.
Encore une tactique pour refouler les visiteurs !
Avec ça, en plus, pas question d'insister !
Le poète a dit :
"Tout visiteur est importun,
mais ceci ne vaut pas pour toi."
Le maître de céans dit :
"Tout visiteur est une joie,
mais ceci ne vaut pas pour toi."
Il n'y a que 5 coussins.
Je serai donc seul à m'en servir.
Guère poli pour vos invités,
mais on ne dira rien !
Parlons-en de politesse !
À peine arrivés, vous démontez la maison...
a-t-on déjà vu pareils invités ?
Au fait, pourquoi nous avez-vous invités ?
Aujourd'hui est un jour spécial.
Un jour spécial ?
C'est aujourd'hui que je deviens un vrai vieillard.
J'ai 60 ans aujourd'hui,
c'est une date importante.
C'est vrai ?
Si on avait su, on aurait fêté ça avec éclat.
Mais non, mais non...
en période de guerre, ce n'est pas le moment.
Moi-même, j'aurais oublié cet anniversaire,
si je n'avais reçu de la viande de cerf.
J'ai donc eu l'idée
de vous inviter à grignoter ce cerf arrosé de saké.
Nous en avons justement apporté.
Merci beaucoup.
Au fait, combien sommes-nous ?
16 en tout.
Y aura-t-il assez de poêlons ?
On peut aller en acheter.
Eh bien, buvons !
Bon anniversaire !
Asseyez-vous à votre aise.
Moi, je suis à l'aise comme ça.
Il est temps de mettre la viande.
Madame, servez-vous.
Elle n'y touchera pas.
Elle n'a jamais mangé de viande de cheval.
De cheval ?
Mais vous aviez parlé de cerf !
Du cerf, on s'en est gavés,
mais il y en avait trop pour nous deux.
C'est alors que j'ai pensé à vous inviter.
Mais quand j'ai réfléchi à vos appétits,
j'ai vraiment été inquiet.
Et puis, vous pourrez toujours
manger du cerf ailleurs, mais du cerf à cheval...
C'est idiot.
Sensei, j'ai compris !
C'est nous, les idiots !
Ne le prenez pas mal !
Ces temps-ci, buf, porc et poulet sont inabordables.
J'ai appris qu'on pouvait avoir du cheval.
Plutôt que du cerf seul,
j'ai pensé qu'une fondue mixte serait du meilleur goût.
J'ai même dû aller loin pour trouver ce boucher
achalandé en cheval.
N'est-ce pas touchant ?
Un vieillard
qui secoue ses vieux os pour ses disciples chéris...
Imaginez un peu la scène !
Ne suis-je pas un maître "vénérable" comme dans la chanson ?
Autre chose !
Chez ce boucher, j'ai eu, par ailleurs,
une expérience fort désagréable.
Ce cheval, en fait,
était un cheval d'armes qui m'était familier
quand j'étais instructeur.
Il m'a fixé de ses grands yeux en amande, avec l'air de dire...
Maître, qu'êtes-vous venu acheter ici ?
J'étais très gêné. Vraiment !
J'aurais voulu me cacher.
À propos,
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