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C’est une arnaque.
C’est qu’un laveur de carreaux criblé de dettes.
Criblé de dettes et malhonnête
Un menteur, rien qu’un amateur
Tout ce qu’il avait sur lui, c’était cette bague.
Une bague, la blague Se marier quitte à pipeauter
Les vieux perdent la raison Il court à la pendaison
Une offrande qui te met à l’amende
Fallait pas faire cette demande
Ça vaut rien, voilà pour toi, vaurien
Remets cette pauvre roche
Là, dans ta poche
Et pour Shiho ?
Est-ce qu’elle va bien ?
Écoute-moi, Kakihana Tu sais, pour cette nana
Cette fois, arrête d’avoir la foi
Ton pognon, tes ronds
Elle est partie, c’était ça sa mission
Rien qu’une opération
Berné vieux borné Le braconnier qui t’a baratiné
Celui qui prévoyait de te dépecer, te tuer
C’était moi.
Ça suffira pour aujourd’hui. Faudra mieux se préparer.
FUYUKI YAMAMOTO APPEL ENTRANT
Attends, c’est pas le type qui veut les vidéos ?
Lui-même.
Réponds en haut-parleur.
Oui.
J’ai besoin d’un taxi, maintenant.
C’est soudain. Faut que ce soit moi ?
C’est toujours soudain.
J’ai une petite qui doit pas être vue.
Jusqu’où ?
Pas loin de Shibuya.
D’accord. Je suis là d’ici dix minutes.
Parfait.
Et ensuite ?
Il va sans doute me réclamer ces vidéos.
Fous-moi dans le coffre.
Tu m’appelleras pour que j’écoute la conversation.
Ça, c’est non.
Jusqu’à preuve du contraire, c’est un banal client.
Bon, demande-lui pourquoi il court après ces vidéos,
et s’il connaît Yano.
Tu me feras un compte-rendu.
Il crachera pas le morceau.
Exactement. La seule solution, c’est la violence.
Allez, laisse-moi lui faire face. J’ai ces vidéos, après tout.
Il crève d’envie de me voir.
Non, c’est non.
Je dois filer. J’avais dit dix minutes.
Je m’incline.
S’il t’en parle, donne-lui un prix.
Celui d’un milliard.
Désolé, Odokawa. Au port de Shibaura, et vite.
Au port ?
Ah, c’est la fana de bain.
Un chat calicot…
Elle m’est pas inconnue.
Qu’est-ce que vous racontez ?
Je dois vraiment voir ce Ya… enfin, ce type ?
Ouais.
Désolé, mais c’est à toi de gérer ça.
J’ai pas ménagé mes efforts.
Ta proie ne valait rien.
Attends, il avait pas un rond ? Quelle arnaque, ce vieux…
Ah, ça me revient.
Vous vous êtes renseigné pour me céder ces vidéos ?
Je suis partant.
Vraiment ?
– Je les vends. – Combien ?
Un milliard.
Vous sortez cette somme de votre chapeau.
Attendez, c’était du sérieux ?
Du très sérieux.
C’est insensé. Vous profitez de la situation.
J’ai un acheteur pour neuf cent millions.
Un milliard ou rien.
C’est pas vrai.
Et qui ça ?
Ça vous regarde pas.
Si c’est du sérieux, je dois d’abord en discuter.
Discutez autant que vous le voulez.
Neuf cent millions, un milliard, tout me va.
Je vous contacterai.
Y a que dalle. C’est tout ce que ça rapporte ?
C’était pas vraiment leur concert.
Elle veut quoi, celle-là ?
Arrêter ces histoires d’arnaque.
Elle doit en parler à Yano.
Ça tombe mal.
Écoute, il se trame un truc mauvais. Il est vraiment occupé ?
Un truc mauvais ?
– Les vidéos… – Shiho !
Ils t’ont eue aussi, ma Shiho !
Je vais te protéger, tu vas voir !
T’en fais pas, Shiho. Je suis plus fort que j’en ai l’air.
Les arts martiaux ont aucun secret pour moi.
Que ce soit du sumo poids plume ou du jûjutsu !
T’emballe pas, papy. C’est terminé.
Shiho, non… Ils te forcent à dire ça, hein ?
On a passé de bons moments, non ? On se régalait, même !
Tu parles, c’était une torture pour moi.
