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-Qu'est-ce que tu regardes ? -Toi.
-J'ai donc tant changé ? -Oui. Mais en mieux.
-Tu veux savoir ? -Oui ?
-Toi aussi. -Ah oui ?
Approche.
C'est bon à savoir.
Steve, la baby-sitter... Je devrais déjà être rentrée.
D'accord, je te ramène.
Pas la peine. Je prendrai un taxi.
Chérie, ça ne me dérange pas. J'insiste.
Je veux te ramener. J'aime être avec toi.
Pour qu'on me voie dans ta voiture ?
Il pourrait très bien rentrer ce soir.
Faut qu'on parle, qu'on se décide sur certaines choses.
Tu t'es décidé il y a longtemps.
Ne rejette pas la faute sur moi !
-TU t'es décidée ! Je n'ai que... -Steve !
-Il faut vraiment que j'y aille. -Excuse-moi...
Est-ce qu'on... peut se voir demain ?
Non, j'amène Kevin chez le dentiste.
-Vendredi ? -Impossible, je suis pris.
-Ce week-end non plus. -Non plus.
-La semaine prochaine alors. -D'accord.
Même heure, même endroit.
Et, Dieu merci... la même fille.
Au revoir.
M. Ventura, vous êtes le directeur
du bureau des narcotiques de l'ambassade des États-Unis.
Dites-moi de façon officielle : est-ce bien Frank Matthews ?
-Est-ce bien lui ? -Oui.
-Reconnaissez-vous celui-là ? -Jamais vu de ma vie.
M. Kovakian, le reconnaissez-vous ?
Non, qui est-ce ?
-Charles Vilmet, de Marseille. -Jamais allé là-bas.
M. Ventura, j'ai quelques questions à vous poser.
-Maintenant M. Briac ? -Non. Au moment qui vous conviendra.
-Je ne sais pas... 18h30 ? -Au bar du Raphaël ?
-OK. -Au fait...
-Votre ami était marié. -Oui.
-J'informe sa femme ? -Je m'en occupe.
-Steve... -Oui ?
Vous savez qui a tué Matthews pas vrai ?
-J'ai ma petite idée Joe... -Ça fait deux de suite.
À mon avis il faut faire disparaître ce Brizard. En douceur.
-Comment ? -En le tuant.
C'est illégal Joe... surtout pour des flics.
-Steve ! Que fais-tu ici ? - Rita, j'ai à te parler.
Kevin... amène ça dans la chambre.
Ah, ces jouets ...
On en a déjà discuté, ne viens pas ici quand Frank est absent.
Désolé, mais... Eh bien, la nuit dernière...
-Kevin, va jouer avec Jean-Claude. -Il ne parle pas anglais.
Tu es dans son pays, fais un effort. Allez, dehors !
-Maman ! -Allez, Kevin !
-Rita... -Assieds-toi, je vais faire du café.
S'il te plaît, juste une seconde.
La nuit dernière... Frank a été tué.
Je vais préparer le café.
Frank !
Excusez mon retard, un petit problème.
-Un problème ? -Rien de grave.
Vous aviez des questions ?
Vous êtes flic, je suis flic. Si on s'entraidait ?
Dans ce cas, dites-moi d'abord ce que vous savez.
Matthews travaillait
pour le bureau des narcotiques des États-Unis.
Et voilà 6 mois que vous dirigez ce bureau à Paris.
-Vous vous êtes renseigné. -Oui.
Dites-moi... Pourquoi Matthews voyageait-il avec
un faux passeport de marin canadien ? -Un Canadien du Québec.
-Pourquoi le Québec ? -On y parle français.
Évidemment. Et pourquoi cette photo ?
Je l'avais envoyé à Marseille rassembler des preuves contre Jacques Brizard.
-Il a réussi ? -Il a dû en trouver,
sinon pourquoi Brizard l'aurait-il tué ? -En avez-vous la preuve ?
Si je fournis les preuves, vous le coffreriez ?
Brizard est... Comment dire ?
Un personnalité très influente, bénéficiant
de protections occultes et politiques.
On peut dire du reste qu'il mène une vie charmante.
Mon chat aussi, jusqu'au jour où on l'a tué.
Pour en revenir à Brizard, si vous vous mêlez de ses affaires,
il pourrait vous faire descendre. -Il essaie déjà de le faire.
Je vous suggère nos prestigieux hors-d'œuvres,
puis un loup de la Méditerranée grillé au fenouil
avec un Gevurtstraminer 70 ;
ensuite une gigue de chevreuil grand veneur,
et pour le dessert je recommande
un soufflé Arlequin arrosé de Dom Pérignon 65.
Cela vous convient-il, Monsieur Brizard ?
C'est parfait. Cela étant un dîner de charité,
penses-tu Lucienne que ce soufflé
leur fera ouvrir leurs portefeuilles ?
Il leur faudrait un couteau sous la gorge
pour qu'ils se décident à le faire.
-Qu'en pensez-vous ma chère ? -Pardon ?
Nous parlons gastronomie. C'est important.
-Je prendrai une salade verte. -Non, il s'agit du menu
que nous voulons offrir à l'occasion d'un gala de charité.
