The first 200 lines.
L'histoire de la première ère du cinéma américain,
des années 1890 à 1970,
est faite de conflits et de créativité :
toute une génération d'industriels fait naître cet empire de l'image,
peuplé d'incroyables personnalités crevant l'écran
et de formidables cinéastes.
Un récit mené par les batailles de Hollywood
et immortalisé par de grands films
RÉUSSITE
Notre histoire retrace la grandeur et la décadence des hommes,
les magnats de Hollywood,
et de leurs entreprises, ces usines à rêves,
dont le rôle est de réinventer l'Amérique en film.
Un pêle-mêle de technologie,
de politique,
de finance
et d'art,
décennie après décennie, l'histoire de Hollywood
est aussi l'histoire de l'Amérique.
Dans un pays qui émerge juste sur la scène internationale,
les années 1880 et 1890 furent une période d'expansion économique,
d'inventions,
et de vagues d'immigration.
Les classes populaires et les nouveaux arrivants
trouvèrent dans le film un amusement bon marché
et toute une génération d'industriels immigrés
commença à édifier l'empire du divertissement.
Pendant la première décennie du XXe siècle,
les films innovèrent dans leur façon de reporter les récits
et Hollywood émergea au centre de cette production cinématique.
Les années 20 furent une décennie tumultueuse
et l'énergie et l'art présents dans les films y participèrent.
Les industriels fondateurs
devinrent les magnats de Hollywood.
Ils construisirent des studios, "les usines à rêve"
et les stars de cinéma incarnèrent une ère sans précédent
de renommée international.
Attendez. Vous n'avez encore rien entendu.
À l'arrivée des années 30,
l'industrie du cinéma fut métamorphosée
par l'apparition du son
et par la crise économique qui paralysa le monde.
Les magnats et les stars y réagirent avec un monde
assurant évasion et divertissement.
En 1939, Hollywood vivait une apogée artistique et financière.
GUERRES CONTRE LE JAPON
Mais les années 40 n'annonçaient pas une fin heureuse.
La Seconde Guerre Mondiale engloutit le monde et Hollywood avec.
Proposant inspiration et divertissement,
les films présentaient une vision victorieuse de l'Amérique,
ce qui finalement devint réalité.
PAIX !
Malgré la victoire des USA et du cinéma hollywoodien,
les années 50 furent éprouvantes.
COMMUNISTE = ESPION DE MOSCOU
Êtes-vous membre du parti communiste ?
Depuis les années 20, personne n'avait contesté les magnats.
Mais le public en voulait toujours plus.
Ils réclamaient de nouvelles stars,
de nouvelles intrigues.
Au même moment, le monopole qu'avait gagné les magnats
se retrouva ébranlé
par la télévision qui menaçait de sédentariser le public.
Les années 60 secouèrent l'Amérique et Hollywood.
Pour les magnats et les stars, ce fut une dissolution.
Morceau par morceau, les empires se virent disséqués
et les magnats fondateurs évincés.
Le producteur Selznick succombe
La première grande ère du cinéma arrivait à son terme.
Mais un nouvel Hollywood voyait le jour,
plus direct, plus radical et plus influent que jamais.
Dès les premières images vacillantes des années 1880,
la grandeur de l'épopée hollywoodienne fut dramatique,
inattendue et entraînante.
Près d'un siècle d'hommes,
de femmes,
de films
et d'histoire américaine, exceptionnels.
Bien avant l'apparition des magnats et des stars de cinéma,
avant l'existence même de Hollywood,
il y avait un rêve :
S'emparer du mouvement,
créer l'illusion de la vie,
et en faire une récit.
Les premiers à jouer avec la lumière furent des scientifiques...
OPTIQUE
les explorateurs des nouvelles technologies.
En 1659, Christiaan Huygens, un scientifique néerlandais,
inventa la lanterne magique.
Comme les films à venir, les spectacles de Huygen
étaient associées à l'imaginaire et au mystère.
L'ancêtre du film d'horreur fut projeté à Paris vers 1790.
On appelait cela la fantasmagorie.
C'était vraiment extraordinaire.
Il y avait toute une mise en scène effrayante.
Historien
Un petit public dans une pièce exiguë.
Et soudain, les lumières s'éteignaient
puis vous entendiez comme un grondement,
des effets sonores, vous voyiez des fantômes
et des squelettes apparaître en petit sur l'écran
pour vous les voyiez surgir vers vous en hurlant,
c'était terrifiant à l'époque.
On voit que les gens sont stupéfaits.
FANTASMAGORIE SALLE POLYVALENTE
Un siècle plus tard, les industriels du divertissement
firent de la lanterne magique un marché florissant.
Dès les années 1850, ils plantaient le décor du cinéma d'aujourd'hui.
Dès les années 1890, la lanterne magique, avant l'ère du film,
avait imprégné la société américaine.
