The first 200 lines.
Que fais-tu ?
Ma lettre au Maréchal. Elle doit arriver lundi. Tu veux que je te la lise ?
Si tu veux.
Monsieur le Maréchal, depuis l'été les soldats allemands sont parmi nous
et nos soldats sont en Allemagne. Ce serait bien trop facile
si les soldats allemands étaient en Allemagne et nos soldats à la maison.
- D'où tu as pris ça ? - Je ne sais pas. Ce n'est pas bien ?
Oui.
Mais tu dois faire un effort, c'est presque illisible.
Tes A ressemblent à des O. Je te l'ai dit cent fois.
Et tu ne peux pas écrire diablement simple. Dis juste... ce serait bien.
Ou quelque chose comme ça.
Mais alors ce sera plein de mots barrés !
Alors réécris-le.
- Mais j'aurai moins de pages. - Alors utilise une nouvelle feuille ?
Il était temps, hein !
Les Allemands ont renforcé les contrôles pour le 11 novembre.
Je suis tombé sur un checkpoint où ils fouillaient la camionnette.
Heureusement, nous n'avions pas encore les tracts.
Bon après-midi.
Bonjour Madame, voulez-vous que je lise ma lettre au Maréchal ?
Nous n'avons pas le temps, Gustave. Recopie ta lettre et fais attention.
- Bien. On continue ? - Bien sûr. Qu'est-ce que tu crois ?
Suzanne, le plan partait du principe que ton emploi du temps restait normal.
Nous avons une heure pour les tracts. Puis tu seras à 9 heures au bureau de poste.
Les gens te verront arriver en retard.
Mais ce n'est pas nécessaire. Il n'y aura pas beaucoup de monde à la sortie du garage.
Et même si quelqu'un me voit à 9 heures, cela ne prouve pas que je suis sorti de Sayolle.
Je pouvais aussi être arrivé à 8 heures et être reparti ensuite.
- Vers où ? - Je ne sais pas.
Dans un café ! Par ce froid.
Le seul café ouvert est le Station Café, et le propriétaire te dénoncera.
Dis-le, et tu dormiras en cellule.
Bien. Je suis sorti à 8 heures de Sayolle. J'étais en retard à cause du checkpoint.
J'ai posé les tracts sur le quai et je suis ensuite allé au cimetière.
Je prie souvent sur la tombe de mon père ; Il n'y a jamais personne.
- Pourquoi as-tu d'abord mis les documents ? - C'est la règle.
Nous devons déposer les documents sur le quai dès notre arrivée.
La règle dit que c'est la première chose à faire. Ça pourrait marcher.
Si quelqu'un te voit à 9 heures, il sait que tu mens.
Mais personne ne viendra. C'est une impasse inquiétante.
- Qui travaille avec toi aujourd'hui ? - Madame Morvandieu.
Elle n'arrive jamais avant dix heures et demie. Jamais. Elle vient à pied. Elle a des rhumatismes.
Je peux ?
Pardon, bien sûr.
Merci.
Écoute, Gustave.
Aujourd'hui je ne t'emmène pas à l'école à vélo.
- Quoi ? Pourquoi pas ? - À cause du travail, Gustave.
Je dois emmener cette dame au travail.
Donc tu y vas à pied.
Mais je n'aime pas marcher dans le noir. Et il fait froid.
Pas de discussion, Gustave. Je n'y peux rien.
Et écoute, si quelqu'un demande cette dame, dis que tu ne la connais pas. D'accord ?
UN VILLAGE FRANÇAIS : Saison 1 - Épisode 6 CHOC DE FROID.
Suzanne, attends un moment.
La corde est trop serrée. Je n'arrive pas à mettre les tracts.
Zut. C'est plus serré que d'habitude !
Probablement à cause de l'inspection allemande du 11 novembre.
Qu'est-ce qu'on fait ? On ne peut en mettre qu'une vingtaine. Ceux de l'extérieur.
