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LES BOUCHERS VERTS
- Touche pas ! C’est pas prêt. - Merde !
T’excite pas comme ça !
Il n’y en a que 3 par personne.
Svend aime l’abondance !
Ah bravo ! Tout est mélangé.
- C’est ma faute, bien sûr. - T’es pas maligne !
Salut, Bjarne.
Je te présente Beate
qui travaille dans l’école de Tina.
C’était un repas à trois.
Elle est passée nous voir.
Viens t’assoir, Bjarne.
- Bjarne est un peu timide. - Je connais ce sentiment.
Alors, vous ouvrez
- votre boucherie ? - Oui, c’est un vrai défi.
Svend n’est pas doué pour les problèmes.
Ça veut dire quoi, ça ?
Quand on ne fait pas assez attention à toi, tu…
Je quoi ?
- Mais rien ! - Sois plus claire.
Je vois pas pourquoi ça marcherait pas.
Si Holger a réussi, on réussira aussi.
Lui, il a ses saucisses de cerf.
Arrête un peu de dire « saucisse ».
- Vous avez quoi, vous ? - Ma marinade !
Ça vient, ce steak ?
Donne-lui son steak.
Boucher, c’est pas dur, comme métier ?
C’est pas trop sanguinolent ?
- Non. - Ça doit être passionnant.
Combien de cochons peux-tu tuer par jour ?
À ton avis ?
1 100.
1 100?
Tu as toujours voulu être boucher ?
On doit se sentir seul dans la cuisine, avec tout ce sang…
Ça va pas, ou quoi ? Tu me donnes des coups de pied !
T’es malade ! J’aurais jamais dû venir !
Tu as besoin de te faire aider, tu sais ?
Fallait pas l’inviter. Je t’ai dit que ça me gavait.
Fallait pas la frapper !
Moi, c’est pas ce que j’ai vu.
Beate ! Ne prends pas ça trop à cœur !
Mettez-moi aussi deux saucisses de cerf.
Elles sont délicieuses !
On peut vous demander votre secret ?
C’est une longue histoire.
Les saucisses, ça m’a toujours fasciné.
Il y a quelque chose de mythologique à tuer un animal
et puis à se moquer de lui en farcissant ses tripes
de sa propre chair.
Voyez-vous plus humiliant
que de se faire farcir son propre cul ?
Non, pas à ma connaissance.
Eh bien, c’est l’un des petits plaisirs de l’existence.
Et voilà ! Il recommence.
Non… Viens voir, il recommence.
C’est pas comme ça qu’on fait tourner une affaire.
Je comprends pas que les clients reviennent.
- Ils veulent les saucisses. - Arrête !
T’arrête pas de dire « saucisse ».
Je peux faire des saucisses meilleures que ses boyaux farcis.
Il dit quoi, le morveux ?
Rien.
Comme ça, on a pris la grosse tête ?
Svend disait ça histoire de parler. C’est rien, Holger.
Quand je vous vois, j’ai honte d’être boucher.
Ça veut dire quoi ?
Le pâté de Bjarne est invendable !
Il pue le vieux slip.
Et ta marinade et tes boulettes, elles partent pas non plus.
Ma marinade n’est pas encore au point.
Mais dis pas de mal de mes boulettes.
Elles sont tellement caoutchouteuses qu’on pourrait en faire des ballons !
Franchement, tu devrais me mettre au comptoir.
Nous, personne ne nous voit jamais.
Tu seras jamais
derrière un comptoir, Svend.
Tu sais pourquoi ?
Tu transpires et tu es trop dégoutant.
Tu vois ?
Ça ne va plus, Bjarne. Tu vois bien.
Faut qu’on ouvre notre boutique.
T’as encore une saucisse sur la tête.
- Rebonjour. - Bonjour.
Mon associé, Bjarne.
Hans Petersen.
Appelez-moi Lamaison. Vous devinez pourquoi.
Vous vendez des maisons ?
Tout juste.
Eh bien…
Bjarne, viens voir.
