Le Plaisir

Le Plaisir

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Le Plaisir 1952 1080p BluRay REMUX AVC DTS-HD MA 2 0 fr
A Commentary by Alburro
Based on satranc's Z2, lots of OCR typos corrected

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BluRay
1080
TS
HD
REMUX
Published on: 2023-01-12
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The first 200 lines.

On a cherché comment vous présenter 3 de mes contes.

Pour moi, le plus simple était

que je vous narre moi-même ces histoires.

J'ai toujours aimé la nuit, les ténèbres.

Je suis ravi de vous parler dans l'obscurité,

comme si j'étais assis à côté de vous.

Peut-être que c'est vrai.

Vous devinez mon angoisse.

Car ces contes sont anciens

et vous êtes très moderne,

comme on dit quand on est vivant.

Enfin, nous verrons bien.

Voici la première histoire.

Il y avait bal, ce soir-là,

au Palais de la Danse.

Le formidable appel de l'orchestre,

éclatant comme un orage de musique,

crevait les murs et le toit,

se répandait sur le quartier.

Approchez, mesdames et messieurs.

Entrez, entrez. Ici, on danse, on s'amuse.

La foule entrait comme l'eau dans une écluse.

Les habitués s'en venaient des 4 coins de Paris.

Des gens de toute classe

qui aiment le plaisir tapageur, crapuleux,

frotté de débauche.

C'était des employés,

des souteneurs,

des filles surtout. Surtout des filles.

Des filles de tous draps, du coton vulgaire à la soierie.

Des riches, vieilles et diamantées,

qui couraient après leur jeunesse.

Des pauvres de 16 ans, pleines d'envie de s'amuser,

d'être aux hommes, de dépenser de l'argent.

Des habits noirs, élégants, en quête de chair fraîche,

de primeurs déflorées, mais savoureuses,

rôdaient dans cette foule échauffée,

cherchaient, semblaient flairer.

Au milieu de cette foule, apparut un homme.

Un homme maigre, vêtu en gommeux.

Il avait l'air d'une figure de cire du musée Grévin,

d'une caricature du charmant jeune homme

des gravures de mode.

Maintenant, mesdames et messieurs,

admirez le grand danseur de quadrille, M. Grandval.

Il dansait avec un bel effort,

mais maladroit.

Il semblait rouillé,

en essayant d'imiter les autres.

Il avait l'air perdu.

Lourd comme un roquet jouant avec des lévriers.

Tu danses bien.

- Comment t'appelles-tu ? - Frimousse.

- Et toi ? - Tu es belle.

Musique ! Musique !

Eh bien, mes enfants ! Maestro, continuez.

Musique !

C'est rien, ça !

C'est effrayant. Il va pas mourir ?

Mais non, il est simplement évanoui.

Georges, tirez les rideaux.

Garçon, un médecin. Au fond, à droite.

Combien les œillets ?

On a besoin de vous, docteur.

- Tu l'as trouvé ? - En haut, à gauche.

- Où ça ? - Là-haut.

- Vous êtes médecin ? - Oui, mais je viens...

Vous n'avez que la salle à traverser.

Un danseur a eu une syncope sur la piste.

Là.

Bonsoir, docteur. Vous me remettez ?

L'hiver dernier, à Nice, au Mainyold.

Nous avons dansé et la foule nous a séparés.

Cette fois, elle ne nous séparera pas.

Je suis ravi de vous avoir rencontrée.

Asseyez-vous. Vous avez soif ?

Georges, du champagne. Je reviens.

Non, je ne peux pas...

Je n'ai vraiment pas de chance.

- Vous avez des ciseaux ? - Une minute.

Vite, vite, j'ai quelqu'un de blessé.

Un cognac, docteur ?

Surtout pas. Pas maintenant.

- Voici les ciseaux. - Merci bien.

Partez.

- Que se passe-t-il ? - Ça va aller.

Qu'est-ce qui m'est arrivé ?

Où est Frimousse ?

Je suis là.

