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LES COPAINS D'EDDIE COYLE
Ça ira. Merci.
Puis-je entrer, s'il vous plaît ?
- Merci. - De rien.
Puis-je vous aider, monsieur ?
- Je voudrais de la monnaie sur 10. - Bien. Comment la voulez-vous ?
10 billets d'un dollar.
- Au revoir. - Au revoir.
Un café.
Je peux vous avoir le matériel pour demain soir.
Je pourrai sûrement vous en avoir 6.
Je peux vous en avoir plus maintenant, mais le paquet est déjà réservé.
Je sais pas si ça vaut le coup.
Acheter des pièces du paquet de quelqu'un d'autre.
- Ça me rend nerveux. - Ouais, je comprends.
Tu peux pas comprendre ce que je pense. J'ai certaines responsabilités.
Écoutez, je vous ai dit que je comprenais.
- On vous a déjà parlé de moi ? - Oui.
- Alors ça devrait vous suffire. - Ouais...
Je serais millionnaire si j'avais touché 1 $ chaque fois qu'on m'a donné un nom.
Regarde ça. Tu sais ce que c'est ?
Votre main.
J'espère que t'auras examiné les flingues de plus près que tu as regardé ma main.
- Regarde un peu la tienne de main. - Ouais ?
- Compte tes putains de phalanges. - Toutes ?
Tu peux en compter autant que tu veux, de toute façon j'en ai au moins 4 de plus.
Et tu sais comment je les ai eues ?
Un type m'a vendu de la camelote. Je connaissais bien son nom.
Les flics ont remonté la filière.
Le gars à qui je l'ai acheté,
il est toujours à la prison d'État de Walpole, il en a pris pour 15-25 ans.
Mais il avait des amis. Et c'est à eux que je les dois.
Ils te mettent la main dans un tiroir.
Et quelqu'un le ferme d'un coup de pied sec.
Et ça fait très mal, je t'assure.
Merde.
Mais tu sais ce qui est encore pire, ce qui fait encore plus mal ?
C'est de savoir ce qu'ils vont te faire avant que ça t'arrive.
T'es là, tranquille. Et un jour on te met la main dessus.
Un gars t'en veut à mort. T'as fait la connerie.
Et à cause de ça, il est derrière les barreaux.
C'est pas personnel, tu comprends, mais ça doit être fait.
"Pose ta main sur le tiroir."
Mais t'as pas envie de la poser.
Quand j'étais gosse, j'allais au catéchisme. Il y avait cette bonne soeur.
Elle avait l'habitude de dire : Donne ta main.
J'avançais ma main et vlan ! Elle me frappait de toutes ses forces
avec sa grande règle en fer.
Alors un jour, quand elle m'a dit : Donne ta main.
J'ai répondu : Non. Elle m'en a fichu un coup en travers de la figue.
C'est comme ça.
Ils vous mettent la main dans un tiroir.
Et quelqu'un le ferme d'un bon coup de pied.
T'as entendu le bruit d'un os qui se brise ?
C'est comme le bruit sec d'un galet qui éclate.
Ça te fait mal de chien.
Je sais pas à qui tu vends ta camelote...
Mais un type m'a dit que tu vendais des flingues,
et j'ai en besoin.
De là où ils viennent, je vous garantis que vous pouvez me faire confiance.
Ça vaudrait mieux, sinon on pourra plus jamais se serrer la main.
Écoutez. Vous ne courrez aucun risque.
Ils sont neufs.
Ils ont juste été testés en usine.
Ils ont pas tiré un seul putain de coup de feu.
Extra-légers, canons striés, percuteurs en acier.
J'ai des 4 pouces et des 2 pouces. Dites-moi juste ce que vous voulez.
- Combien ? - 80.
80 ? T'as déjà vendu des flingues avant ?
Écoutez. On parle de 30 flingues là.
Non, mais qu'est-ce que vous voulez ? Une remise ?
Je m'en fous, je pourrai très bien vendre le double sans courir de risques.
J'ai déjà du mal à approvisionner mes clients.
Je vous parie que si j'allais voir le curé du coin pour me confesser,
j'aurai à peine le temps de dire 3 "Je vous salue Marie"
qu'il me demanderait un flingue à cacher sous sa soutane.
Tout le monde en veut. L'autre jour un type m'a demandé si je pouvais
- lui avoir des pistolets-mitrailleurs. - Quel genre de type ?
Bah, un gars ordinaire.
J'ai jamais pu comprendre pourquoi les gens
se servaient de pistolets-mitrailleurs.
Si tu te fais prendre, tu vas au trou pour la vie.
À mon avis, le meilleur flingue, c'est le Smith de 4 pouces.
Tu peux bien le prendre en main, et t'es sûr de pas rater ta cible.
- Je te donne 50. - Oh, déconne pas.
Écoute. Je te demande de me livrer 30 pièces. Ça fait 1500 dollars.
Ok, on coupe la poire en 2 à 1800.
Alors, je demande à voir.
Bien sûr.
T'as vu le Scal ces temps-ci ?
Ouais. Des fois je le vois, dès fois je le vois pas.
Coyle le cherche.
Ah ouais ?
- Où est ce qu'il est ? - Chez lui.
Allo, Eddie ? Ouais, c'est moi, Artie.
Écoute, faut que je te parle. On peut se rencontrer ?
