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Le miso-ramen d'ici est délicieux !
N'est-ce pas ? Le meilleur du département.
Non, de tout le Japon, même !
Alors c'est le meilleur du monde.
C'est quoi, ton nom ?
C'est vrai, enchanté : je m'appelle Hosaka.
Enchanté de même. Je suis Seiji Hori.
Heureux de te connaître.
C'était dur, hein, ce matin ?
C'est de la merde, ce chantier.
Plein de fuites et de roches.
Vraiment ? J'ai pas de bol, alors.
C'est pour ça qu'ils ont besoin d'aide extérieure.
Ouais, je suis en intérim, c'est comme ça.
- Tu as fait beaucoup de chantiers ? - Pourquoi ?
Ben, t'es bronzé tout noir !
Ça vient pas du boulot.
J'ai vécu en Thaïlande.
En Thaïlande ?
Jusqu'à quand ?
Jusque avant de venir ici.
Tu as quel âge ?
36 ans.
Presque comme moi, alors.
Tu faisais quoi, là-bas ?
En Thaïlande ?
Eh bien...
Regarde l'heure, on doit y aller.
Ah, c'est vrai.
- L'addition ! - Merci beaucoup.
Quelle chaleur ! C'est dingue de bosser sous ce cagnard !
C'est aussi comme ça, là-bas ?
Ouais, tout le temps.
Tout le temps...
Excuse-moi.
Tu pourrais vérifier si du sable obstrue la pompe ?
D'accord.
C'est rempli d'eau, ici !
Oui. On est au plus bas de Kôfu. Il y a une source naturelle.
Pigé.
Hé, l'eau jaillit fort ! C'est pas grave ?
C'est bon.
- T'es sûr ? - Oui.
Seiji, tu peux remplir des sacs de sable ?
Ça finira jamais !
On crève de chaud.
- Duraille, hein ? - Oui.
Tout seul, dans le trou...
- Les égouts, c'est le plus dur. - Ah oui ?
Au fait, jusqu'à quand je peux bosser ici ?
- Pour le trou... - Oui ?
Une fois les plaques mises, on creuse, et on met la plomberie.
Vu le chantier, on mettra deux tuyaux par jour.
Dans un meilleur chantier, on en mettrait six par jour.
Au site de Takané, on en mettait sept.
Ici les routes sont étroites, c'est plus dur.
Bon. J'espère quand même bosser longtemps ici.
C'est dur, mais tu t'y feras.
La chaleur, je supporte.
C'est vrai, il a vécu en Thaïlande.
En Thaïlande !
Vous faites la paire !
Pas vrai, chef ?
Ce bon vieux Seiji...
Il s'est maqué avec une hôtesse thaïlandaise.
Qu'est-ce qui vous plaît tant, en Thaïlande ?
C'est presque directement à elle, que je verse ton salaire !
C'est vrai ? Tu vas souvent en Thaïlande ?
Jamais ! Seiji n'a pas de passeport.
J'entends beaucoup parler de ce pays, en tout cas.
Pourquoi tu vas pas dans des bars à hôtesses japonaises ?
Toutes ces filles débarquées au Japon...
Mais tu finiras quand même avec une Japonaise, non ?
Non, les Japonaises sont arrogantes.
"Venue du Village de l'Eau, l'Eau du Soleil Ardent.
"L'eau fait entendre sa voix.
"Eau du Soleil Ardent."
- C'est moi. - Coucou !
On crève de chaud !
Quelle chaleur !
Douche, ou dîner ?
Ou alors, le lit ?
T'es tout sale, t'assieds pas !
Lève les mains.
Lève les mains !
Habille-toi un peu.
Regarde. J'ai pas un peu grossi des fesses ?
Quoi, à ce point-là ?
Mais j'y peux rien !
Au boulot je passe mon temps à embellir les autres,
ces vieilles pleines de rides qu'on peut pas enlever !
C'est pas possible. Elles devraient laisser tomber.
Ce soir, Army Village est dans la place !
On a carrément la rage !
Impôts sur le revenu, impôts locaux...
On nous taxe, taxe, et retaxe, faut pas déconner !
Les vrais gangstas, c'est les politicards, putain !
Vas-y, D.J., balance le son !
