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Attrape-le !
Il n'y a personne à descendre du train ici...
Cet endroit, c'est le bout du monde. Personne ne vient ici.
- Ton frère ne devait pas venir nous chercher ? - Il est en retard.
Comme toujours.
On va marcher.
Je suis désolé. Excusez-moi un instant. Je photographie le jaguar.
Bien sûr. Je ne vous avais pas vu.
Oui, on ne voit pas un jaguar mort tous les jours.
Je n'en ai jamais vu en vrai.
C'est rare d'en voir un.
Maria-Alicia, tu es folle ?
Pourquoi tu quittes la piste sans me le dire ?
- Regarde, chéri. Un jaguar. - Un jaguar ?
- Il est mort ? - Oui.
Vous croyez que c'était un chasseur ?
Je pense que c'était un autre animal.
Mais quel genre d'animal tue un jaguar ?
C'est une bonne question, madame.
Regarde, chéri, un vagabond. Il a peut-être besoin d'aide.
C'est mon frère.
Jorge !
Jorge !
Douglas, tu es déjà là.
Oui, mec. Je t'ai attendu une heure à la station.
J'allais y aller, mec. Mais le soleil tape beaucoup trop.
Marcher sous une telle chaleur peut rendre malade.
Au moins, on t'a trouvé.
Mon fils.
Mon fils.
Tu es maigre, mon fils.
- Ne dis pas ça, maman. Je vais bien. - Mon fils...
- C'est Maria-Alicia, ma femme. - C'est un plaisir de vous rencontrer, madame.
Oui... femme.
Mais vous n'êtes pas vraiment mariés ?
Non, pas encore.
Et vous n'allez pas vous marier ?
Enceinte, tu ne peux pas entrer dans la maison de Dieu.
Maman, maman, maman.
Tu sais que je ne m'intéresse pas à ça.
Et Maria-Alicia est ma partenaire.
Je sais, je sais...
Mon fils... Tu n'as jamais vraiment aimé faire les bons choix...
Mais Dieu va veiller sur toi.
Allons à l'intérieur. Kika prépare le repas.
Tu devrais te dépêcher. On doit encore préparer les saucisses.
Les gars !
Ils sont là.
- Je te présente ma femme. - Maria-Alicia, ravie de vous rencontrer.
Le premier petit fils de la famille est arrivé.
Jésus veille sur nous.
Une famille heureuse à nouveau réunie.
Oui.
Heureux est mon deuxième nom.
- Salut, Ricardo, comment ça va ? - Ça va.
Je suis désolé de ne pas être venu vous accueillir à la station. On désosse un porc.
Tu n'as pas à dire ça, Ricardo...
Ce n'est pas de ta faute. On devait le tuer. Il allait mourir de toutes façons.
Le père ne nous laisse pas manger des animaux qui meurent naturellement.
Tu sais comment il est.
- Salut. - Salut, Alzir. Comment tu vas ?
Ça va.
- C'est bien le voyage en train ? - C'est lent...
- Vraiment ? - Vraiment.
- C'est ma femme. - Maria-Alicia, ravie de vous rencontrer.
Laisse la dame, mon garçon ! Tu salis sa robe.
Je t'ai déjà dit de ne pas attraper toutes les femmes que tu vois.
Ce n'est pas grave. Ma robe n'est pas sale.
Maman, où est le vieux ?
- Salut, papa. - Salut, fils.
Quel dommage, papa... Je sais à quel point tu aimais ce chien.
Beaucoup. Je l'aimais beaucoup.
Jorge m'a dit pour les animaux.
Mon fils...
Tous les animaux sont morts en moins d'un mois.
Hier, ma dernière chèvre a été retrouvée morte.
Aujourd'hui, je leur ai dit de tuer le porc, comme ça, on a quelque chose à manger.
- Quelque chose à vendre à vendre... - Qu'est-ce qui se passe, père ?
Fils...
- Le diable est sur nos terres. - Quoi, papa ? Ne dis pas ça.
- C'est la vérité, fils. - Tu parles encore du diable, papa ?
Oui, mon fils. Je parle. Je parle, mais tu n'écoutes pas.
Ton diable c'est la famille Carvalho, père.
- Laisse ça. Alzir va terminer. - Oui, père.
Alzir, enterre le chien et prends la chèvre.
Le vieux ne vient pas manger, maman ?
Mon fils, il passe son temps là-bas, à jouer avec ses armes...
Je lui ai dit qu'un jour cette merde allait lui exploser au visage.
Ne dis pas ça, mon garçon !
Tu ne dis que des bêtises !
Je vais le chercher.
Salut, père. Viens manger avec nous.
Merci, fils. Mais je n'ai pas faim.
- Tu fais encore ces choses, père... - Je ne fais que nettoyer.
L'entretien est très important pour les fusils de chasse.
Père. Maman prépare la feijoada que tu aimes.
Va manger.
Je vais manger plus tard.
D'accord, papa.
Il a dit qu'il n'avait pas faim et qu'il ne voulait pas manger.
Ton père n'a pas mangé depuis des jours.
Il ne fait que parler des chupacabras, le pauvre homme.
Je lui ai déjà dit, c'est certainement que c'est la faute de la famille Carvalho.
Ils tuent nos animaux, comme ça, on part et ils peuvent prendre nos terres.
