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"SUR LES QUAIS"
A toi de jouer, champion.
Joey !
Joe Doyle !
Qu'est-ce que tu veux ?
J'ai un de tes oiseaux. J'ai reconnu la bague.
Ça doit être Danny Boy. Je l'ai perdu à la dernière course.
Il était avec les miens. Tu le veux ?
Je dois faire gaffe ces temps-ci.
Tu me comprends ?
T'en fais pas. Je vais le mettre dans ton pigeonnier.
Je te retrouve sur le toit.
"Johnny Friendly's Bar"
Comment ça se passe ?
- Il est sur le toit. - Notre oiseau ?
Ouais, le blanc.
Je crois que quelqu'un est tombé du toit.
Il allait moucharder à la Commission Anti-Crime. Plus maintenant.
- Je croyais qu'ils allaient lui parler. - C'est l'idée.
Ils devaient lui parler pour qu'il se la ferme.
Peut-être qu'il a joué au malin.
Je pensais qu'au pire ils feraient un peu pression sur lui.
Comme j'ai dit, il a peut-être joué au malin.
Il a beaucoup joué au malin avec Johnny, le patron, ces derniers temps.
- C'était pas un mauvais gars, Joey. - Un mouchard.
Il savait roucouler aux flics, mais il savait pas voler.
Allez, va. Je te paye un coup ?
Je viendrai plus tard.
Le Père Barry est là.
La même chose que mon Andy il y a cinq ans.
- Vous êtes Pop Doyle, le père du gars ? - Oui.
On dirait qu'il est tombé ou qu'on l'a poussé. Vous avez une idée ?
C'était le seul docker a avoir le cran de parler aux enquêteurs.
- On t'a rien demandé. - Tout le monde le sait.
La ferme. Si Joey m'avait écouté, il serait pas...
- Tout le monde le sait. - J'ai dit, la ferme !
Je sais ce que vous pensez de la police mais avec des pistes, je pourrais...
Je lui répétais, "Tais-toi. Tu vivras plus vieux."
J'ai passé ma vie sur les quais...
et j'ai appris une chose :
Tu réponds pas aux questions sauf si tu veux finir comme ça.
Edie. Edie, viens ici.
Je veux te parler. Viens avec moi.
Père, qui voudrait tuer Joey ? Qui voudrait tuer Joey ?
Eloignez-vous de lui. Eloignez-vous de lui !
Edie, écoute !
Souviens-toi : Le temps et la foi guérissent.
Père, mon frère est mort et vous parlez de foi !
Mon frère était le meilleur garçon du quartier. Tout le monde le dit.
Je suis à l'église si tu as besoin de moi.
Vous êtes à l'église si j'ai besoin de vous ?
Vous avez déjà entendu parler d'un saint qui se cache à l'église ?
Je veux savoir qui a tué mon frère !
Qu'est-ce que t'as, gamin ?
Patron ! Packy veut rallonger son ardoise.
- Sers-le ! - D'accord.
Voilà ce qu'on leur a fait casquer. 891 hommes, trois dollars chacun.
Ça fait 2673.
Compte, Charley.
On a un bananier au quai 46 demain.
Si on organise une grève, on pourrait faire payer l'affréteur.
- Les bananes, ça pourrit vite. - Demande à G. G.
Deux-mille-six-cent-soixante-treize.
Ces clowns savent pas se battre.
C'est tous des mauviettes maintenant.
Salut, champion.
- Salut, Johnny. - Salut, gamin.
Une vraie brute ! Me frappe pas ! Me frappe pas !
Où est Morgan ? Où est mon gros banquier ?
- Ici, M. Friendly. - Salut,J.P.
- Comment vont les affaires ? - On a encore des ennuis avec Kelly.
Il veut pas emprunter et le grand Mac le fait quand même travailler.
- C'est le neveu de ma femme ! - Mais il veut pas emprunter !
Elle va me tuer si je lui donne pas de boulot !
C'est pour ça que je me suis pas marié.
Voilà les intérêts de la journée, patron : 532.
Tiens, compte. Moi, ça m'endort.
Hé, Skins !
Tu t'es occupé de cette histoire de tôle ?
Ouais. Le caissier a fait un faux reçu. Le voilà.
Enlève ton cigare de ta bouche quand tu me parles...
- Range le reçu et donne-moi le liquide. - Ouais. D'accord.
Tiens. 45 billets.
Hé, Terry. Compte ça.
Vas-y. C'est bon pour toi. Ça développe le cerveau.
- Quel cerveau ? - La ferme. Je l'aime bien, ce gosse.
Tu te souviens quand il s'est payé Farella à Saint Nicks, Charley ?
On a ramassé le paquet. Un vrai dur. On a fait un beau carton.
Je sais plus où j'en étais.
Allez. Oublie, Einstein.
Pourquoi t'as pas fait d'études comme ton frère Charley ?
La seule arithmétique qu'il connaît c'est quand l'arbitre...
compte jusqu'à dix.
T'es pas très marrant aujourd'hui, gros lard.
- Hé ! - Arrêtez.
Qu'est-ce qu'il a notre gars Charley, ce soir ? Il est pas lui-même.
C'est à cause de Joey Doyle. Il prend les choses trop à coeur.
