The first 200 lines.
Bonjour tout le monde. Bonne année nouvelle. La réunion de planète est ouverte.
- Il nous faudrait du seigle ici. - J'ai trois sacs de blé.
On manque de soja.
On a une grosse récolte de fruits secs.
Il nous en faudrait pour deux mois.
Médicaments?
Il y en aura pas pour tout le monde.
Qui veut de la laine?
Combien de couteaux à forger?
- 17. - Les écoles?
Il nous faudrait un prof de télépathie. Amos est mort et on a personne de vraiment prêt.
- D'accord j'irai chez vous cette année. - Un prof d'écoute?
Je peux, mais seulement pour 6 mois. J'ai un petit-fils que je veux accoucher.
Les mariages?
Alors les morts, il y a eu Atalya, 255 ans et un quart d'année.
Zekar, 248 ans. Aramos, 265 ans. Galeta, 272 ans.
Tous morts heureux et sages, ah par contre il y a eu la mort d'Amile.
Il avait seulement 143 ans. Il a eu un accident, un éboulement de rochers.
Ça va Mila? T'es pas trop triste?
Ça va, ça va, les mômes m'aident bien.
Bon. Alors les voyages?
Cette année il faudrait quand même envoyer quelqu'un sur la Terre. Ça fait 200 ans qu'on y a pas été.
Qui veut aller sur la Terre?
Sur Narvos?
On peut en envoyer que 10 sur Narvos. Vous vous arrangez entre vous.
La Terre?
Sur Kristo?
On peut en envoyer que 23 sur Kristo, vous vous arrangez.
Qui veut aller sur la Terre?
Personne pour la Terre?
- Qu'est ce qu'on fait? - Comme d'habitude, on y va pas.
Ça fait 200 ans que ça dure. Quand même cette année il faudrait envoyer quelqu'un.
- Pour quoi faire? - Rien de spécial.
- On observe, on se renseigne, on voit ce qu'on peut faire. - On ne peut rien faire.
Sur les autres planètes, ils nous apprennent des choses, et nous aussi. Mais sur la Terre...
- Bon d'accord ils sont très arrièrés, mais c'est pas une raison. - Et dangereux.
On pourrait leur envoyer quelqu'un avec un programme de déconnexion pour les faire avancer un peu plus vite.
- On sait même pas où ils en sont. - Remarque, on s'en doute.
Le seul qui pourrait nous renseigner sur la Terre, c'est Osam.
C'est le dernier en vie qui y a été, seulement il est parti sur Narvos depuis 20 ans.
Je suis là! Tu m'as pas vu? Je suis rentré de Narvos il y a deux mois.
Salut Osam, non je t'avais pas vu. Tu pourrais pas nous dire où ils en étaient quand t'es rentré de la Terre?
Bien sûr, mais c'est vieux!. On était deux, le père de Mila et moi.
On avait atteri en France à Paris.
Ils avaient fait une révolution contre leur roi
Un truc bien. Ils avaient institué une république.
Mais ça s'est très vite gâté. Ils ont remis un empereur.
Napolelon quelque chose comme ça.
Un mégalo qui faisait massacrer des gens dans des guerres idiotes.
Après ça, les rois sont revenus.
Ils étaient repartis pour des années de marche arrière avec des chefs, des présidents. Après on est rentré.
- C'était vraiment dur là-bas? - Ah oui.
La loi du plus fort, les femmes écrabouillées, pas de partages, des massacres.
On sentait qu'ils allaient mettre des siècles à s'en sortir.
Ils avaient même encore le système de la monnaie!
Avant de partir on avait caché de l'or, au cas où on reviendrait.
C'est quoi de la monnaie?
Par exemple, si tu veux quelque chose, tu peux pas l'avoir sans monnaie.
- Même à manger? - Surtout!
Mais manger c'est un besoin, on meurt si on mange pas.
Ils s'en foutent! T'as pas de monnaie t'as rien.
Tu crois qu'ils en ont encore, de la monnaie?
Oh non, je pense pas quand même.
Quand on est parti, c'était le début de l'ère industrielle.
- C'est quoi? - Nous aussi, il parait qu'on est passé par là, il y a 3000 ans à peu près.
C'est la compétition, l'écriture, la production en masse d'objets qui servent à rien,
les guerres, le nucléaire, la destruction de la nature, les grandes maladies sans remèdes. La préhistoire quoi!
