The first 200 lines.
Je n'ai pas pu vous distraire.
Vous souffrez !
Je sais que je vous agace mais je suis votre plus vieil ami.
Si vous vous taisez, je vous parle.
Hélène, vous avez tout lâché,
..tout sacrifié pour un amant qui ne vous aime plus.
-Jean m'adore et je l'adore. -Vous savez ce que je veux dire.
Observez-le.
Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour.
Notre bonheur dérange nos amis.
Je regrette, je suis heureuse.
-Je devais vous mettre en garde par amitié.
Bonsoir Jacques.
La pièce était bien longue, je meurs de fatigue.
Bonsoir.
Jean ?
Vous m'avez fait peur.
-Je suis venu en courant m'excuser de cet oubli stupide.
Aucune importance entre nous.
Je suis très lasse.
-J'avoue avoir oublié notre dîner ce soir.
Je suis impardonnable.
Aimez-vous cette boîte ?
J'aime l'or. Il vous ressemble.
Chaud, froid, clair, sombre, incorruptible.
Quel bel objet !
Merci...
-C'était mon cadeau d'anniversaire. -Notre anniversaire ?
-Déjà deux ans que nous décidions de vivre l'un pour l'autre.
Je suis un monstre !
Pas de reproches.
Nous avons tous des reproches à nous faire.
Des reproches, toi ?
-Moi. -Raconte.
-Peut-être ne vaut-il mieux pas. -Et notre pacte ?
N'était-il pas de nous confier l'un à l'autre sans réserve ?
C'est ce qui me gêne...
J'hésite à vous parler. Je crains de vous faire du mal.
Du mal, toi ?
Voilà, Jean :
..c'est arrivé peu à peu, malgré moi, sans m'en rendre compte.
Je ne riais plus, je ne dormais plus. Cela ne venait pas de vous.
Vous êtes merveilleux comme d'habitude.
Mais moi, je change.
Je m'interroge : pourquoi n'ai-je plus la même impatience ?
Pourquoi je ne souffre plus de l'attendre ?
Pourquoi plus de coup quand il arrive ?
L'ascenseur qui monte ne me bouleverse plus.
Hélène !
C'est affreux,
..mais je veux être franche : mon cœur se détache de vous.
Je m'attends à tous les reproches, à tous les noms.
Je me suis donnée les pires. Un seul m'indignerait,
..celui de femme fausse. -Hélène, vous êtes merveilleuse.
Vous avez parlé la 1re, j'ai été coupable le 1er.
L'histoire de votre cœur..
..est mot pour mot la triste histoire du mien,
..mais je n'osais pas vous en ouvrir la bouche.
Quelle leçon !
-C'est vrai ? -C'est vrai...
Hélène, vous êtes belle ! Vous êtes étonnante !
Je vous découvre.
Félicitons-nous,
..il eût été atroce d'aimer plus longtemps l'un que l'autre...
Oui, atroce...
Qu'allons-nous devenir ?
-Nous ne sommes dupés ni vous ni moi. Pas de rupture grotesque.
Nous nous reverrons
sans l'affreuse convalescence des amours qui finissent.
Pas de ruses, pas de découvertes, pas de dégoûts.
Vous reprenez votre liberté, vous me rendez la mienne.
Nous retournerons dans le monde. Nous échangerons des confidences.
Si j'ai à vous en faire,
..ce dont je doute car vous m'avez rendu difficile.
Et connaît-on l'avenir ? Peut-être comprendrai-je vite que vous étiez..
..la seule capable de me donner le bonheur...
Vous parcourrez peut-être la même route et un jour on se retrouvera.
Et je vous resterai fidèle.
Et si vous ne me trouviez plus ?
Car tout est possible.
Je peux m'éprendre d'un autre, même s'il ne vous vaut pas.
Ce serait naturel.
Bonne nuit, Hélène. -Bonne nuit, Jean.
-Prenez toutes les communications...
Je ne suis là pour personne. -Pour personne ?
Pour personne.
Je me vengerai.
-Ma chérie, tu as une mine affreuse !
Merci ! Quelle bonne nouvelle !
Je dis ce que je pense.
Dépêche-toi. -Pour voir ces imbéciles ?
-Ils t'attendent et t'envoient des fleurs superbes.
-Laisse ces fleurs tranquilles. -Que tu es nerveuse !
Il faut bien les emporter à la maison.
-Je les déteste, surtout venant d'un ivrogne.
-Tu es folle ? -Non.
Tu es très méchante ce soir, Agnès.
Pardon maman. Je suis fatiguée.
Suivez cette voiture.
Oui, c'est moi.
-Hélène ! Comment êtes-vous ici... Venez vite...
Il faut que je vous gronde.