Oui, maman, oui, maman. C'est la famille Carvalho.
Ne parle pas de ces fils de pute à ma table !
Je voudrais voir toute la famille Carvalho raide morte !
Jésus, madame Clara.
Il ne faut pas le souhaiter aux autres ou ça revient sur notre famille.
- Tu me jettes un sort, jeune fille ? - Non.
Non. Je disais juste qu'il ne faut pas dire de choses comme ça.
Calme-toi, maman. Maria-Alicia ne sait même pas qui ils sont.
Oui, je sais... Je sais...
Tu n'as rien mangé, ma chère. Tu n'aimes pas la nourriture ?
Je crois que je n'ai pas faim.
Maintenant, tu dois manger pour deux personnes.
Mange juste un peu.
- Tu te sens bien ? - Oui, ça va.
Je crois que ta mère ne m'aime pas.
Ne t'inquiète pas. Elle est toujours comme ça.
Elle n'aime pas grand chose.
Je ne veux pas rester ici.
Honnêtement... Moi non plus.
Mais c'est temporaire.
Attendons que les choses se calment... La naissance du bébé...
Et on retourne à la grande ville.
Hé, le père de famille...
On va en ville emmener un morceau de viande à Mr Otto.
Oui, on va en ville.
Merci, mais je vais rester ici avec elle.
Ta femme ne te laisse pas venir ? Viens, idiot.
- N'y va pas, chéri, ne me laisse pas seule. - Je viendrai la prochaine fois.
- Tu es vraiment une tapette ! - Oui, c'est une vraie tapette !
Qu'est-ce que c'est, Maria-Alicia ? Tu reprends de cette merde ?
Non. Je l'ai juste acheté pour l'avoir si je me sens mal.
C'est... C'est très mauvais pour le bébé.
Mais je n'en ai pas pris, promis. Je l'ai seulement acheté.
Tu n'as pas le droit de faire ça.
Je suis désolée, mon chéri. Ne m'en veux pas.
Je viens avec vous, les gars.
On y va, idiot.
Sans argent, pas d'alcool ici pour toi.
Tu vas passer la journée ici à faire la gueule ?
Va pêcher !
Qu'est-ce que tu crois ?
Ce qui est à moi est à moi. Tu veux juste boire gratuitement.
Pas moyen !
Mr Otto, il n'y a plus de poisson ici.
Quand on ne veut pas travailler, on trouve des excuses.
J'ai fait le tour des îles avec mon bateau...
et j'ai vu une énorme tâche noire venir du nord.
Tu as peur d'une petite tâche noire ?
Je n'ai peur ni d'une chatte, ni d'un cul poilu !
Tu vas rire... Mais le nuage vient par ici.
Il a déjà tué tout les poissons et il y a pleins de canards morts qui flottent à la surface.
Ce ne sont pas des canards, ce sont des mouettes, idiot.
Pour moi, ce sont tous des canards. Et vous êtes des ignorants, enculés.
On parle de canards ou d'enculés ?
Arrêtez de parler comme ça dans mon bar.
Ils parlent de canards ou d'enculés ?
Ce n'est pas important, je ne veux plus en entendre parler !
Dégage, idiot !
Imbécile.
Désolé.
- Bonsoir, Mr Otto. - Bonsoir, mon gars.
On a du premier choix pour vous.
Voyons ça, mon gars.
Deux boites.
Attends une minute... Ce n'était pas un porc que deviez tuer ?
Oui, mais on a décidé de tuer la chèvre à la place, Mr Otto.
Cette viande à l'air pourrie. Elle a une drôle d'odeur.
- Ne dîtes pas ça, Mr Otto. C'est pas possible. - Oui, pas possible...
- Franchement, je suis d'accord avec lui... - La ferme, Douglas.
Tu as été dans la grande ville et tu ne peux plus supporter l'odeur de la viande.
Mr Otto, on a tué cet animal aujourd'hui. C'est encore frais.
Vous pouvez le croire.
Voilà le marché.
- Je vais vous en donner 30 dollars. - Ne soyez pas si avare, Mr Otto.
On amène deux boites de viande. Vous devez payer au moins 50.
- Vous n'êtes pas d'accord ? - Tu crois que l'argent sort de mon cul ?
- Mr Otto, c'était un gros animal, premier choix. - Premier choix...
Je vais vous donner 30 dollars... 30 dollars et un truc en plus.
Voilà 30. Qui va les prendre ?
Et je vais vous donner une des meilleures bouteilles.
Meilleures mon cul ! C'est de l'alcool de palétuvier distillé par le petit vieux.
De quoi tu parles, mon garçon ? Prends ça ou rien.
On la prend.
Amène-la à la table.
Remplis-le.
Merde.
Cet endroit pue comme un porc.
Ce n'est pas pour toi, poivrot ! Tu n'es même pas un client !
Albino, s'il te plaît, amène la viande aux garçons.
Tu te crois malin...
Mon Dieu.
Du calme, Maria-Alicia, Je suis juste venue t'inviter à prendre un thé à la pomme.
Bois, Maria-Alicia. Le thé à la pomme est bon pour tes douleurs d'estomac.
L'assaisonnement de Mme Clara est trop fort pour toi.
Je crois que Mme Clara ne m'aime pas.
Ne t'inquiète pas. Mme Clara n'aime personne.
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