Je veux plus avoir à m’infliger ça.
Des mensonges !
T’es une menteuse !
La Shiho que je connais aurait jamais dit ça !
C’est toi le menteur, pouilleux.
Mais pourquoi ?
Tu gagnes quoi à dire ça ? Ça peut pas être vrai !
Un tissu de mensonges !
Boucle-la.
AYUMU GÔRIKI
TU LE RECONNAIS ?
C’EST KAKIHANA, SALE CHÔMEUR
ON VA BOIRE UN COUP À YAMABIKO ?
Ça fait un bail, pourquoi pas ?
Tu reconnais Kakihana, là-dessus ?
Maintenant que vous le dites, oui.
Pas sûre que j’aurais deviné seule.
Je me disais.
Odokawa l’a reconnu au premier coup d’œil. Comment ?
J’ai toujours cru qu’il avait une sacrée mémoire,
mais il y a autre chose.
Oui, je pensais à de l’intuition.
Ou une forme de synesthésie.
De synesthésie ?
Lorsqu’un sens est stimulé,
un autre réagit en conséquence.
Comme associer couleurs et sensations à des sons et des lettres.
Odokawa doit avoir une sorte de référentiel propre
grâce auquel il reconnaît les gens.
Je ne sais pas si ça peut être lié,
mais il parlerait à quelqu’un chez lui.
Et ça n’a rien d’un monologue.
Admettons qu’il soit vraiment seul,
ça pourrait bien être un ami imaginaire.
Quelqu’un qu’il s’est inventé ?
Oui.
Tu le sais peut-être,
mais avec son abandon,
il a commencé à vivre seul dès l’école primaire.
Seul ?
Une association aidant les mineurs isolés
lui versait une sorte de pension.
Il se targue d’avoir jamais manqué de rien,
mais cette histoire d’ami imaginaire
pourrait bien être la preuve qu’il ne l’a pas si bien vécu.
Vous vous connaissez depuis quand ?
Trois ans, je dirais.
Avant les consultations de cette année, alors.
Il fréquentait déjà la clinique ?
Pas du tout, j’étais tout simplement un de ses clients.
– Ça y est, on est lancés. – Oui.
Hier, Osaka, et aujourd’hui, le pays entier.
C’est ça, les Homosapiens à la conquête de Tokyo.
La classe.
Ils me barbent, éteignez donc.
– Oui. – Va falloir carburer.
T’as quel âge ?
Trente-huit ans.
Moi aussi, mais t’en imposes sec.
T’as la langue bien pendue. Et la politesse ?
La politesse ?
Monsieur a ses exigences.
Le client est roi, hein ? Et moi, je suis un minable chauffeur ?
C’est quoi, une vindicte populaire ?
Mets pas tes échecs sur le dos des autres
ni sur tes origines. T’es le seul fautif.
Règle tes problèmes sans gonfler les autres avec.
Ça ressemble bien aux paroles d’un éminent médecin…
Tiens, ça te chamboule. Ça te donne un côté charmant.
Comment t’as deviné ?
Je suis médium.
T’as pas deviné mon âge, pourtant.
Les dons prennent bien des formes.
Moi, je perçois les âmes.
La tienne arrête pas de scander que t’es un médecin.
Dur de deviner ton âge, ton âme et ton corps étant séparés.
Bref, tu fais vieux.
T’es un marrant.
Et là, elle te scande quoi, mon âme ?
De pas tourner. D’aller tout droit.
Si on tourne, on arrivera plus vite à ta clinique.
Il avait vu juste. C’était bien un raccourci.
Je me suis dit qu’avec son odorat développé,
il avait senti l’odeur des produits médicaux.
Et c’est de la synesthésie ?
Il m’a assuré qu’il y avait aucune ruse
et qu’il m’avait chargé plusieurs fois.
Une bonne mémoire, alors.
Peut-être.
Dans tous les cas, c’est remarquable.
J’ai tranché sur de la synesthésie.
Je vais boire un coup à Yamabiko. Tu viens ?
Je ne suis pas sûre qu’Odokawa apprécierait.
Du tofu fourré et du radis blanc pour moi.
Un peu de surimi serait pas de trop.
Attends, c’est un autographe de Donraku Shôfûtei ?
DONRAKU CHEZ YAMABIKO
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