The first 200 lines.
« L'amour est si court… et l'oubli si long. » (Pablo Neruda)
Qu'est ce qui t'arrive ? Tu as l'air si calme.
Oh, Mary Garrison du New Yorker est ici.
Es-tu allé lui dire bonjour ?
Eh Danny, réveille !
C'est bien ça que tu voulais, non ?
Oui, bien sûr.
C'est juste que je n'arrive pas à y croire.
Je t'avais dit qu'elles se vendraient. Je suis fier de toi.
Ce sont juste des peintures, Danny.
Tu les as peintes pour les vendre, non ? Je veux dire, on a déjà discuté de tout ça.
Oui.
On a parlé de ça.
Oui, on en a parlé. On en a tous parlé.
Toi, moi, le Dr Kaplan.
125 dollars de l'heure. On en a tous parlé.
Alors va te chercher un verre, prends un de tes comprimés
ou peu importe ce qu'il te faut pour te ressaisir.
Parce que je m'attends à ce que tu agisses de manière professionnelle.
Cesse de te morfondre et d'agir comme si tu étais à un enterrement, OK ?
Va parler un peu aux gens.
J'ai pas besoin d'une gardienne, papa. C'est trop chiant.
Il n'est pas question de revenir là-dessus, Carter.
Ce n'est pas négociable.
Qu'importe. J'y comptais pas vraiment.
Je croyais que tu étais d'accord pour qu'on se donne une chance avec cette école.
C'est seulement jusqu'à lundi, et après je pourrai y retourner.
C'est ça, et cette fin de semaine tu restes chez Miriam
et tu t'arranges pour ne pas t'attirer d'ennuis, OK ?
Putain de merde ! Pourquoi je peux pas simplement rester tout seul à la maison ?
Parce que tu viens juste de te faire suspendre, OK ?
Et que je ne te fais pas du tout confiance, voilà pourquoi.
Le fait est que ce voyage à Boston pourrait me valoir une grosse promotion.
Et que je ne vais pas te laisser tout foutre en l'air.
Si tu le dis.
Je te jure, je ne sais pas ce qui ne tourne pas rond dans ta tête.
Tu veux faire de la compète, tu veux ta liberté,
et tu veux qu'on te prenne au sérieux.
Mais tu agis comme un idiot, un vandale, et un connard de petit voyou.
C'était quoi cette idée de dégonfler les pneus de tout le monde ?
- C'était une blague ! - Mm-hmm.
Je serai de retour lundi.
Comme si tu ne te vantais pas, toi,
de toutes les conneries que tu as faites plus jeune.
Peut-être, Carter.
Mais la différence entre toi et moi, c'est que
moi je suis désormais adulte et que toi t'es encore juste un petit voyou.
C'est bien.
Continue.
Je ne pense pas que Nancy avait des ailes
lorsqu'elle est entrée dans la classe ce matin, Danny.
Elle paraît mieux avec des ailes.
Le but de cet exercice, c'était de rendre le sujet de façon réaliste.
Mais ce n'est pas ce que j'avais envie de dessiner.
Je suis consciente de cela.
Mais dans ton dossier, tu auras besoin de quelque chose
qui montre que tu comprends ce qu'est le style réaliste.
Le comité d'admission est très pointilleux.
Mais ne croyez-vous pas qu'ils en ont marre de voir
toujours les mêmes dessins ennuyeux ?
Ça ne les intéresse pas tes lubies, Danny.
Ce qu'ils veulent voir, c'est de la discipline et de la technique.
- Bonjour vous deux. - Salut !
- Salut. - Bonjour.
- Comment ça va ? - Bien.
Carter, dis bonjour.
Salut.
Salut.
J'apprécie vraiment. Je ne saurais assez te remercier.
Oh, ne sois pas bête. Ça me fait plaisir.
- Tu tiens le coup ? - Oui.
J'ai le numéro de téléphone d'une de ces réunions
en cas d'absence. Donc, ça va.
- Bon, il faut que j'y aille. - OK.
Toi, tu te tiens tranquille, OK ?
- Je vous revois dimanche. - Oui.
Je ne veux pas recevoir de coup de téléphone de ta part
quand je serai parti, OK ?
Tu veux du café, Steven ? J'allais justement en faire.
Merci ça va. Je suis déjà en retard.
Bon eh bien, s'il arrive quoi que ce soit, passe-moi un coup de fil.
- Penses-tu ? Bonne chance. - OK. Reste tranquille, hein ?
Entre.
Pourquoi est-ce que je peux pas lui faire des ailes ?
Tu veux t'obstiner avec moi
ou tu veux que je t'aide à entrer à l'École des beaux-arts ?
Tu vois les choses d'une manière singulière et profondément créative.
Mais tu dois connaître les règles si tu as l'intention de les dépasser.
Mme Martin, parfois j'ai l'impression que vous êtes la seule personne qui me comprenez.
Les artistes sont rarement compris de leur vivant.
Une de mes anciennes élèves présente ses œuvres en ville.