Aujourd'hui, quand les gens pensent à un diaporama,
ils s'imaginent le pire.
Je vais vous conter comment Hiawatha...
Ces projections étaient tout sauf ennuyeuses.
Tout d'abord, il y avait un vrai travail au niveau de la couleur.
Puis, il y avait du mouvement.
Qu'on obtenait grâce au déplacement de plaques de verre.
La projection la plus célèbre est "The Ratcatcher".
Il est primordial de comprendre qu'avant l'apparition du film,
il existait déjà 250 ans de divertissement sur écran.
Le film ne vient pas de nulle part.
La lanterne magique projetait des dessins et des photographies.
L'idée d'utiliser la photographie pour créer l'illusion du mouvement
résulterait d'un pari de 25 000 $.
Leland Stanford, magnat des chemins de fer,
engagea le photographe itinérant Eadweard Muybridge pour prouver
qu'un cheval au galop voit ses jambes se décoller du sol.
Muybridge trouva une idée ingénieuse pour trancher la question.
Il aligna des appareils photographiques
qu'il avait attachés à des fils tirés sur une piste équestre.
L'appareil utilisé possédait un obturateur électronique
permettant un temps de pose de 5 centièmes de seconde.
Les dessins obtenus à partir des photographies de la séquence,
créaient l'illusion d'un mouvement.
Pour les spectateurs, la lanterne magique devenait folle.
Stanford avait gagné son pari.
Rapidement, Muybridge se mit à parcourir le pays
et à projeter ses études photographiques en mouvement.
Pour beaucoup,
le fait que nombreuses images représentaient des corps nus,
y compris celui du photographe, ajoutait un plus au divertissement.
En 1888, l'audacieux photographe fit voyager son spectacle itinérant
jusque West Orange, dans le New Jersey.
Il y rencontra la légende américaine :
Le Magicien de Menlo Park, Thomas Alva Edison.
Pour lui, "inventer" était question d'imagination et de vieilleries.
En 1877, à 30 ans, il étonna le monde avec le phonographe.
2 ans plus tard, il sortit un système d'éclairage électrique
qui permettait d'illuminer des villes entières.
Edison avait d'innombrables qualités qui l'ont conduit au succès...
Historien
... en tant qu'inventeur, que pionnier et qu'industriel.
Il avait un enthousiasme sans faille pour ce qu'il faisait.
Et il avait également une volonté de fer.
Il ne s'imaginait pas pouvoir échouer.
Quand Muybridge rencontra Edison, le photographe eut une idée.
Pourquoi ne pas combiner le son du phonographe avec des images ?
Ceci intrigua l'inventeur.
Le 8 octobre 1888, Edison annonça son intention
de "créer un instrument qui ferait pour l'œil
ce que le phonographe fait pour l'oreille."
Ne sachant pourtant pas comment s'y prendre,
Edison remplit une déclaration préliminaire de dépôt de brevet.
C'est W.K.L. Dickson, un Irlando-Ecossais,
alors photographe officiel de la société d'Edison,
qui fut chargé de concrétiser le projet.
Dickson était un esthète. Il était très élégant.
Il aimait aller au théâtre.
C'était un homme distingué.
Il n'avait que 28 ans quand il a commencé à travailler...
Historien du cinéma
... sur le projet.
Ses premières tentatives d'images en mouvement
consistait en une série de photos enroulées sur un cylindre
semblable au premier phonographe d'Edison.
Elles pouvaient être visionnées grâce à un oculaire.
Il en résulta Monkeyshines, un film de quelques secondes.
Les images grossières bougeaient, mais des progrès étaient à faire.
Et Edison n'était pas le seul dans ce domaine.
D'autres personnes travaillaient sur des projets similaires.
Critique/Historien du cinéma
En France, en Angleterre, aux USA,
et probablement ailleurs,
tous tentaient de capturer le mouvement sur un film.
En France, Etienne-Jules Marey, un physiologiste
inspiré par Muybridge, créa une "caméra"
permettant de prendre des photos sur du papier photo perforé.
Pas à pas, l'histoire du cinéma nous mena à Paris.
Les visiteurs de l'Exposition Universelle de 1889
se demandaient si la Tour Eiffel était une merveille ou une horreur.
Alors qu'il y présentait son système d'éclairage électrique,
Edison en apprit plus sur la caméra d'Etienne-Jules Marey.
À son retour, il avait de nouvelles directives pour Dickson.
Utiliser des bandes de film perforé
pour guider les images à travers une caméra perfectionnée
appelée le Kinétographe.
Le nouveau système est rendu possible
par une fine couche de celluloïd photosensible,
perfectionné par George Eastman, le créateur de la marque Kodak.
Rapidement, Edison et Dickson furent prêts pour l'avant-première.
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