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PRIX INTERNATIONAL DE LA CRITIQUE CANNES 1955
Scénario de J.A. BARDEM D'après une histoire de L.F. De Ioga
MORT D'UN CYCLISTE
Il vit encore.
Juan !
J'ai peur.
Pourquoi ? Personne ne nous a vus.
Tu es sûr ?
Il est tard.
Oui, il est tard.
- Tu m'appelleras ? - Bien sûr.
Bien, bien.
Ils en profitent !
Si un mari offre un bracelet à sa femme sans raison, c'est que -
Les affaires marchent.
Un nouveau bracelet contre mille clients appauvris.
C'est qu'il -
La trompe.
- C'est qu'il - - L'aime.
Amour, amour, amour !
Quand dîne-t-on ici ?
- Patience, Rafa. - Quand mange-t-on ?
Nous n'attendons pas Carmina et Jorge ?
Jorge est trop important pour qu'on ne l'attende pas.
Qu'est-ce que c'est ?
Vous aimez ? Ca m'est venu comme ça.
- Ca s'appelle ? - "Chantage".
Je vous ai vue.
17 h 30, route vers la France, dans une Fiat, à 90 Km/h.
- Destination ? - Inconnue.
- Motif du voyage ? - Tourisme.
Quelque chose à déclarer ? Bijoux ? Drogues ?
Péchés ? - Juste des effets personnels.
Un amant ?
- Madame vous attend pour le dîner. - Quoi ?
Le dîner.
J'arrive.
Excuse-moi.
- Carmina et Jorge ? - Je ne les attends jamais.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Quelque chose te tracasse ?
Non, Maman. Pourquoi ?
- Comment vont les cours ? - Bien.
Vas-tu passer professeur ?
Je ne pense pas. C'est trop de travail.
Alors travaille. Tu sortirais tôt. Tu serais tranquille.
Je m'ennuierais.
Bien sûr. Mes affaires sont en ordre.
Oui. Carmina est bien mariée.
J'ai le rôle du mauvais garçon.
Les frères vertueux sont morts...
et les gloires de la famille dans les vitrines.
Et ici !
Ca te paraît mal ?
Non, ça me paraît bien.
C'est Mlle Carmina.
Maman ? Oui, je sais nous sommes très en retard.
Nous sommes chez les Castro.
Jorge te demande de nous excuser.
Quel dommage ! Juan est parti aussi ?
C'est Maman.
Tu nous pardonnes, n'est-ce pas ? Nous déjeunerons ensemble demain.
Nous n'aurions pas pu rester ce soir. Nous sommes habillés.
Non, à l'ambassade américaine. Bien.
Bien des choses de Maria José. Dis à Juan qu'on l'attend.
C'était ta soeur.
Bien des choses de sa part et de celle de Jorge.
et de Mme Castro.
Ils t'attendent à la réception.
J'y passerai.
- Ca ne t'intéresse pas ? - Ma soeur ?
Non, la réception. Maria José et tous ces gens.
Pas beaucoup.
Ni Carmina, ni son mari Jorge.
ton gendre et mon beau-frère.
Pourquoi ? C'est un homme bien.
Il devrait l'être arrivé où il en est.
N'est-il pas bon avec tous ? Et avec toi ?
C'est sûr. Je lui dois mon modeste salaire de professeur assistant.
Tu pourrais passer professeur.
Comme poste important...
je peux être Doyen,
grâce à Jorge.
mais...
Mon frère Juan est un désastre.
- Pourquoi ? - Il ne veut rien faire.
- Une pitié, n'est-ce pas ? - Pourquoi ?
La façon dont Juan détruit son avenir. Jorge pourrait tellement l'aider.
Jamais dans l'histoire il n'y eut autant de circonstances merveilleuses ensemble.
Il a toujours l'air de vouloir faire un discours.
Jamais, je vous l'affirme !
Un des rares hommes capables de parler des heures sans rien dire.
Je vous demande, "En d'autres moments, en d'autres circonstances,
de telles opportunités auraient-elles pu se présenter ?"
Non, mille fois non !
Avec ceci je conclus mon propos.
ma voix s'apaise,
ma voix qui réaffirme une fois de plus notre vigilante et inébranlable position
dans tous les aspects de la vie nationale.