Je crois que tu vas aimer son travail. Je veux que tu ailles voir cette exposition.
- C'est qui ? - Elle s'appelle Ingrid Capozzoli.
Ingrid Capozzoli.
Vous avez enseigné à Ingrid Capozzoli ?
Oui, il y a un siècle de cela, mais oui.
Elle est super !
Tu vas y aller donc ?
Oui.
Bien.
Et inspire-toi un peu d'elle. D'accord, Danny ?
OK.
Reprends depuis le début. Sans ailes.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Salut, mec.
Qui t'a permis de toucher à ça ?
Ta mère a dit que je pouvais regarder la télé.
T'a-t-elle dit que tu pouvais toucher à mes affaires personnelles ?
Désolé.
Mon père est parti pour le week-end. Il m'a laissé ici.
Tu sais ce que c'est, les affaires.
Donc on dirait bien qu'on va être compagnons de chambre pour quelques jours.
Je m'appelle Carter.
Je sais qui tu es.
Pourquoi ici ?
Je sais pas. Ils se sont rencontrés aux Alcooliques Anonymes.
Ils parlent encore du coup que tu as fait à l'école.
Ça en a énervé plus d'un.
Oui. Enfin.
Alors dis-moi, qu'est-ce que tu caches d'autre dans cette chambre ?
Ta mère dit que je n'ai pas le droit de fumer dans la maison.
Tu veux aller faire un tour ?
Je t'ai vu à l'école avec cette fille.
Celle qui boite.
Andy.
Elle est chouette.
C'est ma meilleure amie.
Tu te la fais ?
Non. C'est mon amie.
Alors t'as un petit ami ou quelque chose du genre ?
J'ai juste des amis.
Je croyais que les athlètes n'étaient pas censés fumer ?
La nervosité, je suppose.
Mais t'as raison. C'est stupide.
Mais tu dois admettre, que ça me donne l'air cool.
Oui. Si tu le dis.
Qu'est-ce qui peut bien te rendre nerveux alors ?
La natation, c'est pas aussi facile que ça en a l'air tu sais.
On s'amuse pas à patauger dans l'eau juste pour le plaisir.
Alors pourquoi tu nages si tu n'aimes pas ça ?
C'est pas que ça ne me plaît pas.
C'est que je suis devenu bon, puis tout a changé.
Qu'est-ce qui a changé ?
C'est beaucoup de pression.
Salut.
Ah, non. Ne vous coupez pas l'appétit. Je suis en train de faire un poulet rôti.
On a besoin de grignoter un peu.
Non ! Pas de grignotage.
T'inquiète pas, on va quand même manger.
Carter est un athlète.
Il doit manger au moins 1200 calories vides par jour,
sinon il pourrait s'évanouir.
- Quel sport tu fais, Carter ? - Je suis dans l'équipe de natation.
Ah, l'équipe de natation.
Mais je suis en période d'entraînement, alors je peux pas manger...
- Il ne doit pas avoir faim. - Oh.
- Où sont les biscuits ? Maman. - Non.
- Je sais que tu en as. - Non, il n'y en a pas.
- Allez. - Non.
Allons, arrête un peu.
Bon d'accord. Deuxième étagèe à partir du haut.
Eh, où est-ce que vous allez ?
Je vais étudier chez Andy.
J'ai entraînement cet après-midi.
Bon bien dans ce cas… OK les gars, amusez-vous bien.
Mais soyez prudents, d'accord ?
Et le dîner est à 18 heures.
Et ne rentrez pas en retard.
Je ne veux pas être obligée de réchauffer tout ça.
T'en veux un ?
Prends-en un.
Ils sont bons.
Tu sais, je crois que tu peux avoir une mauvaise influence sur moi, mec.
C'est le monde à l'envers. On ne m'a pas dit ça souvent.
Non en effet, je ne pense pas.
Bon ben, ça m'a fait plaisir de te rencontrer. Si on veut.
Oui. À plus tard.
Pourquoi tout le monde pense que changer la police, c'est radical ?
À croire que je suggère de distribuer des capottes
dans les salles de classe.
T'as jamais pensé que si tu te heurtes à tant de résistance,
c'est parce que tu t'imposes un peu trop ?
- Tu penses ? - Oui, un peu.
Surtout quand tu es inspirée.
C'est parce qu'ils ne connaissent rien à rien.
Le journal pourrait être tellement mieux.
As-tu déjà prêté un peu attention à leurs trucs minables?
Non, pas vraiment.
Bien tu y jetteras un coup d'œil un de ces quatre. C'est à chier.
Qu'est-ce que je dois faire pour qu'ils m'écoutent ?
Ton attitude pourrait être un peu plus sympathique.
Oui. Bon, enfin.
Mange-moi.
Beurk ! Dégueu !
Parle-moi un peu de ce gars de la natation.
Y'a rien à en dire. Il reste chez nous jusqu'à dimanche.
Il était dans ma chambre lorsque je suis rentré.
Il a trouvé quelques-unes de mes revues.
Quoi ?
Mon Dieu !
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