La ragazza che sapeva troppo
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LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP
C'est l'histoire d'un séjour.
Un séjour à Rome, lieu rêvé
par tous les Américains de 16 à 70 ans,
et Nora Davis en avait 20 : Jeune, pleine de vie, romantique.
Elle s'échappait de la réalité en se plongeant dans les polars,
et celui-là serait le dernier,
comme elle avait promis à sa mère et à Mme Ethel,
une vieille amie de sa famille qui devait l'héberger et la surveiller.
Vous permettez
Une cigarette ?
Merci, j'en ai...
Mais où je les ai mises ?
Je vous en prie, prenez-en.
Merci, merci beaucoup.
Prenez le paquet, j'en ai un autre.
Faites-le sans façon.
Merci.
Mesdames, Messieurs, veuillez attacher votre ceinture...
Nous allons atterrir à l'aéroport de Fiumicino.
Attention, attention...
Le vol 208 provenant de New York est arrivé.
Si vous voulez mon avis,
à Rome, faites-vous accompagner.
Venez, Pacini. Nous vous accompagnons.
- Vous n'avez pas le droit... - Ne bougez pas !
Je m'appelle De Vico.
- Oui, aujourd'hui c'est ton nom. - Un instant...
Il n'y a que mes affaires de toilette.
De toilette ! La cocaïne, c'est du talc ?
Avec ça, tu intoxiques toute la "dolce vita".
Ce ne sont pas des Kent,
mais des cigarettes à la marijuana.
- Allez, emmenez-le. - Mais vous vous trompez !
Allez, viens avec moi.
Veuillez préparer vos bagages pour le contrôle douanier.
Mademoiselle, vous avez perdu ça...
Merci.
S'il vous plaît, Mme Ethel Bartocci.
Miss Davis ?
S'il vous plaît, entrez.
Pardon, je vous ai fait mal ?
Non, ce n'est rien.
Je suis très content que vous soyez arrivée.
Quel mauvais temps !
Permettez-moi, Melle. Je suis Marcello Bassi.
Je suis le médecin.
Médecin ?
Mme Wignal ne va pas bien.
Ne faites pas cette tête...
Elle s'inquiétera.
Il y a une surprise pour vous.
Nora, enfin arrivée. Je commençais
à m'inquiéter. Viens, ma chérie, j'étais pressée de te voir.
Ethel !
Mais tu es une femme, maintenant. As-tu fait bon voyage ?
Non, ne m'enlace pas, chérie, j'ai un peu de grippe. Laisse.
Dans quelques jours je serai rétablie,
et nous ferons des balades. Tu verras, Rome est très belle !
Lui, il me voudrait toujours au lit. Les médecins !
Il le fait exprès, parce qu'il voudrait
te balader à ma place.
Il savait que tu venais, et il était excité comme moi.
Vous avez de la chance, vous, les jeunes.
Moi je fais des efforts, mais à mon âge...
Mais maintenant tu es là, et j'irai mieux.
Je ne veux pas vous effrayer, mais je suis inquiet,
et je vous prie de calmer Madame.
Son pouls est rapide. Mais je dois y aller.
Ecoutez...
Il y a un cardiotonique sur la table de nuit. Donnez-le-lui,
et si elle respirait mal, ou autre chose, appelez-moi.
Je suis à l'hôpital, voici le numéro.
Ce n'est pas loin. Après Trinità dei Monti, sur la droite.
Mais...
ce ne sera pas nécessaire, n'est-ce pas ?
J'espère que non.
Ça ira.
Mais, appelez-moi, même si ce n'est pas le cas,
si vous avez un souci.
Bonsoir, Mademoiselle.
Nora !
Mon Dieu !
Ethel...
Allô, Hôpital San Giacomo.
Allô...
- Hôpital San Giacomo, allô ? - Hôpital...
Je n'entends rien, allô ?
Aidez-moi...
Laissez-moi !
Mademoiselle...
Parlez... Que vous est-il arrivé ?
Elle est bourrée.
Elle est nue sous son manteau.
Ne me tuez pas ! Je n'ai rien vu, je ne dirai rien !
Laissez-moi...
Aidez-moi, sauvez-moi !
Calmez-vous, et racontez-moi ce qui vous est arrivé.
Vous ne voyez pas ? Là !
Du sang, du sang partout.
Quel sang ? C'est de l'eau...
Je vous en prie, aidez-moi, aidez-moi...
Suis-je au paradis ?
Non, vous vous êtes réveillée.
Ne bougez pas, ne vous fatiguez pas.