Et voilà.
Regarde.
Il a un broyeur d’os.
Et regarde ce carrelage.
Il est presque intact. Viens.
Viens !
Il manque juste du bœuf là-haut, du porc,
et des volailles par ici.
Svend, va pas si vite.
Alors, t’en penses quoi ?
Ça a l’air bien, mais c’est beaucoup d’argent.
Quoi ?
- 2 millions, c’est beaucoup. - D’où tu sors ce chiffre ?
Comme ça, de but en blanc !
Il a dit un million chacun.
Ça fait deux millions.
J’ai pas envie de discuter.
Entre nous, je vais hypothéquer ma maison jusqu’au toit.
J’ai pas de maison, moi. Je fais quoi ?
Dans ce cas, adieu la boutique.
Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?
Il fallait nous prévenir.
- On lui aurait coupé les cheveux. - Ça fait rien.
C’est fou ce que vous vous ressemblez.
C’est normal, on est jumeaux. Il y a rien d’étonnant.
C’est vrai.
Voilà sa chambre.
Vous n’êtes jamais venu ?
Non.
Je ne l’ai pas vu depuis 7 ans.
- Il ne se réveillera jamais ? - Non. Mort cérébrale.
À cent pour cent.
Alors débranchez-le.
Pourquoi aussi subitement ?
C’est la meilleure solution, je trouve.
Ses organes sauveront beaucoup de vies.
Vous n’avez jamais répondu
à aucune de nos demandes.
Je n’ouvre pas tout mon courrier.
- Je vous ai écrit tous les mois. - Ah bon.
- Vous pouvez le débrancher ? - Bien sûr.
- Si je peux me permettre, pourquoi ? - J’ai besoin d’argent.
Nos parents lui ont laissé pas loin d’un million.
Je suis son seul héritier. Et vu son état…
Bien sûr. C’est mieux pour tout le monde.
Parfait.
Comment était-il ?
On s’en occupe pendant des années,
alors on se demande souvent comment ils étaient.
Non, c’est encore de travers. Vous ne voyez rien !
Fiche-nous la paix. Elle est très bien.
C’est pas assez bien pour moi !
Vous vous tapez 19 bières et après,
vous vous croyez capables de dire si c’est droit ?
- Elle est droite, là. - Merci.
Ça rend bien.
Ouais.
Elle est droite, là.
Fixez-la, alors !
Voilà, pile poil.
- Il n’y a pas de lumière ? - Faut trouver un électricien.
- On en avait un. - On l’a renvoyé.
Il jacassait sans arrêt et pour la lumière, tintin.
Viens voir.
Et ferme la porte, cette fois.
Nos cartes de visite.
En lettres dorées et tout.
Y a pas à tortiller. Tu n’as qu’à les distribuer.
- À qui ? - Tu trouveras bien.
Il y en a 5 000, alors active-toi.
Salut !
Bonjour.
C’est joli, non ?
J’ai nettoyé.
Oh…
Les gens reviennent pour la commémoration.
J’ai vu que ça faisait 7 ans aujourd’hui.
Tu viens pas souvent ?
Non. C’est la première fois.
Je les croyais là-bas.
C’étaient tes parents ?
Oui.
- Et ta sœur ? - Non !
C’était ma femme.
Un accident de voiture ?
Comment tu sais ça ?
Comme souvent, quand c’est le même jour.
Je te dérange pas plus. Je pose toujours trop de questions.
Non, ça va.
Merci de les avoir nettoyées.
De rien.
Dis…
Tu viendrais à une ouverture de boucherie ?
Quoi ?
On ouvre une boucherie, avec mon copain Svend.
Tiens, je te laisse une carte.
On les a fait faire.
Je dois les distribuer.
Tu viendras ?
Astrid !
Tu viens ?
- On n’a pas toute la journée. - Désolée !
Je ne pourrai pas.
On a deux crémations, demain.
Je comprends.
Que fais-tu ?
Tu manges les boulettes ?
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