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Obchod Na Korze (1965) Z2 FR
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Published on: 2016-09-29
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The first 200 lines.

LE MIROIR AUX ALOUETTES

LE MIROIR AUX ALOUETTES

Après qu'Hitler a occupé la Tchécoslovaquie,

et l'a rebaptisée ÉTAT SLOVAQUE,

une politique de persécution fut adoptée par le régime de Tiso.

DÉBUT 1942...

Antoine ! Tono !

Tu es là ?

Où est-il ?

Tu as livré son baquet à madame Firic ?

Sais-tu combien de bateaux les Anglais ont coulé aux Allemands ?

Ou les Allemands aux Anglais ?

Elle t'a payé ?

Je lui ai dit :

Quand je fabrique un baquet, vous n'en perdez pas une goutte d'eau.

Et l'argent ?

C'est tout ?

Et deux pigeons.

La belle affaire...

Et je vais payer l'épicier avec tes pigeons ?

Va ranger tes outils.

Tu fais quoi ? Tu dors ?

Tu m'écoutes, oui ou non ?

Je range mes outils.

Si tu avais vu ce chantier sur la place...

Tout le monde en parle. Plein de gens y travaillent.

N'importe qui peut y trouver du travail.

Tu ne comprends rien.

Moi ?!

Je t'avais dit qu'on construirait

ce monument sans toi.

Et j'avais raison.

Tant pis. Je me demande juste d'où vient l'argent.

À coup sûr, pas d'ici.

J'irai un jour.

Bien sûr...

Monsieur a honte de demander du travail à son beau-frère.

Demande à Marcus, d'autres sont partis sur le front.

À Marcus ? Il me fait...

Tu vas te casser la main en saluant comme eux ?

Je ne suis pas un perroquet.

Tu n'es qu'un nul.

- Bien sûr. Ferme-la. - Tu te crois malin ?

Quoi ?

La porte.

Il n'écoute rien. Il est pire qu'un sourd...

Essence !

Où vas-tu encore ?

M'habiller pour avoir l'air beau et plaire à mon tendre oiseau.

Fais ceci, fais cela... Elle ne sait que m'emmerder.

Attention, Essence ! Ne reste pas là !

VIVE NOTRE CHEF.

Notre petit Führer, il vit bien, il boit du vin...

Gloria in excelsis Deo !

Amen !

- Bonjour M. Blumenfeld. - Bonjour !

Où est ton maître ?

Tono ! Tu es fâché ?

- Je suis pressé. - Tiens...

Je sais où tu vas.

J'ai un mot à te dire.

Ce monument ne va pas s'enfuir.

Bon, on s'est compris...

Ce monument, c'est une saleté. Une saleté fasciste.

Tiens-t'en à l'écart.

J'ai oublié l'argent à la maison. Tu as une cigarette pour moi ?

Fais le beau !

Voilà, très bien. Tiens.

Doucement !

Un peu sur la droite !

Bretko, tu es venu nous donner un coup de main ?

Vous vous débrouillez très bien sans moi.

Alors, Tono,

tu regardes ?

Un peu... Bonjour, M. Kuchar.

Elle te plaît, notre tour de Babel ?

On n'en voit pas chaque jour.

Demain, il suffira de tendre la main pour toucher les étoiles.

Vous plaisantez.

Non. J'y perdrai ma retraite.

Des pyramides, il y en a déjà eu.

Des pharaons aussi.

Des quoi ?

Des pharaons. Et qu'en reste-t-il ? Des cendres.

Attention, Kuchar...

Mais je suis sérieux. Cette débauche de matériaux...

En effet...

Ces gens gagnent bien leur vie. Et toi ?

J'ai des ennuis chez moi.

Quand je faisais votre clôture,

j'aurais aimé avoir ces planches !

Tiens, son Excellence ! Tu l'attendais ?

Je préfère m'en aller.

Quoi ? Tu as peur de ton propre beau-frère ?

Il n'a qu'à crever.

Un peu de patience.

C'est qu'il devient gras !

Tous ces festins qu'il s'offre...

Gras comme un évêque ! Pire, comme un archevêque...

C'est un vaurien... Et il l'a toujours été.

Monsieur le commandant...

Si mon beau-frère à moi était commandant...