L'année dernière, mon frère a eu un rêve télépathique avec la Terre.
J'ai vu un pays où les femmes portaient un voile sur leur visage, et elles avaient pas le droit de conduire des automobiles.
C'est pas possible, tu crois qu'ils ont encore des automobiles?
C'est quoi les automobiles?
J'en ai jamais vu, Parce que quand on est parti ils en avaient pas encore.
Il parait que nous aussi on en a eu ici à l'ère industrielle.
Oui oui, on l'a appris en archéologie. C'était des boites en fer, on s'asseyait dedans et ça avancait tout seul.
Les gens ne marchaient plus, alors ils mourraient de maladie de coeur.
Il y avait des millions de morts dans les accidents.
Je pense qu'en 200 ans, ils ont eu le temps de s'en débarrasser des automobiles.
Et peut être même de la hiérarchie!
Ah ça la hiérarchie là bas c'est quelque chose.
Tous des chefs, ils se croient tous supérieurs à quelque chose.
Les hommes se croient supérieurs aux femmes. Les gens des villes à ceux de la campagne.
Les adultes aux enfants. Les humains aux animaux et aux plantes.
Et puis il y a les races!
Comme c'est une grosse planète, ils ont eu la dérive des continents.
Des sortes d'humains très différents sont apparus, très loins les uns des autres.
Le jour où ils se sont rencontrés, les plus dégénérés se sont cru supérieurs aux autres.
Ça a été le massacre, et maintenant c'est les dégénérés qui domine tout.
On a eu de la chance avec notre petite planète, une seule race, un seul climat, un seul développement.
Mais enfin c'est pas parce qu'ils n'ont pas eu de chance, qu'on doit s'en désintéresser.
On doit pas vraiment les intéresser. On peut pas dire qu'on croule sous leurs messages.
Ils savent pas communiquer. Si ça se trouve ils sont encore en train de jouer avec les ordinateurs
sans s'occuper de leur cerveau. Ils doivent en exploiter seulement 10% de leur cerveau.
Leur cerveau doit avoir la taille d'une crotte de mouton.
Ça sert à rien d'y aller, ils évoluent à leur rythme.
C'est comme la salade, c'est pas en tirant dessus qu'elle poussera plus vite.
Oui mais on pourrait mettre un peu d'engrais sur leur salade.
On déconnecte des personnes bien choisies ça les bouscule.
Alors des volontaires?
Aller un seul, une seule, plein de courage.
Excusez moi, j'ai envie d'y aller.
- Mais maman, ça va pas non? - Mila tu veux y aller?
- Non, elle veut pas y aller. - Si si, je veux y aller.
- Enfin maman, t'es dingue? - Alors Mila, t'y vas ou t'y vas pas?
- Non. - Si.
- On t'a mis le programme des langues européennes. - On les a à peu près toutes retrouvées.
On va essayer de te faire atterir à Paris.
Il y a deux programmes de déconnexion. Un léger et un plus fort.
- Le léger, j'ai rien à faire? - Non non, ça c'est la routine.
Si tu parles à quelqu'un, ça chamboule automatiquement son niveau de consience, c'est tout.
- Et l'autre c'est comment? - C'est comme ça.
- Comme ça? - C'est ça, mais attention celui là il faut être prudent.
- Là, ils sont vraiment secoués. - Ils sont déconnectés, ils commencent à parler vrai.
- Des fois ça leur fait prendre 5 siècles d'avance! - Ça décoiffe!
On peut encore t'envoyer un tas de programme, tu regardes, tu nous appelle.
T'en déconnectes un bon paquet, quand t'en as marre tu reviens.
Tiens je t'ai fabriqué des chaussures.
C'est pas pratique, ça fait mal aux pieds, je t'ai mis de la peau d'agneau, c'est plus doux.
Et aussi une robe comme ça.
- Empire ça s'appelait, à cause de l'empereur Panoleon. - Merci.
- Et un chapeau. - Ah oui.
Tu crois que c'est grave si je le prends pas le chapeau?
Comme tu veux. Mais dis moi, pourquoi tu veux aller là bas?
Ton père t'avais parlé?
- Oui, juste avant de mourir. - Qu'est ce qu'il t'a dit?