Il respecte trop les règles, il fait trop de sentiment.
Ecoute, gamin. Je suis une poire moi aussi.
Demande aux poivrots du port si je leur refile pas 5 dollars...
chaque fois qu'il me harcèlent.
Mais ma mère nous a élevés avec une retraite minable de gardien.
A seize ans, je devais mendier du boulot en taule.
Je me suis pas sorti de ce pétrin pour rien.
Je sais, Johnny. Je sais.
Je me suis battu pour prendre en main le syndicat local.
Y avait des sérieux clients sur ma route.
- Il m'ont laissé ça comme souvenir. - Il a dû garder sa main...
sur sa gorge et il est quand même allé après eux.
- Je sais. - Je sais ce qui te travaille.
J'ai 2000 membres du syndicat qui paient leur cotisation...
ça fait 72.000 $ par an... tout à fait légal.
Quand chacun rajoute deux dollars par jour...
pour être sûr d'avoir du travail...
tu fais le compte.
Et c'est qu'un début. On a les quais les plus riches...
le port le plus riche du monde.
Tout ce qui rentre ou qui sort, on prend notre marge.
Pourquoi pas ? Si on peut ?
On y a droit.
Tu crois pas que je peux me laisser évincer de ce bon plan...
qui m'a coûté sueur et sang...
à cause d'un petit mouchard à la con comme Doyle...
qui croit qu'il peut me donner à la Commision Anti-Crime ?
Tu crois ça ?
Non, Johnny. Je pense juste que j'aurais dû être prévenu.
Je compte 2623.
Il manque 50, Skins.
Allonge.
J'ai dû mal compter.
Allonge.
Allonge !
Tu viens de Greenpoint. Retourne à Greenpoint.
Tu travailles plus ici.
Tiens, mon gars. Voilà 50 $. Va te prendre une bonne dose.
- Non, ça va, Charlie. Merci. - Un cadeau de ton oncle Johnny.
Et Mac...
Demain, quand tu feras les équipes...
mets Terry au grenier. Numéro un. Chaque jour.
C'est du boulot facile.
Tu pointes et puis tu piques une sieste sur un sac de café, okay ?
T'as un ami, un vrai. Oublie pas ça.
Pourquoi il oublierait ?
Ouais. Merci, Johnny.
Bon. Jour de paye.
"Golden Warriors"
Salut, Terry.
- Salut, gamin. - J'allais juste les nourrir.
- C'est déjà fait. - T'as dû te lever tôt, hein ?
J'étais debout. Alors tant qu'à faire.
Ils ont la vie belle, hein ?
Ils mangent, ils dorment, ils volent comme des fous...
ils ont une tripotée de petits.
Bon, je ferais bien d'y aller.
Renverse pas d'eau par terre. Je veux pas qu'ils attrapent froid.
A plus tard, hein ?
"8 heures. 5 équipes"
Allez, Tony, donne-moi les jetons.
C'était un bon gars, le fils Doyle.
C'est pour ça qu'il a morflé.
Ouais, mais il savait pas se la fermer.
Hé, Pops, rentre donc chez toi.
- On fera ta part de boulot. - C'est ça, Pops.
Non, merci, les gars. C'est qui qui va payer l'enterrement ?
Johnny Friendly, le grand syndicaliste.
Elle est bonne...
- Ferme ta grande gueule. - Tu te crois malin ?
Si j'étais malin, je serais pas docker depuis 30 ans...
et plus pauvre que quand j'ai commencé.
- Gros malin. - Grande gueule.
- Leur cherche pas des noises. - Tiens.
Je t'ai apporté le coupe-vent de Joey.
Il pourra te servir. Vas-y, porte-le.
Merci, Pop. Le mien a plus de trous que le terrain de Pittsburgh.
Hé, Joe. J'ai une veste pour toi.
Vous connaissez Terry Malloy ?
- Non. - Jamais entendu parler de lui.
C'est vous, Terry Malloy, n'est-ce pas ?
Et alors ?
Je ne vous ai pas vu boxer il y a deux ans ?
Arrêtez vos foutaises. Vous me voulez quoi ?
Notre identification.
Commission Anti-Crime des Quais. C'est quoi ?
Je veux juste vous poser quelques questions.
Nous préparons une séance à propos du crime sur les quais...
et de l'infiltration du syndicat des dockers par la pègre.
- Je sais rien. - Vous n'avez pas entendu les questions.
- Qu'est-ce que vous avez dit ? - Vous m'avez entendu.
On dit que vous êtes un des derniers à avoir vu Joey Doyle vivant.
Je sais rien.
- Personne ne vous accuse. - J'espère que vous le comprenez.
On veut juste vous parler de gens que vous connaissez peut-être.
- Des gens que je connais peut-être ? - Exactement.
- Tu ferais mieux de te tirer, mec. - Pas si vite, mon gars, d'accord ?
Je sais rien, j'ai rien vu...
et je dirai rien, alors barre-toi avec ta petite amie.
Vous avez le droit de vous taire.
Mais le public a aussi le droit de connaître les faits.
- On se reverra, M. Malloy. - Ça sera toujours trop tôt pour moi.
Au revoir.
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