Allons, fais-lui un petit sourire !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Laudatur !

Essence, on s'en va !

Pourquoi Dieu m'a-t-il puni en me donnant ce mari ?

Va t'en, vilain !

Tu es comme ton maître... Tais-toi !

Nous voilà !

Bonjour.

Vous avez perdu la parole ?

Rosette !

Attrape, Tono ! Ça te fera du bien.

Non, le déluge ! Au secours ! Sauve qui peut !

Regarde-le. On dirait un enfant.

Bébé s'amuse bien avec l'eau.

Marcus, quelle bonne idée !

Passez-moi un torchon ou un balai.

Ne reste pas là comme une statue.

Bon, je vais vous aider.

Non, pas question !

Je lui dis toujours de se tremper les pieds dehors.

Mais j'ai beau parler... Essuie bien.

- Rosette, ma chérie ! - Tout ça, c'est notre faute...

Pas du tout. Je lui dis toujours : tu verras, ils viendront,

c'est ma sœur.

Ne vous affolez pas, mesdames !

Regardez. Vous allez vous régaler ce soir.

Mais non, c'est peu de choses.

Marcus m'a dit en rentrant du bureau...

Dépêche-toi, nous allons faire une visite.

Chez qui ? Chez les Bretko ?

Évidemment, je ne me suis pas fait prier.

Nom de nom ! J'ai oublié le caviar !

Du rhum ! Tono, vite, des verres !

Je n'aurais jamais dû venir sans caviar.

Oh, le joli chapeau ! Tu l'as acheté chez Rosenzweig ?

Il est ravissant.

Ça brûle !

De l'eau ! Vite !

Tono, fais quelque chose !

Bravo ! Je te nommerai commandant des pompiers.

Eh bien, mes chers, une nouvelle vie commence pour nous !

De la nourriture, des richesses ! Nous ne nous priverons de rien.

Nous vivrons en bons termes comme le font les membres

d'une famille respectable. Buvons !

Il est si mignon.

Voilà qui est bien dit !

À la santé de ces dames !

Allez Tono !

Buvons à la santé de ton saint patron !

On dit que deux verres chantent, trois s'embrassent...

Et cinq se battent.

Arrête ton numéro, Tono, le passé est le passé...

Noyons-le dans le rhum !

Et nous vivrons mieux que jamais !

À la vôtre !

Ne te fais pas tant prier.

Allez, bois !

Tu nous emmerdes !

Je veux bien boire. J'ai même soif...

Qu'est-ce que tu disais ? À propos des verres...

Je sais plus.

Trois verres vous aident...

...à chanter.

Nos aïeux ont bu, Nous buvons aussi.

Seulement nos ancêtres n'avaient rien...

Et nous, nous aurons de tout !

Cul-sec !

Je siffle dans mon beau sifflet !

Papa a un très beau jouet...

Maman pourra jouer avec mon gros sifflet,

quand nous serons mariés !

Rosette, ma chérie...

Je ne sais comment te remercier...

Reste assis. Pas de spectacle !

Arrête ton numéro.

Laisse-moi parler !

Laissez-le ! Il est si gentil.

Tu es libre de parler, Tono. Parle !

Si tu me l'ordonnes, je ne parlerai pas !

Arrête !

Allons, mon petit beau-frère, tu as la parole.

J'ai la parole, que tu le veuilles ou non.

Tu nous a bien régalés, je l'admets...

De quoi te plains-tu ?

Mais dis-moi, qui nous a volé l'héritage ? Espèce de salaud !

- Ah, voilà ! Je m'y attendais ! - Parfaitement !

Qui me remboursera le potager ?

Silence ! Qui a graissé la patte de l'avocat ?

Qui a soudoyé le notaire pour la maison ? Tu le sais, ça ?

Silence !

Et quand je suis allé te demander du travail sur cette tour...

Qu'est-ce que tu m'as répondu ? Tu te souviens, hein ?

Tu m'as foutu à la porte comme un chien !

Maintenant j'en ai assez !

Écoute, espèce d'avorton !

J'aurais pu réussir bien mieux sans toi.

On me reproche que tu ne sois pas rentré dans la milice.

Tu as peur qu'on perde la guerre ?

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