Trois ans, sans signe, sans lettre.
J'ai cru que vous nous aviez oubliées.
-C'est la célébrité d'Agnès qui m'a mise sur votre piste.
Sinon je ne vous aurais pas retrouvées.
-Vous connaissez nos malheurs ? -Je les soupçonne.
-La ruine après notre arrivée à Paris,
..cet appartement, et moi, attachée à mes meubles qui partent.
Mes commodes, mes bergères, mes lustres,
..ce que j'avais ramené de la campagne.
Dieu vous préserve de la pauvreté.
-Et Agnès ? -Un ange !
Elle s'est résignée. La danse était sa vie.
Elle voulait vivre pour la danse et non danser pour nous faire vivre.
Elle a renoncé..
..en une minute à ses véritables aptitudes.
À l'Opéra, à la gloire. Coups
Elle a le succès.
Rires d'hommes -Fichez-moi la paix !
Assez ! Vous êtes chez moi !
Agnès, ma petite fille...
Je ne suis pas ta petite fille,
..mais une grue. Qu'on me foute la paix !
Mon Dieu, mon Dieu.
Je suis consternée...
-Je ne vois et je n'entends que ce que je veux.
-J'étais si heureuse de vous revoir !
Allons, allons...
Quelle horreur ! Quelle horreur !
C'est fini...
Tout est fini. -Rien n'est fini, je suis là.
On ne peut plus rien pour nous.
-Laissez-moi faire. -Il n'y a plus rien à faire.
-Il y a tout à faire et tout de suite. C'est simple.
Du calme. -Je n'en peux plus.
-Écoutez-moi, vous allez avoir une vie digne de vous.
Quel est l'intérêt pour vous ?
-Cette petite ne peut pas rester dans ce gâchis. Je dois intervenir.
Il importe de rompre avec ce désordre.
Et de vous trouver un moyen de vivre moins dangereux.
C'est impossible.
-Agnès renoncera à s'exhiber en public.
Vous fuyez cette maison et les hommes qui l'envahissent.
Je vous installe.
-J'ai des dettes... -Je m'en charge.
Vous ne verrez plus personne. -On nous retrouvera !
Pas si vous ne le voulez pas.
Reprenez votre vrai nom. Effacez 3 ans sur la page de votre vie.
C'est possible.
Pas de reconnaissance... Suivez seulement mes conseils.
-Vous êtes un ange... -Nous sommes tous des anges.
Obéissez-moi et ne vous mettez pas la figure à l'envers.
Vous aurez quitté cette maison demain.
Détendez-vous. Dormez.
Ne me reconduisez pas.
Agnès ! Agnès !
-C'est sinistre. -Un piano !
On ne me laisse que la musique...
-On ne t'empêche pas de danser. Danse.
Tout cela est-il indispensable ?
Tu mesures dans quoi tu nous embarques ?
-Nous vivions un cauchemar... -Et ici, c'est le rêve ?
Mais regarde !
C'est une prison...
-Des arbres ! Tu as une vue ravissante sur le square.
Pourrais-je regarder dehors ?
Non, non chère Madame.
Vous oubliez nos conventions, ne me remerciez plus.
À 3h au Bois cet après-midi.
Ne vous éloignez pas trop de la Cascade.
Agnès doit s'ennuyer à la maison, elle aimera sortir.
À la Cascade. Vous m'avez parfaitement comprise.
Je sors. Pour le déjeuner, nous serons deux.
-Alors, vous fermez votre porte à tous ?
Vous avez un secret. Nous devons tout nous dire.
-Les gens m'assomment. -Et Jacques ?
-Je ne tiens pas à le voir. -Vous m'aimez encore.
-Peut-être... -Et vous vous rendez irréprochable.
Peut-être...
-Je vous crois capable de tous les héroïsmes.
Je peux être héroïque s'il le faut.
Pourquoi vivre si seule ?
Vous êtes faite pour qu'on vous aime et qu'on vous admire.
Profitez de vos charmes de femme..
..et de vos vrais charmes,
..ceux de magicienne. -Inutile mon cher Jean...
..mon cœur est calme, qu'il le reste.
Votre amitié suffit à me rendre heureuse.
-Que notre rupture ne vous condamne pas à la solitude.
-Vous me conseillez Jacques ? -Oui.
Un conseil d'ami ?
Un conseil d'ami.
-Je ne vous lâche plus. Allons faire une promenade.
Je vous emmène au spectacle.
-Avec ce soleil ? Je détesterais m'enfermer dans le noir.
Va pour la promenade. Où ?
N'importe où... Au Bois ?
Des revenantes : mes voisines de campagne d'il y a 3 ans.
Voici l'un de mes meilleurs amis.
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