The first 200 lines.
Tu vois, l'homme est différent du clébard.
Quand je dis l'homme,
je parle de l'être humain. Pas des hommes.
Parce que les hommes, on ressemble trop aux clébards.
On aime pisser sur des trucs,
renifler les chiennes,
on a une gaule au bout rose, comme eux.
On est territoriaux à donf. On protège les nôtres.
Sauf que l'homme,
il sait que la mort existe.
Il a le sens de l'histoire.
De la religion.
Tu vois, un clébard,
ça fête pas les anniversaires, ni Noël.
Ni Pâques, que dalle.
Un jour, Dieu les rappellera à Lui.
Ils vivent sans soucis.
Mais les gens comme nous se demandent toujours:
"Et si ?" Tu me suis ?
Alors quand tu dis
qu'on devrait pas faire ça,
je suis d'accord avec toi.
Mais on n'arrivera à rien en lézardant au soleil
et en se léchant le cul.
On est des hommes.
Enfin, t'es une meuf. Mais on est des hommes.
Bon, alors,
dis-moi ce que tu veux faire de ta vie.
J'en sais rien.
- Je pourrais... - Une seconde.
Y a quoi, man ?
T'as les yeux qui bavent.
Je t'annonce les tarifs.
20 $ devant, 40 $ derrière.
Alors ?
Et si t'allais lui faire un dessin ?
Que du jazz et des conneries.
Si tu reviens,
je t'explose !
T'as pigé ?
Espèce de taré !
- Ça va, Nola ? - Merci, D.
Amène-toi.
Putain, il te faut un videur.
J'ai pas besoin de ça.
Un demi ou une once ?
Une once, ça le fait. Le 4 approche.
T'avais ramené de l'herbe
chez mon frère, pour la finale.
Je m'en souviens. C'est pas pareil.
C'est de la top qualité, dans ce sac.
Du haut de gamme.
Y a du beau monde qui vient, le 4.
T'as envie de te faire du blé ?
Du beau monde ?
- Genre ? - Tu connais Skinny Black ?
Skinny Black !
Carrément.
C'est un vieux pote.
Il refourguait ses cassettes underground
au ciné plein-air, à l'arrière de sa Cutlass.
Plus maintenant. Il est disque de platine.
Platine ?
- Mieux que l'or, non ? - Il vit à Memphis.
Ils sortent tous les 4 juillet.
Je ferme le bar pour eux.
Ils m'indemnisent.
- Tu déconnes. - Sans déconner !
Skinny est plein aux as ?
Amène de la bonne herbe.
Ils veulent pas de la daube.
Tu veux me vexer ?
- J'essaie d'aider un pote. - C'est clair.
Deux pour le prix d'une. Si vous comptez vos sous,
vous allez kiffer.
Ces princesses font 2 danses pour le prix d'une.
Luscious, Phoebe et Lexus,
au satellite 1.
- Mike. - Ça gaze, D ?
- Ça va, ma poule ? - Sale temps, hein ?
Il pleut grave.
- Où est Lexus ? - Là-bas, satellite 1.
Profitez-en,
on a Monique au satellite 1.
- Amène-toi. Désolé, vieux. - T'es miro ? Je bosse !
Tu fous quoi ?
C'était ma 3e danse.
Conneries ! Le fric
tombe pas du ciel !
Parle-moi autrement.
J'ai même pas de quoi vivre.
T'entends ?
Mon ventre a dit: "Magne-toi."
Les meufs, matez ça ! Ça s'appelle "le clap".
Te marre pas. Je vais déchirer, ce soir !
Dis ce que tu veux. Je bosse plus en journée.
Je m'en fous, je prendrai un taxi.
C'est moi, le boss.
Je bosse pas
- avec les putes à routiers. - Tapette.
- Touche plus mes affaires ! - Tu délires.
J'ai poireauté une plombe !
Trudy s'est fait 500 $, hier soir !
500 $, t'entends ?
Celle avec la tache de naissance ?
En dansant pour le roi du coton.
- Elle est bonne qu'à baiser. - C'est pas juste.
Je me fais pas ça !
- T'as un problème, man ? - C'est moi, mon pote.
Vire de ma caisse, connard !
- J'ai ton blé. - T'as du pot,
j'ai un flingue !
Merde, D.
- C'est DJay, man. - Je viens en paix.
T'as du speed ?
Je suis pressé, fais pas chier.
Mate ça ! Combien ?
Je suis un mont-de-piété ?
C'est écrit sur mon front ?
Négocie.
- Allez ! - T'as eu ça où ?
Business.
Tu l'as taxé à des gosses ?
Du tout.
C'était mon trip.
- Ça marche ? - Comme les pros !
Fais voir.
J'en avais un, étant gosse.
- Pas un gros. - Celui-ci est mieux.
On négocie, D.
Ta gueule !
- O.K. Pour 1l4. - Quoi ?
Et quelque.
J'aurai plus au mont-de-piété.
T'as qu'à y aller ! Vas-y.
File-leur tes empreintes.
- Non, il est à toi. - File le sac.
T'assures. T'as le truc, ça déchire.
T'exposes ma came, là.
On va négocier.
On vient de négocier.
Stevie Wonder !
On a la dalle.
J'ai eu la compagnie d'électricité, pour un délai.
Je dois me déplacer et faire la queue.
Je peux pas faire la queue,
avec Roger.
Pas vrai, D ?
Skinny Black !
Viens ici.
Mate ça. C'est Skinny Black.
On va teufer chez Arnel, le 4 juillet.
- Trop fort, hein ? - Qui ? Toi ?
Avec Skinny, on va causer du passé.
Je suis censée avoir un orgasme ?
Tu connais des stars, toi ?
Aucune, dans cette piaule. C'est clair.
- Où est mon bébé ? - Pitié !
Je viens de l'endormir !
Il était D.J. À Booker T. Comme moi, à Westwood.
C'est pas le seul pro du flow, dans le coin.
C'est pas le seul.
J'ai besoin de temps pour souffler.
Je faisais pareil, au bahut.
Demande à tout le monde.
Demande à Carlos. Il te le dira.
Il était avec moi. Demande-lui.
On a besoin de ce délai.
Putain.
À l'époque, je roulais pas
en Bentley mais en keufmobile.
À l'époque,
j'étais triple platine.
- Je vais me doucher. - J'en ai rien à foutre.
Surveille Roger.
File-le à Shug !
Elle prend du temps pour souffler.
Et moi, je me prends du temps pour souffler quand ?
Cool, bonhomme.
Elle prend une douche. Pète un coup.
Chiale pas comme une gonzesse.
Sèche ces larmes.
Bouffe tes larmes.
Regarde. C'est quoi, ça ?
C'est bien, vas-y.
Écoute ça.
Ça tabasse, hein ? Encore.
Qu'est-ce que tu fous avec mon môme ?
- File-le-moi. - On joue.
Pas avec toi !
Quand il est calme, tu le fais chier !
Tu vas le rendre dingue !
Mollo, miss. C'est pas gratos.
On est justes, cette semaine.
Déballe tes charmes. On a de la visite.
Ça gaze, mec ?
Flippe pas. Elle mord pas.
Elle mordille juste un peu.
Putain !
Pourquoi on va plus au motel ? Au moins, y a la clim.
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