On ne peut pas prendre de risques pour vingt tracts.
- On doit couper la corde. - Comment on refait les nœuds ?
- On refait des nœuds. - Ça va se voir
si les paquets sont différents,
la police demandera pourquoi tu ne l'as pas signalé.
Tu as de la corde à la scierie ? Ce n'est pas loin.
Tu as peur !
Et toi non ?
Si.
Le gardien de nuit de la scierie est parti.
Schwartz et les premiers ouvriers arrivent à 9 heures.
Quelle heure est-il ?
Sept heures quarante-cinq.
Nous avons 30 minutes pour les tracts, 10 minutes à la scierie
20 minutes pour refaire les nœuds
10 minutes pour aller au bureau de poste. Ça peut encore marcher.
Ça dépend de toi.
- Tu veux encore du café ? - Non merci, j'ai fini.
Il fait froid ce matin ! Je dois aller à la soupe populaire. Tu viens ?
Est-ce vraiment nécessaire ?
Tu es encore la femme du maire.
Et la plus belle femme de Villeneuve.
Marchetti, tu ne penses pas que c'est la plus belle femme de Villeneuve ?
- Je ne peux pas dire ça. - Même si c'est moi qui le demande ?
Tu vois, tu l'ennuies avec tes questions.
Quand on mange, on ne pose pas de questions.
- Vraiment ? - Bien ! Je vais me préparer.
- On s'y habitue. - Je crois qu'on s'habitue à tout.
C'est vrai.
Docteur, le voisin de Camille s'inquiète.
Il ne l'a pas vu depuis avant-hier.
- Très bien. Appelle le Secours National. - Non, j'y vais moi-même.
Le vieux Camille est un peu ennuyeux, mais je l'aime bien.
- Bonjour, Lucienne. - Bonjour, directeur.
J'ai demandé au Feld-maréchal Wagner d'être présent à la
lecture des lettres pour le Maréchal.
Bien.
Le Maréchal a dit que nous devons coopérer, alors nous le faisons.
L'Inspecteur fera bonne impression.
J'espère que ma présence ne vous dérange pas trop, mademoiselle.
- Non, non. Pas du tout. - Mon frère est professeur à Saarbrücken.
Herr Feldwebel, vous vous asseyez là, je m'assieds ici
et monsieur Foulquier peut s'asseoir où il veut.
- Est-ce le monsieur Foulquier qui... - Oui. Oui, oui. J'ai vu votre dossier.
L'affaire a été malheureuse, mais ils l'ont
finalement classée sans suite. Ne vous inquiétez pas.
- Te voilà. - Je ne viens normalement pas à pied.
Donc je suis venu tôt, il faisait froid.
Tu as bien fait. Papa ne pouvait pas t'emmener ?
Ah, Gustave Larcher ! Tu as préparé ta lettre, j'espère ?
Ah oui, Monsieur. Et même mon père a dit que c'était bien.
Eh bien, montre voir.
Excusez-moi. Nous avons un problème avec la lumière
en bas. Avez-vous les clés du tableau électrique ?
- Bien sûr. Pouvez-vous nous montrer le chemin, Lucienne ? - Tu restes ici, je reviens tout de suite.
Tu as dit que le veilleur de nuit n'était pas là ce soir.
C'est Marcel ! Je ne sais pas pourquoi il vient à cette heure.
Il fait froid. Réchauffe-moi.
Est-ce qu'il vole de la corde ?
Je ne peux pas rester.
Laurin revient toujours tôt le matin pour la traite.
Tu es...
Et Jeannine ? Que vas-tu faire ?
Rien.
Ça passera.
L'État français s'exprime par moi
et vous assure de sa sincère solidarité.
Ces couvertures et cette soupe sont offertes par la sous-préfecture
avec l'aide de l'Agence alimentaire et du Secours National.
Ces couvertures et cette soupe sont la chaleur de la
renouveau français que nous devons construire ensemble.