Si cela vous convient cela me convient.
M. Ventura... Il est déjà plus de 18h.
-Vous voulez savoir qui a appelé ? -Allez-y.
Boman, Evans, Jacobs, Jones, Henshou.
Et pour finir le plus insistant, Joe Kovakian,
qui vous rappellera.
-Personne d'autre ? -Non.
Il y a un autre verre là-dedans.
Servez-vous
-Pourquoi vous vous torturez ? -Comment ça ?
Je vous en prie, voilà longtemps qu'on se connaît.
-Je lis en vous comme dans un livre. -Me racontez pas la fin.
-Qu'est-ce qui vous tracasse ? -Vous voulez le savoir ?
Je déteste ce bureau. Et encore plus les dossiers !
J'aurais dû rester dans le service actif.
C'est pire encore sur le terrain.
Sally, que m'arrive-t-il ? J'aimais faire ce boulot avant.
Vous êtes le patron ici, acceptez-le.
Impossible.
-Bonjour, Janet. -M. Ventura, M. Williams n'est pas là.
J'ai deux-trois mots à lui dire. Où est-il ?
Comme tous les jeudis après-midi mais je n'irais pas l'y déranger.
-Ah oui. -Vous vouliez lui dire ?
Ça commence par "va".
-Trois cartes. -Trois.
-Une. -Je passe.
Et trois pour moi.
-Fred, je dois vous parler. -Steve, jamais pendant une partie !
-Ça vous coûtera 200. -Je dois vous parler tout de suite.
On est en pleine partie !
-Jouez ou sortez. -J'ai déjà tenu.
Ça fait 300. Voilà 100 et 200.
-Fred, je déteste mon bureau. -Steve, je vous en donnerai un autre.
Vous suivez Jimmy ?
-Je passe. -Vous jouez ou vous déménagez ?
-Ramassez le pot. -On les a bien bluffés.
-C'est un bon pot ! -Prenez la moitié.
-Mes cartes. -Passez. C'est très important.
Nous aurons tout le temps au bureau demain.
-Allez discuter dans la chambre. -Excellente idée. Venez.
Jimmy, à vous de donner, je reviens dans deux minutes.
Il déteste son bureau.
-De quoi s'agit-il ? -Je déteste vraiment mon bureau.
Je déteste le mien aussi.
-Je retourne à mon poker. -Attendez une minute.
Faites-moi plaisir...
Laissez-moi m'occuper de Brizard.
Impossible, vous le savez.
Écoutez. D'abord Ed Marcus.
Et maintenant Frank Matthews. C'est Brizard.
Vous ne pouvez pas le prouver.
Laissez-moi aller à Marseille, je vous ramènerai des preuves.
Non, Steve, hors de question.
On va le laisser faire ? Il va descendre tous nos gars !
Mettez-la en veilleuse bordel !
Va te faire foutre !
Mettons les choses au clair.
Le ministère des Affaires étrangères s'est plaint de vos services !
Vous persécutez un éminent citoyen français !
Je vous avais dit de laisser Brizard, et vous lui envoyez Matthews.
Je ne donne pas les directives mais je dois les faire respecter.
Je retourne donc à mon bureau ?
Vous avez intérêt, et laissez Brizard sinon je vous fais muter.
Écoutez, essayez de conserver votre planque.
Vous avez un gentil job, un gros salaire.
Vous êtes bien noté, vous avez des notes de frais.
Et des fonds secrets, pour dépenser 100 000 dollars par an.
-N'oubliez pas la retraite. -Vous devriez ne pas l'oublier.
OK.
-Merci pour la leçon Fred. -Et va te faire foutre.
-Qui a dit ça ? -Moi.
Va te faire empaffer.
Où va-t-on ?
Vous êtes sûr que c'était eux ?
Je n'oublie jamais des visages. Surtout ceux-là.
Je viens d'avoir Marseille. Ils sont hors de cause.
Ils ne sont pas à Paris.
En fait, ils n'ont pas quitté Marseille ces deux derniers mois.
-Je fais donc erreur ? -C'est évident.
Au fait, ils travaillent pour Brizard.
Je vois. Que feriez-vous si on cherchait à vous tuer ?
Je suis policier, et payé pour contrôler mes émotions.
Je suis sous-payé.
-Ventura... -Oui ?
Je conçois votre colère et votre frustration.
Mais il n'est pas opportun de vouloir faire quoi que ce soit.
Il y a quatre ans, un collègue a voulu tenter la même chose.
-Alors ? -J'ai assisté à son exécution.
Un autre avait engagé un tueur à gages
pour la sale besogne. J'ai aussi assisté à son exécution.
-Du criminel ? -Non, du commanditaire.
Allons dans mon bureau
et tâchons d'oublier ces histoires morbides de tueurs.
Un ami m'a envoyé une caisse de Château d'Yquem.
-Déjà goûté ? -Je ne crois pas.
-Tenez, c'est un grand vin. -Merci beaucoup.
Vous savez, pour moi tous les vins ont un goût de moscatel.
Du moscatel ?
Oui, un vin que je buvais quand j'étais gosse.
On le faisait nous-mêmes.
Comment s'appelle-t-il ?
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