The first 200 lines.
Toutes les villes ont leur secret.
La nôtre a un jeu.
Les perdants restent ici, dans cette ville minable.
Les vainqueurs partent.
À Carp, au Texas, le meilleur est ailleurs.
C'est pour ça que les joueurs risquent tout.
La victoire t'appartient, si tu tiens jusqu'à demain.
Le verdict est proche.
Mais le jeu n'est pas censé te tuer.
Et il ne le fera pas.
Si tu te plies à une règle :
Ne pas paniquer.
Panic a commencé comme beaucoup d'autres choses ici.
Parce que c'était l'été,
et qu'il n'y avait rien d'autre à faire.
Le jeu avait commencé à la fin de l'année scolaire
et avait duré tout l'été.
Seuls les nouveaux diplômés peuvent participer.
Parfois, les joueurs sont 40.
Parfois, moins de la moitié.
Mais il n'y a qu'un seul vainqueur.
Tous les ans, il y a de nouveaux joueurs,
de nouvelles épreuves,
de nouveaux juges.
Panic a aussi ses fantômes.
JIMMY ET ABBY, VOUS NOUS MANQUEZ !
Nous ne disons jamais leur nom.
Ils savent où nous trouver.
Ils savent que nous resterons ici.
Sauf si nous jouons.
Et maintenant, ce que vous attendiez tous,
l'appel des diplômés.
Natalie Williams.
Ouais, bravo, Nat !
Bishop Moore.
Heather Nill.
- T'es en retard. - Ta gueule.
Hé, Ray !
Regarde. J'ai quelque chose pour fêter la fin de l'année.
- Yo, allons-y ! - C'est quoi, ce truc ?
Une carte de sortie de prison.
Quoi ? Ça pourrait t'être utile si tu veux voir ton père.
Ah ouais ?
Si ça protégeait des MST,
j'irais me taper la mère de Tyler.
Allez, t'es trop con.
Vous séchez vraiment la cérémonie ?
Ouais, carrément.
Vous êtes prêts ?
Mets les gaz !
Allez !
- C'est ma fille. - Bonjour, papa.
Parle à ton oncle.
OK. Un petit portrait. Rapprochez-vous un peu.
Heather !
On est là !
Coucou.
Regarde, des fleurs !
Merci, Lily.
Incroyable, t'es venue.
Bien sûr.
Je suis fière de toi.
Je t'ai même apporté un cadeau.
- Tu peux les tenir ? - Oui.
Ça t'obsédait quand t'étais petite. T'en voulais toujours plus.
J'avais sept ans.
Une fois, à Walmart,
t'en as bien secoué une centaine.
J'ai cru qu'on allait jamais ressortir.
Merci, c'est vraiment super.
Je voulais juste,
tu sais, marquer le coup.
- Qu'est-ce que tu veux ? - Rien.
T'as pas 20 balles ?
Ma bagnole est au garage.
Parait que c'est le starter.
Et vu ce que le pick-up de Bo consomme...
J'ai pas plus.
- T'es sûre ? - Ouais.
Le magasin te doit pas de l'argent ?
Je peux pas les forcer à me payer.
Je suis fière de toi.
Allez, Lily. On y va.
Merci. On se voit ce soir.
Je t'aime. Bye !
- Souris ! On est libres ! - Oui.
Parfait.
Allez, tirons-nous.
J'en peux plus de cet endroit.
- Un. - OK.
- Deux. - Deux.
Trois.
Merci.
On trinque à quoi ?
Fini le sport.
- Fini les shorts. - Ouais.
Dernière collecte.
Voilà. Donnez-moi votre flouze.
Dernière collecte.
- Il arrive. - Merci infiniment.
Dernière collecte.
Accouche.
Les cours sont finis. Je jouerai même pas.
Vois ça comme une assurance.
Ça va être un putain d'été.
Ouais, je...
Allez, Ray.
Je participerai pas. D'accord.
On participe tous, trouduc.
- Ray ! - D'une façon ou d'une autre.
Un dollar, et j'arrête.
Ray, laisse-le.
Tu veux ton dollar ? Rends-moi mon bras.
Je déconnais.
Oh, Bishop.
Hé !
Trinquons.
À l'amnésie totale.
Non.
Partielle.
Je veux pas tout oublier.
Vous faites quoi ?
On trinque à un futur sans Ray Hall.
- Oui. - Ce mec est une plaie.
Oui.
Tu te souviens ?
De la fois où t'as vomi, en quatrième ?
Il avait dit que Heather était enceinte.
T'avais fait croire à tout le monde qu'il avait la syphilis.
On ne touche pas à ma copine.
À la revanche.
À la syphilis.
- Non, sans moi. - Pourquoi ?
OK, j'ai une idée.
Prêts ?
T'as amené ton diplôme ?
- Oui. - Bizarre.
- Oui. - Oui.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je trinque.
Natalie.
Quoi ? Ça change rien, parce que...
C'est moi qui vais gagner... Panic.
J'adore cette chanson ! Allez, venez.
- Debout. Heather ! - Plus tard.
Non ! Maintenant !
- Non, non. Viens. - Non, plus tard. Je...
Je danserai pas.
- Bishop ! - Je t'emmène.
- Repose-moi. - Je t'entends pas.
Putain, fais gaffe !
Désolé. Ma main a glissé.
- Sur un briquet ? - Elle a glissé.
- Des fois, ça arrive... - Le truc, Dick-ins,
c'est qu'on a tous les nerfs un peu à vif.
"Dig". Diggins.
Diggins. C'est ce que j'ai dit.
T'as parlé aux juges ?
Non, je suis que le MC. OK ?
J'attends le signal, comme tout le monde.
J'espère qu'on n'attendra pas trop.
Tu sais ce qu'on dit à propos de l'ennui.
C'est la mère du vice.
T, mon pote, viens par là !
Il est tard, Lily. Tu devrais dormir.
Pourquoi ? Tu dors pas.
C'est pas la question.
J'ai fini le livre que j'ai emprunté.
Tu veux que je t'invente une histoire ?
Il était une fois,
une ville un peu comme la nôtre,
dont tous les habitants étaient de pierre.
Comme des statues.
Exact. Comme des statues.
Leurs langues étaient de pierre,
et leurs bras l'étaient aussi.
Même leurs cœurs étaient de pierre.
Mais une fille n'était pas comme eux.
Elle était de terre.
"Tu n'es rien", lui dirent-ils.
"Rien."
La pauvre.
Et ils l'enfermèrent dans une grande tour,
sans porte, et avec une seule fenêtre.
Est-ce qu'elle se sentait seule ?
Oui.
Oui, des fois.
Des fois, elle parlait au vent pour se sentir moins seule.
Et, comment elle fait pour s'échapper de la tour ?
Je ne sais pas, je n'y ai pas encore pensé.
Alors...
Peut-être qu'elle rencontre une luciole ?
Qui l'aide, tu sais, quand il fait nuit,
à avoir moins peur.
Tu sais quoi ?
Je crois que c'est exactement ce qui est arrivé.
Bonne nuit. Je t'aime.
- Bonne nuit. - À demain.
Heather, il est 8 h !
Tu vas être en retard !
Oui.
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