Vous allez la voir. Bougez pas, bon Dieu !

- Où habitez-vous ? - Rue des À...

Des A...

Rue des A...

Rue des Amiraux.

C'est...

De l'autre côté de la butte Montmartre.

Au bout de la rue...

Des Poissonniers.

Vous allez rentrer et vous mettre au lit.

Ça, par exemple !

Rue des Amiraux.

Et mon masque ?

Le voilà.

Tu vas aller danser, toi ?

- Pas toute seule. - Allez, va vite !

Oh, pardon.

Bonjour, madame.

Bonjour, monsieur.

Entrez, mesdames et messieurs.

Ici, on danse et on s'amuse.

Entrez, entrez.

Entrez, mesdames, messieurs.

M. le baron, bonjour.

Entrez.

C'était une haute maison,

d'aspect pauvre.

Une maison où habite une foule d'êtres misérables.

Un escalier gluant...

Je peux plus.

Un peu de courage, vous êtes presque arrivé.

Et Frimousse ?

- Hein ? - Elle va attendre ?

Oui, elle attendra.

C'est... encore au-dessus ?

Oui. Vous sonnerez 2 coups.

Votre femme doit être en train de dormir.

Non, elle a des insomnies.

Qu'est-ce qu'il y a encore ?

Ce n'est rien, madame.

Allez. Allez, allez.

Courage.

Il a été pris d'une faiblesse

dans un endroit public.

Dans un bal, naturellement.

- Vous saviez ? - Oh là là !

C'est pas la 1re fois qu'il prend un billet de parterre.

Ah bon ? Vous me rassurez.

Entrez, monsieur.

Il a pas dîné pour être souple.

Et il à pris une absinthe

pour se donner de l'agitation.

Oh, misère...

Attention aux 3 marches.

Pourquoi il tient tellement à danser ?

Là, là ! Parlons-en, oui !

Pour qu'on le croie jeune sous son masque.

Pour que les femmes le prennent pour un godelureau.

Leur susurrer des cochonneries.

Se frotter à leur peau, avec leurs odeurs, leur poudre,

leur pommade.

Monsieur.

Pourriez-vous m'aider à tirer la manche ?

Non, en haut.

Désolée, monsieur.

Merci bien.

Voilà. Les souliers, maintenant.

Ça, c'est le plus dur.

Ah, ça y est.

Si vous croyez qu'il se dérangera

pour me faire une place,

vous vous trompez.

Faut que je trouve mon coin à moi.

Ah... Jouisseur, va !

Il s'en va faire le jeune homme dans les bals ?

Dans tous, monsieur.

Il me rentre au matin dans un sale état.

Quel démon peut bien le pousser à ça ?

Le regret, monsieur.

Le regret de ne plus être ce qu'il a été.

Il en a eu du succès, cet homme-là,

plus que les ténors et les généraux.

Et il est bien encore pour son âge, non ?

Je vais lui faire une bonne bouillotte.

Ça vous étonne, ses succès.

Bah... non.

Vous l'avez pas connu dans ses beaux jours.

Moi, quand je l'ai rencontré,

j'ai été prise.

Prise comme un poisson à une ligne.

Il était gentil, monsieur.

Gentil à faire pleurer.

Il m'a emmenée chez lui, et puis...

Je ne l'ai plus quitté. Pas un jour,

malgré tout.

- Vous êtes mariés ? - Oui, heureusement.

Sans ça, il m'aurait lâchée, comme les autres.

J'ai été sa femme et sa bonne.

Quel métier faisait-il ?

1er garçon chez Marcel.

Quel Marcel ? Le coiffeur ?

Oui, celui de l'Opéra.

Celui qui coiffait toutes les actrices.

Je vais lui faire des compresses.

Ambroise coiffait les plus huppées.

- Ambroise ? - C'était lui.

Leurs pourboires lui ont fait une fortune.

Ces femmes-là sont pareilles.

Elles s'offrent un homme qui leur plaît.

C'est si facile.

Je l'ai attendu des soirées entières.

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