Qu'il était tombé amoureux d'un terrienne, qui était morte en accouchant d'un bébé de lui.
Que le bébé c'était moi. Que vous m'aviez ramené ici en cachette. Et que c'est pour ça qu'il n'a jamais voulu se marrier.
- Tu l'as dit à quelqu'un ici? - Non, à personne.
Qu'est-ce qui se serait passé si vous aviez dit la vérité?
- Ton père avait très peut qu'on te renvoie sur Terre. - Tu veux qu'il qu'on m'aurait chasser?
Peut être. On aime pas trop les terriens par ici.
Quelle bande de raciste!
Il faut dire qu'ils sont dur à avaler les terriens.
Oui mais j'étais juste un bébé.
C'est pas toujours facile de supporter les sous développés.
- Oh, j'te remercie. - Non mais pas toi. T'es comme nous maintenant.
J'ai l'impression que mes fils se doutent de quelque chose. Ils sont très fort en transmission de pensées.
- C'est de famille. - Comment elle était ma mère?
Elle ressemblait à tes filles.
Elle était très drôle. Ton père était fou d'elle.
Qu'est ce qu'il lui dit?
J'arrive pas à entendre, elle fait du brouillage.
- J'ai l'impression qu'elle parle de notre grand mère. - Ah oui?
- Et qu'elle est en colère contre les racistes, un truc comme ça. - Ah oui?
Tu sais, tu retrouveras plus rien.
200 ans pour eux, c'est 8 générations. Ils meurent jeunes.
Je sais.
Mais j'arrive au milieu de ma vie, j'ai envie de connaitre la famille de ma mère.
- Tu reviens quand maman? - Dans pas longtemps mon trésor.
Mesaul, tu leur feras faire leurs devoirs de télépathie.
T'inquiète pas. Et elles doivent pas manger tout le cerisier.
- On pourra dormir chez les voisins? - Oui, mais vous faites pas les folles toute la nuit.
Maman, est ce que je pourrais nager loin dans le lac tout seul?
Ah non, tu n'y vas pas tout seul. Tu y vas avec Mesaje.
- Vous les surveillez. - Oui t'inquiète pas.
Pourquoi tu veux aller là bas?
- Pour savoir d'où je viens. - Hein?
Oh les grands arbres!
Ils sont beaux!
C'est drôle ce truc gris qui recouvre tout.
Ils ont pas de terre ici?
Comment ils font pour faire pousser les plantes?
Bah c'est quoi ça?
C'est une crotte!
Encore une autre!
Zut, ils ont pas de toilettes?
Heureusement que j'ai les chaussures d'Osam.
On dirait qu'il y a quelqu'un. Je vais essayer mon programme de langue.
Guten Tag. Verstehen Sie was ich sage?
No speak English.
And now? Do you understand me now?
Je vous dis que je parle pas l'anglais!
- E questo lo capisci? - No comprando.
Hola. Qué tal?
- Et là quand je parle comme ça, vous me comprennez là? - Vous vous foutez de ma gueule?
Ça y est, c'est la bonne.
Pardon madame, c'est quoi la langue qu'on parle là?
C'est de l'allemand, du français, de l'espagnol?
Vous êtes complètement folle? C'est quoi cette tarée habillée en carnaval?
Et je travaille moi, hein!
Et j'ai pas que ça à faire, de répondre à tous les cinglés qui passe!
Merci madame. Au revoir madame.
Pas commode la dame. Et elle a pas du tout l'air de porter une robe Empire
***Bruit sourd***
Nicole, qu'est ce que tu fais?
Mais tu sais bien qu'ils ont trois semaines ces gâteaux.
Pardon monsieur. Est ce que vous pouvez me dire dans quel pays on est ici?
Bah on est en France ici.
Formidable. Et le nom de la ville c'est quoi?
- Quelle ville? - Ici.
- Comment ça, "ici"? - Ici c'est quoi comme ville?
Vous vous foutez de ma gueule? On est à Paris ici.
Ah merci, excusez moi je savais pas. Merci monsieur.
***Bruit sourd***
Putain.
Ça j'en ai marre. Et puis ça. Voilà!
Ohlala l'air.
Ça doit être ça qu'on appelle la pollution.
Ça fait mal.
Il faut absolument que je trouve de l'eau pour appeler chez moi.
Et je vois aucune robe Empire à l'horizon.
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