Écoute.
Tu veux voir Scal, c'est ça ?
Je t'attends chez Dillon.
Ok.
T'as bien fait de me dire que tu changeais de bagnole.
J'aurai jamais imaginé un truc pareil. T'as fait quoi de la 396 ?
Elle me coûtait la peau des fesses.
Dommage, elle roulait quand même comme une fille qui a le feu au cul.
Je peux pas continuer comme ça.
Je vais me trouver une femme et me ranger des voitures.
- J'en peux plus. - Allez, tu gagnes bien avec moi.
Tu veux rire ? Qu'est-ce que j'ai gagné avec toi depuis six mois ?
3700 ? Et c'est parti en fumée.
J'en ai assez de prendre des risques, mon pote.
Si je m'arrête pas, je vais devoir regarder le ciel à travers des barreaux.
Et toi alors ? Toujours les bourrins ?
Non. C'était avant que j'apprenne à faire du fric.
D'accord. Allez. T'as le matos ?
Ouais.
Mais c'est surtout des 4 pouces.
- Ah, les 480. - C'est ce que tu voulais ?
Les 4 pouces ?
Y'a six mois t'aurais râlé, tu voulais prendre que des 2 pouces.
Maintenant, j'ai des clients sérieux.
Quoi, tu roules pour la Mafia ou un truc du genre ?
À vrai dire, j'en sais rien.
C'est un grand type.
Il a l'air d'un malin.
Il a dit qu'il achèterait tout ce que je lui livrerai.
J'ai jamais vu un type qui voulait autant de flingues.
4 pouces, 6 pouces, euh, Magnums...
Des calibres, .41, .45, .44. Tout ce que tu veux.
Du moment qu'il paye cash, je vais pas aller me plaindre.
T'as un bon filon avec moi.
D'ailleurs je te file 20 $ pour des flingues qui coûtent pas un rond.
Tu te démerdes bien.
Mais un jour, tu le regretteras.
Fais gaffe, mon pote.
Écoute. Je sais très bien comment tu flambes ton fric.
Je suis au courant.
Tu sniffes, d'accord, mais que ça t'empêche pas de me livrer.
Si tu joues au con, je vide mon sac et t'auras plus qu'à te barrer fissa.
Allez, salut, à la semaine prochaine.
T'as pas l'air d'avoir la pêche.
J'ai la pêche de quelqu'un qui va en prendre pour 3 à 5 ans.
T'as pas fait appel ?
Rejeté, le pourvoir en cassation
et la demande de prolongation de remise en liberté sous caution.
Je dois me rendre à la police dans une semaine ou deux.
Merde.
C'est l'Aide sociale qui se chargera de ma femme.
Tu le crois ?
Femme et gosses pris en charge par l'Aide sociale, comme des nègres !
Dillon, tu dois faire quelque chose pour moi.
- Je ferai ce que je pourrai. - J'ai été réglo !
T'as toujours été réglo.
J'aurais jamais dû me mouiller dans cette affaire.
Moi aussi je regrette. Mais ça sert à rien.
Ça avait l'air simple comme bonjour. Tu l'avais dit toi-même, tu te souviens ?
Tu avais besoin d'argent et tu as été payé rubis sur l'ongle.
Ouais.
Toute la ville semble s'être endormie, à cause de...
cette audience du Grand Jury.
Ça n'a jamais été aussi tranquille.
Il se passe pas grand-chose.
On dirait que vous vous êtes tous mis au vert...
Ces audiences du jury ont l'air de vous faire de l'effet.
On devrait en faire plus souvent, hein, t'en penses quoi ?
Va te faire foutre.
Avant la fin de la semaine, Artie Van va
vendre des journaux dans la rue ou sera obligé de cirer les pompes...
- Il devra se mettre au chômage. - Fermez-la.
D'accord. Ce n'était pas très drôle. Désolé.
Mais il ne se passe vraiment rien.
Il y a anguille sous roche.
Quoi, des types qui se réunissent pour regarder des films pornos ?
À vrai dire...
Je ne sais pas ce qui se passe.
J'ai l'impression que les gens font tout pour m'éviter.
Ah bon ?
Des types qui téléphonent à d'autres types qui sont pas là.
Tiens, prends ça.
Qui téléphone ?
Vous vous souvenez d'Eddie le Pianiste ?
Le gars qui s'est fait bousiller la main.
- Il cherche qui ? - Jimmy Scalise. Vous le connaissez ?
On dit qu'il est en Floride, où il passe du bon temps.
- Il l'a trouvé ? - Je sais pas.
- Je suis juste le messager. - Ils te donnent des numéros ?
Des téléphones parfois.
Je respecte la loi. J'ai une licence d'alcool.
Tu travailles pour quelqu'un qui a une licence.
Tu le vois souvent ? Tu as déjà eu une condamnation.
Comme je l'ai dit,
je bosse pour un gars qui a une licence.
Ça m'arrive d'oublier.
- Tu veux oublier tout ça ? - Il vaudrait mieux.
Tu devrais t'acheter une voiture.
Je sais pas conduire.
Si je pouvais m'en payer une, je prendrais pas votre fric.
Bonne journée.
M. Partridge.
On va aller à votre banque. Vous, moi et mon ami.
Mon autre ami restera ici avec votre femme et votre enfant.
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