Sous la direction du vénérable et glorieux vainqueur de Verdun.
Merci.
Je pense que nous pouvons maintenant aller à la distribution de la soupe.
Un très bon discours, Monsieur le Sous-Préfet.
Arrête.
Les Français sont surtout des estomacs.
Avec le froid et les Allemands qui emportent tout, c'est normal.
Ils ne prennent pas tout, chère madame. C'est un mythe.
Il est étrange de ne pas commémorer le 11 novembre.
Je veux dire, j'ai vu que vous l'avez appelé le vainqueur de Verdun
c'était très bien.
Monsieur le maire. L'inspecteur Marchetti signale que le vieux Camille est décédé.
Et il vous attend pour le certificat de décès.
Pauvre homme, je l'aimais bien.
Il est important que nous attendions von Ritter.
J'y vais. Un certificat de décès n'est pas si compliqué.
Ce n'est pas drôle.
Mais j'en ai déjà fait d'autres, tu te souviens ?
Et c'est toujours moins ennuyeux que les discours de Servier.
- Je viens avec toi. - Essaie d'obtenir des noms
des personnes que nous devons prévenir de son décès.
Monsieur le maire, Monsieur le sous-préfet.
Vous devez empêcher toute manifestation patriotique le 11 novembre.
Ne vous inquiétez pas. Si les gens sont satisfaits, ils ne réfléchissent pas.
Pourquoi pensez-vous que nous avons organisé cela aujourd'hui ?
Très bien. Nous mettrons deux postes de garde le
monument aux morts sur la grande place à surveiller.
As-tu peur que les morts manifestent ?
Sache que mon père est mort à la Somme en 1917
et je regrette qu'il ne puisse y avoir de commémoration,
mais comme mon père, je suis soldat et j'obéis aux ordres.
Je pensais qu'après Montoire il y aurait quelque chose pour les prisonniers.
Ça viendra. Le Maréchal sait ce qu'il fait.
Mais garder le monument aux morts... Non, ce sera...
Tu as vu qu'ils ont mis trois L dans éternelle ?
Je ne l'avais pas vu. Ennuyeux.
En tout cas merci d'être venu avant de commencer votre travail,
madame Morvandieu. Mon rhumatisme me fait souffrir. Je suis content que ce soit tôt fini.
Soudain je suis tôt. En un jour comme aujourd'hui nous n'aurons pas beaucoup de
de gens au bureau de poste.
Je descends ici. Nous ne pouvons pas risquer d'être vus ensemble.
Ça va marcher ?
- Qu'est-ce qu'on risque vraiment ? - Aucune idée.
Tu n'es pas obligée de faire ça, Suzanne.
Non, bien sûr que non. Mais finalement si. Maintenant.
Nous devons y aller. Le temps presse.
Rappelez-vous : Pas de contact pendant trois jours. Quoi qu'il arrive.
Je commence maintenant ou j'attends ?
On peut tout aussi bien attendre. Tous ces enfants disparus me dérangent.
On lui dira que c'est à cause du froid.
Foulquier est un salaud, mais pas idiot.
Il peut même demander une liste des absents.
Toi, réveille-toi !
S'il vous plaît, asseyez-vous. Asseyez-vous.
- Directeur. - Inspecteur.
Mademoiselle Borderie.
Nous sommes heureux que vous soyez ici pour cette grande occasion.
Ah oui. Je veux leur dire quelque chose avant de commencer.
Allez-y.
Enfants, vous êtes l'avenir de la nation française
en écrivant au Maréchal, vous écrivez à la France.
La vraie France, libérée de ses mauvaises habitudes
des mensonges qui lui ont causé tant de tort
et des parasites qui se sont enrichis sur son dos.
Mes chers enfants, le Maréchal vous entend.
Un instant. J'ai invité le Feldwebel
qui habite dans l'école. Je vais le chercher.
Ah oui.
Il aurait dû éviter cela le 11 novembre.
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