Vous êtes à l'hôpital, et tout va bien.
À l'hôpital ?
Mais alors, j'ai été blessée moi aussi ?
Appelez la police, une femme a été tuée.
Vous n'avez même pas une égratignure,
ma chérie, vous avez déliré à propos de la femme tuée.
Calmez-vous.
Bonjour, Mademoiselle, vous allez mieux ?
Je vous présente M. Facchetti.
Dites-moi, m'avez-vous déjà examinée ?
Je ne suis pas un médecin, je m'occupe de meurtres.
Commissaire de police.
Je peux vous renseigner.
Il y avait un homme avec un couteau et il l'a tuée.
Vous ne pensez pas avoir rêvé,
ou imaginé ?
Pourquoi vous ne voulez pas me croire, j'ai dit la vérité.
Changeons de sujet. Lisez-vous des polars ?
Polars ? Mais alors, vous ne...
Répondez, vous en lisez ou pas ?
Oui, mais...
Je vous conseille, Mademoiselle, de ne plus les lire, écoutez-moi.
Ce sont des lectures dangereuses.
Bonsoir, Mademoiselle, et bon séjour à Rome.
Voilà un cas charmant de névrose, de mythomanie,
déterminé, engendré par une forme d'alcoolisme précoce.
Le sujet a perdu la mesure du temps...
et de la réalité.
Comment ? Mais qu'est-ce que vous dites ? Alcoolisme ?
Je vous promets que je n'ai jamais bu de ma vie.
Vous le croyez !
Si jeune, et vous êtes déjà victime d'hallucinations,
inhérentes aux états avancés de l'alcoolisme.
Excusez-moi, Professeur, je suis désolé, il est tard.
M. Bassi, dites-lui que je ne suis ni folle, ni alcoolique,
et faites-moi sortir tout de suite, ou je ferai un scandale.
Regardez autour de vous.
Cela ressemble-t-il à un endroit où on tue des femmes ?
Allez. C'est Rome, ça, avec ce soleil, cet air pur.
Un rêve, peut-être, mais pas un cauchemar !
Et la police n'a rien trouvé.
Ce qui vous est arrivé est simple.
Vous étiez fatiguée et troublée par la mort d'Ethel.
Ajoutez à ça la frayeur de l'agression...
C'est normal d'avoir un choc nerveux, mais
maintenant vous devez tout oublier.
Je dis pas non.
Ça a peut-être été un choc nerveux,
mais je n'étais pas ivre, je ne bois jamais, je vous assure.
J'en ai éprouvé des émotions : La mort de Mme Wignal,
l'agression, le coup à la tête pendant la chute...
tout ça est vrai, n'est-ce pas ?
Oui...
Alors, pourquoi aurais-je vu des meurtres inexistants ?
Une conséquence du trauma à la tête.
Suis-je devenue folle ?
Non, je n'oserais pas.
Ecoutez, je ne rêve jamais, et j'ai la tête dure.
Si vous voulez, je vous joue la scène, seconde par seconde.
Montez la tête...
Ne bougez pas !
Voilà, c'était là.
Là, il m'a frappé.
- L'assassin ? - Non, l'homme qui a pris mon sac.
Puis, quand je me suis réveillée, j'ai entendu crier,
et j'ai vu la femme avec le couteau.
- Ce n'était pas un homme ? - Mais non, la victime...
elle râlait et criait,
et elle me fixait de ses yeux écarquillés.
Et le couteau ?
C'était ici, pas là...
et elle saignait, et le sang coulait partout, là...
il formait une flaque, énorme.
Puis un homme est arrivé, il était grand, très grand...
- L'assassin. - Oui...
Il s'est rapproché et a saisi le couteau.
Allez, vas-y !
Ça suffit, calme-toi.
Un instant, attends-moi !
Voilà les crimes qui se commettent à Rome.
Voulez-vous quelque chose ?
Non, il me semblait...
Mais j'ai compris... excusez-moi.
Après la nuit à Piazza di Spagna,
j'ai du mal à me contrôler.
Je comprends. J'imagine ce que vous avez éprouvé.
Vous voyez, mon Père, j'ai eu beaucoup de frayeur.
Tout était vrai, ou faux, qui sait ?
L'homme qui m'a agressée,
puis la femme avec le couteau dans le dos.
Essayez de ne plus y penser.
Tout le monde dit qu'il s'agit de mon imagination.
Peut-être, dans quelques jours je pourrai passer
par Trinità dei Monti sans éprouver aucune émotion,
et je ne me souviendrai plus de la femme assassinée.
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