Ses dernières paroles ont recueilli de vifs applaudissements.
La soirée a continué sur un ton élégant et sympathique,
relevé par la présence de personnalités notables.
Nos dames de société ont fait une collecte
pour la campagne de Noël,
récoltant beaucoup plus que les années précédentes.
"Gardez la monnaie, madame."
Tucson, Arizona. Un feu terrible a coûté 800.000 $ aux magasins Bardem.
- Quoi ? - Tu n'aimerais pas venir ?
Où ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Tu n'écoutes pas ? - Désolée. Tu disais ?
- Je te parlais de ce voyage. - Emmène-moi.
En voyage d'affaires ?
Partout dans le monde, les affaires s'arrêtent le soir.
Que fais-tu de tes soirées ?
Je me languis de toi.
Tu me manques sans arrêt.
Tu veux vraiment venir ?
Non. Viens, toi.
Nous pourrions partir tout de suite
et nous échapper.
De quoi ?
De tout.
Toujours les mêmes têtes. Les mêmes journées.
Il n'arrive jamais rien.
Tu crois ?
Miguel, partons vite.
Il reste seulement à démontrer que le contour du tore
est égal à la circonférence -
Si on suppose que le centre de la circonférence
décrit une ellipse de semi-axe M et N,
l'équation paramétrique de cette ellipse sera -
MORT D'UN CYCLISTE
En éliminant alpha on a l'équation n° 1...
...une projection orthogonale sur un plan Z=0
de la circonférence de la surface...
Partez !
Miguel, Empereur est au point.
Je dois dire ! Il a pris cinq longueurs en -
- En 1.4. - Applaudissons Empereur.
- Il est mort. - Qui ?
Le cycliste.
Ils l'ont dit dans le journal ?
Rien d'autre ? - Que ça.
Bien.
Ils ne doivent rien savoir sur la voiture.
Qu'allons-nous faire ?
Je ne sais pas. Aucune idée. Attendre.
Attendre d'être découverts ?
- On doit garder notre calme. - Et avoir un plan.
- On se voit plus tard ? - Oui.
Hé, Maria José ! Juan !
Avez-vous lu le journal ? - Quelque chose d'important ?
Ca dépend de ce que vous appelez important.
- C'est quoi ? - Attendez un instant.
Pas l'éditorial. Les BD sont muettes.
Les sports - rien.
"Faits divers". Voilà. Voyons.
Vous n'aimez pas les faits divers ?
"Une maison en construction s'effondre." "Crime passionnel."
"Mort d'un cycliste." Nous y voilà.
"Vol." Des voleurs dérobent le collier d'émeraude de Piluca Bravo.
C'est pas fabuleux ?
Je suis sûre qu'il sait. Il doit savoir.
Nous sommes perdus, Juan !
Personne ne sait. Personne ne nous a vus.
Lui, si. Il me l'a dit hier soir.
Qu'a-t-il dit exactement ?
Qu'il t'a vue sur la route dans ta voiture.
Il t'a vue toi - seulement toi.
C'est différent.
Et le journal ? Il sait tout.
Réfléchis, réfléchis.
C'est peut-être une coïncidence, une remarque innocente.
Ca ne peut pas être ça ?
Je ne sais pas. Je suis si effrayée.
J'ai peur, Juan.
Qu'allons-nous faire ? - Rien. Nous ne pouvons rien faire.
Juste attendre, c'est ça ? Attendre quoi ?
On doit savoir. - Savoir quoi ?
Ce qu'ils savent.
Les autres. La Police. Rafa.
Savoir ce qu'on a fait.
On a tué un homme, non ?
Bon, je vais enquêter.
- Je m'occupe de Rafa. - Méfie-toi.
- De Rafa ? - De tout.
A vouloir cacher une chose on peut en révéler une autre.
Comme quoi ? Que je t'aime ?
Non, pas ici.
Je voudrais vous parler.
A moi ?
Quel est le problème ? J'ai raté mon examen.
Votre nom est Matilde Luque, c'est ça ?
Et ils vous ont renvoyée. C'est honteux.
C'est une injustice.
Peut-être. Les professeurs aussi se trompent.
Ce n'était pas le professeur. C'était vous !
- Moi ? - Vous lisiez le journal.
Je présentais mon problème parfaitement.
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