Pour tous ceux qui m'emmerdent, voici : "Déconne pas !"
"An 2009, mind-control indétectable,
"Serpillière du pouvoir, Brutalisé par les lois,
"Taxes, retraite, sécu, impôts J'ai plus un rond pour vivre !
"Retenue à la source, C'est quoi ces conneries ?
"Une fois la source tarie J'ai plus rien à puiser !
"J'voudrais ne plus y penser : Pèze, pèze, pèze !
"Les richards ont tout, Combien ils pèsent ?
"Religion, politique, business Tous pareils !
"Plus ils se goinfrent, Plus ils comptent leur fric
"Trop tard pour se dire : Je m'en sortirai
"Génération 1982 D'un Easy Rider japonais
"Travailleur précaire, sois fier ! Déracine les gratte-ciel !
"Qui sont les fous, Eux ou nous ?
"On disait bien : 'Je sais, Mais je peux pas m'arrêter !'
"Une fois lancé, On ne m'arrête plus !
"Mèche allumée, tout va péter !
"Vous voulez niquer le peuple ?
"J'vous arrose d'essence !
"Détruis le futur, troue-le !
"Écoute mon flow, monte le son !
"En direct sur scène, On balance tout !
"Révolte ! Révolte ! Révolte !
"Déconne pas avec moi !
"Politicard, déconne pas avec moi !
"Japon, déconne pas avec moi !"
Allez !
C'était cool ce soir,
mais personne écoutait les paroles.
Ces bouffons, ils veulent juste se déchaîner.
Ça date pas d'hier.
Pour eux, peu importe ce qu'on raconte.
T'es en forme, aujourd'hui !
Peu importe ce qu'on raconte !
Il est à fond dedans.
En tout cas, les mecs...
Faut se bouger...
Hé, faites tourner ! Qui c'est qui l'a ?
On va où, maintenant ?
À un nouveau club.
C'est vrai ? Trop bien !
C'est tenu par un Brésilien.
C'est trop génial, y paraît !
"Toujours endormi,
"Toujours errant,
"Uniquement porté Par le courant
"Sans rien faire, Le luxe c'est pas pour toi,
"Crétin !
"Y'a plus d'essence,
"Espèce de crétin
"On fait un tour Avec ta tire, connard !
"Y'a plus de freins Et plus de suspension
"Continue de pioncer, Et lâche-nous, connard !
"J'ai plus un rond, Je peux pas sortir
"Elle claque le flouze en fringues
"Cette chaudasse de guarra
"T'es dans le Yamanashi Pige la différence !"
Allô ?
Bonjour.
Ici Amano.
M. Mori ?
Je viens d'arriver au chantier.
Très bien. Ce sont de braves types.
Je compte sur toi, d'accord ?
D'accord.
Je ferai de mon mieux.
Au revoir.
- C'était Fabio ? - Oui, de l'agence Freedom Work.
Tu sais qu'aujourd'hui tu es là pour charger et décharger ?
C'est d'accord ?
Voici le chef, M. Yamanaka.
Enchanté, je m'appelle Amano.
Fabio, c'est un métis japonais-brésilien ?
De troisième génération, non ?
Il est quand même fiable, il sait ce qu'il fait.
- Bon, on va s'y mettre. - Oui.
Seiji, donne-lui quelque chose à faire.
Pourrais-tu préparer des sacs de sable ?
Tu sais comment faire ?
Bien sûr, je vous remercie.
Hosaka va t'aider. Allons-y.
Tu vas te salir, avec cette tenue de charpentier.
Je croyais que ça irait, pour un chantier.
Non, on s'habille pas comme ça.
Mais c'est classe, comme ça.
Encore une pelletée.
Ça avance ?
Il nous en faut beaucoup.
Regarde-les.
Ils bossent dur. De vrais costauds !
Vous porterez les sacs au camion !
Tout de suite, monsieur.
Costauds, tu parles ! Des dopés oui !
Mais non.
M. Tomioka, ça monte à deux tiers.
T'es sûr ? Fais voir.
Ça va pas, ça.
Il faudrait que ça monte jusque-là.
Là où aucun homme n'est allé, pas vrai ?
C'est inutilisable.
Hé, ducon !
Donne-moi ça. Traite l'eau mieux que ça.
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